Message
de Jean-Paul II pour la Journée Mondiale de la Paix 2001 : Dialogue
entre les cultures pour une civilisation de l'amour et de la paix.
"Au seuil d'un nouveau millénaire, l'espérance se fait plus vive de
voir les rapports entre les hommes s'inspirer toujours davantage de
l'idéal d'une fraternité vraiment universelle. Si l'on ne partage
pas un tel idéal, la paix ne pourra pas être assurée de manière stable.
De nombreux signes laissent penser que cette conviction se fait jour
avec de plus en plus de force dans la conscience de l'humanité. La
valeur de la fraternité est proclamée par les grandes 'chartes' des
droits humains; elle est mise en relief concrètement par de grandes
institutions internationales, en particulier par l'Organisation des
Nations unies; enfin, elle s'impose plus que jamais en raison du processus
de mondialisation qui unit de façon croissante le sort de l'économie,
de la culture et de la société. La réflexion même des croyants, dans
les diverses religions, a tendance à souligner que le rapport avec
le Dieu unique, Père commun de tous des hommes, ne peut que favoriser
la conscience d'être des frères et la façon de vivre en conséquence.
Dans la révélation de Dieu en Jésus Christ, ce principe est exprimé
d'une manière extrêmement radicale: 'Celui qui n'aime pas n'a pas
connu Dieu, car Dieu est Amour' (1 Jean 4,8). Mais en même temps,
on ne peut pas ne pas voir que l'éclairage dont on vient de parler
est obscurci par des zones d'ombre vastes et denses. L'humanité commence
avec des blessures encore ouvertes cette nouvelle étape de son histoire;
dans de nombreuses régions, elle est éprouvée par des conflits âpres
et sanglants; elle connaît les difficultés toujours plus grandes de
la solidarité dans les relations entre personnes de cultures et de
civilisations différentes mais toujours plus proches et plus interactives
dans les mêmes territoires. [...] Loin de moi évidemment la pensée
que, sur un tel problème, on puisse offrir des solutions aisées, prêtes
à l'emploi. [...] C'est justement pour cela que je vois l'utilité
d'une réflexion commune sur cette question."
(Le Message pour la Journée Mondiale de la Paix est disponible sur
le
site du Saint-Siège)
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Europe centrale et orientale : est-ce que "justice
sociale" est encore un gros mot ?
Dix ans après la fin de l'Europe communiste, où le mot «justice» a été
trop souvent utilisé pour nommer les injustices les plus grandes, le
mot «social» a encore des connotations négatives. Si une sorte de schizophrénie
a séparé le service de la foi de celui de la justice, une guérison semble
vouloir s'opérer petit à petit. Les jésuites vont courageusement au-delà
d'une simple association de vocabulaire et découvrent où le ministère
social est le plus urgent au sein de sociétés qui, avec le changement
rapide et la sécularisation, marginalisent des groupes entiers de la
population, tel que les jeunes au chômage. Une trentaine de jésuites
de l'Europe centrale et orientale se sont rencontrés en novembre dernier
à Varsovie-Falenica dans le nouveau Centre Européen pour la Communication
et la Culture (CECC) afin de faire leur propre lecture de la lettre
du Père Général «Sur l'Apostolat Social». Des hommes ayant contribués
de manière créative à l'apostolat social durant les années 1990 ont
partagé leurs expériences et offerts leurs encouragements aux différents
scolastiques attirés par cet apostolat. Des propositions ont été apportées
pour renforcer la motivation et la spiritualité, pour la formation,
la coordination ainsi que pour une collaboration élargie.
Commission coordonnant l'apostolat social : Tadeusz
Cieslak sj, Robin Schweiger
sj et Peter Zahoránsky
sj
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Honduras
:
un
prix pour les Droits de l'Homme à un jésuite et sa paroisse
En octobre dernier, le Commissariat des Droits de l'Homme du Honduras
a octroyé le prix annuel des Droits de l'Homme à Peter Marchetti SJ,
ainsi qu'à la paroisse de Tocoa dans le nord du Honduras. Le P. Marchetti
est prêtre à Tocoa et coordonnateur des ministères sociaux du diocèse
de Trujillo. Son travail pour les droits humains prend forme dans trois
secteurs : - suite à l'ouragan Mitch, il a aidé à organiser les gens
en comités de village afin d'acheminer l'aide financière pour la reconstruction
et l'aide d'urgence, ainsi que pour faire pression auprès des autorités
pour que ces dernières gardent leurs promesses. - il soutient la relance
de la réforme agraire au Honduras. Sept cents familles de campesinos
pauvres ont repris les terres de l'ancien centre régional d'entraînement
militaire (CREM) des armées hondurienne et américaine à Trujillo. Ces
terres publiques avaient été occupées illégalement par les «narcoganaderos»
(éleveurs impliqués dans le trafic de cocaïne de la Colombie). Au cours
de ce conflit, un propriétaire de ranch est mort et le P. Marchetti
a reçu des menaces de mort ; - dans un autre aspect du défi lancé à
l'impunité du gouvernement et à son implication dans le trafic de narcotiques,
il a fait des pressions pour qu'une enquête soit faite concernant le
meurtre, trois ans auparavant, d'un candidat à la mairie de Tocoa. Meurtre
dans lequel plusieurs politiciens et hommes d'affaires en vue étaient
impliqués. Des menaces répétées ont été proférées envers le P. Marchetti
dans cette région extrêmement violente du département côtier de Colón.
Coordonnateur de l'apostolat social en Amérique Centrale : Ricardo
Falla sj
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Inde:
des puits dans la forêt
Les populations autochtones nomades vivent dans des conditions très
précaires dans les forêts du sud de l'Inde. Dans l'État d'Andra Pradesh
la tribu des Gotti Koyas est entrée en conflit ouvert avec les autorités
locales. Depuis plusieurs années, les Gotti Koyas occupent des terres
au sein d'une réserve forestière. Récemment, ils ont creusé leur propres
puits dans trois de leurs villages. Sans avertissement, les fonctionnaires
du Département des forêts ont détruit les puits et brûlé une partie
des villages. Les puits avaient été financés par Loyola Integrated Tribal
Development Society (LITDS -- Projet Loyola pour le développement intégré
des autochtones), un projet jésuite et de deux Communautés de Ste-Anne.
LITDS oeuvre dans une centaine de villages pour promouvoir l'éducation,
la santé et le développement des femmes. En éducation, LITDS fait tout
en son pouvoir pour que les enfants réussissent bien dans les établissements
scolaires du gouvernement ; là où il n'y en a pas, il ouvre des écoles
avec un seul professeur. Les activités sur la santé comprennent des
visites régulières dans les villages, des camps médicaux et de soin
des yeux gratuits, de la distribution de vivres, des programmes pour
les travailleurs de la santé et un réseau de liaison avec les équipes
médicales du gouvernement. LITDS encourage les femmes à mettre sur pied
leur propres sangams (coopératives) pour économiser et créer un fonds
monétaire renouvelable. Mais "tout ce qu'on a décrit et fait pour ces
gens n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan," selon Peter Daniel SJ,
qui a aidé à porter à l'attention du public et des tribunaux le harcèlement
dont sont victimes ces populations.
Directeur de LITDS : Peter
Daniel sj
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Albanie
: les premiers services de désintoxication dans les Balkans
Le premier programme de réhabilitation pour jeunes toxicomanes et alcooliques
a commencé en Albanie : un centre d'accueil à Tirana et un centre résidentiel
à Vaqarr. L'emphase est mise sur la communication des jeunes et on les
aide à trouver leur propre motivation pour se rétablir. Les rencontres
avec les parents sont des moments importants pour aller aux origines
du problème de toxicomanie ainsi que pour les engager dans l'éducation,
le rétablissement et la réinsertion de leur jeune. De façon générale,
les familles albaniennes (clans) sont scandalisées et honteuses face
à ce nouveau phénomène qui n'existait pas sous le régime communiste.
Le Centre, un projet de la Communauté italienne «Emmanue » et de la
Mission de la Compagnie en Albanie, est le premier du genre dans les
Balkans et fait déjà l'objet de visites pour servir de modèle pour d'autres
programmes dans la région.
Directeur : Gianfranco Iacuzzi
sj
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Argentine:
bâtir le pays
À l'occasion de la neuvième rencontre du secteur social depuis 1994
à Buenos Aires, une vingtaine de jésuites et de collègues laïcs engagés
dans le domaine socio-pastoral en Argentine se sont rencontrés à la
fin d'octobre au Centre pour la recherche et l'action sociale (CIAS).
Ils ont étudié la lettre du Père Général sur l'Apostolat social, l'appliquant
à la réalité de l'apostolat social en Argentine. "Nous ne voulons pas
nous satisfaire avec le simple fait d'aider et réconforter ceux qui
sont laissés pour compte par la société," a-t-il expliqué Marcos Aleman
SJ, "mais nous devrions aussi nous préparer et former d'autres personnes
à jouer un rôle actif pour opérer un changement social. Puissions-nous
être capable non seulement de dénoncer l'injustice, mais aussi d'annoncer
concrètement et d'incarner l'Évangile". Les participants s'entendent
pour que leurs énergies s'emploient à construire l'avenir de l'Argentine
plutôt que de se résigner face à la décadence du tissu social et économique.
Délégué de la pastorale sociale : Marcos
Alemán sj
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Zambie: Centre jésuite de Lusaka «chien de garde» du gouvernement
Le Centre jésuite pour la réflexion théologique à Lusaka (JCTR) considère
que son rôle est d'observer soigneusement les multiples changements
sociaux qui s'opèrent en Zambie et au Malawi; puis de répondre rapidement,
à la lumière de l'Évangile, aux questions de justice économique et de
démocratie politique. Voici quelques exemples de comment le Centre applique
l'enseignement social de l'Église aux besoins des plus pauvres : - il
travaille avec la Commission Nationale « Justice et Paix » en comparant
les politiques sociales gouvernementales avec leurs effets réels; -
chaque mois, il étudie du coût de la vie -- ce «panier de produits de
consommation» est publié très largement par les média et il influence
les discussions sur les politiques et les décisions pratiques; - il
est engagé dans la campagne « Jubilée 2000 » pour le soulagement de
la dette des pays les plus pauvres : la dette internationale de la Zambie
s'élève à 650 dollars USA par personne! Parrainé par la Province de
la Compagnie de Zambie-Malawi, le Centre fait de la recherche, enseigne,
publie des articles et son propre bulletin trimestriel, forme et offre
des services de consultant, fait la promotion d'une foi inculturée et
d'une action populaire. Le Centre collabore avec les Églises zambiennes
et les ONG, ainsi qu'avec des centres « Foi et Justice » similaires
en Afrique et ailleurs.
Directeur du JCTR : Peter Henriot
sj
Site du JCTR
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