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Nouvelles de l'engagement social
de la Compagnie de Jésus
dans le monde (février 2008) II |
Les réseaux : ressources pour être local et pour être global (Mark Raper SJ)
Les réseaux sont un aspect fondamental de toute organisation internationale et la Compagnie de Jésus n'a pas été une exception durant les 500 dernières années. Nous avons demandé à Mark Raper SJ, actuel provincial d'Australie, de nous faire partager ses expériences et ses intuitions. Vous pouvez écouter l'intégralité de cette interview en anglais sur le site Internet de la Congrégation Générale :
www.sjweb.info/35 > brèves.
Les grandes opportunités offertes aux jésuites surgissent du fait que " nous sommes enracinés dans une grande quantité de lieux. La capacité de profiter des avantages d'être profondément enracinés dans tant d'endroits et de pouvoir agir en commun est quelque chose que nous sommes tout juste en train de comprendre. " C'est pourquoi le défi évident est de construire notre capacité d'agir internationalement. " Nous avons une tradition très forte de la province dans la Compagnie : je ne dis pas que les provinces soient mortes, nous en avons besoin, nous avons besoin d'enracinement et d'appartenance locale. L'international implique le national, l'universalité implique la capacité d'être quelque part, c'est pourquoi nous avons beaucoup à apprendre. Et ceci implique maintenant de grands changements dans le fonctionnement de nos conférences, dans notre coopération régionale. Si nous réussissions à ce que cela fonctionne nous pourrions agir plus efficacement à l'échelle internationale. "
La JRS n'est pas seulement un exemple du travail d'un réseau international dans la Compagnie de Jésus ; elle incorpore aussi l'un des plus importants principes de la doctrine sociale de l'Eglise : la centralité de la personne en toutes nos actions. " Ce qui est intéressant est que, dans le cas des réfugiés, comme de notre réalité et de celle de l'Église, nous sommes des communautés locales liées entre elles internationalement. Les réfugiés sont des personnes qui, venant de leurs communautés, sont amenées à chercher à l'échelle internationale d'autres communautés ; l'ajustement est parfait. Le corps de la Compagnie est aussi le complément tout indiqué pour de nombreuses personnes qui sont marginalisées localement : nous pouvons leur offrir une communauté locale et nous pouvons les mettre en relation à l'échelle internationale. Nous connaissons leurs racines, leurs origines et nous savons en quel endroit ils sont allés. Nous pouvons les y introduire et leur offrir un foyer. "
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Service jésuite des réfugiés : L'ancien directeur réfléchit sur sa mission (Lluís Magriñà SJ)
Le P. Lluís Magriñà a terminé récemment sa charge de Directeur International du Service Jésuite des Réfugiés (JRS). Nous l'avons interrogé (l'intégralité de l'interview en espagnol sera disponible sur le site Internet de la CG, www.sjweb.info/35 > brèves, dans le courant de la semaine prochaine) pour comprendre pourquoi les migrants et les réfugiés sont une priorité pour la Compagnie.
" La première intuition est venue d'Arrupe ", dit Magriñà, " quant en 1979, survint le drame des Boat People vietnamiens. " Le Père Général d'alors sera celui qui lancera la Compagnie dans le travail avec les réfugiés, conscient des dimensions mondiales et croissantes du problème. On parle aujourd'hui de migrants, car le phénomène est beaucoup plus complexe et large, étant données les multiples raisons qui conduisent aujourd'hui des millions de personnes à se déplacer en quête de conditions de vie dignes. " La Compagnie est consciente que ce collectif a besoin de manière vitale d'accueil, d'accompagnement, de formation, de conseils, et de structures adaptées pour répondre à ce type de nécessités. "
Le Père Arrupe était convaincu que le travail avec les réfugiés apporterait de grands bénéfices spirituels à la Compagnie. Lluís Magriñà confirme que " [nous] les jésuites avons appris beaucoup de cette expérience ", se référant à une manière d'être avec les personnes formulée dans la mission d' " accompagner, servir et défendre les droits humains et la cause des réfugiés. " Être avec eux, cheminer, c'est l'une des marques du travail de la Compagnie dans ce champ. " Le fait que le JRS soit présent ici ", dit un réfugié à Lluís Magriñà, " signifie que le monde ne nous a pas oubliés. " Et ce n'est pas seulement le fait d'être avec eux, continue Magriñà, " travailler pour des solutions définitives, des processus structurels, défendre leurs droits au niveau national et international, cela fait aussi partie de la mission de la Compagnie. "
En plus des travaux habituel réalisés par les ONG, la Compagnie, selon Magriñà, porte " naturellement vers le travail en équipe et l'analyse plurielle grâce à la perspective d'une institution présente dans plus de 27 pays. " Cette vision globale est complétée par un travail avec l'Église locale et les oeuvres des jésuites dans le lieu, apportant un enracinement et une sensibilité difficiles à atteindre autrement. Un autre apport spécifique est l'expérience dans l'éducation qu'ont accumulé les jésuites depuis presque 500 ans. Mais, insiste pour terminer Lluís Magriñà, la caractéristique propre du Service Jésuite des Réfugiés, est d'" accompagner, être avec les personnes, ce qui va beaucoup plus loin que le fait de fournir des services. " (Daniel Villanueva SJ)
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Benoît XVI :
L'Eglise a besoin de vous et compte sur vous
Le 21 février la Congrégation Générale a été reçue par le Saint Père en audience privée. Voici des extraits de la traduction non officielle du discours que Benoît XVI a adressé à la Compagnie.
" Votre Congrégation a lieu à un moment de grands changements sociaux, économiques, politiques; où les problèmes éthiques, culturels, environnementaux, et de conflits en tout genre, s'accentuent; mais où la communication entre les peuples se fait plus intense, ouvrant de nouvelles possibilités de connaissance et de dialogue, et où les aspirations à la paix sont profondes. Ces situations interpellent profondément l'Eglise catholique et sa capacité d'annoncer à nos contemporains la Parole d'espérance et de salut. [...] Je veux aujourd'hui vous encourager, vous et vos frères, à persévérer sur la voie de cette mission, en totale fidélité au charisme de vos origines, dans le contexte ecclésial et social qui caractérise le début de ce millénaire. Comme vous l'ont dit plusieurs fois mes prédécesseurs, l'Eglise a besoin de vous, compte sur vous, et continue de s'adresser à vous avec confiance, pour atteindre en particulier ces régions physiques et spirituelles où d'autres n'arrivent pas ou ont des difficultés à se rendre. "
" Aujourd'hui [...], les obstacles que rencontrent les messagers de l'Evangile ne sont ni les océans ni les grandes distances mais plutôt ces frontières qui, en raison d'une vision erronée ou superficielle de Dieu et de l'homme, viennent s'interposer entre la foi et le savoir humain, la foi et la science moderne, la foi et l'engagement pour la justice. Aussi l'Eglise a-t-elle un besoin urgent de personnes à la foi solide et profonde, dotées d'une bonne culture et d'une vraie sensibilité humaine et sociale, de religieux et de prêtres qui consacrent leur vie sur ces frontières pour témoigner et aider à comprendre qu'il existe au contraire une profonde harmonie entre la foi et la raison, entre l'esprit évangélique, la soif de justice et l'engagement pour la paix. C'est la seule manière de pouvoir faire connaître le vrai visage du Seigneur à tous ceux qui, aujourd'hui, ne le trouvent pas ou le méconnaissent. C'est à cela que la Compagnie de Jésus doit se consacrer en priorité. "
" Je vous encourage en même temps à poursuivre et à renouveler votre mission au milieu des pauvres et avec les pauvres. Hélas, les nouvelles causes de la pauvreté et de la marginalisation ne manquent pas en ce monde marqué par de graves déséquilibres économiques et écologiques, par un processus de globalisation où l'égoïsme l'emporte sur la solidarité, par des conflits armés dévastateurs et absurdes. [...] Pour nous le choix des pauvres n'est pas un choix idéologique, mais naît de l'Evangile. [...] En accueillant et développant une des dernières intuitions clairvoyantes du père Arrupe, votre Compagnie a le mérite de perpétuer une oeuvre de service auprès des réfugiés. Considérés souvent comme les plus pauvres parmi les pauvres, ces derniers ont besoin d'une aide matérielle, mais ils ont aussi besoin d'une approche spirituelle, humaine et psychologique plus profonde qui est justement de votre ressort ".
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| Ecologie : Il est grand temps (José Magadia SJ)
Nous avons demandé à José Magadia SJ son opinion sur la question de l'écologie, l'un des sujets les plus "brûlants" de la Congrégation Générale. Il sera possible d'écouter l'interview en anglais la semaine prochaine sur le site Internet : www.sjweb.info/35 > brèves.
L'intérêt du P. Magadia pour l'écologie, du moins à l'heure où il dirige la Résidence jésuite de Loyola House de Davao City, aux Philippines, est de nature personnelle plutôt qu'institutionnelle. Cette sorte d'intérêt personnel est partagé par d'autres jésuites de son pays : " Aux Philippines, nous sommes désormais habitués aux nombreuses catastrophes environnementales. Nous avons eu de terribles inondations, des glissements de terrain, qui font beaucoup de morts, et cela a toujours été un problème dans le pays. Nous sommes nombreux à nous intéresser à ces questions, d'une façon générale ". Il considère l'écologie comme " très, très importante " et ajoute : " Je ne comprends pas pourquoi il y a encore des gens qui n'arrivent pas à voir que c'est un problème important. Cela a été une de mes surprises [à la CG] de voir qu'il y a des gens qui ne le perçoivent pas ainsi. Je crois que nous autres jésuites avons toujours été intéressés, mais nous sentons aujourd'hui que le temps est venu de nous engager de manière plus résolue pour faire comprendre que l'environnement est quelque chose que nous partageons et que, par conséquent, nous devons tous protéger ".
Interrogé sur les différentes approches aux questions environnementales au Nord et au Sud, le P. Magadia répond : " Il y a peut-être des différences mais je pense que la préoccupation est la même et cette préoccupation est de trouver les façons et les moyens de préserver notre Mère la Terre, de la respecter, de trouver les façons et les moyens de réagir pour que l'avenir soit mieux préservé ". Il fait remarquer que les défis sont différents à différents niveaux de la Compagnie : " Il est certain qu'à la base, parmi les jésuites, il s'agira de questions relatives au style de vie. Les personnes auront à faire une sorte d'examen de conscience pour identifier les défis qui les concernent ". Mais, il y a en outre les niveaux de la communauté, des institutions, des provinces, des assistances et des conférences. " Aujourd'hui, ajoute-t-il, je crois qu'il est urgent que la Compagnie prennent des mesures au niveau universel et non seulement aux niveaux inférieurs. "
Pour cela, il considère le JRS comme un modèle possible : " Pour que la Compagnie puisse agir au niveau mondial, il faut imaginer quelque chose comme le JRS, quelque chose de plus unversel, qui rassemble des valeurs, des individus, des experts qui contribuent à clarifier la question, à identifier les priorités. L'environnement est une question si complexe, qu'il faut le déplier : le changement climatique, la déforestation, la préservation des eaux, la désertification ; et je crois que la définition des priorités devra aller de pair avec la détermination de ce que nous sommes en mesure de faire, l'identification de nos points forts et des besoin du monde ". La question que la Compagnie de Jésus doit garder à l'esprit est : " Qu'est-ce qui n'est pas fait et qui devrait être fait ? "
En répondant à cette question, la Compagnie dans son ensemble sera impliquée : " Ici la science, la foi, la recherche et l'éducation devront être mobilisées, cela demande une réponse vraiment pluri-sectorielle, cela ne peut pas être fait par les seules institutions. C'est en tant que corps uni que nous devrons accomplir notre tâche ". Un example de l'approche des questions environnementales à un niveau global est l'advocacy. Toutefois, pour ce faire, il faut mobiliser les bonnes compétences : " Si on veut s'impliquer dans le domaine de l'advocacy internationale, il faut être formé en matière de lobbying, il faut connaître parfaitement les us et coutumes des diverses organisations internationales qui travaillent dans ces domaines et savoir jouer le jeu. Et une partie du jeu consiste à en connaître les règles, aussi bien officielles qu'officieuses. Il s'agit là de compétences qui dépassent le domaine de l'environnement -elles concernent le lobbying, le management, avec la capacité de savoir cerner où vont les événements et de différencier ce qui est important et ce qui ne l'est pas. [Pour cela], il faut un bon coordinateur, quelqu'un qui peut rassembler les gens, un organisateur de réseau. "
En conclusion, le P. Magadia considère l'avenir immédiat : " Mon espoir est que nous puissions commencer tout de suite. Il y a des gens qui sont déjà conscients de ces problèmes, et qui veulent s'engager dans des actions spécifiques et concrètes. D'autres y sont favorables à des degrés divers, ce qui est bien ; c'est mieux que rien. Mais je crois qu'avec les jeunes, il y a plus de possibilités. "
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Flash 35e CG8
Au cours des deux dernières semaines de la Congrégation, un certain nombre de personnages importants ont été élus pour seconder le Père Général dans la tâcher de gouverner la Compagnie. En outre, chaque jour, deux nouveaux provinciaux étaient nommés par le Père Général. Il y avait eu beaucoup de travail en retard dans les provinces puisque toutes les nominations étaient repoussées à la fin de la Congrégation depuis son annonce en 2006.
Quatre sujets sont en cours de discussion qui sont de possibles décrets, documents qui guideront la Compagnie, tandis qu'un certain nombre d'autres documents (dits " questions de gouvernance ordinaire ") seront soumis au Père Général et ses assistants pour leur application. Les décrets pourraient traiter des sujets tels que l'Obéissance apostolique, la Gouvernance, la Mission et l'identité ainsi que la Collaboration avec d'autres. Les questions de gouvernance ordinaire incluent : l'Ecologie et la mondialisation ; les Frères jésuites ; les Peuples indigènes ; les Communications et Internet ; la Communauté ; la Formation ; les Migrants et les réfugiés ; et la Jeunesse.
Retrouvez les mises à jours quotidiennes des derniers jours de la 35e CG ainsi que les interviews, les blogs, les réactions des lecteurs et les prières sur le site Internet de la Congrégation Générale : www.sjweb.info/35.
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