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Nouvelles de l'engagement social
de la Compagnie de Jésus
dans le monde (février 2008) I

 

 

 

 

 

 

Questions avant la Congrégation

Alors que nous entrons dans les dernières et décisives semaines de la Congrégation j'ai le sentiment que nous abordons des questions difficiles, ou si l'on préfère des voies alternatives. D'aucuns pourraient évoquer des " tensions ", je préfère utiliser le terme d' " options ", car la Congrégation doit faire des choix clairs. On peut vivre avec des tensions, mais saint Ignace insiste sur le fait qu'en tant que jésuites nous devons aussi faire des choix. Ces " options " ne sont pas totalement étrangères à la situation que connaissent nos soeurs et frères partout dans le monde. En voici une liste qui ne prétend pas à l'exhaustivité:

1. Devrions-nous envisager une mission jésuite qui insiste prophétiquement sur l'unité?
Avant de répondre à la question il serait plus facile de réfléchir à la situation que connaissent les jeunes gens qui abordent les élections politiques avec un cynisme et une défiance croissants. Les figures de Barack Obama aux Etats-Unis et de Walter Veltroni en Italie sont de nouvelles icônes éloquentes. Tous deux, bien qu'affichant des différences notables, ont appelé à dépasser les divisions traditionnelles entre droite et gauche, républicains et démocrates. Ils ont tous deux adopté un langage simple et direct et ont fortement appelé à en finir avec les divisions et à construire de nouvelles passerelles, à se défier des vieilles idéologies et familles politiques et à parler de manière décidée, publique et claire de la nouvelle espérance pour les jeunes. Mutatis mutandis, je tends à penser que beaucoup de jeunes jésuites dans cette Congrégation nous demandent sans doute quelque chose d'analogue. Mettrons-nous l'accent sur l'intérêt de nos secteurs apostoliques ou ferons-nous des planifications stratégiques pour l'intégration des initiatives apostoliques?

2. Devrions-nous embrasser l'alarmisme ou l'espérance?
Ces deux choix sont plus complexes qu'il n'y paraît. Les valeurs traditionnelles et les règles éthiques ont été liquidées et rien ne semble les avoir remplacées. Toutes les religions établies connaissent une tentative puissante de défendre leurs symboles, de parler d'elles-mêmes et de se faire une place au sein de la vie publique. Certaines d'entre elles sont allées plus loin et veulent un retour à une conception et une pratique rigides de lois concrètes. Ceux qu'on appelle alarmistes ont réagi fortement contre ce qu'ils considèrent comme une moquerie et un rejet public de la part d'une partie de la presse. Il y a quelques jours, dans une revue espagnole, un théologien de renom, Olegario Gonzalez, a remis en question la compatibilité théologique entre la fidélité créative [fidelidad creativa] et une rupture instauratrice [ruptura instauradora]; entre une fidélité qui donne la vie et une approche qui promeut la division. Si nous décidons de prendre le chemin de l'espérance et de l'harmonie, comment, en collaboration avec d'autres, gérons-nous le risque de rencontre avec des gens ordinaires? Qu'est-ce qui peut donner lieu à une espérance qui ne soit pas alarmiste et qui soit ouverte à un horizon eschatologique, aux limites imposées par la viabilité sociale et physique?

3. Combien fortement devrions-nous appeler au renforcement de nos exigences intellectuelles?
Les débats sur l'apostolat intellectuel fait l'objet d'un consensus même si son contenu n'est pas encore clair. Pour ma part, j'ai senti l'Esprit secouer, doucement mais fortement, notre corps apostolique représenté dans la Congrégation. Il semblait nous rappeler des engagements passés et des échecs présents. La préoccupation était au sujet d'une excellence qui soit à la fois attentionnée et réactive face à l'injustice et à l'exclusion sociale. Dans un monde qui attache beaucoup de valeur à la production et à la distribution de la connaissance, nous pourrions être amenés à prendre des mesures drastiques de rattrapage. Jusqu'où souhaitons-nous aller? Combien de compromis devons-nous faire? Dans quelle mesure cela va-t-il affecter les admissions et le gouvernement?

4. Pouvons-nous adopter la mondialisation et l'universalité sans créer une bureaucratie centralisatrice?
Alors que nous discutons certaines propositions visant à rendre certaines de nos structures de gouvernance plus globales, certains craignent une centralisation et une bureaucratie croissantes. Ils invoquent l'exemple de l'Union Européenne (UE). Les citoyens ordinaires craignaient le pouvoir croissant d'une bureaucratie cachée, qui ne rend des comptes à personne, logée à Bruxelles et ils ont rejeté le projet de Constitution de l'UE. La peur d'être mené par quelques pays dominants a empoisonné les discussions sur les " majorités qualifiées ". D'un autre côté, les bénéfices liés à l'abandon de la souveraineté nationale -lire autonomie provinciale- se sont avérés énormes : des bénéfices économiques, sociaux, culturels reviennent à tous les citoyens de l'Union Européenne. Les bénéfices liés à une restructuration de notre mode de gouvernement et de son noyau central pourraient devenir clairs si nous considérons les extraordinaires économies d'échelle réalisées par plusieurs entreprises de taille relativement petite à Bangalore et dans la Silicon Valley. Elles sont devenues de puissants points nodaux qui rassemblent, traitent et analyse d'énormes quantités d'information, et qui ont une capacité à répondre rapidement et stratégiquement. Comment pouvons-nous rester locaux et universels, mobiles et enracinés, agile et faisant partie d'une institution?

Fernando Franco SJ
10 février 2008


 

 

 

 

 

 

 

 

Adolfo Nicolás : le nouveau Père Général sous le regard des déléguésl

" J'ai rencontré le Père Adolfo Nicolás à trois occasions. Ici, mais aussi à Loyola en 2005 et à Lisbonne où nous avons séjourné pour deux ou trois jours de repos. Il m'a toujours laissé l'impression d'un homme au grand coeur, et je peux confirmer cela aujourd'hui ; quelqu'un d'extrêmement cordial, sympathique, un homme souriant et qui donne son temps. Une personne extrêmement humble et simple... Son homélie au Gesù le situe clairement dans ses choix apostoliques et nous dit où son coeur se situe. Il garde aussi un profond, un mystérieux halo d'Asie. Le fait qu'il vient de là montre qu'il se passe quelque chose de l'ordre d'un changement de coordonnées pour la Société également, du nord au sud, de l'ouest à l'est, de la culture dominante aux pensées qui nous provoquent et nous ouvrent à de nouvelles dimensions" (Roberto Jaramillo, Amazonie, Brésil).

" Le père Adolfo Nicolás - c'est un des aspects remarquables des élections de la Compagnie - on ne le connaissait pas du tout. Moi, j'avais entendu son nom parce qu'il était secrétaire de la 34e CG mais je n'avais jamais vu sa photo, je ne le connaissais pas du tout, et pour beaucoup de délégués africains, c'était la même chose. Après l'élection, l'impression c'est que, d'abord du point du travail de la congrégation, je me sens très pacifié, très heureux ; je pense qu'on a fait un bon travail. Adolfo Nicolás, c'est quelqu'un qui sait nouer des relations, qui fait attention à la personne. Il fait aussi preuve de simplicité au bon sens du terme, mêlée avec du sérieux. " (Augustin Karekezi SJ, Rwanda)

" Tout d'abord, c'est une personne d'une grande bonté. Je l'ai connu comme secrétaire de la 34e CG et par la suite au cours de la préparation de la 35e CG en 2007. Ce qui retient mon attention c'est sa grande bonté. C'est un homme bon. Et un homme bon est également bon pour la Compagnie. D'un autre côté, c'est un homme qui travaille beaucoup. Une chose que j'ai remarquée dans sa manière de travailler c'est qu'il n'est pas anxieux. Nous sommes tous stressé quand nous avons beaucoup de choses à faire, dans des situations de pression, comme ce type de rencontres. Lui, il n'est jamais stressé, avec lui les choses se construisent, suivent leurs cours. Il a une grande capacité de travailler sereinement. Et sa manière de travailler ne génère pas de stress pour les autres. " (Arturo Sosa SJ, Venezuela)

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Les délégués parlent
de " Ce qui m'a le plus frappé "

" Au fur et à mesure que le travail de la CG progresse et que nous présentons les thèmes, partageons et discutons les documents, nous prenons conscience de ce que nous qui sommes réunis ici ne comprenons pas tous de la même manière beaucoup de concepts et termes utilisés. Parfois les mots résonnent différemment selon la région du monde d'où nous venons. Les nuances et connotations liées à un mot peuvent s'avérer contradictoires. " Séculaire " en Asie et en Afrique est un terme positif, dans un contexte de fondamentalisme et d'intolérance religieux. Il signifie que toutes les religions sont mises sur le même pied d'égalité et que la société/gouvernement n'est associée avec aucune religion; on dit " c'est un gouvernement séculaire, et en tant que tel il est pour nous désirable et favorable ". Mais en Europe et dans les Amériques, " séculaire " sonne différemment, avec un sens négatif. La société ou gouvernement séculaire prend ses distances avec les religions et n'a que faire des convictions et pratiques religieuses, auxquelles elle s'oppose même. Le sécularisme s'oppose à la religion. "


(Hector D'Souza SJ, Kohima, Inde).

 

" Une des choses qui m'ont le plus impressionné est le nombre de dialogues et de rencontres que l'on peut faire au cours d'une seule journée. Ceci était clair pendant les jours des murmurationes [qui ont précédé l'élection du P. Général], mais en général, je puis vous dire que je suis voisin avec un jésuite d'Equateur et un du Madagascar ; chaque jour, en marchant vers la Curie, j'ai la compagnie d'un Coréen et d'un Catalan ; dans le Hall je cause avec un Belge et, à ma gauche, un Africain et un Australien en face... Pendant le déjeuner, on rencontre des gens qui parlent quatre ou cinq langues, de tous les coins du monde, et cela continue comme ça toute la journée. C'est une expérience unique. Quelqu'un lors de la 34e CG a proposé que les jésuites ne soient autorisés à participer à une CG qu'une seule fois pour que d'autres aussi puissent connaître cette expérience, et je crois que c'est une bénédiction de Dieu. "

(Roberto Jaramillo SJ, Amazonie, Brésil).

 

 

" Ignace passait beaucoup de temps dehors, en compagnie d'étoiles et de fleurs, admirant les merveilles de l'immense création de Dieu. Son héros c'était Jésus - Jésus qui est venu donner la vie, et la donner en abondance. L'univers encourage de grands rêves. Le danger qu'Ignace voulait éviter, c'était la médiocrité, se contenter de la routine, de ce qui est prudemment acceptable. On sent presque cet esprit dans la CG. C'est comme si les jésuites regardaient le monde d'aujourd'hui et se disaient que s'il y a jamais eu un temps pour oser, c'est maintenant. "

(Francis De Melo SJ, Bombay, Inde).

 

 

" J'ai été fort marqué et je continue à l'être par les jésuites qui viennent d'Europe de l'est, des pays qui étaient sous un " communisme dur " : les Tchèques, les Hongrois, les Slovaques, les Lituaniens. Ce qui me frappe, c'est la manière dont ils ont fait leur formation de jésuites en clandestinité. Ce qu'ils ont reçu, comment ils l'ont reçu, et comment cela les aide maintenant. C'est une expérience extraordinaire. "

(Augustin Karekezi SJ, Rwanda)

 

" La diversité est devenue la beauté de la Compagnie. Partout, en tout moment, en tant que famille internationale, la Compagnie de Jésus a sa propre pluriformité. Mais c'est d'autant plus vrai aujourd'hui, dans notre monde moderne, où nous voyons les diverses perspectives qui se présentent et qui sont en contact entre elles. Et je constate, même en comparaison avec les Congrégations Générales précédentes, qu'aujourd'hui les gens prennent la parole et s'expriment et, de cette façon, font preuve d'un nouveau regard sur les diverses situations ".

(Jerry Rosario SJ, Madurai, Inde)


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Flash 35e CG

Les délégués ont mis la main à la pâte ces deux dernières semaines. Une première phase de présentations et de discussions sur le dialogue et le fondamentalisme, la jeunesse, l'Afrique, l'Asie, les Maisons romaines de la Compagnie, la vie communautaire, la collaboration avec les autres, la situation financière, les migrants et les réfugiés ainsi que sur l'obéissance apostolique a eu lieu depuis le 1er février. La question du gouvernement de la Compagnie a bénéficié d'une grande attention de même que les questions de la collaboration avec d'autres et de la mission et l'identité. Au moment d'envoyer Headlines, il y a une première présentation sur les thèmes de l'écologie et la mondialisation.

Retrouvez les mises à jour quotidiennes sur www.sjweb.info/35/ et partagez vos contributions en prenant contact avec
communication-gc35@sjcuria.org
et avec prayerroom-gc35@sjcuria.org pour vos prières.

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Kenya :
Les activités du Centre jésuite Hakimani en janvier et février 2008

Les violences qui ont éclaté après les élections du 27 décembre 2007 ont conduit l'un des pays africains les plus stables au bord de la guerre civile. Plus de 1000 personnes ont été tuées et plus de 500 000 forcées à quitter leurs maisons dans cette démocratie ordinairement stable, qui en est à sa quatrième campagne électorale depuis 1992, un fait qui a surpris jusqu'aux observateurs chevronnés de la tumultueuse politique africaine.

Au cours de deux forums organisés le 25 janvier et le 1e février, le Centre jésuite Hakimani (JHC) a exploré des questions relatives à l'indépendance du parlement kenyan, du système judiciaire et de la commission électorale face aux interférences et manipulations politiques. En même temps, le JHC a organisé et coordonné, le 26 janvier, un atelier de réconciliation réunissant 70 femmes, religieuses et laïques, travaillant dans le domaine de la justice sociale à Nairobi. Les 29 et 30 janvier, le JHC a organisé un atelier de guérison et réconciliation pour les prêtres catholiques de l'archidiocèse de Mombasa, qui a regroupé 54 prêtres. Le P. Elias Omondi SJ du JHC et Sr Stéphanie O'Brien IBVM ont dirigé la session qui visait à réparer des tensions personnelles internes, créer un renouveau spirituel et oeuvrer pour le pardon et la réconciliation. L'atelier a abouti sur la rédaction de la part des prêtres d'un communiqué pastoral sur la crise actuelle post-électorale.

 

 

 

 

A voir également :
> Nouvelles de Janvier 2008-II et III
> Nouvelles de Janvier 2008-I
> Nouvelles de Décembre 2007
> Nouvelles de Novembre 2007
> Nouvelles d'Octobre 2007
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> Nouvelles de mars 2004
> Nouvelles de février 2004
> Nouvelles de janvier 200


- "Affronter la réalité dans sa dimension sociale"
- "Assises pour un temps de justice" (29 avril - 1er mai 2001)