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Nouvelles de l'engagement social
de la Compagnie de Jésus
dans le monde (novembre 2005)

 

 

 

 

 

 

 

 

France :
Tout ce qu'ils veulent est du respect et un travail rémunéré

Après trois semaines de fébrilité, la France et ses banlieues connaît une période de calme plus relatif. Il est encore trop tôt pour prendre l'entière mesure du choc et en tirer toutes les conséquences.

Tout a commencé le 27 octobre avec le décès de deux adolescents, Zyed Benna (17 ans) et Bouna Traoré (15 ans), dans un transformateur électrique dans lequel ceux-ci s'étaient réfugiés alors qu'ils se croyaient poursuivi par la police. Dans les heures qui ont suivi, les explications du
gouvernement ne sont pas apparues très claires. Des mouvements de rue ont commencé dans la soirée à Clichy-sous-Bois, lieu de l'altercation, puis après cinq jours, se sont étendus à d'autres villes de la région parisienne, avant que la province ne prenne le relais. Au final, il y a eu plus de trois semaines d'émeutes.

Ces événements sont graves, ils ont été rapidement comparés aux événements de mai 68, même s'ils sont sans doute d'une tout autre nature. Ce n'est pas la première fois que le décès de l'un ou de plusieurs jeunes en contact avec les forces de l'ordre provoquent des incidents importants. Dès les premiers jours, les interprétations fusent : il faut voir dans cette tension la volonté déstabilisatrice de certains groupes mafieux, les agissements de mouvements d'extrême gauche... qui n'allaient pas manquer de profiter aux mouvements islamistes... Les premiers à se ressaisir sont les habitants des banlieues eux-mêmes.

Dans plusieurs quartiers, comme à Cergy, où habitent des jésuites, les adultes s'organisent pour établir un contact avec les adolescents. Le souvenir est parfois vif des heurts précédents avec la police. Au mois de juin, un violent affrontement qui s'était soldé par des perquisitions de la police au domicile des parents avait contribué à détruire le lent travail de rencontrer et d'apprivoisement entre les jeunes et les habitants du quartier. Dans beaucoup d'endroits, des militants associatifs, des enseignants, se sont mobilisés pour rester au contact. Pour les adultes, le désarroi des jeunes se comprend, leur rage aussi, leur violence ne s'excuse ni ne se justifie.

À côté de cet engagement quotidien, la réaction du gouvernement paraît disproportionnée. Beaucoup s'accordent sur le fait qu'il fallait rétablir l'ordre. Mais pas à n'importe quel prix ! L'utilisation de la loi dite d'état d'urgence datant de 1955 fait resurgir la  vieille mémoire
douloureuse de la guerre d'Algérie. Elle paraît méprisante. Elle autorise certaines mesures excessives comme les perquisitions de nuit. Son utilisation contribue à dramatiser le débat public, certains députés s'autorisent même à des lectures rapides et des amalgames inacceptables, comme de dire que les violences étaient dues à la polygamie.

A côté de sa démonstration d'autorité, le gouvernement a fait des propositions sociales qui sont encore loin d'être mises en oeuvre. Il veut rétablir les aides aux associations de quartier et poursuivre les rénovations urbaines. Depuis trois ans, les associations avaient la vie dure. Le gouvernement d'orientation libérale avait supprimé l'essentiel de leurs ressources. Les engagements de rénovation qui s'inscrivent dans des programmes déjà existants ne suffiront pas.

Le débat est maintenant ouvert, il est peut-être encore trop confiné à des spécialistes, et ne laisse pas assez de place à l'inventivité et aux demandes des habitants eux-mêmes. Il y a beaucoup d'analyses qui tentent d'expliquer le malaise, où la fracture sociale en France. Les grandes analyses inondent les médias. Après avoir tu les difficultés, on se met à en parler. Un travail de fond est maintenant nécessaire, il commence par un inventaire des barrages, des difficultés, que connaissent tous ces jeunes. Il faudra bien se demander pourquoi l'État s'est montré déficient dans ses missions de service. Il faudra bien examiner les conséquences d'une compétition de plus en plus vive entre les villes, et entre les territoires, une compétition qui prend les plus jeunes en otage. Ceux qui ont protesté ne demandent rien de révolutionnaire, seulement travail et respect.

Pierre Martinot-Lagarde SJ,
Directeur du Centre d'Etudes et Recherches pour l'Action Sociale (CERAS), Paris www.ceras-projet.com

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France : Choisis la vie ! Deutéronome ch.30,15

Comment sortir des violences urbaines ?

Les banlieues françaises sont en proie à une vague de gestes de désespoirs : incendies de voitures, de gymnases, de locaux associatifs, de théâtres, d'écoles, bref tout ce qui peut symboliser une société auquel les incendiaires ne peuvent accéder. Ces incendiaires sont tellement désespérés qu'ils préfèrent détruire que construire : il est mieux pour eux que les autres n'aient rien puisque eux n'ont rien. Ils n'ont plus de perspective de progrès ou d'amélioration de leur situation. Ces incendiaires sont souvent très jeunes, 15 ans, 17 ans ; un gamin de 10 ans a été arrêté porteur d'un cocktail molotov. Ces incendiaires ne se rendent pas compte des conséquences de leurs actes ; brûler des équipements n'est pas non plus une revendication, c'est un comportement pré-politique, qui ne désigne pas le sens de l'action à mener. Ces incendiaires détruisent en effet des biens qui servent ou pourraient servir à leur frères, leurs soeurs, leurs parents ou leurs voisins; ils ne s'attaquent pas aux responsables de leur exclusion de la société, seulement aux symboles de la société dominante présents sur leur territoire. Par ailleurs comme le disait un sociologue, le feu a un caractère ludique et pour de très jeunes, la mise en scène par les médias de tous ces feux donne de l'importance à ceux qui n'en ont pas habituellement.

Cette crise a été préparée par 20 ans d'abandon de ces populations, condamnées au chômage et à une rélégation sociale dans des quartiers ghetto où sont rassemblés les personnes sans emploi et ayant des difficultés sociales. Mais cette explosion de colère a été directement provoquée par des décisions politiques. Depuis 3 ans des subventions permettant un traitement social de la pauvreté ont été supprimées par le gouvernement. De plus, il y a quelques semaines, des propos indignes d'un ministre de l'intérieur ont enflammé ces quartiers. Les personnes les plus en difficulté dans cette population ont été méprisées et traitées de " racaille ". Ces quartiers doivent être nettoyés au karcher !

Quelques communautés religieuses sont implantées dans ces quartiers, quelquefois depuis des dizaines d'années. Pour les membres de ces communautés, les banlieues ce sont aussi des visages, des personnes qui sont devenus " notre prochain ". Avec ceux qui espèrent, nous choisissons l'espérance, avec ceux qui luttent nous choisissons de lutter, avec ceux qui oeuvrent pour un mieux vivre ensemble, nous choisissons d'avoir une action citoyenne et fraternelle.

Sans négliger les changements économique et politique que cette situation rend absolument nécessaires et urgents,
- une lutte contre les discriminations à l'embauche,
- une école débouchant sur une réussite et un avenir professionnel pour ces publics,
- un accroissement des logements pour sortir des familles de la précarité,
- une mixité sociale dans l'habitat des familles

nous voulons témoigner de gestes qui contribuent à la construction de notre vie de quartier :
- réunion de parents à propos de l'éducation de leurs enfants,
- soutien scolaire par des mamans et des jeunes du quartier,
- organisation de sorties familiales qui brassent toutes les générations, de fêtes de quartier, de la fête des voisins,
- aide financière aux jeunes qui veulent préparer le BAFA
- soutien de la gardienne des immeubles pour une remise en état permanente des halls d'entrée et passages collectifs,
- contacts avec l'organisme d'HLM pour l'entretien et l'amélioration de l'habitat et de son environnement.

La punition des incendiaires est nécessaire, à condition que l'on choisisse pour eux, et avec eux la vie, et non le mépris, la mort civique et sociale. De plus la société doit changer en profondeur, et reconquérir des territoires abandonnés à la pauvreté et au désespoir. Il y a urgence à faire oeuvre de mixité sociale dans l'habitat, mais aussi dans les communautés paroissiales qui rassemblent les chrétiens vivant dans ces lieux. Ceux qui habitent ces quartiers appellent d'autres à venir partager avec eux l'invention d'un vivre ensemble. Choisissons la vie.


Lucien Descoffres SJ,
Coordinateur de l'Apostolat Social
de la Province de France
et membre de la communauté jésuite d'insertion
de Cergy Pontoise
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Inde : Le fardeau des Dalits chrétiens


Pendant des années les Dalits chrétiens ont livré une bataille légale contre la décision d'anciens gouvernements de ne pas leur permettre de bénéficier d'une discrimination positive conférée à tous les autres Dalits, y compris ceux qui se sont convertis au bouddhisme et au sikhisme.

Le Père Bosco (AND) s'est battu ardemment contre cette décision. Dernièrement, en collaboration avec plusieurs autres organisations, il a réussi à porter la cause devant la cour suprême. Alors qu'ils avaient reçu la promesse de l'appui du gouvernement actuel, ils ont été choqués par la dernière position adoptée par ce même gouvernement. En effet, lors d'une apparition récente à la cour, le " solliciteur général additionnel a dit que le sujet était hors de la portée des tribunaux et devait être laissé aux législateurs "

Communiqué de presse, 28 novembre 2005,
John Dayal,
secrétaire général, conseil de tous les Indiens chrétiens
johndayal@vsnl.com
Pour de plus amples informations : Victor Edwin SJ
victoredwin@jesuits.net

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JRS International : présent là où les besoins sont les plus grands

Durant le mois de novembre, le Service jésuite pour les réfugiés (JRS) a fêté son vingt-cinquième anniversaire. Le 14 novembre 1980, le Père Général Pedro Arrupe SJ a demandé aux Jésuites de mettre en place ce nouvel apostolat, faisant écho à l'appel de Saint-Ignace 
" d'aller partout où on a le plus besoin de nous ".

Depuis ce temps JRS a ouvert de nouveaux chemins de service et d'apprentissage avec les réfugiés et se trouve présent dans 53 pays. Quoique JRS ait réussi à rester fidèle à la vision originale du Père Arrupe, celui-ci travaille aujourd'hui dans un contexte qui a changé dramatiquement.

" Plus que jamais " nous livre un communiqué de presse de JRS,
" les effets des inégalités croissantes, des communications bon marché, de l'accès à l'armement, de la dégradation environnementale, pour n'en nommer que quelques-uns, poussent des millions de personnes à fuir leurs pays et leurs villages d'origine, pendant que la protection internationale pour les personnes déplacées de force se fait de plus en plus évasive ".

Une lettre du Père Général, louant l'importance de cette ouvre apostolique de la Compagnie de Jésus, " comme étant une réponse de foi qui fait justice ", a été publiée pour souligner cet anniversaire. www.jrs.net



Mondialisation : une réponse jésuite

Un an après sa première rencontre, le groupe de travail sur la mondialisation et la marginalisation, établi par le Père Général et présidé par le secrétariat pour la justice sociale, a produit son document final intitulé :'Mondialisation et marginalisation : Notre réponse apostolique globale ".

Celui-ci a déjà été soumis au Père Général. Le document adressé
aux " partenaires apostoliques des Jésuites "
tente de comprendre le phénomène jumeau de la mondialisation et de la marginalisation ;
il analyse son impact sur la mission apostolique de la Compagnie et propose des moyens de faire face aux défis de façon unie et en tant que corps apostolique.

Informations : sjs@sjcuria.org


 

 

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Nouvelles en bref

Le groupe de travail sur la gouvernance de IJND a crée un weblog (carnet web) afin de rassembler les expériences, les contributions et autres commentaires de ses membres pour stimuler la discussion sur des questions intéressant le réseau, comme la citoyenneté active, le processus démocratique participatif et inclusif, la contrôle gouvermentale et la formation politique. Ce blog est ouvert à tous et on peut y accéder via l'adresse suivante : www.espacioblog.com/governance.
Le site reste temporaire quant à sa location, son design et son contenu ; il sera déménagé plus tard sur le site de IJND qui est en rénovation.

Information : Miguel Gonzalez, m.gonzalez@alboan.org

Lors de la rencontre annuelle de l'apostolat social pour l'Europe de l'est, qui s'est tenue du 10 au 13 novembre à Cluj, en Roumanie, il a été décidé d'appuyer le mouvement pour une plus grande articulation de l'apostolat social en Europe. En préparation pour la semaine sociale à Bratislava (2007), il a été convenu de contribuer avec des récits des Jésuites de la région qui ont souffert au nom de la justice et de les publier dans un prochain numéro de Promotio Iustitiae.

Robin Schweiger SJ,
coordonnateur de l'apostolat social pour l'Europe de l'est
robin.schweiger@rkc.si

" C'est incroyable le travail qu'accomplissent nos centres sociaux ! ". Cela a été l'expression unanime des 18 directeurs des centres sociaux en provenance des différentes Provinces de l'Amérique latine rassemblés à Bogota en Colombie, à la fin d'octobre dernier. À l'ordre du jour il y avait une discussion sur une proposition de la Conférence des Provinciaux de l'Amérique latine (CPAL) pour la collaboration entre les universités jésuites latino-américaines et les centres sociaux afin de préparer un scénario socio-politique continental pour les quinze prochaines années.

Pour informations : Jorge Julio Mejia SJ, Coordinateur de l'Apostolat
Social de la CPAL jjulio@colomsat.net.co

Nous sommes heureux de vous annoncer que nous avons le texte espagnol préparé par les participants de la rencontre : 'Solidarité et service pastorale des peuples indigènes' (Coordinadora de Pastoral Indígena) qui a eu lieu du 1er au 5 août 2005 à Tiraque en Bolivie.
Dans peu de temps, nous aurons également une traduction anglaise.

Si vous êtes intéressés à recevoir une copie électronique de ce document, contactez Liliana Carvajal : liliana.carvajal@sjcuria.org

 

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A voir également :

> Nouvelles d'août 2005
> Nouvelles de juin-juillet 2005
> Nouvelles de mai 2005
> Nouvelles de avril 2005
> Nouvelles de mars 2005
> Nouvelles de février 2005
> Nouvelles de janvier 2005
> Nouvelles de novembre 2004
> Nouvelles d'octobre 2004
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- "Affronter la réalité dans sa dimension sociale"
- "Assises pour un temps de justice" (29 avril - 1er mai 2001)