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| Nouvelles de l'engagement social
de la Compagnie de Jésus
dans le monde (juin-juillet 2005) |
Le G8 et l'annulation de la dette :
faire davantage
La décision d'annuler la dette multilatérale de 18 pays gravement endettés, annoncée durant la rencontre préparatoire des ministres des finances du G8 le 11 juin dernier, a été accueillie de façon très positive par les médias et la communauté internationale. Toutefois, tel que commenté par Alboan, un centre social jésuite à Bilbao (Espagne) et au diapason avec plusieurs autres organisations travaillant sur la question de l'annulation de la dette, cette décision est caractérisée par des aspects tant positifs que négatifs qui ne devraient pas être négligés. Cette analyse peut être trouvée dans une section spéciale du site internet de Alboan ( www.alboan.org ), qui contient des nouvelles sur la préparation en vue du G8 et la mobilisation de la société civile, des liens et des
commentaires préparés en collaboration avec le Réseau jésuite international pour le développement. Dans la même ligne de pensée, de l'autre côté de l'atlantique, Monseigneur John H. Ricard, président d'influent comité sur les politiques internationales de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis, a souligné, lors d'une entrevue rapportée par l'Agence international catholique de nouvelles Zenit, qu'il se réjouissait de la décision des nations de G8, mais a demandé qu'on fasse encore davantage. Plus particulièrement, il espère que le montant de la dette qui a été annulée sera doublée et qu'au moins une vingtaine d'autres pays pauvres puissent en bénéficier ; rappelant aux pays riches leur obligation morale de protéger la vie et la dignité des personnes les plus pauvres du monde. Cette entrevue peut être téléchargée en six langues au : www.zenit.org
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Bolivie :
Entre
l'espérance et le désespoir
Plus d'un mois après les protestations populaires
qui ont mené à la démission du Président
Carlos Mesa, l'atmosphère politique du pays est tout à
la fois lourde d'incertitudes et remplie de l'espoir que les problèmes
institutionnelles, sociaux et économiques, qui infestent
le pays, seront enfin résolus. Confronté à
cette atmosphère d'attentes et de réorientation,
le Père Ramón Alaix, Provincial de la Bolivie demande,
dans un éditorial du bulletin de la Province, publié
le 20 juin dernier et intitulé Miséricorde et violence
: « Que devons-nous faire ? » Son questionnement découle
de la conviction, fondée sur l'enseignement biblique, à
l'effet que l'on ne peut demeurer indifférent au cri du
peuple bolivien opprimé ; pas plus que l'on ne peut réagir
avec violence. Sa réponse nous offre l'histoire de Moïse
qui a quitté sa maison pour partager le sort de son peuple,
afin de leur offrir une vision utopique, la Terre promise, ainsi
qu'une certaine direction : la fuite et la désolation du
désert. Ainsi, suggère-t-il, nous devons «
abandonner quelques certitudes. Nous devons faire un, comme Jésus,
avec notre peuple,
avec leurs espoirs et leurs souffrances. Nous devons chercher
des solutions enracinées dans une analyse technique, sociale,
économique et culturelle de notre réalité
; et nous assurer que celles-ci soient traduites par des politiques
publiques qui éliminent les injustices qui sont à
l'origine de la violence dans laquelle nous vivons. » Cette
solution à long terme nécessite quand même
que pendant la période de changement nous « sortions
dans la rue, accompagnions, questionnions, donnions des explications
et, par-dessus tout, que nous partagions notre pain. ».
Ceux qui seraient intéressés à apprendre
davantage sur la situation actuelle en Bolivie ainsi que les causes
de cette dernière peuvent accéder à quelques
commentaires utiles sur les pages du site internet de CIPCA
Bolivia, l'un des principaux centres sociaux jésuites du
pays : www.cipca.org.bo
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Inde :
L'éducation auprès des communautés indigènes
Le travail de Vishwamandal Sevashram, un centre social jésuite de la Province de Bombay, prend pour acquis que l'éducation est un outil essentiel de transformation sociale. Le Père Godfrey D'Lima SJ travaille avec les autochtones ou les communautés adivasi aux pieds de la chaîne de montagnes Satpuda, dans l'État de Maharashtra, au centre de l'Inde. Comme il nous l'explique, ces groupes isolés et difficilement accessibles doivent organiser la vie comme ils le peuvent : les écoles fonctionnent rarement et même quand elles existent, les exigences d'une économie de subsistance ne permettent pas une fréquentation régulière ou une persévérance allant au-delà d'un certain niveau. « Notre organisation tente de mettre sur pied des centres d'apprentissages dont les contenus et curriculums sont expérimentaux - essayant de répondre de façon pertinente aux besoins de la population indigène. Avec l'éducation comme point de départ nous oeuvrons dans la communauté afin de mettre sur pied des groupes de crédits, des fermes organiques, d'organiser le partage des eaux et la santé. Notre budget étant limité, nous pouvons seulement organiser 25 centres annuellement avec l'aide d'une demie douzaine de bénévoles de la communauté indigène qui sont en formation. Le développement des femmes reçoit une attention particulière avec l'aide de quelques Sours canossiennes. Comme le Père D'Lima l'explique, il est nécessaire de continuer à développer des alternatives en éducation qui soient au service de la grande majorité de la population. C'est un domaine de recherches et d'expérimentation qui demandent l'action convergente des structures éducatives jésuites ainsi que celles qui font la promotion de l'apostolat social, puisque « elle seule, cette convergence créative ouvrira de nouvelles opportunités pour une croissance éducative qui soit pertinente et qui réponde aux besoins de la population dans son ensemble. » Les organisations intéressées à tisser des solidarités d'efforts pour des modèles éducatifs informels, alternatifs, accessibles à la masse, peuvent le contacter à :
vishwamandal@sancharnet.in
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| Zimbabwe
:
Combattre la pauvreté ou le pauvre ?
« Les gens se réveillèrent ce matin après une autre nuit passée à ciel ouvert. Quelques propriétaires en règle, qui possèdent encore leur maison, ont fait des tours de force pour accommoder parents et amis. » Ainsi commence le compte-rendu dramatique écrit par le Père Oskar Wermter SJ, sur l'impact de 'l'Opération Murambatswina' (ou Opération Retour de l'ordre'), initiée le 18 mai 2005 par le gouvernement du Zimbabwe pour la démolition d'habitations illégales dans des zones réparties à travers tout le pays. « Ce ne sont pas que des abris précaires de bidonvilles qui ont été démolis. Des maisonnettes parfaitement habitables se sont écroulées sous les lourdes masses ; des gens ont été forcés de détruire leur propre maison (.). Ceci est un triomphe de la bureaucratie inhumaine ». Alors que le gouvernement du Zimbabwe soutient que l'opération vise à nettoyer les villes et à mettre au pas le marché noir des produits de base, plusieurs secteurs de la société civile locale et internationale ont dénoncé la cruauté de l'opération à cause des souffrances qu'elle cause aux personnes affectées (celles-ci sont
estimé entre 200 000 et 500 000 personnes), souvent parmi les membres les plus vulnérables de la société. Un nombre incalculable de personnes, incluant des personnes âgées et des malades, continue de dormir dehors alors que les températures hivernales avoisinent le zéro degré. « Que pouvons-nous faire ? » demande le Père Brian MacGarry SJ, « les gens demandent où ils peuvent aller. Une femme m'a demandé 'Cela veut-il dire que nous sommes des déchets ?' Une référence claire au nom donné par la police à cette atrocité. (.). Il peut être possible de nourrir quelques uns, de donner des feuilles de plastiques pour fabriquer un abri de fortune et d'offrir un endroit pour entreposer leurs quelques biens, mais nous pouvons faire cela pour quelques personnes seulement. Cela soulève une question morale pour ceux qui aident ». La question éthique élargie qui ressort de toute cette opération est la suivante: les pauvres sont des personnes et ont besoin de vivre avec dignité tout autant que les autres. Avant de commencer une vague de démolition, pour quelque raison que ce soit, n'incombe-t-il pas au gouvernement de fournir des abris adéquats à ceux dont les maisons seront démolies?
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| Italie :
Jesuit Social Network : Un partenariat entre religieux et laïcs
« Le premier juin, juste avant le début d'un séminaire de formation résidentiel, la toute nouvelle fédération Jesuit Social Network a été inauguré officiellement lors d'une conférence de presse à Rome. Pour le moment la fédération regroupe environ une vingtaine d'entités telles des associations, fondations, groupes liés à la Compagnie de Jésus ou inspirés par la spiritualité ignacienne, travaillant en majorité auprès des sans-abri, des narcomanes, des immigrants ou réfugiés, de la jeunesse à risque, dans les zones marginalisés, en counselling, en analyse sociale et en formation. Grâce à une meilleure structure du secteur social de la Compagnie en Italie, la Fédération vise à renforcer les activités des différents groupes, en créant un forum pour une réflexion partagée et en offrant à ses membres des possibilités de collaboration et de formation conjointe, comme le séminaire de formation qui s'est tenu à Frascati (Rome) du 1er au 4 juin. Environ 90 personnes représentant 28 associations différentes ont participé à ce séminaire dont l'objectif était de partager leurs réflexions sur nos propres groupes, sur le contexte social dans lequel ils sont enracinés et sur un plan d'action pour la Fédération. Cela a été une excellente expérience qui a offert de nombreuses occasions de réflexions et de débats. Entre autres choses, cela a permis de mettre en lumière les attentes, particulièrement celles des partenaires laïcs, à l'effet que la Compagnie continue de jouer un rôle de leader moral en indiquant les 'choix politiques' qui doivent être faits en faveur des pauvres. Les comptes-rendus du séminaire seront bientôt disponible sur le site internet du JSN : www.jsn.it
Pour de plus amples informations : Francesco de Luccia SJ, Président du JSN, f.deluccia@gesuiti.it
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| République dominicaine :
Contre les expulsuions aveugles
Suite à l'assassinat, le 9 mai dernier, d'un citoyen dominicain, soi disant par des Haïtiens, les autorités nationales ont commencé la plus grande opération d'expulsions en masse des récentes années ; et cela à travers tout le nord-est du pays. Peu de temps après, le bureau international du Service jésuite pour les réfugiés a publié une déclaration publique. Celle-ci rapportait que les autorités militaires dominicaines, en plus de déporter les immigrants haïtiens sans papiers, expulsaient également des enfants possédant des certificats de naissance de la République dominicaine, des adultes possédant des documents d'identité ainsi que des Haïtiens avec des permis de travail en règle. La déclaration décrivait comment les gens ont été transportés dans des camions militaires et des autobus du bureau de l'immigration afin d'être déporté en Haïti. Ils ont été arrachés à leurs maisons à 6 heures du matin et enfournés dans les camions sans même avoir la chance de rassembler leurs affaires ou d'informer les membres de leurs familles. Certains n'ont pas pu amener leurs enfants avec eux. Selon un rapport détaillé publié par Solidaridad Fronteriza (Solidarité frontalière), un projet jésuite de la Province des Antilles et du Service jésuite pour les réfugiés, même si presque toutes les 2,000 personnes qui ont été expulsées ont été rapatriées, la situation demeure très sensible. Solidaridad Fronteriza offre du soutien et de l'aide aux individus et aux communautés situées des deux côtés de la frontière Dominicaine Haïtienne.
Pour de plus amples informations, contactez www.solidaridadfronteriza.org ou www.jrs.net
ou contactez M. James Stapleton, Coordonnateur des
Communications, JRS International : james.stapleton@mail.05.jrs.net
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