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Nouvelles de l'engagement social
de la Compagnie de Jésus
dans le monde (avril 2005)

 

 

 

 

 

 

 

 

Communauté d'insertion au Zimbabwe

Pour moi, la Maison Zambuko (Harare, Zimbabwe) est une communauté
d'insertion culturelle. Une institution existante ne devient pas immédiatement inculturée lorsqu'un pasteur local prend la relève. Zambuko a été commencée par le Frère Canisius Chishiri en tant que refuge et maison de rééducation pour les garçons de la rue. En tant que tel, il fallait que ce soit une famille, et c'est ainsi que j'ai appris les choses que je pensais savoir sur la famille africaine. Les garçons m'appellent 'sekuru' (grand-père / oncle) et me traitent en conséquence,
c'est-à-dire plus intimement que 'Baba Fata' : ils s'arrêtent pour bavarder ou pour présenter leurs visiteurs, pour prendre leurs courriels sur mon ordinateur, ou encore pour me donner quelques fruits qu'ils ont cueillis dans leurs jardins. Ce qui est davantage significatif, c'est de trouver ma place dans le voisinage. Dans cette société divisée, l'homme blanc est une étrange créature lointaine. Au sein et autour d'une institution ecclésiale connue, les gens savent que le Baba Fata est différent; pas 'un de ceux là', mais très rarement 'l'un de nous'. Nos voisins n'ont pas ce stéréotype, mais être un voisin signifie qu'on évite les stéréotypes comme celui du 'bon murungu', un croisement entre le Père Noël et
Superman. Le Baba Fata est une sous espèce de ces derniers. Je sens que quelque chose de constructif se passe quand je suis 'sekuru' pour les jeunes gens qui conduisent les minibus et les petits enfants vivant dans le camp squatter derrière notre maison; particulièrement lorsque certaines mères, qui encouragent leurs enfants à me saluer, ont évidemment recours au bonhomme sept heure pour menacer leurs enfants; un bonhomme qui est gros, blanc et poilu. Ou quand je peux échanger des boutures et des trucs de jardinier (je reçois plus de conseils que je n'en donne) ou que je me joins aux hommes plus
âgés pour boire une bière le samedi. Alors une ou deux personnes savent que j'avais coutume d'écrire une chronique hebdomadaire dans le Daily News avant qu'il ne soit mis à l'index et, quand quelqu'un suggère que je pourrais être intéressé par une association de résidents qu'ils tentent de mettre sur pied, quelque chose prend alors forme.
Brian MacGarry SJ < bmacgarry@mango.zw >

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Pérou, Brésil :
Une communauté d'insertion

J'ai eu la chance de passer presque deux ans dans la communauté de El
Agustino, à Lima, au Pérou ; et je vis présentement dans la communauté
paroissiale de Santisima Trinidade à Belo Horizonte au Brésil. Cette expérience m'enseigne quotidiennement le sens de cette phrase, trop souvent citée : « les pauvres nous évangélisent. » Lorsque quelqu'un a le privilège de vivre avec les pauvres, il découvre comment la foi devient plus sincère et vivante ; combien l'hospitalité peut se transformer en joie plutôt qu'en un sacrifice « de notre espace privé » et que la vie est faite pour être donnée. Je n'ai aucun doute que cela peut être expérimenté dans d'autres situations et endroits, mais mon expérience est qu'en étant avec le pauvre, on apprend à être pauvre, on apprend à faire davantage confiance à Dieu, à être nu et dépossédé et de se donner soi- même.
Je crois qu'une communauté insérée est un cadeau de Dieu pour la Compagnie. Mais je crains pour l'avenir. Je vois de moins en moins de communautés qui choisissent cette option et de moins en moins de Jésuites qui souhaitent vivre de cette façon. La formation ne nous encourage pas nécessairement à vivre comme les « familles modestes locales » ; encore moins comme le pauvre (Je ne questionne pas les bonnes intentions qui veulent favoriser les études, mais la formation n'est-elle pas plus que d'avoir simplement les possibilités d'étudier ?)
Je prie Dieu pour la conversion de la Compagnie, afin qu'il nous laisse discerner l'importance des communautés d'insertion pour mener plus avant notre vie évangélique radicale. C'est certain, celles-ci ne nous rendent pas plus saint ou pauvre, cela dépend de la conversion personnelle de chacun, mais elles représentent une expérience idéale pour stimuler la rencontre avec le pauvre et avec la frugalité de la vie.

Jaime Vicario SJ < jaimevicario@yahoo.es >

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France :
Une communauté d'insertion

Entre 1996 et 1998 j'ai eu la chance de vivre dans la communauté d'insertion à Cergy, dans une nouvelle ville à environ 40 km de Paris. Cette expérience a été la plus marquante au cours de mes études de théologie. Dans les années précédentes, j'avais fait l'expérience de la valeur et de l'importance d'une vie solidaire avec les plus défavorisés. Il m'est apparu essentiel que ma pensée théologique tienne compte des défis que doivent affronter nombre de mes contemporains. D'où mon besoin de vivre le plus proche possible de nos voisins dans un quartier HLM. Peu à peu, je me suis rendu compte, qu'il n'y pas que mes études qui ont été influencées par la confrontation avec la réalité de la vie
des exclus. Toute ma manière d'aborder la théologie en a été profondément influencée. J'ai ainsi été amené à approfondir la réflexion théologique sur les questions de la vie et de la mort des gens qui m'entourent. Et je continue à apprendre des gens qui regardent la société depuis « en bas ». C'est fort de cette expérience que je suis parvenu à la conviction que tous les scolastiques devraient vivre au moins quelques années dans des communautés d'insertion et que la question des grandes communautés de formation ne doit pas être abordée sans considérer l'importance de notre insertion dans le monde
des plus pauvres.


Christoph Albrecht SJ < christoph.albrecht@jesuiten.org >

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Afrique :
Les Jésuites prennent un pas de plus vers la paix

Une expérience à la fois éclairante et stimulante, la conférence sur la
transformation des conflits et la construction de la paix, organisée à Nairobi par JESAM, la Conférence africaine jésuite, le 8-12 avril, a éveillé les consciences sur les conflits africains et a confronté les 47 jésuites participants avec le fait qu'il est impossible de demeurer indifférent face à ceux-ci. L'objectif de la conférence était d'encourager une approche plus unie face aux conflits africains. De plus, la diversité des participants était une manifestation de la solidarité entre le Nord et le Sud et déjà un premier pas dans cette direction. Plusieurs recommandations ont été faites pendant la rencontre. Elles sont notamment : le besoin de renforcer le travail en réseau et la solidarité parmi les institutions africaines jésuites oeuvrant dans le domaine de la paix et de la réconciliation ; la mise sur pied de programmes de formation dans ce domaine aux différents niveaux de la formation en Compagnie et dans les différentes communautés jésuites, tout comme dans les écoles et les paroisses ; ce programme serait fondé sur la spiritualité ignacienne.
D'autres projets ambitieux et à longs termes furent explorés, tel la création de l'Université africaine de la paix, conçue sur le modèle déjà existant de l'Institut Hekima pour les études sur la paix et les relations internationales. Un comité de suivi sera établi avec comme objectifs de coordonner les activités sur la paix des centres sociaux de la JESAM et d'identifier les besoins spécifiques nécessitant une réponse immédiate, ou à moyen et long terme. La prochaine rencontre aura lieu en 2006 (Assemblée JESAM) en vue de la prochaine Congrégation Générale.

P. Ferdinand MuhigirwaSJ , Coordinator Provincial de l'Apostolat Social de
l'Afrique Centrale  et Directeur du CEPAS, RDC < muhigirwafsj@yahoo.fr >


France :
L'apostolat social ouvre les chantiers

Pendant la rencontre de l'apostolat social de la province de France, qui s'est tenue a Lille à la moitié d'avril, sept «chantiers» ont été ouverts, correspondant aux principaux défis et plans d'action de notre apostolat dans la province. Pendant deux jours les participants (72 Jésuites et 26 collaborateurs) ont ainsi pu discuter et discerner les projets suivants : l'enjeux d'une nouvelle localisation du CERAS (le principal centre social de la Province) ; le dynamisme de la formation pour des publics défavorisés, la création d'une équipe de pastorale en monde populaire, coordination des activités auprès des migrants et réfugiés, développement des propositions d'exercices spirituels pour des personnes du monde populaire, approfondissement de notre rapport aux musulmans de France, mobilisation d' acteurs au service de l'insertion par l'économique. Une
pédagogie au service du « Corps de la Compagnie » a présidée à cette
rencontre : des spécialistes de l'apostolat social ont pu dialoguer avec des personnes d'autres horizons ; un brassage de générations a permis de tenir compte de la diversité des approches sociales et ecclésiales ; enfin la présence des partenaires laïcs au moment du discernement initial favorisera notre engagement réciproque dans la mise en place des ces actions.

P. Lucien Descoffres SJ, Coordinateur de l'Apostolat Social de la Province
française < lucien.descoffres@wanadoo.fr >

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Nouvelles en bref

La mobilisation entourant la campagne globale 2005 sur l'action mondiale contre la pauvreté, visant à exercer des pressions sur les gouvernements afin qu'ils respectent leurs engagements concernant l'aide au développement, le soulagement de la dette et un commerce international plus équitable, continue de croître parmi nos institutions et nos centres jésuites. En réponse à l'appel du bureau des missions jésuites britanniques de se joindre au mouvement, IJND, le Réseau Jésuite International pour le Développement, en coordination avec le
Secrétariat de la Justice Sociale, est en train de préparer plusieurs évènements qui se dérouleront avant, après et lors de la mobilisation de la société civile à Edinburgh en juillet 2005, à l'occasion du sommet du G-8. La journée jésuite de prières et d'actions, promue par la Province britannique, est un bonne occasion pour se joindre à d'autres organisations en exprimant son avis au sujet du commerce ou de l'aide conditionnelle au Président de la Commission Européenne, en solidarité avec milliers d'autres dans le monde, le lundi 16 mai a 15 heures CET. Tous ceux qui seraient intéressés par ces initiatives et aux matériaux de support sont priés de contacter Ben Ramsden des Jesuit Missions
à : < ben@jesuitmissions.org.uk >,
ou Costanza Pagnini, Secretariat de la Justice Sociale, à :
< cpagnini@sjcuria.org >.

Le prochain congrès de Eurojess, le groupe de Jésuites européens travaillant en sciences sociales, se tiendra à Vienne en Autriche à la Kardinal Koenig Haus du 23 au 29 août 2005. Le thème du congrès, L'avenir de la démocratie en Europe, rassemblera des Jésuites et des laïques de partout en Europe. Si vous êtes intéressés à participer à cette conférence, veuillez contacter dès que possible le
Père Josep Messa à : < jmessa@jesuites.net >

Le 13 mars dernier, lors d'une rencontre qui s'est tenu à Padoue, le réseau Xavier, un regroupement de six ONG européennes en lien avec la Compagnie, a présenté aux Provinciaux de l'Europe du sud son premier plan d'action.

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* Calendrier

22-27 mai 2005 - Rome, Italie. Troisième rencontre annuelle des Coordonnateurs d'Assistance pour l'apostolat social, organisée par le Secrétariat de la Justice Sociale. Les points principaux à l'ordre du jour consistent en une revue des activités passées et la planification de l'avenir, une présentation et discussion sur les résultats préliminaires d'une étude sur la formation et l'apostolat social,  et la préparation en vue de la prochaine congrégation générale.
Contact :
< jmessa@jesuites.net >.

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A voir également :

> Nouvelles de mars 2005
> Nouvelles de février 2005
> Nouvelles de janvier 2005
> Nouvelles de novembre 2004
> Nouvelles d'octobre 2004
> Nouvelles de septembre 2004
> Nouvelles de l'été 2004
> Nouvelles de juin 2004
> Nouvelles d'avril 2004
>Nouvelles de mars 2004
> Nouvelles de février 2004
> Nouvelles de janvier 2004
- "Affronter la réalité dans sa dimension sociale"
- "Assises pour un temps de justice" (29 avril - 1er mai 2001)