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Nouvelles de l'engagement social
de la Compagnie de Jésus
dans le monde (juin 2004) |
Afrique : guerre et paix
L'Afrique, le continent le plus virginal du monde, est aujourd'hui affligé de conflits et déchiré par les guerres. Gardant présent à l'esprit les cycles de la violence qui défigurent cette terre magnifique et tentant de s'opposer à l'acceptation grandissante de la 'culture de mort', les Jésuites ont choisi la 'Paix et la résolution de conflit' comme thème pour une conférence internationale de trois jours qu'ils comptent accueillir après Pâques, en avril 2005, probablement à Nairobi. Cette rencontre sera présidée par JESAM, la Conférence des Supérieurs Majeurs Jésuites d'Afrique et de Madagascar. Les participants seront constitués des Supérieurs Majeurs, ainsi que des représentants de tous les secteurs apostoliques de l'Assistance tel que l'apostolat social, la commission sur les ministères et les commissions sur les vocations et la formation. L'objectif est d'avoir une trentaine de participants : 25 de l'Afrique et 5 provenant d'autres centres pour la paix et la réconciliation autour du monde. Des suggestion s principales d'exposés sont: comment les guerres et les conflits affectent le développement de l'Afrique ; dimensions principales des initiatives qui construisent la paix en Afrique ; expériences positives qui promeuvent la paix et préviennent les conflits ; comment les Églises, ainsi que les centres jésuites (sociaux, éducatifs et pastoraux) contribuent à ce processus ; et autres sujets pertinents. Le comité d'organisation est constitué du Père Valerian Shirima SJ, Modérateur du JESAM ; du Père Antoine Berilengar SJ (Coordinateur pour l'Apostolat Social en Afrique) ; du Père Ferdinand Muhigirwa SJ (délégué provincial pour l'apostolat social en Afrique centrale et directeur du Centre d'Etudes pour l'Action Sociale), avec le Père Elias Omondi SJ, comme secrétaire. Finalement et de façon très importante, les questions d'argent : comme le Père Berilingar nous le rappelle « le principal facteur inconnu qui demeure est de trouver les fonds pour cette première et importante rencontre, une rencontre importante no n seulement pour la Compagnie en Afrique mais aussi pour les autres Jésuites travaillant dans le domaine. Toute aide est bienvenue ».
Père Antoine Berilengar SJ, Coordinateur pour l'Apostolat Social en Afrique et Madagascar, dberilengar@yahoo.fr
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Inde : partenaires des Nations-Unis
« Au cours de ces derniers deux ans et demi nous avons travaillé à cela, en effectuant des sollicitations auprès des Nations Unies. Finalement l'accréditation est une réalité. » Père Prakash Louis SJ, Directeur de l'ISI, Indian Social Institute, à Delhi, partage avec les membres du personnel, les membres du conseil, les collaborateurs et les amis, la bonne nouvelle au sujet de l'ISI ayant obtenu un statut consultatif spécial auprès du Conseil Economique et Social (ECOSOC). L'ECOSOC est le forum central des Nations Unies (NU) en matière de discussion sur les problèmes économiques et sociaux internationaux et en matière de formulation de recommandations politiques aux Etats membres de l'ONU. L'accréditation, qui est accordée après une longue procédure de sélection, est un accomplissement très important pour l'ISI, non seulement parce qu'elle est « une reconnaissance de l'action continue et cohérente que l'Institut a effectué au niveau local et national et parfois même au niveau international », mais également parce qu'il s'agit d'un « appel à effectuer des interventions aux niveau régional et international d'une façon focalisée et ciblée ». Après l'accréditation, l'ISI, un centre social important de Jésuites en Inde, pourra prendre une part plus active dans le processus de prise de décision de l'ONU en participant aux discussions de l'ECOSOC, et, peut-être de manière importante, aux processus préparatoires des Conférences Internationales des NU et aux Conférences mêmes. En outre, ISI peut être invité à fournir des avis, des informations ou à soumettre des rapports écrits sur des sujets concernant le travail du Conseil et pour lesquels il a une compétence spécifique. ISI peut également faire des présentations orales au Conseil afin que son avis soit entendu. Accidentellement, l'importance de l'accréditation et de nombreux moyens créés par le NU pour aider les organismes accrédités, tels que des réseaux, conférences et mécanismes de partage d'informations, a été expliquée pendant un séminaire qui s'est tenu à Rome le mois passé par Mme Hanifa Zenaoui et auquel le Secrétariat pour la Justice Sociale a participé. Mme Zenaoui est Chef de la Section des ONG au Département des Affaires Economiques et Sociales des Nations Unies (UNDESA), la section responsable de suivre le processus de demande d'admission au statut consultatif.
Père Prakash Louis SJ, Indian Social Institute Delhi, Directeur Exécutif: .
Pour plus d'information au sujet du processus d'accréditation et des divers mécanismes de support aux ONG, visitez le site internet de l' UNDESA: http://www.un.org/esa/coordination/ngo.
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Service Jésuite des Réfugiés : un an après
« C'était au mois d'août 1998 ; j'ai aperçu un groupe de soldats qui avançait vers notre maison. Je suis partie immédiatement, portant mon bébé de deux ans sur mon dos. Je n'ai rien pris avec moi, ni vêtements, ni souliers, rien ». Ceci est l'histoire de Denisa, une réfugiée du Burundi, mais elle pourrait aussi être celle de Pauline, du Rwanda, de Kamalavadhani du Sri Lanka ou de Milka en Bosnie-dont les tristes histoires sont rapportées dans le Rapport Annuel du Service Jésuite des Réfugiés (JRS) publié en mai 2004. Le document rapporte que « selon des évaluations conservatrices, il y a au moins 40 millions de réfugiés et de personnes déplacées à travers le monde » et que, pire encore, la majorité d'entre elles a été déplacé « à cause des conflits et de la violence ». Presque 25 ans après avoir été fondé par le Père Arrupe en 1980, JRS continue d'accompagner, de servir et de défendre les droits des réfugiés et des personnes déplacées par la force. Mais que signifie exactement leur mission ? Le Père Lluis Ma griñà SJ, directeur international, l'explique dans son message d'introduction du rapport annuel : « Cela veut dire que nous reconnaissons les réfugiés, avec lesquels nous travaillons, comme étant des individus et non simplement des statistiques ou des numéros. Cela veut dire que nous marchons au côté de ceux et celles qui ont dû quitter leurs maisons à cause de la guerre et de la violence, aidant les réfugiés à reconstruire leurs vies ». En 2003, JRS a tenté de faire cela à travers des projets dans plus de 50 pays, aidant les réfugiés dans les camps, les personnes déplacées au sein de leur propre pays, les chercheurs d'asile dans les villes et ceux étant en détention ainsi que tous ceux qui sont, comme les appelle Aung San Suu Kyi, des dukkha, l'expression burmaise pour réfugié et qui signifie : celui qui souffre. JRS prend soin d'eux en offrant des services d'éducation, de advocacy, d'aide d'urgence, de santé et de nutrition ou en offrant des activités génératrices de revenus. En tout, plus de 376 000 perso nnes ont bénéficié directement des projets de JRS au cours de la dernière année. En 2003, l'attention a été portée sur la question des jeunes réfugiés, un groupe particulièrement vulnérable ainsi que sur le travail de advocacy et la défense des droits de l'homme. Les réalisations de JRS sont rendues possibles par les efforts de plus de 500 travailleurs, dont la majorité d'entre eux offrent leurs talents et leurs services bénévolement, de même que grâce à la collaboration d'un grand nombre de réfugiés recrutés pour participer aux projets.
Pour de plus amples informations sur JRS, voir : www.jrs.net
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Les supérieurs jésuites d'Amérique se rencontrent
Dans le but de stimuler un dialogue fructueux et approfondir la connaissance mutuelle de deux réalités souvent complètement opposées, bien que très liées, le premier meeting des Provinciaux Jésuites de l'Amérique du Sud et du Nord s'est tenu à Miami du 22 au 25 mai, en la présence du Père Général. Nous avons demandé au Père Frank Case SJ, Assistant de l'Amérique du Nord, de nous résumer ce meeting historique, et plus particulièrement la discussion concernant le défi commun qu'est la migration. Telle fut sa réponse : « Parmi les sujets abordés par le Provinciaux, il y avait celui de la migration. Les représentants de la Conférence des Jésuites des Etats-Unis (JC) et de la Conférence des Provinciaux de l'Amérique Latine (CPAL) avaient préparé un document décrivant le problème et ce que font pour les résoudre la Compagnie et l'Eglise. Alors que le document s'entend comme un moyen pour assister, en ministère collaboratif, les migrants de l'Amérique Latine qui se déplacent en Amérique du Nord, il est impossible d e ne pas traiter le phénomène de migration interne en Amérique Latine elle - même. En Amérique Latine, le défi est de minimiser les facteurs sociaux, économiques et politiques qui obligent littéralement les gens à se déplacer, laissant leur maison et leur travail et à se séparer de leur famille. En Amérique du Nord, d'autre part, le défi est essentiellement d'aider les récents immigrés à trouver un foyer dans l'église et la société nord américaine, en faisant attention à leurs besoins spirituels, sociaux, économiques et politiques de manière à les aider à s'intégrer dans une terre et une culture étrangère, sans porter atteinte à leur culture et tradition. Heureusement, les Jésuites et ceux qui s'associent avec nous, ne sont pas les seuls individus ou organisations intéressés au problème. Les Evêques d'Amérique, se sont fortement engagés dans le phénomène de la migration, ainsi que de nombreux groupes religieux et laïques. Nos efforts, ainsi, seront plus efficaces car nous pouvons collaborer activement avec l es organisations existantes ».

Les sites internet des la JC et de la CPAL: http://www.jesuit.org, et http://www.cpalsj.org
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Philippines : Ramène-moi...
UGAT a été crée par les Jésuites des Philippines pour travailler avec les familles très pauvres, tellement pauvres que plusieurs quittent le pays en recherche de travail. Avec quatre Jésuites au conseil d'administration, quatre employés permanents et 150 bénévoles (100 aux Philippines et 50 à l'extérieur), UGAT offre du counselling et de l'aide psychothérapeutique aux immigrants et à leurs familles tant aux Philippines qu'à l'étranger. Créée à l'origine pour les travailleurs philippins à l'étranger, travaillant à l'étranger temporairement pour augmenter le revenu de leur famille, le service s'est étendu aux Philippins occupant des emplois de cols blancs qui souffrent aussi d'aliénation et du mal du pays. Le travail à l'extérieur n'apporte pas seulement la douleur de la séparation et la solitude, mais il est également perçu comme 'sale, dégradant, dangereux et mortel'. Pourquoi partent-ils? La réponse qui s'impose est : pour gagner plus d'argent. Six millions deux cents mille travailleurs sont actuellement em ployés à l'étranger dans 26 pays différents. Le Père Tanalega SJ, President de UGAT, affronte leurs problèmes de plein fouet alors qu'il les aide à articuler leurs valeurs et leurs souffrances. En fait il dit « il y a une longue liste de problèmes des migrants que nous avons entendus et rassemblés, par exemple l'abus, les hostilités entre eux et la solitude » mais il ajoute que « la question de la dépendance est demeurée non analysée et non résolue », en se référant au problème atroce et déchirant qu'est la dépendance de la famille qui reste, qui fait peser de nombreuses charges sur les travailleurs à l'étranger. Lors d'une journée de récollection avec les parents des travailleurs philippins à l'étranger, il a été capable de faire ressortir des réponses aux questions telles que : de quoi l'amour est-il fait (un plus gros compte de chèques ?) ?, Qui décide vraiment si et qui doit partir travailler à l'étranger ? Pourquoi très souvent les immigrants ne reviennent-ils pas ? Quelles sont les angoisses qui afflig ent ceux qui partent et ceux qui restent ? Comment une séparation aussi longue affecte-t-elle la famille ? Il parle d'une 'anxiété collective' qui fait surface. Cette migration génère des problèmes de toutes sortes tant pour ceux qui partent que pour ceux qui restent derrière : cette 'économie du mandat bancaire' crée autant de difficultés qu'elle en résout. Le Père Tanalega et UGAT réfléchissent sur ces questions tout en aidant les personnes affectées.
Père Nilo E. Tanalega SJ. Fondation UGAT, Président: ntanaleg@admu.edu.ph
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Espagne : société civile et efforts pour la paix
Au début des années quatre-vingt, à une époque où le monde était encore divisé par un Rideau de Fer et sous menace d'une éventuelle explosion catastrophique de la Guerre Froide, la province d'Aragon en Espagne était une des zones ayant la plus forte concentration militaire, incluant la base aérienne américaine à Saragosse. C'était à ce moment et à cet endroit précis que, en 1984, le Séminaire Permanent pour les Etudes sur la Paix (Seminario de Investigacion para la Paz - SIP), un centre indépendant des recherches pour la paix, a été mis en place dans le Centro Pignatelli, un centre Jésuite à Saragosse. A l'occasion du vingtième anniversaire du SIP, l'agence de presse espagnole sur la vie religieuse IVICON citait ceci comme une réponse exemplaire de la part de la société civile. Aujourd'hui, vingt ans après, le Rideau de Fer a disparu, la nature de la guerre a changé et le champ de bataille s'est déplacé. Mais le Seminario por la Paz continue de travailler pour une culture de paix au travers de recherches rig oureuses et en touchant l'opinion publique. En plus de sa bibliothèque et de son centre de documentation excellent, SIP a publié de nombreux livres. Un membre fondateur de l'association espagnole pour la recherche pour la paix, SIP a, au cours des ans, réuni autours de ses tables lors de ses conférences, certains des experts les plus éminents et les plus renommés du secteur. Des séminaires, des cours et des ateliers spécialisés touchant un large éventail des questions de paix (transformation des conflits, processus de paix et éducation pour la paix pour les éducateurs), en ont été les points culminants, apportant une reconnaissance ainsi que de nombreux prix et reconnaissances au centre et à son directeur de longue date, P. Jesús María Alemany SJ. En tenant compte de tous ces éléments, il n'est pas surprenant que l'association ait récemment obtenu le statut formel de Fondation.
Fr Jesús María Alemany SJ, Directeur, Fundación Seminario de Investigación para la Paz.
Pour en savoir plus sur SIP, visiter son site internet : http://www.seipaz.org/
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