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actualités > Jubilé 2006 > Festival Jésuites & Cinéma > L'Exorciste
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Pourquoi un film comme
L'Exorciste
dans le cadre du Festival
Jésuites & Cinéma ?


Ce film, qui a déjà 30 ans, continue de marquer un public jeune. La copie en a été récemment restaurée et complétée, ce qui a permis de vérifier son impact toujours actuel.

On dédaigne souvent ce film sous prétexte qu’il ne serait qu’une série B complaisante. Il n’en est rien. Sur le plan cinématographique, William Friedkin se révèle un grand styliste. Il y a bien entendu des scènes repoussantes, mais Friedkin n’en abuse pas et préfère travailler l’atmosphère de son film (la musique est restée très célèbre). Il prend le temps de camper le décor et la personnalité complexe de ses personnages ; en particulier celle du prêtre en train de perdre la foi et dont la mère vient de mourir.

L'Exorciste
(interdit - 12 ans)
lundi 27 mars 2006 à 20h30
En présence du Père Michel Souchon, s.j., sociologue des médias, délégué diocésain pour les nouveaux mouvements religieux et sectes, et du Père William O’Brien, s.j.

Cinéma la Pagode
57 rue de Babylone 75007 PARIS
Tél. : 08 92 89 28 92
Métro St François-Xavier
Entrée : 6,50 euros

Mises à part quelques scènes de genre qui sont là simplement pour effrayer le spectateur (et y parviennent !), le film est très subtile, contrairement aux inévitables suites qu’il a engendrées, souvent calamiteuses (1). Il y a donc vraiment matière à débat.

Quels liens avec la Compagnie de Jésus ?
L’auteur du scénario est un ancien élève de l’université jésuite de Georgetown : W.P. Blatty. Il s’est inspiré d’un exorcisme réel qui a eu lieu à Saint Louis en 1949, et a été mené par deux jésuites. Le premier est décédé en 1983, le second est toujours en vie. Le film lui-même a été tourné à Georgetown.

Maintenant, le scénariste a librement brodé sur le canevas initial. Les différences sont nombreuses : l’enfant de 1949 était un garçon et non une fille, qui connaissait et pratiquait le spiritisme – ce qui explique déjà bien des phénomènes constatés. L’exorcisme fut à la fois beaucoup plus long et beaucoup moins spectaculaire. Quant aux deux prêtres, le film leur conserve leur qualité de jésuites, mais leur invente des trajectoires personnelles bien particulières : le premier est archéologue, le second est psychiatre.

Et le diable dans tout ça ?
Le film respecte le manuel d’exorcisme de cette époque-là, mais il joue d’aspects extraordinaires qui risquent de détourner le spectateur de sa véritable signification. Le manuel en question a d’ailleurs été depuis revu, et ne donnerait sans doute plus matière à ce genre de film ! Mais il est intéressant de noter que le jésuite du film refuse tout d’abord de pratiquer l’exorcisme. Il est psychiatre, et préfère parler de trouble mental.

L’important, à partir du moment où le film a une indéniable qualité artistique, est de pouvoir en discuter. Je ne dirais pas cela de tous les films d’horreur sur le sujet. Mais William Friedkin n’est pas n’importe qui. Hasard des dates, il vient d’être invité par la cinémathèque française, à l’occasion d’une rétrospective intégrale de son oeuvre, au mois d’avril.

Philippe Chevallier s.j.

(1) : Le dernier exemple est L’exorcisme d’Emily Rose (2005).

 

 

Pour en savoir plus :

> Tout sur le festival Jésuites & Cinéma

> L'animation flash du jubilé

> "L'Exorciste" site officiel en anglais

> Jean Diard

> Le site offciel du jubilé 2006

> Voir le catalogue des Mediasèvres