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Format 16 x 24 ISBN 2-84847-022-1 208 pages — 25 €
La méthode missionnaire de Ricci, ou son « accommodation culturelle », s'adressait à l'élite des lettrés qu'il s'agissait de gagner à l'idée que le christianisme était une religion qu'ils ne pouvaient que respecter, et donc autoriser. On découvrira avec J. S. Sebes que ce « style » était fortement lié à la personnalité charismatique de Ricci, à son humanisme, à sa très fine intelligence ; aussi ses successeurs n'auront-ils pas tous le même accueil. Mais un pont était jeté.
Statue de Matteo Ricci à Pékin
Huit lettres de Matteo Ricci inédites en français Enfin, figurent des textes de Ricci lui-même avec un chapitre de son œuvre majeure, La Vraie doctrine du Seigneur du Ciel, et huit lettres – inédites en français – qui apportent un éclairage significatif sur la personnalité de ce pionnier des échanges culturels. A sa mort, en mai 1610, l'empereur permit que soit enterré à Pékin ce « lettré d'Occident » dont les œuvres, notamment le Traité de l'amitié, allaient figurer dans l'Encyclopédie impériale. En France, son Histoire de l'expédition chrestienne au royaume de la Chine, suivie de la « mission française » à Pékin, ouvre la voie à ce qui deviendra la “sinologie”. Ricci fait partie de l'histoire de la Chine comme de celle de l'Europe pour avoir instauré un dialogue entre nos cultures respectives, dans le respect de l'autre et sous le signe de l'amitié.
Matteo Ricci Les savoirs en partage au XVII e siècle Il [Paul Xu Guangki] décida avec le P. Ricci de traduire l'un de nos livres scientifiques pour montrer aux lettrés de ce royaume avec quelle diligence les nôtres conduisent leurs recherches et sur quels solides fondements ils établissent leurs preuves ; par là, ils en viendraient à comprendre que dans les choses de la sainte religion, ce n'était pas à la légère que nous nous étions décidés à suivre un parti. ( Opere Storiche, Matteo Ricci, 1913)
Sur 6 panneaux de bois de 52 cm chacun la fameuse « mappemonde » de Matteo Ricci ( 3,72 m x 1,68). Sans doute l'originale de 1602, publiée en de nombreux exemplaires, remise à l'empereur Wan Li. Un exemplaire est conservé à la Bibliothèque de Pékin, Matteo Ricci en parle : "Certains lettrés me demandent de dessiner une cartes des contrées diverses par où je suis passé [pour venir] je choisis des informations parmi les cartes et les livres apportés. J'y ajoutai les notes et les journaux de route de plusieurs années et je fis graver tout cela sur des blocs [de bois ]. " p. 99 Hommage chinois au cartographe Ricci : Je me suis rendu compte, que les cartes dessinées [par Ricci] sont toutes basées sur des originaux imprimés dans sa propre patrie... Notre philosophe n'est certainement pas adonné à la magie ou à la superstition. Il honore Dieu matin et soir, et il a juré de ne jamais être menteur par pensée, par parole et par action. Pour ce qui regarde ses démonstrations mathématiques sur la nature des orbes célestes et sur l'éloignement du soleil, de la lune ou des étoiles, c'est assurément difficile à comprendre ; pourtant, il semble que ses affirmations sont prouvées, et jusqu'à plus ample informé il faut y prêter attention. (Préface du Mandarin Wu Zuohai, cité par H. Bernard), voir p. 116
Michel Masson, né en 1937, jésuite, a résidé vingt ans en Asie et enseigné à l'université chinoise de Hong Kong. Au cours de ses études doctorales à Harvard, il s'est spécialisé dans la pensée de la Chine au XX° siècle. Il a publié Philosophy and Tradition. The interpretation of China's philosophic Past : Fung Yu Lan 1939-1949 (Taipei Ricci Institute, 1985) et traduit l'ouvrage majeur du philosophe chinois : Nouveau Traité sur l'Homme (Paris, Cerf, 2006). Ses derniers ouvrages sont Le Sacré en Chine , Brepols (2008) et une traduction de l'ouvrage de Liang Shuming (1949), Les idées maîtresses de la culture chinoise , Le Cerf (à paraître en 2010) Il fut directeur de China New Analysis , et rédigea de nombreux articles dans le Bulletin Mensuel de Sinologie ( Perspectives Chinoises ). Il est aujourd'hui directeur de l'Institut Ricci de Paris, Centre d'études chinoises, dont la dernière publication est Religion et société en Chine ancienne et médiévale, sous la direction de John Lagerwey, EPHE (Cerf/Institut Ricci, 2009). Traductions inédites de l'anglais par M. Masson et de l'italien par J. Gellard. Noms propres chinois actualisés.
Une lettre de Matteo Rici Pax Christi Cette année, j'ai reçu de Votre Révérence une lettre du 19 décembre 1605. Elle a causé mon étonnement quand j'ai compris qu'aucune de mes lettres des ces années passées ne vous était parvenue. Comment cela est arrivé, Votre Révérence pourra bien l'imaginer en pensant à tant de naufrages et de disparitions de navires qu'ont connus les Portugais de l'Inde ici et là pendant toutes ces années calamiteuses. Votre Révérence peut être bien certaine que ce ne fut pas parce que j'aurais manqué d'écrire, car j'y étais obligé, d'une grande obligation. Et si je l'avais oublié, Votre Révérence a eu soin de me le rappeler par ses nombreuses lettres, pleines de charité et de compassion pour nos peines et par tant de bonnes choses dont vous me faites cadeau et que vous m'avez envoyées ici, tellement loin de vous. On dirait que Dieu a voulu se servir de ce bout de temps où j'ai été condisciple de Votre Révérence à Coïmbre (1) pour que j'aie quelqu'un de connu, si nécessaire dans les conditions où je me trouve, dans la province qui est mon lot dans la distribution qui a été faite ici. Mais surtout je regrette que Votre Révérence n'ait pas encore eu de nouvelles de la Bible Royale, dont je vous ai écrit qu'elle était arrivée ici (2) , et des dernières tribulations qu'elle a souffertes aux portes de Pékin, dans le naufrage que subit notre barque, et où la maison a perdu plus de deux cents écus : la Bible aussi était perdue, mais elle fut ramassée au milieu du fleuve par des marins, et nous l'avons récupérée ensuite pour trois jules [piécettes] pas davantage. Bien qu'elle soit restée un peu imbibée d'eau, elle est très belle et en bon état, et toute la journée nous la montrons aux Chinois, qui viennent voir rien que pour sa vénération et sa décoration ; ils se font par elle une grande idée de notre sainte loi. Le premier jour où nous l'avons montrée aux chrétiens fut une fête solennelle, je crois le jour de l'Assomption de la Madone (3) : ce jour-là, après que j'aie dit la messe conventuelle avec la solennité habituelle, je pris la cape à la fin de la messe, et posant la Bible sur une table au milieu de l'église, je l'encensai complètement devant les chrétiens, et avec eux agenouillés nous rendîmes grâce à Dieu d'envoyer sa sainte loi à ce royaume si éloigné, avec ces livres saints. Ils sont la meilleure décoration de ma chambre, où viennent nous voir les grands de la cour et donc de tout le royaume : il y a d'un côté les coffrets des livres chinois, et de l'autre ceux des nôtres ; l'or et la splendeur extérieure indiquent bien la différence entre les uns et les autres. L'an dernier, j'ai appris qu'était aussi arrivée à Nankin l'autre faveur de Votre Révérence, les œuvres de Saint Augustin et le Theatrum Orbis (4) , qui sont fort bien reliés ; j'ai donné ordre que tout soit à la cour de Nankin, sauf le Theatrum Orbis , que je veux avoir en la capitale du monde chinois, où l'affluence est plus grande. Je voudrais m'étendre davantage et vous dire les remerciements qui sont dus à votre si grande charité, non seulement de ma part mais aussi de la part de tous les autres qui s'en remettent à moi. Mais qu'est-ce qui me permet de faire de l'œuvre de la Chine mon œuvre propre plutôt que celle de Votre Révérence et de vous rendre grâce de faire du bien à ce qui est vôtre ? Ceci dit, je le fais autant que je peux pour ce qui est à moi dans cette mission, où j'ai vu la toute-puissance divine créer tellement à partir de rien ; en même temps je prie Votre Révérence de bien vouloir toujours continuer sans jamais céder à la fatigue, car tout le bien nous vient de là(..) Je donne au P. Francesco Pasio un rapport très détaillé sur les affaires d'ici. Je pense qu'il informera Notre Père de tout, et par suite aussi Votre Révérence ; je ne m'étends donc pas en le répétant. Je suis déjà vieux et fatigué mais sain et fort : loué soit le Seigneur ! Ici cette œuvre s'établit mieux chaque jour, avec les difficultés diverses que traversent les nôtres tantôt dans une région tantôt dans une autre. Je vois que nous allons avoir besoin de beaucoup de monde car le champ est grand. Il sera bon de se pourvoir sans tarder de personnes bonnes et de grand talent, car nos affaires se traitent avec des gens avisés et cultivés. J'ai demandé de nombreuses fois une Roma vecchia sur planches de cuivre, qui conviennent bien pour être montrées aux gens d'ici. Je ne sais pas si on a omis de me l'envoyer parce que mes lettres ne sont pas arrivées ou parce qu'il n'y en a pas à vendre ; pour cette raison je veux recourir à Votre Révérence – ce qui nous vaut tant de bonnes choses – et vous demander de vous occuper de cette affaire, et de nous faire envoyer cela à la cour de Pékin ; et tout ce qui vous arrive dans les mains de ce genre de choses, sachez qu'elles nous sont ici très utiles. A la fin de l'année passée, je ne sais comment il m'est venu à l'esprit que je restais le seul ici des premiers qui sommes entrés dans ce royaume, et qu'il n'y avait plus personne qui connaisse l'histoire des débuts. Il était donc bon d'écrire tout cela selon l'ordre des événements, surtout quand j'ai su qu'on écrivait sur les affaires qui sont passées par moi des choses assez différentes de ce qui est réellement arrivé. Ainsi j'ai commencé à faire un rapport dont je pense qu'il fera grand plaisir dans vos régions. Si je pouvais achever quelque partie essentielle de cette œuvre pour le départ des bateaux vers l'Inde, je l'enverrais aussitôt à Rome, où Votre Révérence la verra. Mais je me demande si mes occupations me permettront de le faire. (..) Je termine là cette lettre, et me recommande, avec toute cette chrétienté de Chine, aux saints sacrifices et prières de Votre Révérence. Matteo Ricci Notes (1) Nous apprenons par ce passage que lorsque Ricci se trouvait à Coïmbre à étudier la théologie, de juin 1577 à mars de l'année suivante, il eut comme compagnon le futur assistant du Portugal, qui soutiendrait un jour si chaleureusement son apostolat en Chine. (2) Sur l'arrivée sans dommage de la bible polyglotte d'Anvers et sur les péripéties qu'elle avait traversées, Ricci a écrit une lettre au P. Alvarez le 12 mai 1605. Mais en décembre 1605, Alvarez ne pouvait avoir déjà reçu la lettre de Ricci du 12 mai de la même année. (3) Exactement le 15 août 1604, comme Ricci l'avait déjà écrit au même Alvarez dans sa précédente lettre du 12 mai 1605, où il raconte l'histoire de la Bible qu'il répète ici. (4) C'est-à-dire l'Atlas d'Ortelius, Theatrum Orbis Terrarum. (5) Francesco Pasio Francesco Pasio [1551 – 1612, Macao]. Vice-provincial de Chine et du Japon. Retour au sommet de la lettre >>
TABLE DES MATIÈRES Introduction, Michel Cartier I- Matteo Ricci Un lettré de la renaissance en chine (XVIIe s.) Ch. 1– Ricci et ses prédécesseurs. Quelle accomodation culturelle ? Ch. 2– L'apport scientifique de Ricci à la Chine Henri Bernard Maître II- TEXTES DE MATTEO RICCI Ch. 3 – La vraie doctrine du Seigneur du Ciel Matteo Ricci Ch. 4 – Lettres Matteo Ricci Macao, 13 février 1583 – (1 ère lettre de Chine) au P. M. de Fornari, à Padoue Index des noms
INSTRUMENTS FABRIQUÉS SOUS LES QING 1 - Armille équatoriale ????? 1673 2 - Sextant ??? 1673 3 - Théodolite azimuthal ????? 1715 4 - Armille écliptique ????? 1673 5 - Globe céleste ??? 1673 6 - Quadrant ??? 1673 7 - Altazimuth ???? 1673 8 - Nouvelle armille (équatoriale) ????? 1744 INSTRUMENTS FABRIQUÉS SOUS LES MONGOLS (YUAN) Jianyi 1439 - Armille © The Beijing Centre (Ancien observatoire de Pékin, copie d'instruments datant de la dynastie mongole, 1439).
Sphère armillaire (hunyi) 1439 détermine les coordonnées des corps célestes linglongyi ??? Itinéraire parcouru par Matteo Ricci en Chine
Une page du dictionnaire Portugais-Chinois
Liste des communautés jésuites
Ricci en parle : « Nos compagnons se trouvent en sûreté en diverses régions au nombre de dix-sept ou dix-huit de la Compagnie » (1605), p. 178
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