Leçon sur l' Encyclique
« Mit brennender sörge » [ et « Divini Redemptoris »]
de Pie XI.
[ H. Chambre, 1947]
INTRODUCTION
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OBJET DU COURS
Etude des grands courants d'ordre mystique qui entrainent l'humanité à l'aide de documents pontificaux qui en ont traité :les encycliques de Pie XI Mit Brennender sörge qui a condamné le National Socialisme et Divini Redemptoris qui a condamné le Communisme athée.
Comme l'écrivait en 1937 un savant le père Teilhard de Chardin dans un article des Etudes sur la Crise présente , l'humanité tout entière est travaillée par des forces profondes à la recherche de son unité, d'une communauté des hommes. Cette mystique de la communauté dans un monde qui n'a plus le sens de Dieu s'est traduit par ces mouvements de masse que fut le Nazisme en Allemagne et qu'est actuellement le communisme.
Nous aurons l'occasion de le montrer, ces deux mystiques humaines de la collectivité se présentent toutes deux comme de « véritables religions », mais des religions de remplacement. Et c'est ce qui constitue le danger pour l'humanité en quête de son unité. « Le pire danger que côtoie l'humanité dans son naufrage actuel, écrivait le père Teilhard de Chardin, c'est d'oublier finalement l'essentiel, c'est-à-dire la concentration spirituelle, en face des immensités cosmiques que lui a découvertes la science, et en face de la puissance collective que lui a révélée l'organisation sociale. Une énergie diffuse, ou bien une super société sans cœur ni visage, ne sont-ce pas les formes sous lesquelles la néo-religion terrestre essaye de se représenter confusément la divinité? ».
Seul le christianisme peut remettre dans la ligne conforme aux lois de la vie et de l'être ces aspirations humaines au souffle si puissant. Ce sera l'objet de la dernière partie du cours que nous consacrerons à l'étude de la communauté des hommes en Dieu, l'Eglise, Corps mystique du Christ, en suivant l'enseignement de Pie XII dans l'encyclique qu'il lui consacre : Mystici Corporis .
PLAN DU COURS
L'objet lui-même de notre étude en trace le plan.
Trois parties :
1°) Etude des fondements du National-Socialisme.
2°) Etude des fondements du communisme.
3°) Etude de la doctrine de l'Eglise, communauté chrétienne.
Naturellement nous serons amenés pour la commodité de l'exposé et aussi en vue de dégager un point de vue plus synthétique à étudier simultanément tel ou tel aspect qui se retrouve dans les deux courants de cette mystique humaine. Marxisme et National Socialisme ne sont pas sans relation :
- relations d'origine, ils sont nés tous deux après plusieurs décades de pensée rationaliste et le milieu qui les a vu naître n'est pas sans leur avoir donné quelques traits communs.
- .relation d'opposition aussi, le National-Socialisme s'est constitué entre autres contre le Marxisme ; il n'y a qu'à ouvrir Mein Kampf pour s'en rendre compte.
- .opposition au christianisme qui les marque tous deux, mais il faut le reconnaître pour des raisons différentes.
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Leçon sur le N.S.
LA RACE DEVANT LA BIOLOGIE, L'HISTOIRE ET LE CHRISTIANISME
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Devant la morale et la famille
La race n'est pas créatrice de morale. La détermination du bien et du mal, la détermination morale ne peuvent avoir de sens que par rapport à un absolu situé hors des contingences, de l'opinion et de la discussion. Tel n'est pas le cas de la race. Elle est une réalité relative et des moins propre à donner l'illusion de l'absolu.
Pas davantage la race n'est créatrice de droits. Elle peut être l'occasion de droits, mais elle ne crée pas le droit ; il est beaucoup plus délicat encore d'affirmer qu'elle est occasion de devoir. On voit tout le fragile de constructions juridiques édifiées sur cette base de la race. (Cf. J. Foliet, La race, la raison et le Christ, 1939).
En ce qui concerne les rapports de la famille et de la race (ou de l'Etat) il faut dire que c'est la famille qui a le pas sur la race (ou l'Etat, du moins d'une certaine façon ; l'Etat ne peut absorber la famille, encore qu'il ait pour mission d'harmoniser le bien commun de chaque famille avec le bien commun de l'Etat). (…)
Devant le Christianisme
A parler net, le racisme a été et demeure sous quelque forme que ce soit une des doctrines les plus pernicieuses qui soit du point de vue chrétien, certainement plus pernicieuse que le communisme le plus athée qui soit. D'ailleurs le racisme est lui aussi athée. Plus pernicieuse parce que dans le communisme il y a au moins un souci d'universalisme humain qui n'existe pas dans le N.S. avec sa théorie des races de maîtres et de races d'esclaves, vulgaire démarquage de Nietzsche.
Pour le christianisme, l'événement capital est l'incarnation du Christ qui n'est pas venu sauver une race, pas même la race élue qui l'a crucifié pour lèse-nationalisme, mais tous les hommes de toutes les races. Le Christ est le chef du corps mystique dont nous sommes les membres et dans lequel comme l'a dit S. Paul il n'y a plus ni grecs, ni juifs, ni Gentils, ni barbares, ni maîtres, ni esclaves, mais les fils d'un même Père qui est aux cieux et co-héritiers d'un même Premier-né participant aux dons d'un même esprit.
Le racisme croit à la valeur unique du sang., nous croyons à la valeur unique de l'Esprit, de l'Esprit créateur et vivificateur en qui nous avons été régénérés par notre baptême.
Le racisme affirme l'hétérogénéïté de l'espèce humaine, nous croyons à l'unité sans coupure de l'espèce humaine. Nous sommes solidaires en Adam et solidaires dans le Nouvel Adam, Jésus-Christ.
Le racisme proclame la naturelle bonté de la race : nous ne croyons pas à la naturelle bonté de l'homme, ni à celle d'aucun groupe humain.
Le racisme place l'espoir du salut, de la rédemption, dans une race, dans l'homme : nous confessons un seul rédempteur, Jésus-Christ, Homme-Dieu, médiateur entre l'humanité pécheresse et la miséricorde divine.
Le racisme limite à son profit la loi d'amour dictée par la rédemption. Nous ne connaissons qu'un commandement universel « Aimez-vous les uns les autres » qui ne comporte aucune restriction.
Le racisme prétend fonder une humanité nouvelle (a prétendu) maîtresse de la terre domptée. Pour nous il n'est d'hommes nouveaux que ceux qui dépouillant le vieil homme, meurent, sont ensevelis et ressuscitent avec le Christ et s'efforcent de marcher dans une vie nouvelle. Il n'y a pas de cité permanente ici-bas : nous attendons l'avènement nouveau du Christ qui fera alors la terre nouvelle et des cieux nouveaux.
F I N
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