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Année Sacerdotale
Le prêtre jésuite La 34ème Congrégation générale de la Compagnie de Jésus a entrepris en 1995 une réflexion sur la dimension sacerdotale de la vie jésuite. En voici quelques aperçus tirés du décret 6 de la 34ème Congrégation générale, « Le prêtre jésuite ». Les intertitres sont de la rédaction de jesuites.com. Jésuites : frères et prêtres Par leur baptême, les chrétiens participent à l'œuvre sacerdotale du Christ, réconcilier le monde avec Dieu, et sont appelés à être médiateurs de cette réconciliation dans leur v ie. Comme religieux jésuites, nous donnons de cette dignité une expression spéciale par notre consécration et notre mission apostolique dans la Compagnie : notre ministère "est un ministère de réconciliation" (2 Co 5, 18) au service du Christ. Nous sommes profondément conscients de ce que la Compagnie de Jésus est composée de prêtres et de frères; nous sommes une communauté d' "amis dans le Seigneur", envoyés en mission par le Christ... Chaque jésuite enrichit la mission de la Compagnie et contribue à ce que saint Paul appelle "le service sacerdotal de l'Évangile de Dieu" (Rm 15, 16). Un sacerdoce pour la mission Au temps de sa fondation et au long de son histoire, l'exercice du sacerdoce ministériel a été considéré comme central pour l'identité et la mission apostolique de la Compagnie. Il est orienté vers la mission apostolique de la Compagnie et lui est nécessaire pour mener à bien toutes les tâches que l'Église peut lui demander. Les prêtres jésuites reçoivent l'ordination pour que, par ce mandat confié, la Compagnie puisse pleinement exercer la mission apostolique spécifiquement jésuite de "servir le Seigneur seul et l'Église, son épouse, sous le Pontife Romain, Vicaire du Christ sur la terre". Orienté vers l'universel Le sacerdoce jésuite est un don de Dieu en vue d'une mission universelle. En se mettant directement au service du Pape, les premiers jésuites affirmaient qu'ils étaient prêts à être envoyés partout où l'on pouvait espérer une plus grande gloire de Dieu et l'aide des âmes. Ignace et ses premiers compagnons mirent donc leur ministère sacerdotal non au service de la tâche pastorale d'un évêque pour un diocèse particulier, mais au service du Souverain Pontife pour le service de l'Église universelle. La Compagnie exerçant ses ministères dans une constante disponibilité pour de nouveaux services, la visée du service sacerdotal jésuite est universelle ; son but est apostolique et il s'exerce sous la sollicitude universelle du Pape pour les besoins de l'Église et du monde. Activités caractéristiques Les textes fondateurs approuvent tout un ensemble d'activités propres aux jésuites prêtres : ministères de la Parole et de la vie intérieure, de réconciliation et d'enseignement, du service des sacrements, de la catéchèse des enfants et des illettrés, de l'attention aux problèmes sociaux. Ces activités caractéristiques des premiers compagnons sont les archétypes du service sacerdotal jésuite exercé au nom de la mission de l'Église. Trois critères Depuis la fondation de la Compagnie, les jésuites ont exercé leur ministère plus particulièrement là où les besoins sont les plus grands, là où il n'y a personne d'autre pour y répondre, et là où peut être trouvé un bien plus universel. Jérôme Nadal, un des premiers jésuites, a parlé de cet aspect central de notre charisme: "La Compagnie prend soin des âmes dont ou bien personne n'a soin, ou bien dont on a soin négligemment. Telle est la raison fondamentale de la fondation de la Compagnie, telle est sa force, telle est sa dignité dans l'Église". Prêtres aux frontières Pour le prêtre jésuite, le monde est le lieu où il doit être le plus actif, au nom du Christ qui guérit et réconcilie. Le Pape Paul VI a insisté sur notre présence aux frontières entre la culture humaine et l'Évangile : "Partout dans l'Église, même dans les champs d'activité de pointe et les plus difficiles, aux carrefours des idéologies, dans les secteurs sociaux, là où les exigences brûlantes de l'homme et le message permanent de l'Évangile sont ou ont été confrontés, il y a eu, il y a les jésuites". Tâches actuelles Dans les contextes variés où s'exerce actuellement l'apostolat de la Compagnie, il y a des tâches communes à accomplir : comment trouver les mots qui parlent aux hommes et aux femmes de notre temps qui ne sont plus touchés par le message chrétien ; comment être fidèles à la tradition de l'Église et en même temps l'interpréter dans des cultures sécularisées ; comment être efficacement au service à la fois des pauvres et des riches ; comment intégrer nos ministères spirituels avec nos ministères sociaux ; comment servir le mieux une Église où il y a des tensions ; comment faire que la pauvreté évangélique fasse partie du témoignage que nous donnons aujourd'hui; comment être médiateurs entre cultures et groupes différents dans le même pays ; comment aider l'Église à être vraiment catholique dans l'étendue et la variété culturelle de sa foi et de sa pratique ; comment faire, enfin, pour que le monde, dans tous les aspects de sa vie, devienne le Royaume que le Christ a proclamé ? A la manière des apôtres La façon dont les jésuites exercent leur sacerdoce ministériel reçoit son caractère de notre mission apostolique de peiner avec le Christ dans la proclamation du Royaume. Nos premiers compagnons envisageaient un ministère universel et itinérant d'évangélisation, d'enseignement, d'œuvres de charité et de pauvreté de vie : une évangélique imitation des apôtres, le modèle radical d'une vie apostolique de disciple, devait être la source de ce qu'ils feraient en tant que prêtres. C'est la vocation primordiale d'être comme les apôtres qui marque la façon d'être 'prêtre' dans la Compagnie de Jésus. Sous l'inspiration des Exercices Spirituels, ils voulaient ressembler au Christ en donnant gratuitement d'eux-mêmes à quiconque était dans le besoin. Ils voulaient vivre comme lui qui est venu non pour Être servi, mais pour servir. Ils voulaient agir comme lui en prêchant aux foules. Ils voulaient partager son souci pour les besoins des pauvres et des malades. Librement pauvres Dans l'exercice de leurs ministères, Ignace voulait que les prêtres jésuites évitent les façons de faire que les Exercices Spirituels présentent comme contraires à l'Évangile : richesses et succès, honneurs et reconnaissance, pouvoir, orgueil et prestige. Il disait avec insistance que les prêtres ne devaient pas accepter d'être nommés évêques ou de recevoir d'autres dignités, charges ou bénéfices ecclésiastiques, mais qu'ils devaient avoir la pauvreté et la liberté nécessaires pour la mission. Ignace voulait qu'ils demandent la grâce d'être vraiment pauvres dans un compagnonnage avec le Christ, d'être obéissants dans leur mission, d'être tenus en basse estime, si Dieu devait être servi ainsi, et de vivre comme prêtres du Christ librement pauvres. Dans une Eglise locale Partout où ils sont, les prêtres jésuites apportent leur contribution apostolique à la vie de l'Église locale, tout en étant fidèles à leur charisme et en conservant leur liberté pour la mission. À tout moment, le prêtre jésuite vit dans une Église locale particulière et collabore volontiers avec l'évêque local dans la mission de l'Église. Mais il reconnaît que dans chaque Église locale, c'est le charisme particulier du clergé diocésain d'être les acteurs premiers du souci pastoral de l'évêque ; parce qu'il n'est pas prêtre diocésain, il reconnaît qu'il exerce son ministère d'une manière complémentaire. Respectant Dieu déjà à l'œuvre De leur tradition ignatienne, les jésuites apportent à leur sacerdoce ministériel un profond respect pour les façons dont Dieu est déjà à l'œuvre dans la vie de tous les hommes et de toutes les femmes. L'action de Dieu ne commence pas avec ce que nous faisons... En conséquence, dans l'exercice de leur sacerdoce ministériel, les jésuites s'efforcent de voir ce que Dieu a déjà fait dans la vie des individus, des sociétés et des cultures, et de discerner comment Dieu va poursuivre cette œuvre. En attirant l'attention sur l'aspect de grâce de toute vie humaine, cette façon de voir influe sur la manière dont le sacerdoce ministériel jésuite s'exerce en différents domaines. Parole nourrie de savoir Les ministères de la Parole, ministères mentionnés avant tout autre dans la Formule de notre Institut, ont toujours été de première importance pour le ministère sacerdotal jésuite. Ces ministères, qui prennent autant de formes que l'exige notre mission, requièrent, pour être efficaces, une préparation studieuse et approfondie, en particulier une connaissance étendue de l'Écriture et de la Tradition, l'art de la prédication, une maturité humaine et une large culture. La tradition du ministère sacerdotal appuyé sur le savoir et de l'excellence intellectuelle est profondément ancrée dans notre manière de procéder. Dans l'exercice de notre sacerdoce ministériel jésuite, la connaissance n'est pas pouvoir, mais service du Royaume. L'Eucharistie Le ministère du Christ lui-même, par la parole et par l'action, a atteint son achèvement dans le mystère salvifique de sa mort et de sa résurrection ; aussi les prêtres jésuites unissent-ils les nombreuses formes de leur ministère de la Parole à la célébration ecclésiale de l'Eucharistie par laquelle le Christ attire les fidèles dans son mystère pascal. La Parole de Dieu est proclamée de différentes manières, en sorte que tous puissent trouver leur place au banquet eucharistique et au banquet céleste par la miséricorde de Dieu. "Dieu veut que tous soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité" (1 Tim 2, 4) ; ceci est au cœur de la prédication apostolique de la Compagnie et c'est la réalité que l'Église proclame à l'Eucharistie. Ici le Seigneur ressuscité donne la vie et rend l'Église capable de devenir ce qu'elle est, le Corps du Christ. Ici aussi cette très petite Compagnie de Jésus est constamment recréée par la réception de la Parole de vérité et du Pain de Vie.
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Jésuites : serviteurs
de la mission du Christ - © Compagnie de Jésus |