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Editions IMPRIMERIE NATIONALE (octobre 2009) << Illustrations de couverture A l'occasion de la sortie d'un superbe ouvrage consacré au Père Kircher, jesuites.com vous propose de découvrir ce jésuite vraiment hors du commun Kircher : « Un abysme de science » ! Le jésuite Kircher était bien le digne - et le dernier - héritier des esprits universels de la Renaissance, Léonard, Pic de la Mirandole. Mathématicien, linguiste, archéologue, naturaliste, historien des religions, ingénieur, géologue... comme, avant lui, Érasme, comme Mersenne, son contemporain, ou, plus tard, Voltaire et Goethe, il entretint avec tout l'univers une correspondance qui fit de ce phénix du Vatican le centre du monde savant.
Et que de machines sont le fruit de son invention et de ses traités de magnétisme, d'acoustique et d'optique ! Mécanismes pour coder les messages, composer de la musique, jouer de plusieurs instruments à la fois ; orgue et horloge hydrauliques, lanterne magique, amplificateurs sonores, lampe à pétrole et mille curiosités dont il meubla son célébrissime musée au collège des jésuites de Rome, à côté de ses collections égyptiennes et des objets que les missionnaires lui rapportaient du vaste monde. Son grand ouvrage sur la Chine (1667) fonde les études orientales ; il publie les premières images du Potala, à Lhassa, le premier dictionnaire chinois, la première édition de l'alphabet et de la grammaire sanskrits, comme, trente ans auparavant, une magistrale introduction au copte. Ses erreurs sont à sa mesure, grandioses. La plus célèbre est son incompréhension radicale des hiéroglyphes égyptiens qu'il interprète comme de purs symboles, non comme des signes linguistiques, manquant ainsi la voie royale qui mènera à leur déchiffrement par Champollion. Contre Copernic et Galilée (il arrive à Rome en 1633, l'année même de sa condamnation), il s'en tient au géocentrisme de Tycho Brahè, en odeur de sainteté. Tous les êtres vivants, selon lui - batraciens et mammifères compris peuvent naître par génération spontanée, tant le Créateur a su insuffler à la masse chaotique de la Terre la semence universelle ... nous sommes loin des culottes de Spallanzani ! C'est que le monde de Kircher est celui, « clos », d'Aristote, de Raymond Lulle et de la lettre de la Genèse ; non l' « univers infini » de l'expérience selon Bacon, ni du langage mathématique des choses professé par Galilée, du doute méthodique de Descartes, engendrant les « longues chaînes de raison », encore moins du refus, par Newton, des hypothèses hasardeuses... son oeuvre n'est pas un jalon de la science en marche, c'est une célébration des merveilles de la création, une opération de « magie naturelle » issue du magnétisme universel qu'infuse la sagesse divine à travers les trois niveaux du monde créé : archétypal, sidéral, élémental, dont l'homme est le reflet, le microcosme. Le monde créé, comme les cieux de David (Psaumes XVII), « narre la gloire de Dieu » : c'est déjà la devise des jésuites (A.M.D.G). Aussi Kircher est-il avant tout, pour l'édification des masses et des grands, metteur en scène voire thaumaturge, cherchant à frapper l'imagination de l'auditoire pour l'amener au respect et à l'amour de Dieu. Ses expériences tiennent de la machinerie d'opéra baroque, son prosélytisme a le langage de l'esthétique du Bernin, dont il fut l'ami et qui mourut le même jour que lui, à Rome. « La scène du drame, écrira Claudel, est le monde ». D'où le soin extrême qu'il appliqua à l'illustration de ses nombreux ouvrages, qu'il concevait lui-même - frontispices et images symboliques, notamment - dont la réalisation fut confiée à de grands artistes du temps. Leur ingénieuse beauté, si étrange, caractérise son siècle mais préfigure déjà les chimères des « Illuminés », au XVIIIe siècle finissant, et les « correspondances » du romantisme selon Balzac : « Pour qui contemple en grand la nature tout y tend à l'unité par l'assimilation ». L'homme de la lanterne magique Une lanterne de projection : dispositif permettant d'agrandir une flamme d'une bougie jusqu'à la taille d'un grand feu.
L'homme déchiffreur de langues Le Notre Père et l'Ave Maria en Sanskrit.
L'auteur du livre Joscelyn Godwin, anglais de naissance, est professeur à Colgate University, New York. Son précédent livre sur Kircher, traduit en français par Sylvain Matton, Athanase Kircher, un homme de la Renaissance à la quête du savoir perdu (Jean-Jacques Pauvert, 1980), a été suivi de : Harmonies of Heaven and Earth (1987), Arktos : The Polar Myth (1993), The Theosophical Enlightment (1994), The Pagan Dream ofthe Renaissance (2002) et, plus récemment, The Golden Thread (2008). Il est l'éditeur de Hypnerotomachia Poliphili aux éditions Thames& Hudson (1999).
Le monde d'après le Déluge. L'Australie resta encore un mystère longtemps après l'époque de Kircher (Arca Noë, pl. 192/193) p.221 de Cartes et Plans
12.16 Carte de Chine. Kircher faisait figure de pionnier avec son étude de la Chine, s'appuyant sur les voyages de marco Polo, de saint Thoms et de missionnaires ultérieurs, ainsi que de la carte du monde de Blaeu parue en 1648. (China illustrata, pl. vis à vis de 1)
12.17 p.229 de Cartes et Plans Carte des explorations asiatiques.
Sommaire du livre Une étonnante époque 7 ****
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Pour en savoir plus : > Le musée du monde d'Athanase Kircher > Visionner des ouvrages numérisés d'Athanasius Kircher par l'Université de Strasbourg > Quelques gravures par l'Université de Lucerne > Critique du livre dans la Revue Etudes > Maître Kircher sur Le Monde.fr > Kircher ou le triomphe de l'iconographie par L'Express > La folle encyclopédie du cinéma d'animation > 1646 et 1671: La lanterne magique (Athanase Kircher) > Les trucages du précinéma ou la préhistoire des effets spéciaux > Athanasius Kircher sur Wikipedia > Le Piano Chat , instrument de musique du jésuite Athanase Kircher |
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