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Editions Gallimard, 377 pages, 21 € Pierre Gibert, ancien directeur de la revue Recherches de science religieuse, est un spécialiste de l'exégèse. Son livre a été unaniment salué par les critiques. Petit tour d'horizon pour cet ouvrage de référence
L'invention moderne Pierre Gibert replace l'exégèse critique dans son contexte historique. Il explique la démarche de ses initiateurs en même temps qu'il en révèle le caractère novateur. Notre lecture de la Bible aujourd'hui doit beaucoup au grand mouvement initié à la Renaissance, qui a progressivement conduit à une compréhension renouvelée des Écritures. L'ouvrage de Pierre Gibert apporte sur ce plan une documentation irremplaçable pour qui veut comprendre le changement de modèle entre le Moyen Âge et les temps modernes. Pour lire la suite de cette recension >>>
N'ayez pas peur ! Je ne vais pas me livrer à une critique de la Bible comme du dernier livre paru, pas même à une critique littéraire de la Bible. D'autres l'ont fait et c'est à leurs pionniers qu'est consacrée la riche étude du jésuite Pierre Gibert, spécialiste de l'exégèse de l'Ancien Testament, L'Invention critique de la Bible XVème- XVIII ème siècle (375 pages, 21 euros, Gallimard), un modèle d'analyse historique et d'intelligence… critique, justement, exposée dans une langue d'une rare clarté chez les érudits. Il y retrace le long chemin de l'esprit critique dans l'exégèse biblique, dès les prémices d'une nébuleuse qui prend forme avec les Pères de l'Eglise et les talmudistes espagnols et italiens entre le haut Moyen Age et la naissance de l'humanisme ; là est la racine ; il en suit l'épanouissement dans la seconde partie du grand Siècle, qui la voit se constituer en discipline spécifique, du côté de Spinoza le philosophe grammairien et du grand Richard Simon. Le sujet étant des plus vastes, il a fort heureusement limité son champ de recherches à la stricte critique dans l'étude de la Bible, excluant par là ses aspects culturels ou ce qui a trait à la pratique des langues bibliques, épineux mais décisifs problèmes de traduction chers aux gens de Port-Royal. Il faut en lire le récit en gardant à l'esprit qu'aujourd'hui, la danger est de remplacer la Bible par ce qu'elle veut dire au risque de décontextualiser son message. Pour lire la suite de l'article >>>
Interview de Pierre Gibert Philippe Chevallier : Vous montrez que le travail critique sur la Bible a d'abord été le fait de croyants : n'est-ce pas paradoxal? Pierre Gibert : C'est paradoxal dans la mesure où s'est répandue depuis quelques décennies l'idée que ce travail critique sur la Bible était "rationaliste", "antireligieux", etc. En fait, si l'exégèse critique est née à la fin du xve siècle, c'est parce que des croyants, des prêtres, plus tard des pasteurs et des maîtres juifs, se sont heurtés à des difficultés objectives présentées par le texte sacré. Aussi divinement inspiré qu'il apparaissait à tous ces hommes religieux, le texte biblique devait être analysé, disséqué même, pour que les difficultés qu'il présentait au lecteur croyant soient réduites ou résolues. Pour lire la suite de cette interview >>>
La plupart des spécialistes font débuter au XVIIIe siècle l'exégèse critique de l'Ancien Testament, quelques précurseurs, rarement lus, recevant parfois un bref hommage. Ce n'est pas l'avis de Pierre Gibert qui, dans cet ouvrage, fait remonter l'analyse critique de la Bible au XVe siècle. Pierre Gibert a publié de nombreux ouvrages, savants ou de vulgarisation, sur la Bible. Il est considéré comme l'un des meilleurs spécialistes actuels de l'histoire de l'exégèse de l'Ancien Testament. L'Invention critique de la Bible poursuit et complète ses études consacrées aux ouvrages pionniers de Richard Simon (Histoire critique du Vieux Testament, Bayard, 2008) et Jean Astruc (Conjectures sur la Genèse, Noesis, 1999). Pour lire la suite de cette recension sur le site de l'Humanité >>>
Si sacrées soient-elles, les Ecritures sont devenues à la Renaissance un objet de science. Mais peut-on soumettre à l'examen rationnel ce qui est inspiré par Dieu ? L'histoire de la Bible en Occident est l'objet de trois livres passionnants. Ni écrite au ciel comme le Coran, ni transmise oralement comme les paroles de Bouddha, la Bible a toujours senti le vieux cuir ou l'encre de l'imprimeur. Même inspirés par Dieu, ses mots ont un poids, une odeur qui rappellent le long périple de cette improbable bibliothèque, rassemblée sur plus d'un millénaire par des mains humaines, avec ses répétitions et ses contradictions, ses mauvais raccords de scribe maladroit. Mais, sans ce profil composite, la Bible n'aurait sans doute pas eu le destin qui fut le sien en Occident : devenir le lieu où se déploie une science inédite des textes et de leur interprétation. Pour lire la suite de cette recension sur le site de l'Express >>> La présentation de l'éditeur Quand a-t-on commencé à lire les Écritures autrement qu'en passant par les commentaires allégoriques des Pères de l'Église et en ne se fiant qu'à la Vulgate, version latine établie par saint Jérôme ? Comment s'est-on autorisé à poser des questions sur leur auteur (unique ou multiple ?), à se tourner vers d'autres versions (grecque et hébraïque) et à les comparer, à entreprendre de nouvelles traductions, à proposer des interprétations, en bref à porter un regard « critique » sur le Livre des livres, censé transmettre la parole révélée ? Présentation de l'auteur
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Jésuites : serviteurs
de la mission du Christ - © Compagnie de Jésus |