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Affiche réalisée par le groupe lors des deux rencontres préalables (à Paris et à St-Denis). Elle a remporté, à Lourdes, le concours de la plus belle affiche. Récit par Pierre Molinié en lien avec les 5 jésuites porteurs du projet C'est pas nous qui avons eu l'idée : ce sont deux autres jésuites, Guy Delage et Pascal Gauderon, l'un, prêtre en paroisse à St-Denis, et l'autre, aumônier de Saint-Louis de Gonzague (Paris XVI°). Au début, je n'y croyais même pas. C'est un peu à reculons que je l'ai proposé aux autres animateurs de l'aumônerie du lycée. Mais en fait, partir à Lourdes en mélangeant un groupe de Paris et notre groupe de Saint-Denis, ça leur a plu tout de suite. Quelques jours plus tard, je me suis retrouvé à discuter avec Vincent, un autre jésuite, et avec le responsable du groupe de Franklin, lui aussi très motivé par ce projet… et ensemble, on a réussi à le monter. En quoi ça consistait, concrètement ? A “jumeler” le groupe du lycée Franklin et celui de l'aumônerie des lycées de St-Denis. 74 jeunes parisiens et 53 jeunes du 9-3, partant à Lourdes avec leurs 19 animateurs… dont 5 jésuites *.
C'est de cette expérience que nous voudrions vous parler… en en partageant quatre fruits : 1) D'abord, il s'est produit de vraies rencontres ; de vraies amitiés sont nées. Dès le 2ème jour, nous avons pu remarquer un groupe de 4 filles (2 de St Denis et 2 de Franklin) qui étaient devenues copines, mangeaient ensemble, se retrouvaient… Mais c'est aussi le soir, dans les chambres, ou pendant les temps morts, que le mélange se faisait. Pour certains, la rencontre passait plus simplement par le fait d'échanger des numéros de téléphone, ce qui a déjà permis à certains de se revoir après le retour. Nous avons aussi vu, le dernier jour, des garçons de St-Denis porter les valises des parisiennes en les accompagnant sur le chemin de la gare… 2) Bon, évidemment, cela n'a pas touché chacun de la même manière. De vraies réticences sont apparues, particulièrement visibles le midi, lorsque nous leur demandions de s'asseoir en face de jeunes de l'autre groupe qu'ils ne connaissaient pas. Mais même pour eux, quelque chose s'est vécu dans les déplacements, dans le fait de se repérer grâce à nos bannières ou à notre foulard commun, au milieu de la foule. Dans l'attitude de respect qui s'est manifestée les uns à l'égard des autres, et qui fait que nous n'avons vécu aucune tension entre les groupes, alors que dans d'autres hôtels, les parisiens et les jeunes de banlieues se sont bagarrés. Et puis, pour nous les accompagnateurs, cela a été l'occasion de verbaliser avec eux ce qui faisait obstacle à la rencontre : les préjugés, le sentiment de ne pas appartenir au même monde, la peur de l'autre, le soupçon d'hypocrisie…
Peut-être cela nous aidera-t-il à remettre en question nos pratiques, de part et d'autre ! Ainsi Jean, qui accompagnait le groupe de Franklin, témoigne : « dans la chambre de deux grands Haïtiens se retrouvaient de façon irrépressible mais très innocente leurs cousines. Nous nous sommes rendu compte qu'on pouvait facilement adapter la règle de la non-mixité, dans certaines circonstances »… et dans certaines limites ! 4) Mais surtout, un fruit évident de ce voyage, c'est le témoignage que nous avons donné aux autres groupes et aux organisateurs. Vincent le remarquait : quand on se présente comme animateur de Franklin, les gens font la gueule. Cela dit, la réputation de St-Denis n'est guère meilleure, pour d'autres raisons : d'un côté, les prétentieux qui ne font rien comme les autres ; de l'autre, les voyous… Ou, comme le disait une jeune : « C'est des clichés : nous on est des clochards, eux c'est des bourgeois ». Du coup, quand on se présente comme « Franklin – St-Denis », les gens changent de regard : ils ne savent plus dans quelle case nous ranger, et leur curiosité s'éveille. En conclusion : les uns et les autres, nous avons pu éprouver une véritable joie à faire vivre, et à expérimenter nous-mêmes cette rencontre entre deux mondes si différents. Cela rejoint un élément essentiel de notre identité de jésuites, et justifie pleinement notre présence dans l'un et l'autre lieu. Reste maintenant le désir de susciter, ailleurs, des initiatives semblables ! Pierre, Vincent, Jean, Vinh, Virgilio * Pierre Molinié, animateur à l'aumônerie de St Denis. – Vincent de Beaucoudrey, animateur principal du groupe de Franklin. – Vinh Le – Jean de Lanzac – Virgilio Arias (Colombie)
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Jésuites : serviteurs
de la mission du Christ - © Compagnie de Jésus |