Un extrait de l'article de Edouard O'NEILL, sj
vie religieuse : Appel et proposition
Comment se conjuguent aujourd'hui, dans le cheminement des jeunes que nous connaissons, l'appel et la proposition de la vie religieuse ? Pour répondre à la question, une phrase m'est venue à l'esprit : L'habit ne fait pas le moine. Je vais partir de là. Aujourd'hui, ce sera un peu comme si on me disait : « À partir de votre expérience personnelle et en vous appuyant sur des exemples précis, vous commenterez librement cet adage bien connu dans la chrétienté : L'habit ne fait pas le moine. » Mais la dissertation ressemblera davantage à un témoignage.
Mon expérience personnelle : comme aumônier de lycéens ou d'étudiants, et en donnant les Exercices Spirituels, j'ai été proche de jeunes aux prises avec des questions d'orientation et de vocation ; et depuis dix ans, je suis officiellement chargé de recevoir et de suivre les candidats à une vie jésuite pour la province de France.
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I - AUTRE CHOSE QUE L'HABIT
« L'habit ne fait pas le moine ». Il ne s'agit pas ici de l'opportunité ou non de porter un habit religieux. Il n'est question ni de vêtement, ni d'uniforme, mais plutôt de ce qui se voit de la vie religieuse, se reconnaît de l'extérieur ; de ce dont on parle, de ce qu'on veut donner à voir ...de ce qui manifeste un style de vie, un profil d'activité, une tradition spirituelle etc... toutes choses précieuses et importantes évidemment. Or, précisément, je sens de plus en plus que même cela n'est pas l'essentiel de l'appel ni même de la proposition, que même cet habit-là « ne fait pas le moine », en tout cas pourrait ne pas manifester de quoi, au fond, il est question.
Dans les « week-end de regardants » que nous animons, on prie, on parle d'un aspect ou l'autre de la vocation jésuite, on rencontre des jésuites variés, des communautés de styles différents. Et à la fin du week-end, quand tout le monde est content, je suis de plus en plus tenté de leur dire : « maintenant circulez, il n'y a rien à voir ; vous avez vu ce qui pouvait l'être, cela peut aider votre discernement, mais l'essentiel est ailleurs ; rentrez chez vous et voyez avec le Seigneur ce que le coeur vous en dit. C'est à vous de jouer maintenant, à partir d'autre chose. »
Beaucoup parmi nous ont vu le film: Le Grand Silence. Pendant trois heures le réalisateur s'efforce, magnifiquement, de traquer avec son objectif tous les indices possibles de ce qui fait le coeur de la vie des chartreuse ; c'est très beau et prenant et, en même temps, il n'y arrive pas. Toutes ces pièces du puzzle ne forment pas au terme du film un dessin satisfaisant. Et même quand, à certains moments, on voit ces moines, habituellement invisibles, nous faire face, les yeux dans les yeux, l'un après l'autre, on n'en sait pas davantage. À la fin, c'est un aveugle qui a le dernier mot : tout joyeux, il nous fait comprendre que l'essentiel est invisible, et que nous pouvons rentrer chez nous.
Je me souviens d'avoir rencontré un trappiste qui était entré au monastère 30 ans plus tôt, sans rien connaître de la vie trappiste, sans savoir si telle ou telle chose lui plairait ou non ; il avait eu le coup de foudre en passant près de ce monastère. Et, depuis, il y vivait heureux. « L'habit ne fait pas le moine », et bien des considérations sur la vie religieuse ne font pas une vocation. Ça passe par là, mais c'est d'un autre ordre. Chacun est renvoyé à autre chose.
II - DES REPÈRES IMPORTANTS MAIS NON DÉCISIFS ......
III - LES TROIS VOEUX ...
IV - L'ENGAGEMENT A VIE...
V - A LA SOURCE ...
VI - "UN CORPS POUR L'ESPRIT" ...
VII - UNE EXPÉRIENCE DE SALUT ...
VIII - ALLIANCES PARADOXALES ...
IX - DES LIENS HUMAINS ET FRATERNELS
X - UNE EXIGENCE BIEN PLACÉE ...
XI- "UNE AVENTURE" ? ...
XII - EN RESUMÉ ...
Édouard O 'NEILL,s.j.
Responsable de la Candidature jésuite
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