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actualités > 2009 > décoration posthume des jésuites assassinés
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Le gouvernement
salvadorien décore
les jésuites
assassinés en 1989

Le gouvernement salvadorien a décoré à titre posthume de l'Ordre National Docteur José Matias Delgado les six prêtres jésuites massacrés voici 20 ans par un bataillon spécial de l'armée, en pleine guerre civile, selon ce qu'a appris El Mundo en exclusivité.

Le groupe était composé des Espagnols Ignacio Ellacuria, Amando Lopez, Juan Ramon Moreno, Segundo Montes et Ignacio Martin Baro et du Salvadorien Joaquin Lopez y Lopez.

Par ailleurs...
Le Salvador reconnaît sa responsabilité
dans la mort de Monseigneur Romero

Le Salvador a donné un tour radicalement nouveau à sa politique traditionnelle en matière de droits de l'homme en assumant pour la première fois la responsabilité pleine de l'Etat dans l'assassinat de Mgr Oscar Arnulfo Romero en 1980 par les escadrons de la mort. De cette manière, l'Etat s'engage à avancer ''sans conditions'' dans le processus de réparations et de dialogue national.     
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La décoration est la plus haute du pays et est réservée aux personnes qui ont prêté d'« éminents services » à la nation. De plus, dans ce cas, cela représente un changement radical d'attitude du gouvernement salvadorien, en relation au critère choisi par l'administration antérieure pour accorder semblable honneur.

Le Président Mauricio Funes, de gauche, prend ainsi ses distances avec l'habitude des gouvernements antérieurs, dirigés par la conservatrice ARENA d'attribuer la décoration à des personnalités de cette tendance dans la majorité des cas.

La remise de la décoration a été annoncée dans El Mundo par le Père José Maria Tojeira, actuel recteur de l'Université Centroaméricaine José Simon Cana (UCA), et confirmée par le porte parole de la chancellerie, Juan José figueroa. La cérémonie aura lieu le 15 novembre, jour du 20e anniversaire du massacre.

 

Le massacre

L'Université de San Salvador se souvient des six jésuites martyrs

A l'occasion du 20e anniversaire de l'assassinat des six jésuites de l'Université centraméricaine de San Salvador, le 16 novembre 1989, des centaines de personnes ont témoigné de leur attachement aux religieux, dont l'esprit continue d'habiter le campus.

Lire la suite de l'article
sur le site la-Croix.com     >>>

Le 16 novembre 1989, un commando du bataillon spécial 'Atlacatl' de l'armée salvadorienne, a assassiné les six prêtres jésuites, leur employée de maison et sa fille de 16 ans. La tuerie se produisit en pleine 'offensive finale' de la guérilla du Front Farabundo Marti de Libération Nationale (FMLN) qui, transformée en parti politique lors des Accords de Paix de 1992, gouverne le Salvador depuis le 1er juin passé.

Le bataillon 'Atlacatl' est considéré par la majorité des défenseurs des droits de l'homme et des journalistes qui couvrirent le conflit salvadorien comme l'une des plus féroces organisations durant la guerre civile, qui se déroula entre 1980 et 1992, et au cours de laquelle moururent 75000 personnes des deux camps.

L'Audience Nationale enquête

En Espagne, l'Audience Nationale maintient ouverte l'enquête pour clarifier ce cas depuis qu'elle a admis la plainte déposée voici un an par l'Association Pro Droits de l'Homme d'Espagne et par le Centre Justice et Responsabilité, basé à Los Angeles. Au Salvador, la loi de 'point final' permis la libération en 1993 des deux seules personnes condamnées pour le massacre. Le Juge Eloy Velasco a imputé le délit de l'assassinat terroriste à 14 militaires : quatre ex généraux, deux colonels, trois lieutenants, deux sergents, un caporal et deux soldats.

Le fait de concéder l'Ordre National José Matias Delgado, décision à laquelle a participé Funes, suppose un changement radical en ce qui concerne l'attitude du gouvernement de ARENA, durant les deux décennies où il détint le pouvoir. Parmi ses lauréats figurent le congressiste républicain des Etats-Unis Lincoln Dias-Balart et l'archevêque émérite de San Salvador, l'Espagnol Fernando Saenz Lacalle, lié à l'Opus Dei.

Aussi aux Etats-Unis

Cette reconnaissance n'est pas la seule dont la nouvelle nous soit parvenue ces derniers jours. Le 21 octobre dernier, le Congrès des Etats-Unis a approuvé une résolution pour rappeler et commémorer la vie et l'oeuvre des prêtres assassinés, de l'employée et de sa fille. Les Etats-Unis ont eu un rôle déterminant durant le conflit armé, par leur appui militaire à l'armée salvadorienne. Et selon certaines versions de la presse, Washington fut informé du massacre à l'avance.

Dans le document du Congrès, Ignacio Ellacuria est défini comme un ''intellectuel respecté au niveau mondial, défenseur des droits de l'homme et d'une solution négociée du conflit civil au Salvador.''

La UCA organise chaque année une veillée de souvenir des jésuites espagnols, qui cette années sera célébrée dans la nuit du 14 au 15.

[traduction de Guilhem Causse]

Le Salvador reconnaît sa responsabilité
dans la mort de Monseigneur Romero

Le Salvador a donné un tour radicalement nouveau à sa politique traditionnelle en matière de droits de l'homme en assumant pour la première fois la responsabilité pleine de l'Etat dans l'assassinat de Mgr Oscar Arnulfo Romero en 1980 par les escadrons de la mort. De cette manière, l'Etat s'engage à avancer ''sans conditions'' dans le processus de réparations et de dialogue national.

Monseigneur Romero est mort en 1980 à l'âge de 63 ans, abattu par un commando d'extrême droite au moment où il célébrait la messe dans la chapelle d'un hôpital pour les malades du cancer, dans la capitale du Salvador.

Avant de mourir, Romero avait prévenu depuis l'ambon du danger que se déchaine une guerre civile au Salvador, un fait que son assassinat précipita, initiant une lutte qui dura 12 années et coûta plus de 75000 vies, 12000 blessés et 8000 disparus.

L'Etat du Salvador ''déclare son engagement à accomplir de bonne foi et dans la mesure de ses possibilités'' les recommandations de la Commission Interaméricaine des Droits de l'Homme (CIDH) élaborées en l'an 2000 en relation avec l'assassinat du religieux, a annoncé le Directeur Général des Droits de l'Homme de la chancellerie salvadorienne, David Morales.

Ceci suppose le ''début d'une nouvelle étape de dialogue au Salvador pour l'Etat pour avancer dans l'accomplissement de ces recommandations'' a-t-il ajouté.

En l'an 2000, la CIDH, qui avait admis le cas de Mgr Romero sept ans auparavant, a conclu dans un rapport que dans le cas du religieux, l'Etat salvadorien était responsable de la violation du droit à la vie, aux garanties judiciaires et à la tutelle judiciaire effective prévue par la Convention Américaine, ainsi que du droit de connaître la vérité des faits.

Dans ce sens, elle avait recommandé à l'Etat de ce pays d'Amérique Centrale de réaliser une ''enquête judiciaire complète, impartiale et effective'' pour ''identifier, juger et sanctionner tous les auteurs matériels et intellectuels'' de l'assassinat de Romero.

Changement de gouvernement au Salvador

De plus, elle établit qu'une réparation était due aux victimes et que la Loi d'Amnistie Générale promulguée en 1993 après la signature des accords de paix de 1992 devait être annulée, loi qui depuis lors protégeait les crimes de lèse humanité commis durant le conflit armé (1980-1992).

Le gouvernement salvadorien, aux mains depuis deux décennies de la conservatrice Alliance républicaine nationaliste (ARENA) s'était constamment refusé à suivre les recommandations de la CIDH, arguant que pour maintenir la paix il était nécessaire de renoncer à la possibilité de faire justice tant pour l'assassinat de Romero que d'en d'autres cas de violation des droits de l'homme pendant le conflit armé.

Une Commission de Vérité sous les auspices des Nations Unies avait conclu que le fondateur de ARENA, Roberto d'Aubuisson, était l'auteur intellectuel de l'assassinat du religieux, perpétré le 24 mars 1980, quand Mgr Romero prononçait une homélie dans la chapelle de l'Hopital de la Divine Providence.

La posture officielle salvadorienne a changé ce vendredi, avec la représentation au siège de la CIDH à Washington des délégués du nouveau gouvernement de gauche du Front Farabundo Marty pour la Libération Nationale (FMLN) du président Mauricio Funes.

Le nouveau mandataire a assumé la présidence salvadorienne le 1er juin passé, assurant que son gouvernement serait ''guidé par la pensée de Mgr Romero'', devant la tombe duquel il pria avant de participer à la cérémonie de passation des pouvoirs.

[traduction de Guilhem Causse sj]

 

 

Pour en savoir plus :

> Article sur la.Croix.com : L'Université de San Salvador se souvient des six jésuites martyrs

> Discours prononcé par le président équatorien

> L'article sur le site de el Mundo

> Les martyrs présentés sur le site L'université centraméricaine José Simeón Cañas (UCA)

> Les 6 jésuites martyrs sur le site Culture et Foi

> L'odyssée d'un jugement ou la seconde mort des jésuites assassinés , article en 2001 dans revue jésuite suisse Choisir