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La fin d'un capitalisme
Dossier de la Revue Projet
de mars 2009 (n°309)
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20 propositions pour réformer le capitalisme
Sous la direction de Gaël Giraud sj
et Cécile Renouard ra
Préface de Pascal Lamy

Flammarion, mars 2009, 22 €
Lire la critique du Monde >>

Présentation du dossier
par Gaël Giraud sj

Avec la tempête financière de 2008, quelque chose prend fin : mais quoi ? Le capitalisme ? B. Vermander et B. Amable en montrent la multiplicité aujourd'hui. Mais sans doute la limite de fonctionnement d' un capitalisme est-elle atteinte : sa version libertarienne anglo-saxonne, dont J. Sapir explique, à partir des États-Unis, qu'elle n'est pas prête de relever la tête de sitôt. Vers quels types de compromis économiques allons-nous ? C'est l'autre versant de la question : le dogme de la toute-puissance bienveillante du marché prétendument autorégulé s'étant effondré, que peut-on construire ? Les États joueront un rôle majeur encore à inventer.

Il conviendra d'ailleurs de réfléchir au retour du politique plutôt qu'à celui de l'État car celui-ci est débordé. De l'intérieur, trois décennies de déconstruction libertarienne l'ont en effet réduit parfois à une relative impuissance. J. Sapir suggère qu'en dépit de l'espoir soulevé par l'administration Obama, il faudra des années pour relever les ruines provoquées par le mot d'ordre de Reagan : « L'État n'est pas la solution, c'est le problème ». Et S. Palombarini montre que la démocratie italienne est désemparée quand s'effondre un modèle auquel elle venait de se « convertir ». De l'extérieur, la coordination internationale requise va au-delà des souverainetés nationales : les règles d'une gouvernance économique requièrent de penser en termes de « régions souveraines » : États-Unis, Union européenne, Chine, Amérique latine… De même, tolérer l'inflation, ce dont E. Fortgaillard se fait l'apologiste iconoclaste, n'est possible que si la majorité des États y consentent simultanément. On le sait, la dette accumulée par les ménages américains s'élève à plusieurs milliers de milliards d'euros. La traversée de la crise actuelle passe-t-elle par l'effacement de la dette des ménages pauvres ? Et le meilleur moyen en serait l'inflation ? Mais à condition que les salaires suivent, avec un nouveau compromis politique, social et économique, dont Bruno Amable esquisse les traits.

Gaël Giraud, « Ouverture », Ceras - revue Projet n°309, Mars 2009.
URL : http://www.ceras-projet.com/index.php?id=3564.

 

Articles du dossier

Bruno Amable, professeur d'économie à l'Université de Paris I, a écrit Les cinq capitalismes (Seuil, 2005) et L'économie politique n'est pas une science morale en collaboration avec Stefano Palombarini, (Raisons d'agir, 2005).

Le capitalisme n'est est certes pas à sa première alarme. Mais ce sont un changement institutionnel et de nouveaux compromis sociaux qui s'imposent aujourd'hui.

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Fin de cycle ou rupture aux États-Unis ?
Jacques Sapir
, directeur d'études à l'Ehess, directeur du CEMI-Ehess

La croissance américaine était largement portée par une pyramide financière. La crise de la finance entraîne désormais celle de l'économie réelle. Un changement radical s'annonce-t-il, entraînant l'abandon d'un mode de consommation ?

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Benoît Vermander, jésuite, est directeur de la rédaction du site www.erenlai.com et directeur de l'Institut Ricci de Taipei. Il est l'auteur de Chine brune ou Chine verte, Presses de Sciences-Po 2007 et La Chine ou le temps retrouvé, Louvain, Academia Bruylant, 2008

La Chine subit de plen fouet la crise venue des Etats-Unis. Mais c'est aussi la mise au jour des fragilités du modèle : chômage massif et absence d'une politique de développement rural, entre autres.

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Stefano Palombarini, a edité au CNRS, La rupture du compromis social italien

Dans ces deux pays, la récession survient après des changements politiques qui ont traduit une rupture avec le compromis social antérieur. Quel sera l'impact de la crise sur le processus de réformes ?

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Edgar Fortgaillard, pseudonyme d'un fonctionnaire

Une thèse hétérodoxe ! L'issue pour faire face à la récession passerait-elle par une déflation compétitive ou par l'apurement des dettes ? Accepter une inflation contrôlée serait un impératif social.

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Gaël Giraud, jésuite, est économiste

La régulation du système financier international est une question vitale. Opérateurs financiers, marché des produits dérivés, système des taux de changes sont concernés.

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Le coeur et la raison
Article paru dans l'édition du 24.03.09

C'est une lecture à conseiller vivement aux participants du sommet du G20 de Londres, le 2 avril. Ces 20 propositions pour réformer le capitalisme, en librairies le 25 mars, leur seraient sans doute utiles pour les aider à réformer en profondeur la planète économique et financière...

Il ne s'agit pourtant pas d'une série de réponses clés en main : le propos de l'ouvrage est plutôt de chercher des moyens de remettre l'économie au service de la société et de l'Homme. Emanant de professionnels des marchés, de cadres dirigeants, d'universitaires et de spécialistes de l'éthique - ces rôles se confondant parfois -, il est codirigé par Gaël Giraud, jésuite, membre de l'Ecole d'économie de Paris, ex-consultant scientifique pour des banques d'investissements, et Cécile Renouard, religieuse de l'Assomption, chercheuse associée à l'Ecole supérieure des sciences économiques et commerciales (Essec) et professeure d'éthique sociale au Centre Sèvres, déjà auteure de La Responsabilité éthique des multinationales (PUF, 2007, 534 p., 27 euros).

Leur démarche les amène à entrer dans le détail des nécessaires réformes du système financier mondial, tout en leur donnant un sens plus vaste. D'un côté, on trouve des chapitres trapus sur la refonte des mathématiques financières, l'amélioration de la comptabilité bancaire, la réglementation des marchés de gré à gré, la remise en ordre des marchés de matières premières ou de titrisation des dettes.

De l'autre, ils tracent des pistes pour une meilleure gouvernance mondiale : une fiscalité des multinationales « déterritorialisée », l'instauration de « taxes globales » (transactions à court terme, carbone, ventes d'armes), une politique monétaire à responsabilité sociale, des obligations éthiques contraignantes pour les entreprises (droits de l'Homme, environnement), une revalorisation du salariat, une réduction des inégalités...

L'adage oppose le coeur à la raison. Mais les auteurs, experts et professionnels, font preuve d'une intelligence guidée par l'altruisme. Ce livre ne relève pas de bons sentiments : il arrive à point face aux défis posés par la crise mondiale.

Adrien de Tricornot


 

Pour en savoir plus :

> Les titres du dossier La fin du capitalisme dans la Revue Projet n°309 de mars 2009

> Commander le Projet N°309 de mars 2009

> Acheter le livre

> Le site 20 propositions.com

> Le site de la Revue Projet du CERAS, Centre de Recherche et Action Sociales

> Réinventer la ville La Plaine-Saint-Denis HS de la Revue Projet en 2008

> Banlieues, cités dans la cité Projet n° 299

> Qu'est-ce que la revue Projet ?

> Crise de confiance dans l'économie