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L'offrande
de Dieu

par Martin Pochon sj

 

Revue Vie chrétienne
Hors-série au N°552

145p. 12 €

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Présentation de l'éditeur

Tout comme la souffrance de Job, la mort de Jésus sur la Croix est un scandale pour notre intelligence et notre coeur, même si la résurrection vient la transfigurer. Comment le Père at-il pu accepter ou même vouloir la mort de son Fils ? À qui le Christ offre-t-il sa vie ? Pourquoi le Père aurait-il eu besoin de la mort de son Fils ? Nous l'a-t-il donnée ? Mais en quoi cette offrande nous libère-t-elle ?

Questions difficiles ! Ne nous suffit-il pas de savoir que Dieu nous aime et nous l'a manifesté en Jésus-Christ ? Pourtant, selon les réponses que nous donnons, le visage de Dieu change. La figure du Père qui exige la mort de son Fils pour solder les dettes d'une humanité pécheresse n'est pas celle d'un Dieu qui préfère mourir plutôt que d'attenter à la vie des hommes, fussent-ils ses ennemis. Nous adoptons alors des manières d'être au monde qui ne sont pas les mêmes. Dieu n'est-il pas, de façon consciente ou inconsciente, le référent de notre agir ?

L'auteur reprend successivement les passages et les expressions des Évangiles qui nous posent ces questions et nous invite à entrer dans l'offrande que Dieu nous fait de sa vie en son Fils.

L'auteur

Martin POCHON, jésuite, a été aumônier d'étudiants à Limoges, directeur de l'AFEP, une École de Production pour des jeunes en échec scolaire, puis directeur du Lycée Professionnel du Marais Ste Thérèse à Saint Étienne et animateur de groupes de réflexion en milieu universitaire. Il est maintenant formateur au CEP-Ignatien et délégué du Provincial de la Compagnie de Jésus pour l'apostolat social.

L'extrait (p. 138-139)

Le sacrifice du Christ
dans les courants théologiques actuels

Depuis près d'un siècle, nombre de théologiens ont cherché et cherchent à remettre en valeur cette conception du sacrifice du Christ [développée dans cet ouvrage]. Leurs travaux bénéficient à la fois du renouveau des études bibliques, dont le Père Lagrange a été une des figures emblématiques et de la redécouverte des Pères de l'Église, de leur lecture des Écritures et de leur théologie du salut.

Ce ré-enracinement invite à reprendre à frais nouveaux la formulation du mystère de la rédemption tel qu'il a été présenté surtout durant le 2e millénaire et jusqu'au milieu du xxe siècle. La prédication actuelle ne prend pas toujours la distance souhaitable avec cette théologie qui a dominé jusqu'à Vatican II. Dans certains courants ecclésiaux, elle a même tendance à servir, à nouveau, de toile de fond implicite. Rares sont les débats actuels sur la liturgie qui prennent en compte ces enjeux théologiques. Pourtant la théologie ici proposée a pleinement droit de cité dans l'Église, étant donné le nombre de théologiens qui l'ont publiquement adoptée.

Le plus connu étant bien sûr Joseph Ratzinger, notamment dans son ouvrage Foi chrétienne hier et aujourd'hui, Mame, 1969, p. 198 : « Ainsi, dans le Nouveau Testament, la croix apparaît avant tout comme un mouvement de haut en bas. Elle n'est pas l'oeuvre de réconciliation que l'humanité offre au Dieu courroucé, mais l'expression de l'amour insensé de Dieu qui se livre, qui s'abaisse pour sauver l'homme; elle est sa venue auprès de nous et non l'inverse. À partir de cette révolution dans l'idée d'expiation, et donc dans l'axe même de la réalité religieuse, le culte chrétien et l'existence chrétienne reçoivent eux aussi une nouvelle orientation. L'adoration dans le christianisme consiste d'abord dans l'accueil reconnaissant de l'action salvifique de Dieu. Dans le culte ce ne sont pas des actions humaines qui sont offertes à Dieu ; il consiste plutôt en ce que l'homme se laisse combler. »

Le travers de la théologie précédente [qui a dominé jusqu'à Vatican II] est d'avoir réalisé un « courtcircuit » dans l'expression du mystère de la croix - pour reprendre une expression du Père Sesboüé à ce sujet. Si la mort de jésus était un passage obligé pour manifester la miséricorde du Père à l'égard des pécheurs et les faire entrer dans l'espérance de la résurrection, elle n'était pas la fin de l'acte rédempteur ; elle n'est pas, en tout cas, la conséquence d'un châtiment nécessaire. De même son obéissance n'était pas une fin, mais une condition pour que l'amour du Père puisse s'exprimer en son Fils. Si le Père a voulu le salut des hommes, et si cette fin a eu comme conséquence la mort de jésus, il est cependant dangereux d'en déduire qu'il a voulu la mort de son Fils. Ce que le Père a voulu, c'est nous manifester une bienveillance inconditionnelle.

 

 

 

Pour en savoir plus :

> Bon de commande

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