Le colloque, tenu au Centre Sèvres les 13 et 14 octobre 2007, a voulu aborder différents thèmes afin d'éclairer les questions du propre de l'homme et du sens de l'évolution, dans une perspective interdisciplinaire, favorisant le dialogue entre scientifiques, philosophes et théologiens.
Il s'agissait « d'inviter chacun à reconnaître activement en soi ce qui tient aux autres dans le sentiment partagé de ce que nous appelons, les uns et les autres, notre identité ».
Dans ses leçons données à la Sorbonne en 1949 et publiées sous le titre Le groupe zoologique humain, Pierre Teilhard de Chardin présentait la place de l'homme dans la nature comme une question « toujours plus importante et fascinante à nos yeux ». Il pensait que l'être humain occupe une « position polaire dans le monde » et appelait de ses vœux une anthropologie scientifique qui intègre la totalité du phénomène humain.
Depuis lors, le paysage s'est considérablement modifié. La biologie évolutionniste est devenue beaucoup plus réticente sur les idées de « progrès » ou d'« orientation », au profit d'une valorisation du hasard. Par ailleurs, la génétique, les sciences cognitives, l'éthologie, expliquent de plus en plus la « fabrique de l'homme », et amènent à s'interroger sur le spécifique humain au sein de la nature, sans compter les nouvelles technologies qui transforment parfois en profondeur le corps humain.
Le discours théologique sur l'homme s'en trouve aussi modifié. Que reste-t-il aujourd'hui de l'« âme » ou du « mystère » de l'homme ? Dans quelle mesure peut-on parler de lui comme « image de Dieu », et de quel Dieu cet homme serait-il l'image ?
F. Euvé
Extraits de l'avant-propos
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