Retour à la page d'accueil
actualités > 2008 > Questions sur l'amour de Dieu de Jean-Joseph Surin
spiritualité
C'est quoi ?
Ignace de Loyola
François-Xavier
Exercices Spirituels
compagnons
Communautés
Rencontres
Portraits
Nos 5 préférences
devenir sj
Récits
Jeunes jésuites
Vocation
Noviciat
Les derniers nés
missions
Culture
Jeunesse
Sciences
Vie spirituelle
Foi et justice
Hors frontière
Eglises
histoire
Chronologie
Par thèmes
Jésuites du XXe
Saints
sites internet
Jésuites
Chrétiens
Surprises
Site du mois
forums

Nous écrire

 

Questions
sur l'amour de Dieu

de
Jean-Joseph Surin sj

Texte établi et présenté
par Henri Laux
sj
Editeur : DDB
Desclée de Brouwer Bellarmin
Coll. Christus Textes

ISBN 978-2-220-05903-7
200 p. 13cm x 20cm 19€

"S'adonnant à pratiquer pied à pied
les enseignements donnés en ce livre,
on trouvera les magasins
des richesses surnaturelles" JJ Surin

 

Écrit au terme d'une crise profonde, ce livre résonne comme le testament spirituel de Jean-Joseph Surin (1600-1665). À peine sorti de l'affaire de la possession de Loudun, ce dernier y livre le meilleur d'une spiritualité ferme et équilibrée, servie par une langue d'une élégance rare.

Présenté par Henri Laux s.j., ce traité des Questions sur l'amour de Dieu s'inscrit dans ce cadre et propose un parcours en trois étapes dont le terme réside dans la perfection de cet amour divin.

Plus qu'un message, plus qu'une doctrine, Surin communique un art de la vie en Dieu. Jésuite, JEAN-JOSEPH SURIN est l'un des plus grands mystiques du XVI° siècle.

Son oeuvre majeure, le Guide spirituel ainsi que sa Correspondance ont été éditées par Michel de Certeau chez Desclée de Brouwer.

Extrait : dernier chapitre où Surin expose les motifs pour lesquels il y a fort intérêt à lire son livre...

Chapitre XI

S'il est à propos de déclarer aux hommes
ces choses excellentes de la grâce,
ou s'il les faut tenir secrètes,
les couvrant par le silence

Est-il à propos de faire connaître aux hommes les trésors cachés dans la grâce de Jésus-Christ et ces biens surnaturels dont nous avons parlé dans ce livre ?

Il y a sujet d'en parler et de les prêcher aux hommes si on considère le fruit qui leur en peut arriver, qui est que, comme le coeur humain est ainsi disposé qu'il est tout à fait ému par son propre bien, quand on lui fait voir un bien où il paraît une grande honnêteté et noblesse, un grand profit et beaucoup de contentement, il demeure quasi forcé à le poursuivre. Et comme d'ailleurs c'est une croyance commune que le chemin de la vertu est si difficile que les seuls grands courages y peuvent marcher, il est très à propos de faire connaître aux hommes des choses qui puissent animer leurs espérances combattues par les difficultés. Ainsi je ne vois rien, en toutes les choses qui puissent toucher raisonnablement l'homme quand il jette les yeux sur son intérêt, qui soit plus capable de faire effet sur son esprit que ces biens surnaturels auxquels il paraît une si grande honnête noblesse et grandeur. Il n'y a point de voie où se trouve tant d'avantage et de contentement qu'en ces biens de la grâce et ces dons surnaturels.

Il y a encore un motif qui surpasse tout cela, qui est d'agir purement pour Dieu et pour son mérite. Mais parce que le motif du propre intérêt est une chose de laquelle Dieu s'est souvent servi agissant avec les hommes, et qu'outre cela Dieu se donne parfaitement à connaître en ses biens si grands qu'il y paraît singulièrement aimable, pour cela donc il est très à propos d'en parler franchement aux hommes et leur faire connaître ces richesses. Par les effets de grâce bien connus, l'homme entend en quoi consiste un souverain bien; et quand il le peut concevoir, il se forme une ardeur incroyable vers lui; et quand Dieu en fait sentir quelque chose, l'âme demeure convaincue et persuadée qu'elle s'y doit porter tout à fait.

Aussi ceux qui en parlent font une chose très utile et très raisonnable. Mais pourtant, les hommes sont disposés de telle sorte que, quoi qu'on puisse faire et quoi qu'on puisse dire, les biens sensibles et trompeurs ont pris un tel ascendant et une si grande autorité sur eux, et l'homme est naturellement si stupide aux choses surnaturelles qu'on ne le peut quasi toucher, et il demeure toujours à la poursuite de ses avantages humains et temporels, de sorte que tout ce qu'on peut gagner est de lui persuader de fuir le péché mortel ; et bienheureux encore est celui qui, par l'éclat des menaces de Dieu et par les terreurs de sa crainte, peut persuader aux hommes de se maintenir en l'innocence nécessaire au salut éternel. Comme néanmoins il y a plusieurs âmes généreuses qui ignorent les richesses de Dieu et l'abondance de ses biens, il est très bon de porter aux oreilles de plusieurs cet évangile et révéler aux hommes ce que la chair et le sang ne leur peut faire connaître. Par ce moyen, comme on gagne plusieurs au salut, on en peut gagner quelques-uns au dessein de perfection. Et comme l'Apôtre saint Paul a de certains discours qu'il appelle evangelium meum [« mon évangile », Rm 2, 16; 2 Tm 2, 8], qui est de faire connaître le mystère de l'Incarnation et les sublimités de Jésus-Christ, je tiendrais celui-là fort heureux qui prendrait, pour son évangile et pour le sujet de ses discours, les vérités de la foi occultes et cachées dans les biens de Dieu attachés à la perfection d'une vie parfaite, et s'attacherait à promettre aux hommes que, s'ils veulent suivre les conseils de Jésus-Christ et être fidèles à l'observation de ses paroles, il y a des biens infinis à gagner, non seulement à la vie future, mais dès à présent.

Et parce que les hommes veulent être payés comptant, quand on leur dit que les promesses de Notre-Seigneur faites en l'Évangile (où il dit que le centuple de ce qu'on quitte se trouvera dès à présent, etiam nunc in tempore hoc [Mc 10, 30], et les autres paroles, toutes pleines d'engagement) sont des trésors prêts d'être donnés - comme il paraît en l'Apocalypse au IVe chapitre -, on les peut échauffer au désir de la perfection, qui d'ailleurs semble si redoutable... Il faut faire voir que les promesses de Jésus-Christ sont effectuées et accomplies en la personne des saints, comme leurs vies le font voir. Qui a été, par exemple, jamais plus content que saint François, sainte Thérëse, saint François-Xavier, et communément les saints de qui la vie est sue et écrite en détail ? On y voit leurs joies et leurs transports, et il n'y a personne qui ne les croie avoir été bienheureux dans ce monde; mais parce qu'on voit qu'ils ont fait des pénitences et des mortifications, on les regarde comme des prodiges et des miracles. Mais on peut dire, pour rendre les esprits satisfaits, que par deux routes on parvient à ces biens si grands : l'une de prévention et par l'élection de Dieu spéciale; l'autre, par courage, se gouvernant par la lumière de la foi et par la coopération aux grâces, suivant la conduite forte et généreuse des directeurs les plus éclairés ; et, s'adonnant à pratiquer pied à pied les enseignements donnés en ce livre, on trouvera les magasins des richesses surnaturelles et on se rendra au port désiré de la vie parfaite.

Table des matières

Introduction
Questions sur l'amour de Dieu

Livre premier

I. De l'amour de Dieu pur et parfait . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
II. Explication de ces paroles de saint Paul: Le Saint-Esprit rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu » . . . . . .39
III. De la façon de rectifier son intention pour maintenir le vrai amour . .45
IV. Réponse aux objections qu'on peut faire contre cette doctrine . . . 49
V. Comment en détail se pratique cela de ne vouloir que Dieu et de ne se remplir que de lui . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
VI. En quelle manière on peut aimer les créatures, sans préjudicier à cette totalité d'amour pour Dieu. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
VII. Méthode qu'il faut tenir pour arriver à la totalité de cet amour n'envisageant que Dieu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
VIII. Point de très grande conséquence que doivent observer les âmes qui tendent à cette pureté d'amour . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
IX. Que c'est le propre des parfaits, non pas de renoncer aux vertus, mais de les consommer
par la charité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
X. D'une tentation fort ordinaire à plusieurs serviteurs de Dieu 75

Livre second

I. Du moyen d'acquérir facilité à cette pratique de faire tout pour Dieu .83 II. Comment, par cette voie de l'amour parfait, Dieu purifie le coeur humain de tous ses vices ... . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
III. Qu'il s'ensuit de là que le plus grand secret de la vie spirituelle est d'avoir de la force pour se mortifier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91
IV. Quelles sont les choses qui peuvent donner
de la force à l'homme pour se mortifier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
V. Des saintes dispositions où mène cette pratique de chercher Dieu en tout, dont la première est
un entier mépris de soi-même . . . . . . . . . 101
VI. De la seconde disposition excellente que donne l'amour parfait, qui est d'être indifférent à tout ... . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107
VII. D'une troisième disposition d'esprit qui vient de cette pratique de l'amour divin, qui est l'amour des mépris . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111
VIII. De la quatrième disposition que donne l'amour parfait. qui est le total abandonnement et la perte de soi-même entre les mains de Dieu dans les aventures surprenantes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117
IX. Jusqu'à quel degré va cette pratique de chercher Dieu en tout, et comment c'est que Dieu
la consomme dans l'âme . . . . . . . . . . . . . .121
X. De la méthode que tiennent les personnes accoutumées à cette pratique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .127

Livre troisième

I. Des richesses spirituelles qui accompagnent cette pratique d'aimer Dieu purement, le cherchant en toutes choses . . . . . . . . . . . . . . . . . . 135
II. De la paix abondante que Dieu donne à tous ceux qui se résolvent à le servir en la perfection de son amour . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 141
III. D'un autre fruit du divin amour, qui est l'abondance des biens signifiés par le froment, le vin et l'huile . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 145
IV. D'un autre effet du divin amour, qui est une très grande joie . . . 151
V. Réponse à une objection qu'on fait souvent contre ce que je viens de dire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 155
VI. D'un autre fruit de l'amour divin, qui est une pureté sensible et une sérénité de l'âme ... . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 161
VII. D'un autre fruit excellent de cet amour, qui est une perpétuelle communication avec Dieu dans l'intérieur . . . . . . . . . . . . . . . . . . 165
VIII. D'un autre excellent fruit, qui est l'union admirable avec Jésus-Christ dans l'Eucharistie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 171
IX. D'un autre fruit indubitable de cette pratique qui est la délivrance de plusieurs infirmités qui
retardent notre perfection . . . . . . . . . . . . . 175
X. Du dernier fruit admirable de cet état, qui consiste en des impétuosités d'amour comme blessures et assauts divins faisant de merveilleux effets en l'âme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 179
XI. S'il est à propos de déclarer aux hommes ces choses excellentes de la grâce, ou s'il les faut tenir secrètes, les couvrant par le silence .. . . 183

Index des thèmes 187
Index des noms 191
Index des citations de l'Écriture 193

 

 

Pour en savoir plus :

> Pour acheter le livre

> Le guide spirituel de Jean-Joseph Surin

> Surin
et l'art de la communication, thèse de Patrick Goujon, jésuite

> Le Père Surin et Jeanne des Anges

> Bibliographie de Henri Laux

> Michel de Certeau sj
(1925-1986)

> Bibliographie de Michel de Certeau