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Relations entre art occidental Exposition au Centre Beaubourg (Paris) Comment les artistes entretiennent-ils
Présentation de l'exposition
Cette exposition regroupe 350 œuvres et 200 artistes. Agencée selon une vingtaine de sous-parties, l’exposition s’intéresse au sens du sacré et de la spiritualité dans l’art, du Romantisme (XIXe siècle) jusqu’à nos jours. Présentés de manière chronologique, les thèmes (cf. plan de l'exposition) sont l’occasion de confronter des œuvres romantiques et modernes à des œuvres contemporaines, de façon à mettre en valeur la rémanence de la thématique dans le questionnement artistique actuel. L’exposition se situe à la croisée de l’histoire de l’art, de la philosophie, de la théologie, de l’ethnologie, de l’anthropologie, de la psychanalyse et de la politique. La notion de sacré n’est en effet pas le monopole de la religion et c’est d’ailleurs moins l’art sacré qui est ici envisagé que les traces d’une théologie dans l’art, une fois constatés par Friedrich Nietzsche la « mort de Dieu » (Gai savoir, 1882) et ce que Max Weber a appelé en 1919 « le désenchantement du monde » (Le Savant et le Politique). Comment les artistes entretiennent-ils une relation au Divin, dès lors que celui-ci s’estompe de notre monde sécularisé et ressurgit à la faveur de nouvelles formes, toutes intérieures et subjectives, de croyances et de spiritualités ? Telle est la grille de lecture originale que propose cette exposition. Une telle thématique n’est pas anodine au regard des multiples résurgences du religieux dans la sphère publique et politique de notre monde contemporain. Mais il s’agit surtout, par cette exposition, d’opérer une autre lecture de la modernité artistique laquelle consiste, depuis le milieu des années 1960, en une étude formaliste et positiviste placée sous l’augure laïque de l’Impressionnisme. Cette lecture, aussi pertinente soit-elle, pêche par excès de rationalisation formelle et néglige, à la façon d’un refoulé, ce qui fut une des préoccupations majeures des artistes : une réflexion sur le monde dans sa tradition judéo-chrétienne et sur son devenir lorsque la société perd sa structure religieuse et que le sentiment qui reliait les hommes aux Dieux se délie. Quelques photos
Symboliste.
C'est le merveilleux de pareille exposition que de faire sortir
de chez les descendants du peintre finlandais Akseli Gallen-Kallela
cette vision symboliste encadrée comme une peinture d'autel. Yeux
révulsés et baignés de larmes, les cheveux roux flottant dans
les airs hors gravité. Cette jeune fille nue en adoration dans
la nature a les bras en croix comme le Christ, dont elle porte
les stigmates sur les mains dans la réplique de 1907. Paganisme
ou références chrétiennes, le débat est dans le tableau (Ad Astra,
1894). Collection particulière
Usco. Shiva, 1965. Collection particulière.
Maurizio Cattelan. Him [Lui], 2001 Cire, cheveux, tissus et résine de polyester - 101 x 41 x 53 cm Collection François Pinault Photo: Attilio Maranzano
Hilma af Klint.
De tio största, n° 2 Barnaaldern [Les Dix Plus Grands, n° 2 Enfance],
1907 Tempera sur papier contrecollé sur toile - 328 x 240 cm The
Hilma af Klint Foundation, Stockholm The
Hilma af Klint Foundation
Theo Van Doesburg.
Meisje met ranonkels [Jeune fille aux boutons-d’or], vers 1915
Huile sur toile - 80 x 80 cm Centraal Museum, Utrecht Photo
: Centraal Museum, Utrecht/Ernst Moritz
Marjorie Cameron. Dark Angel [Ange noir], vers 1955 Crayon, encre et peinture sur papier - 88,3 x 60,3 cm Courtesy Nicole Klagsbrun Gallery, New York Vidéo du commissaire de l'exposition
Un exemple d'oeuvre présentée
Plusieurs artistes contredisent la fin de toute quête de spiritualité dans l’art (Jonathan Monk, Jean-Michel Alberola, Paul Chan). L’œuvre de Paul Chan Ist Light (2005) confronte ainsi la nuit aux lumières de la ville. Le trop de lumière de la ville contraste avec l’obscurité comprise comme lumière métaphorique, celle de l’esprit qui surpasse les choses du monde. Référence semble être faite ici à Saint Jean de la Croix pour lequel la nuit est le symbole de l’aspiration de l’homme vers Dieu, à la fois ce qui recouvre le divin et ce qui le manifeste, malgré elle (voir la salle intitulée Malgré la nuit). Deux types de lumières entrent donc en conflit, lumière de l’esprit et lumière des choses. Le poteau télégraphique peut évoquer la croix de Golgotha et sous sa présence, des marchandises de notre monde contemporain s’élèvent : I-pods, téléphones, scooters, trains. Tout ceci monte au ciel alors que des ombres d’hommes chutent et descendent dans l’abîme - images rappelant les corps tombant du World Trade Center - comme en écho à l’Apocalypse chrétien. Esprit, es-tu là ? Voici une exposition qui va faire rêver. Qui agacera peut-être. Ou choquera. Mais en aucun cas qui ne laissera indifférent. D'abord parce qu'elle réunit les chefsd'oeuvre des plus grands noms de la création moderne et contemporaine, tels Otto Dix, Kandinsky, Malevitch, Mondrian, Brancusi, Klee, Dali, Matisse, Picasso, Man Ray, Max Ernst, Francis Bacon, Barnett Newman, Damien Hirst et d'autres moins connus du grand public comme Cameron Jamie, Lee Mullican, Hilma af Klint. Ensuite parce qu'elle entend «raconter» l'histoire de l'art du XXe siècle. Une histoire placée sous le signe d'une quête perpétuellement renouvelée. Sentinelles du monde, les artistes ne sont pas simplement les guetteurs chargés de transmettre les vibrations et les soubresauts de la planète. Ils en sont aussi les acteurs. En rejouant le film du XXe siècle, «Traces du sacré» convoque les utopies de l'homme nouveau, l'horreur de la Première Guerre mondiale, l'apocalypse de la Shoah, les voyages vers l'Orient et le désir d'infini. Avec en toile de fond, omniprésent, l'esprit du mal, indissociable selon Jean de Loisy, un des commissaires de l'exposition, de l'esprit du sacré. > critique du Point « Dieu est mort » avait dit Nietzsche en 1882. « Dieu fut détrôné ainsi que tout le reste , reprenait le peintre norvégien Edvard Munch quelques années plus tard. La Crucifixion est expiée, mais je ne pouvais me débarrasser de l'angoisse de vivre et de l'obsession de la vie éternelle. » Phrase terrible, qui résume à elle seule « Traces du sacré », l'exposition organisée du 7 mai au 11 août par le Centre Pompidou : une longue quête de l'artiste occidental confronté à ses doutes dans une société sans dieu. Il y a longtemps que l'on attendait en France une telle manifestation. « C'est un thème que l'on hésite à aborder, bien qu'il soit pourtant au coeur de la création artistique », reconnaît Jean de Loisy, l'un des deux commissaires de l'exposition avec Angela Lampe. Exception française ? Dès les années 60, en effet, en Amérique et en Europe du Nord, des historiens de l'art remettaient en question la lecture exclusivement positiviste et formaliste de l'avant-garde moderne. En 1964, par exemple, l'historien allemand Otto Stelzer soulignait les origines romantiques et symbolistes de l'art abstrait, tandis que le Finlandais Sixten Ringbom démontrait l'influence des traditions ésotériques chez Kandinsky, pionnier de l'abstraction. Des deux côtés de l'Atlantique s'organisaient alors d'importantes expositions sur le thème de l'art contemporain et du mysticisme. Haut-le-coeur français ! Rechercher chez Mondrian des influences théosophiques, comme le faisait l'historien américain Robert P. Welsh en 1966 ? Sacrilège pour le monde de l'art ! Etait-ce le traumatisme causé par la séparation des Eglises et de l'Etat en 1905 qui continuait ainsi à peser sur la fille aînée de l'Eglise, par ailleurs filleule de Descartes, de Marx et de Lacan ? Curieux phénomène : l'Eglise d'après Vatican II accepte des oeuvres non religieuses en son enceinte, mais le monde de l'art considère comme inacceptable une expression artistique sacrée qui ne serait pas au service d'un culte. > critique du Monde Si "Traces du sacré" est l'une des manifestations les plus réussies que l'on ait vues au Centre Pompidou, elle le doit évidemment à l'intérêt majeur du sujet et au travail de sélection et de montage des deux commissaires, Angela Lampe et Jean de Loisy. Elle le doit aussi à la qualité des prêts : la démonstration file d'oeuvres exceptionnelles en ensembles d'une rare richesse. Le plus pur des Mondrian et le plus effilé des Brancusi confrontés, Hodler et Chirico à peu de distance, Dix et Chagall, Kandinsky et Van Doesburg : il suffit de rapprocher deux toiles pour susciter une décharge électrique.
Plan de l'exposition
1. Trace des dieux enfuis / 2. Nostalgie de l’infini / 3. Les grands initiés / 4. Au-delà du visible / 5. Absolu / 6. Révélations cosmiques / 7. Élévation / 8. Homo Novus / 9. Éden / 10. Eschatologie / 11. Apocalypse I / 12. Danses sacrées / 13. Spiritualités païennes / 14. Éros et Thanatos / 15. Offenses / 16. Apocalypse II / 17. Homo homini lupus / 18. Art sacré / 19. Malgré la nuit / 20. Résonances de l’archaïque / 21. The Doors of perception / 22. Sacrifice / 23. Sagesses orientales / 24. L’ombre de Dieu
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Jésuites : serviteurs
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