Le
mystère
de la résurrection vu par deux jésuites
Rencontres
grâce à deux journaux sur internet
avec Gustave Martelet en France
et Jean-Bernard
Livio en Suisse

Martelet : "Notre avenir
est d'être traités comme le Fils"
Qu’est-ce qui se révèle
de Dieu dans la résurrection ?
Le fait que le Père ne peut pas laisser dans la mort celui qui
a risqué sa vie totalement, jusque dans la mort, pour lui. Si
le Fils a été pour le Père en risquant la mort,
le Père sera pour lui en l’arrachant à cette mort.
Toute
sa vie, Jésus a dit : « Le Père est toujours avec
moi, parce que je fais tout ce qui lui plaît. » Or, qu’est-ce
qui plaît au Père ? C’est que l’on entre dans
l’amour même qu’est Dieu et que l’on soit participant
de cet amour. Jésus est le premier à aimer le Père
de cette façon et, ainsi, il est le révélateur
du Père.
On pense souvent que Jésus n’est mort
que pour nos péchés, ce n’est pas vrai ! Jésus
est mort pour témoigner du Père ! Et il nous arrache au
péché qui est de ne pas croire au Père. Ce n’est
pas tout. Nous aussi, nous devenons des fils. C’est l’épiphanie
de notre vocation.
En quoi sommes-nous concernés ?
Par la résurrection du Fils, le Père transforme ce qui
est la loi universelle du monde, c’est-à-dire la mort.
Si Dieu touche à la mort, il touche la nature. Il transfigure
la génération et la corruption, et cela vaut pour les
étoiles, les roses, pour tout homme…
C’est comme le coup qui fait vibrer le gong tout
entier ! La résonance de la résurrection touche la terre
entière, parce que la mort touche toute la nature et toute l’humanité
engendrée en elle. La résurrection ne supprime pas la
nature, elle l’illumine.
Ce n’est qu’avec la résurrection
du Fils que Dieu n’a plus besoin de la nature. Maxime le Confesseur
écrit que, lorsque Dieu voit le matin de Pâques et le Christ
ressuscité, il dit : « Voilà pourquoi j’ai
créé le monde. »
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Livio : "Ce tombeau
vide de nos certitudes"
Dans les évangiles, le tombeau du Christ
est retrouvé vide... Pourquoi ?
Si le tombeau est vide, c'est qu'il
en allait de la «justice» de Dieu de ne pas laisser notre
«histoire» s'achever dans un tombeau fermé, mais
de l'ouvrir sur l'infinité divine qui est le sens même
de l'alliance que Dieu établit avec les humains. Dans les Evangiles,
pour signifier que rien n'est fini lors de la mise au tombeau, il fallait
que la pierre soit roulée, que le mort soit Vivant, qu'il soit
présent comme Jésus n'avait cessé et ne cesse encore
de nous faire comprendre sa présence. Tout naturellement - je
devrais dire tout «physiquement» -, il fallait souligner
cette vérité par une absence «physique» du
lieu de l'enfermement pour une présence «réelle»
au lieu de toute Vie.
Les
évangélistes ne sont pas dupes. Chacun, à sa manière,
nous fait comprendre que le Ressuscité n'est pas perceptible
par nos sens physiques, alors même que cette réalité
nouvelle les bouscule profondément. Dans l'incarnation, Dieu
se fait plus humain que nous ne pouvons l'être à nous-mêmes.
Le scientifique-archéologue peut entendre ce discours, mais il
n'en fera pas pour autant une affirmation scientifique. Seule la décision
de foi le fera rejoindre l'immense foule des croyants qui n'ont pas
besoin pour autant d'être des savants!
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