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actualités > 2008 > Un roman tiré d'un manuscrit d'Athanase Kircher sj
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La polyphonie baroque de Blas de Roblès

Là où les tigres sont chez eux "Roman jungle"
de Jean-Marie Blas de Roblès
qui révèle le génie baroque
d'Athanase Kircher sj
qui a fasciné les savants
de son temps au XVII°

aux éditions Zulma (Diffusion Seuil)
776 pages 24,50 €


Le prix Médicis 2008 a également été attribué
mercredi 5 novembre 2008 à ce roman.



Athanase Kircher

Le Père Athanase Kircher, S.J. (1602-1680) et son célèbre Musée, installé jadis au Collège Romain de la Compagnie de Jésus est une belle figure de jésuite scientifique.

Il avait un "génie polymorphe" aux confins de la Renaissance et du Baroque : son talent pour les langues orientales, la précision de ses capacités mathémathiques, sa curiosité pour l'astronomie, les hiéroglyphes égyptiens, le magnétisme, l'alchimie, la médecine orientale, la zoologie, les machines...

On lui attribue l'invention de la lanterne magique, de la machine à écrire,  et de l'orgue mathématique (précurseur de l'ordinateur ?)... Lire la suite >>>

Mais que vient faire le Père Kircher dans un roman écrit au XXI° siècle ? Réponse deHubert Trouiller de la librairie LE MARQUE PAGE à SAINT- MARCELLIN

Athanase Kircher parcourt l'Europe de la guerre de trente ans. C'est un génial et sympathique touche à tout, scientifique, écrivain, inventeur, doué d'une mémoire et d'une intelligence hors du commun.
Rêveur, capable des inventions les plus loufoques, il n'hésite pas à se colleter à la réalité.

C'est aussi un mystique favori des princes et des papes.
Eléazar Von Wogau, journaliste tourmenté, exilé au fin fond du Matto Grosso brésilien, travaille de nos jours sur un manuscrit relatant la vie d'Athanase.

Les deux destinées alternent, se répondent avec un chapitre sur Athanase, un sur Eléazard et ceux qui gravitent autour de lui :
- Elaine, son ex-femme, partie dans la jungle avec une mission scientifique qui tournera mal au pays des trafiquants d'armes et de tribus qui n'ont encore jamais vu de blancs;
- Moéma, sa fille qui, à travers la drogue, le vaudou et le sexe cherche un retour à l'état d'innocence originelle et qui sera brisée;
- Loredana, son étrange et attachante amie, d'autres personnages aussi.
Moreira, le dictateur local qui s'enrichit sur le dos des paysans;
- Nelson, le cul de jatte des favelas qui rêve d'un fauteuil électrique Honda dont le prix ne cesse d'augmenter.

Toutes ces vies sans liens apparents constituent une trame solide et puissante qui sert de point d'appui à une réflexion profonde sur la condition humaine [...]

Lire la suite sur lechoixdeslibraires.com >>>

 

Présentation par l'éditeur Zulma

Il arrive qu'après mille lectures obligées, un éditeur tombe sur un phénomène littéraire, vrai prodige qui vous coupe le souffle pour vous le rendre bientôt, ample comme doit l'être la traversée d'un univers de fiction unique dans sa conception et son écriture. "Là où les tigres sont chez eux", de Jean Marie Blas de Roblès, est le fruit de dix ans de travail, roman somme qui interroge le genre avec une formidable érudition mise au service d'un sens merveilleux de la narration.

Eléazard von Wogau, le héros inquiet de cette incroyable forêt d'histoires savamment enchevêtrées, est un français, obscur écrivain, vague correspondant de presse domicilié au fond du Nordeste brésilien, dans la ville fantôme d'Alcantara, relique des fastes de l'Empire portugais. Spécialiste à ses heures de l'encyclopédiste allemand Athanase Kircher, sorte de Vinci de l'époque baroque, on lui adresse un jour à des fins d'édition une fascinante biographie de Kircher écrite en français par un de ses disciples. Ce manuscrit autographe totalement inédit, “exhumé lors d'un récent récolement à la bibliothèque nationale de Palerme” est l'œuvre, remarquable en tout point malgré certaines invraisemblances, de Caspar Schott, un obscur jésuite allemand. [...]

Qui est Jean-Marie Blas de Roblès,
l'auteur du roman ?
>>>

Visiter son site internet >>>

 

Différentes critiques du roman

 

Critique dans Le Monde des Livres par Josyane Savigneau

Subtiles variations sur d'impossibles biographies

Si ce roman n'était qu'un monument d'érudition propre à épater les ignorants, il aurait peu d'intérêt. Certainement conscient de ce risque, Jean-Marie Blas de Roblès l'a évité avec subtilité. Si Là où les tigres sont chez eux - titre tiré d'une phrase des Affinités électives de Goethe, ce qui a son importance - n'était qu'un livre à lectures plurielles, mêlant aventures, considérations sociales et politiques, réflexions sur la création, la découverte, la transmission, ce serait déjà passionnant.

Mais il est plus encore, renvoyant chacun à sa manière d'envisager le temps, l'histoire, l'art, la biographie, y compris celle que l'on s'est racontée, avec "l'obstination poignante et maladive que nous mettions à romancer notre existence" .

Lorsque Jean-Marie Blas de Roblès a reçu, à 28 ans, en 1982, le prix de la nouvelle de l'Académie française pour son premier livre, La Mémoire de riz et autres contes (Seuil), il a annoncé son intention d'écrire un roman autour de la figure d'Athanase Kircher (1602-1680), jésuite allemand qui fascina son époque, inventa la lanterne magique, fut curieux de tout, des mathématiques, de l'hébreu, de la Kabbale, de la Chine, des hiéroglyphes... qu'il échoua à déchiffrer.

Depuis, ce philosophe de formation qu'est Blas de Roblès, féru d'archéologie, notamment sous-marine, a publié deux romans et plusieurs essais, mais c'est seulement aujourd'hui qu'il livre cette somme dont Athanase Kircher est comme la boussole. Toutefois, la figure majeure de cette histoire à multiples entrées est un certain Eléazard von Wogau, qui se dit "correspondant de presse" et surtout pas "journaliste" . Installé depuis six ans au Brésil, il a acheté, voilà quatre ans, une maison "immense et délabrée" à Alcantara, "ancienne ville baroque, le fleuron de l'architecture du XVIII e siècle" , tombée en ruine. Sa femme Elaine, une paléontologue brésilienne, dont on va suivre une tragique mission, n'a pas supporté cet endroit et a divorcé. Leur fille Moéma, à laquelle on va s'intéresser aussi, est étudiante... au moins par intermittence.

Eléazard, lui, aime Alcantara et les Brésiliens, "tout est possible avec eux, ils ne traînent pas de vieilles casseroles, comme en Europe" , cette Europe qui "à force d'éclatements successifs" s'est "volatilisée, au point de ressembler à celle qu'avait ensanglantée la guerre de Trente Ans" . Peut-être même "en pire" . C'est pourtant de cette Europe et d'un ami avec lequel il a fait ses études à Heidelberg, avant de renoncer à ses grands projets intellectuels, que lui vient la demande de faire une édition critique d'une biographie inédite d'Athanase Kircher. Une hagiographie plutôt, écrite en français par son disciple Caspar Schott.

Cette biographie qui l'agace et l'intrigue, on la lit avec lui chapitre par chapitre. Tout en explorant d'autres parcours. Celui d'Elaine et de ses compagnons de mission, les tribulations sentimentales et érotiques de Moéma, mais aussi le destin du petit Nelson, qui vit dans les favelas de Pirambu et celui du gouverneur véreux Moreira, marié à une femme raffinée, la comtesse Carlotta, dont le fils, Mauro, est en mission avec Elaine... où l'on voit que toutes ces histoires, en apparence divergentes, vont finir par converger.

Si l'on s'intéresse à la vérité du roman - pas seulement de celui-ci -, on est surtout attaché à comprendre Eléazard, et aussi l'étrange Italienne, Loredana, qui vient de débarquer à Alcantara. Elle refuse de dire pourquoi elle est là, mais, curieusement, pose à Eléazard de très bonnes questions sur Kircher. Eléazard, qui tient des carnets, plutôt qu'un journal, en livre de temps en temps des fragments où apparaît son irritation contre Kircher. Celui-ci s'est trompé sur tout, c'est "un vulgaire manipulateur. Il trafique les faits pour les ramener à la raison. Sa bonne conscience est sans excuse" . Goethe pourtant pensait que "même si Kircher ne résout que peu de problèmes, il les mentionne et les touche à sa façon" .

Il faudra du temps, des conversations avec Loredana et avec le docteur Euclides - magnifique personnage qui a beaucoup réfléchi sur la question de l'originalité et du plagiat - pour qu'Eléazard découvre que "dès qu'on se mêle de biographie, il faut se résigner au rôle de Sancho Pança" . Alors il pourra relever cette phrase de Delacroix, "ce qui fait les hommes de génie, ce ne sont pas les idées neuves, c'est cette idée, qui les possède, que ce qui a été dit ne l'a pas encore assez été" et conclure : "Kircher aura été ma toison d'or, ma propre quête de l'origine."

A sa maîtrise du récit, Jean-Marie Blas de Roblès sait ajouter l'humour, et une délicieuse auto-ironie, que l'on pourra méditer à loisir : "Ce n'est pas l'érudition qui importe, tu le sais bien, dit Loredana à Eléazard, c'est ce qu'elle tend à démontrer. Une simple notice de quelques lignes peut toucher plus juste que huit cents pages consacrées au même individu..." Mais, là, on vient de lire 800 pages qui touchent juste.

  Josyane Savigneau

 

L'article d'Anne Brigaudeau sur france 2.fr :

Le héros, Eleazard von Wogau, vague correspondant de presse français au fin fond du Nordeste brésilien, s'attache à reconstituer la vie d'Athanase Kircher (1601-1680), esprit encyclopédique, jésuite curieux de tout, déchiffreur de hiéroglyphes, passionné de la Chine, avide d'expériences scientifiques sans limites (la machine volante de Léonard de Vinci, testée sur des condamnés à mort, l'alarme dans les cimetières pour les enterrés vifs, qui sera plutôt actionnée par les asticots...).

Mais, plus encore que la fascinante figure de ce "professeur, astronome, physicien, géologue&géographe, spécialiste des langues, archéologue, égyptologue, théologien", le roman captive le lecteur par ses héros contemporains, happés par un Brésil multiple, souvent violent et parfois enchanteur. [...]
.....

 


L'article de Valérie Marin La Meslée dans Le Point.fr

C'est un pic (de la Mirandole), c'est un cap (tenu magistralement), c'est une péninsule sur la carte littéraire. Non contente d'avoir du nez, la maison d'édition Zulma a eu l'audace de publier 766 pages d'un auteur rare, Jean-Marie Blas de Roblès, baroudeur érudit, archéologue et écrivain : voici le fruit de dix ans de travail et la garantie de dizaines d'heures de pur bonheur, bref, la lecture la plus enthousiasmante de la rentrée. La biographie inédite du jésuite Athanase Kircher (1601-1680), savant et précurseur en tout domaine, qui crut déchiffrer les hiéroglyphes et inventa la lanterne magique, sert de canevas à cet époustouflant roman d'aventures, philosophique et populaire. Caspar Schott, son jeune disciple, retrace la vie de son maître dans un manuscrit récemment découvert, confié à la sagacité d'Eleazard von Wogau, ancien spécialiste de Kircher. Aujourd'hui retiré dans une petite ville hors d'âge du Brésil, Alcantara, où son job de correspondant de presse ne le surmène pas, Eleazard ressemble plutôt à un spécialiste de l'attente résignée : d'une lettre de sa fille Moema qui, sous couvert de ses études d'ethnologie, dépense à Fortaleza, avec sa copine lesbienne, tout l'argent de son père en cocaïne, ou d'un signe d'Elaine, sa femme, qui l'a quitté parce qu'elle avait encore le désir du monde...

 

L'article tiré du Livre dans L'Express Livres

Qui traite de la naissance et des jeunes années d'Athanase Kircher, le héros de cette histoire. En ce jour dédié à sainte Geneviève, le troisième de l'année 1690, moi, Caspar Schott, assis comme un écolier quelconque à l'une des tables de la bibliothèque dont j'ai la charge, j'entreprends de relater la vie en tous points exemplaire du Révérend Père Athanase Kircher. Cet homme dont les oeuvres édifiantes ont marqué notre histoire au sceau de l'intelligence, s'est effacé modestement derrière ses livres : on me saura gré, j'y aspire en mon âme, de soulever légèrement ce voile et d'éclairer avec pudeur une destinée que la gloire a d'ores et déjà rendue immortelle.

À l'orée d'une tâche si ardue, c'est en confiant mon sort à Marie, notre mère, celle qu'Athanase n'invoqua jamais en vain, que je prends la plume pour redonner vie à cet homme qui fut mon maître durant cinquante ans et me fit la faveur, j'ose m'en prévaloir, d'une amitié véritable.

Athanase Kircher naquit à trois heures du matin, le deuxième jour du mois de mai, fête de saint Athanase en 1602. Ses parents, Jean Kircher et Anna Gansekin étaient des catholiques fervents et généreux. À l'époque de sa naissance, ils vivaient à Geisa, un petit bourg situé à trois heures de route de Fulda. [....]

 

 

 

Pour en savoir plus :

> Pour acheter le roman "Là où les tigres sont chez eux"

> Lire les premières pages du roman au format pdf

> Autre extrait du roman dans L'Express Livres

> Voir aussi le Dossier Spécial : Les coulisses des prix littéraires

Sur Kircher

> biographie détaillée d'Athanase Kircher écrite par Jean-Marie Blas (format pdf)

> Athanase Kircher

> Les recherches en musicologie

> Le "Kircher" illustré

> Un ouvrage d'Athanase Kircher, Ars magna lucis et umbræ
(« Le grand art de la lumière et de l'ombre »)

> Les trucages du précinéma ou la préhistoire des effets spéciaux

> Certaines oeuvres numérisées

> Le Père Athanase, le syndic des capucins

> Une présentation d'Athanase Kircher dans
le Patrimoine littéraire européen

> Connaissez-vous la Gnomonique kircherienne ?

> Anathasius Kircher sur Wikipedia

> La correspondance d'Athanase Kircher (Projet de recherche international) en anglais

Sur le roman

> Le site de Jean-Marie Blas de Roblès

> Prix du Roman Fnac 2008

> Prix amplement mérité selon France 2

> Sélectionné pour concourir au Prix Goncourt 2008

> Le choix des libraires

> Mettez un tigre dans votre livre

> Voir la critique dans Le Point.fr

> Voir la critique dans BibliObs.com

> Voir la critique sur Obiwi

> Critique du roman sur Le magazine littéraire

> Une présentation du roman par Jean-Maurice Montremy