LES
EVENEMENTS
AU KENYA
Témoignages
30 décembre 2007:
L'élection vient de se terminer au Kenya et Mwai Kibaki a prêté
serment pour son deuxième mandat en tant que Président
du Kenya. Bien que le Président ait dit le temps est maintenant
venu pour la guérison et la réconciliation, le pays entier
est sous tension. Raila Odinga crie au truquage contre son ascension
à la présidence. Ceci a rendu ses partisans amers de l'ensemble
du processus, provoquant le chaos dans les grandes villes.
31 décembre 2007:
Les nouveaux développements sont positifs. Le gouvernement rencontre
l'opposition sur la voie à suivre. Je pense que les gens ont
pris conscience que descendre dans les rues ne va pas résoudre
la situation. Une voix se fait entendre dans tout le pays Le Kenya n'appartient
pas aux hommes politiques, le Kenya est pour tous les citoyens, le Kenya
est notre maison. Nous avons besoin de notre Kenya sécurisé,
que nous avons développé dans les 44 dernières
années. Deux emails d'un régent Kenyan à AJAN House,
à Kangemi, en banlieue proche de Nairobi. Les prédictions
d’Eric Simiyu dans les premiers jours de troubles oscillaient
entre espoir et inquiétude, reflétant fidèlement
l'évolution rapide des événements qui ont secoué
son pays après le dépouillement suspect. La frustration
post-électorale a été combinée à
d'anciens griefs et des antagonismes tribaux ; elle a été
attisée par des actes d'une extrême brutalité et
des destructions. Ces actes ont rapidement provoqué à
leur tour la vengeance. Un quart de million de personnes sont déplacées
internes, plus de 850 ont été tuées, les propriétés
et moyens de subsistance détruits. Toutefois, comme Simiyu l’écrit,
la grande majorité des Kenyans est résolument contre la
violence, même si leur voix est assourdie par les hurlements des
gros titres de divisions vicieuses.
En attendant et en priant pour une issue positive des pourparlers entre
les deux principaux partis sous la médiation de Kofi Annan, AJAN
House a préparé un numéro spécial de AJANews,
pour vous permettre d'imaginer comment les communautés et oeuvres
jésuites au Kenya ont été touchées, comment
tout le monde se bat pour continuer à travailler et pour tendre
la main à ceux qui sont touchés par cette violence aveugle.
Comme il convient à la mission d’AJAN, nous mettons en
évidence l'impact sur les personnes vivant avec le VIH et le
SIDA et ceux qui s'en occupent et les servent.
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UN MOIS DE VIOLENCE
Dans une lettre publiée le 2 janvier, la Conférence épiscopale
du Kenya a demandé instamment à tous les Kenyans de s'abstenir
de l'assassinat insensé de nos frères et soeurs. Nous
avons vécu ensemble pendant toutes ces années comme frères
et soeurs. Il n’y a aucune raison pour qu’on nous utilise
pour lever la main contre notre voisin parce qu'il ou elle appartient
à un autre groupe ethnique ou affiliation politique. La vie est
sacrée! Nous appartenons tous à une seule famille de Dieu.
L'Église au Kenya n'a pas été épargnée
par la violence, y compris les Jésuites. Des Jésuites
kenyans ont leur propre chagrin tandis que leurs familles sont touchées.
Nous nous souvenons particulièrement de Julius Mulsuna de Kakamega,
34 ans, marié et père de trois enfants, le frère
de notre novice Josaphat Pallister
Mukaka. Le 15 janvier Mulsuna a été enlevé à
Mombassa t, trois jours plus tard, son corps mutilé et torturé
a été trouv sur un parking.
Le Père Michael Kamau, un prêtre de 41 ans connu de nombreux
Jésuites kenyans, a été massacré le 26 janvier
alors qu'il était arrêté à un barrage routier
illégal. Même s'il portait une soutane et a plaidé
pour sa vie, des jeunes armés l’ont lapidé et brûlé,
ne montrant aucune pitié.
Un soignant de Lea Toto, le service communautaire pour les orphelins
séropositifs de Nyumbani, a été assassiné
dans Kibera, le plus grand bidonville d'Afrique qui auberge un million
de personnes en bordure de Nairobi.
D'autres soignants et des aides-soignants communautaires ont vu leurs
biens détruits ou pillés.
Le 27 janvier, un candidat jésuite revenait de l'ouest de Nairobi
dans un matatu (un mini-van). Arrêté à un barrage
routier, il a été traîné hors du véhicule,
battu et frappé à la tête avec un tesson de bouteille.
Le chauffeur a crié, Il n'en est pas [de la mauvaise tribu],
regardez ses papiers!
L'attaquant a vérifié sa carte d’identité
et dit Désolé. Le candidat arbore une cicatrice de 20
points de suture sur la couronne de sa tête.
Des institutions comme celles de la Compagnie de Jésus sont en
danger, comme l'ont montré crûment des émeutiers
en dehors des portes de Hekima College (Institut de théologie
d’Hekima) en début d'après-midi du 23 janvier.
C'est une chose que de parler de violence et c'en est une autre que
de faire face à sa réalité brut et toxique quand
elle éclate soudainement à votre porte, a déclaré
Paulin Manwelo SJ, directeur de Hekima Institute of Peace Studies and
International Relations (HIPSIR – Institut d’Hekima d’études
sur la paix et des relations internationales). Une foule de jeunes,
contraints par la police d’évacuer un lieu de
‘rassemblement de prière’ de l’opposition pour
les victimes des récents actes de violence, ont commencé
à brûler des véhicules dans l'enceinte du central
téléphonique de Jamhuri, en face d’Hekima, et à
attaquer le bâtiment lui-même. C'est ce qui s'est produit
ici même, à la porte d’Hekima College, juste après
l'habituelle messe et déjeuner du personnel et des étudiants
du mercredi, explique Manwelo. Après une heure environ, la police
est intervenue pour disperser les jeunes. Stupéfaite, consternée,
et perplexe, l’ensemble de la communauté d’Hekima
College ne pouvait pas comprendre le degré de violence. Soudainement
le système
d'alarme d’Hekima s’est déclenché. Certains
jeunes ont tenté de pénétrer dans l'enceinte; ils
n'ont, fort heureusement, pas réussi.
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