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Le Service Jésuite des Réfugiés (JRS) a été fondé par le Père Arrupe en 1980. Il est un organisme catholique destiné à accompagner, servir et plaider la cause des réfugiés et des personnes déplacées de force. Chaque année le JRS publie un rapport annuel pour relater ses actvités dans plus de 50 pays à travers le monde. Pour télécharger le rapport 2006 >>>
L 'année dernière, des tendances positives en matière de protection ont été renforcées tandis que celles négatives se sont aggravées. L'UNHCR a aidé avec enthousiasme des centaines de milliers de réfugiés à rentrer chez eux dans des sociétés sortant de conflits, souvent dépourvues de services. Pendant ce temps, les réfugiés fuyant leur terre ont eu de plus en plus de mal à assurer leur protection. La xénophobie a conduit à des politiques plus strictes en matière de migration et de réfugiés dans plusieurs parties du monde, affectant particulièrement les plus pauvres et les plus faibles. Le personnel du JRS, dans plus de 20 pays, a dénoncé l'usage arbitraire de la détention administrative ainsi que la permanence forcée dans des camps fermés, jugés comme moyens de décourager l'arrivée de réfugiés. Extrêmement préoccupé, le JRS a donné la priorité au travail avec les détenus immigrés et a joué un rôle clé dans le lancement d'une nouvelle coalition mondiale sur la détention des réfugiés et des migrants.
La reprise d'une guerre civile totale au Sri Lanka a coûté la vie à 3.000 personnes et provoqué le déplacement de milliers d'autres, entravant l'assistance humanitaire. À l'est du Tchad, l'extension du conflit du Darfour a provoqué le déplacement interne de plus de 90.000 personnes, suivi de plus en plus d'enrôlements forcés. Au Darfour, des attaques brutales, quelques fois répétées, ont provoqué le déplacement interne d'au moins 200.000 personnes, et le fléau des violences sexuelles a continué. Le personnel du JRS, travaillant dans plus de 50 pays, a continué à assister plus d'un demi-million de personnes. Nos équipes ont permis aux personnes déplacées de force de jouir de leurs droits, et elles leur ont offert des formations professionnelles et des services de base. En écoutant les déplacés de force, le JRS a établi les priorités de l'advocacy (plaider la cause des réfugiés et des personnes déplacées de force). Les processus de reconstruction et de réhabilitation post-conflit ont commencé en Angola, au Burundi, en République Démocratique du Congo, au Libéria et dans le sud du Soudan. Les équipes du JRS ont dénoncé le manque d'infrastructures là où des personnes déplacées de force étaient de retour. Le succès de ces processus dépend en grande partie du soutien de la communauté internationale.
La prospective de la réinstallation de réfugiés bhoutanais et birmans, longtemps renfermés dans des camps au Népal et en Thaïlande, dépendant de l'aide humanitaire et dans l'impossibilité d'accéder au marché du travail local, s'est améliorée l'année dernière. Un certain nombre d'États, en particulier les États-Unis, ont annoncé qu'ils prendront en considération les demandes d'asile des personnes se trouvant dans l'impossibilité de rentrer chez elles ou de s'intégrer localement. Nous espérons que dans les années à venir ce seront les réfugiés les plus vulnérables qui bénéficieront d'une protection à long terme. L'accès aux services sociaux et aux marchés du travail est sans doute le sujet le plus délicat pour les pays accueillant des réfugiés. Le Kenya, la Namibie et la Zambie ont fait quelques pas en avant concernant la diminution des restrictions relatives aux réfugiés qui ont vécu pendant des années dans des camps fermés. Le gouvernement du Kenya a promulgué une loi donnant aux réfugiés le droit, entre autres, de travailler à leur compte. À la suite du retour de milliers d'Angolais, les gouvernements namibien et zambien ont annoncé publiquement qu'ils accorderaient des permis de résidence à long terme aux réfugiés vulnérables se trouvant dans l'impossibilité de rentrer chez eux. Ces mots ne servent pas simplement à nous rappeler les espoirs et les horreurs de ce monde. Ils nous exhortent à agir : pour accompagner, servir et défendre les droits des réfugiés oubliés. Comme disait notre fondateur, le père Pedro Arrupe, dont on fêtera le centenaire de naissance en novembre, "C'est seulement en étant un homme-pour-les-autres que l'on devient entièrement humain, pas simplement au sens naturel mais aussi au sens spirituel." Lluis Magriña SJ
advocacy éducation activités rémunératrices / formations professionnelles santé Depuis l'an 2000, le JRS continue de travailler en étroite collaboration avec 1 2 paroisses dans la zone de Bujumbura en sensibilisant l'opinion publique au VIH/SIDA et en offrant des services médicaux à des personnes vivant avec la séropositivité ou risquant d'être infectées par le VIH. Des rencontres mensuelles, des projections de films et des ateliers ont été organisés, ciblant 127.458 personnes. Une assistance psychologique pré et post test a été offerte à 2.249 e 2.197 personnes respectivement, et 2.130 se sont soumises au test. Sur les personnes ayant fait le test, 153, soit six pour cent, sont résultées positives au VIH. Le JRS a aussi fait 276 visites à domicile, offrant un soutien psychologique à 570 personnes vivant avec le VIH/SIDA et une assistance d'urgence à 23 orphelins et à 26 familles endeuillées. En 2006, 180 réfugiés séropositifs ont été hospitalisés et une assistance médicale a été offerte à 2.431 patients. Le JRS a distribué des antibiotiques à 320 personnes séropositives, et aidé 155 autres à obtenir des médicaments anti-rétroviraux. Un soutien financier a aussi été fourni à quatre coopératives et à 252 réfugiés pour mettre sur pied des petits commerces. assistance humanitaire / activités socioculturelles
En Australie, l'arrivée et, par la suite, la reconnaissance de 43 réfugiés de la Papouasie occidentale indonésienne ont constitué l'événement le plus significatif de l'année dernière. Par conséquent, l'Indonésie a temporairement rappelé son ambassadeur, garanti la protection des réfugiés après leur retour chez eux et demandé que l'Australie à l'avenir consulte le gouvernement avant de concéder une protection à des Indonésiens. En réponse, l'Australie a promis une étroite collaboration sur les contrôles frontaliers et a proposé que les nouveaux arrivés par bateau soient envoyés à Nauru, État insulaire du Pacifique non signataire de la convention sur les réfugiés des Nations Unies, pour déterminer leur statut de demandeurs d'asile. Exceptionnellement, la législation proposée a été retirée parce que des membres du parti gouvernant, agissant en partie en réponse à une campagne lancée par des avocats défendant des réfugiés, comprenant aussi le JRS, a menacé de voter contre parce qu'elle portait atteinte aux droits de l'homme. Leurs préoccupations incluaient le risque qu'une coopération frontalière resserrée empêche en effet l'arrivée de demandeurs d'asile, une interprétation stricte de la convention sur les réfugiés des Nations Unies et l'interdiction de travailler et d'accéder aux services sociaux, faisant courir le risque aux demandeurs d'asile vulnérables de vivre dans la pauvreté et sans domicile et aggravant les problèmes d'ordre psychiatrique. En Indonésie, les agences gouvernementales et les ONG ont poursuivi le travail de réhabilitation et de reconstruction à la suite du tsunami. Le récent accord de paix entre le gouvernement et le GAM, l'ancien groupe rebelle pour l'indépendance, a transformé Aceh, préparant le chemin pour les élections provinciales en décembre. À partir de 2006, l'Agence indonésienne pour la réhabilitation et la reconstruction (BRR) a peu à peu assumé la responsabilité de la coordination entre agences, à la place du bureau du Coordinateur des Nations Unies pour Aceh et Nias. Malheureusement, non équipée pour son nouveau rôle, la BRR a rencontré des difficultés. Simultanément, les autorités provinciales ont mis en place l'agence pour la réintégration à Aceh, afin d'aider les victimes du conflit à se réintégrer dans la société. En mai, un tremblement de terre a touché les provinces de Java Centrale et de Yogyakarta, provoquant de graves destructions dans les districts de Klaten et de Bantul. Au moins 5.778 personnes ont été tuées, 38.883 autres blessées et on estime à 2.111.872 celles restées sans abris. Sur les 608.008 maisons touchées, 139.859 ont été complètement détruites ou lourdement endommagées. En juin, l'intensification de l'activité volcanique sur le Mont Merapi dans la région de Java Centrale a provoqué l'évacuation de dizaines de milliers de personnes vers des zones plus sûres. L'instabilité politique en Thaïlande tout au long de l'année a culminé avec un coup d'État militaire en septembre et diverses zones du pays se sont trouvées sous la loi martiale. L'importance accrue accordée à la sécurité frontalière a donné lieu à des arrestations à grande échelle de groupes sélectionnés de migrants clandestins considérés comme dangereux pour la sécurité nationale. En novembre, 152 personnes d'ethnie hmong, pour la plupart des réfugiés y compris des enfants, ont été arrêtés, et après un bref séjour dans le centre de détention pour immigrants à Bangkok, ils ont été emmenés près de la frontière avec le Laos. Le 31 décembre, ils étaient encore en détention. En décembre, un grand nombre de Birmans d'ethnie rohingya de l'état d'Arakan sont arrivés dans le sud de la Thailande lors de leur voyage vers la Malaisie. Beaucoup d'entre eux ont été arrêtés et déportés, et des rapports indiquent des mauvais traitements en Birmanie. Les engagements du gouvernement pour étendre l'accès à l'éducation à tous les enfants ont été remplis et les activités du J RS pour les enfants migrants ont continué plus ouvertement que par le passé. Bien que beaucoup d'États aient commence à prendre en considération les demandes de réinstallation de réfugiés birmans de neuf camps, le nombre des personnes acceprees c été moins important que ce à quoi on s'attendait. Bernard Arputhasamy SJ
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Jésuites : serviteurs
de la mission du Christ - © Compagnie de Jésus |