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Libre Supplément au N°52 - 122 pages Les décisions, petites ou grandes, sont le tissu de chacune de nos journées. La spiritualité ignatienne est une des grandes spiritualités qui permet d'appuyer nos décisions sur une expérience sûre de discernement. Ignace a su prendre ses décisions en mettant en oeuvre un grand désir et une vraie liberté. Le livret des Exercices Spirituels reste le creuset de cette expérience de liberté pour arriver à se décider « sans attachement désordonné ». Comme un pédagogue habile, Jacques Fédry propose un parcours de la vie d'Ignace à la lumière de la décision et 12 repères pour se décider librement. Son texte permet de prendre en compte la dynamique des Exercices Spirituels, toute la tradition ignatienne et la nécessité de repères simples et précis pour que nos vies aient un sens et de la densité. Le pédagogue exerçant en Afrique nous propose ainsi des questions simples pour une mise en oeuvre de notre liberté et notre engagement dans un monde complexe. Jacques Fédry, jésuite, est missionnaire en Afrique depuis 35 ans : d'abord au Tchad, où il a été successivement enseignant dans un collège (linguistique), recteur de grand séminaire, directeur d'un centre spirituel ; il est depuis une dizaine d'années au Cameroun, enseignant, puis doyen, à la Faculté de Sciences sociales et de Gestion de l'Université catholique de Yaoundé. Il a assumé la charge d'Assistant ecclésiastique national de la CVX au Cameroun, et publié plusieurs articles dans Vie chrétienne. Cliquez ici pour télécharger le tract de présentation de ce supplément Vie Chrétienne en .doc LIBRE POUR SE DÉCIDER DIEU La manière d'Ignace de Loyola Se décider : l'acte essentiel de l'homme, où se concentre sa liberté, où se cachent ses peurs... Ignace de Loyola , à partir de son expérience, a tracé un chemin, officiellement reconnu par l'Église comme sûr, pour "ordonner sa vie sans se décider par aucun attachement qui soit désordonné » (Exercices spirituels n° 21) . « Se décider » ainsi suppose que l'on se dessaisisse de son propre projet pour accueillir celui de Dieu et le laisser se réaliser. Ce livret comprend deux parties : La décision au cœur de la vie d'Ignace : itinéraire de conversion, d'une décision prise (de manière volontariste) à une décision reçue (en discernant la volonté de Dieu). douze repères pour se décider , de manière droite et non désordonnée : sortir de l'indécision, découvrir son désir profond, déjouer les pièges de l'imaginaire, apprendre à "s'asseoir" pour voir où l'on va, relire sa vie, prier pour décider, relier les événements, faire confiance en Dieu et en soi... Le lecteur est invité à revenir constamment à son expérience. La décision : des racines aux fruits
Pour quiconque aurait le désir que naissent de lui L'essentiel du livre 1. La décision prise en se recevant de Dieu ou, dit plus brièvement, la décision selon Dieu, est reçue avant d'être prise ; mieux, elle est prise en étant reçue. Jamais plus profondément nôtre que lorsque c'est Dieu qui la fait naître et en suscite l'adhésion en nous. Sa source est notre désir profond. 2. Se décider selon Dieu implique une attitude d'attention aimante à Dieu et aux signes qu'il nous fait : par les appels entendus dans la prière, par les événements qui sont nos maîtres et par ce que nous disent nos proches. C'est la convergence de ces trois genres de signes qui fait sens et nous permet de reconnaître ce que Dieu attend de nous. 3. Se décider selon Dieu, c'est accueillir la décision au plus intime de nous-mêmes, dans un climat de liberté intérieure (Ignace dit : "indifférence", c'est-à-dire "ne voulant pas plus une chose qu'une autre, mais seulement ce qui nous conduit davantage à la fin pour laquelle nous sommes créés"). La décision n'était donc pas "ficelée d'avance", ni conduite de manière à ce que Dieu veuille ce que je veux, mais plutôt à l'inverse. 4. La décision coupe et tranche. C'est souvent douloureux : pas de choix sans croix. Chemin pascal en union avec le Christ, débouchant sur la résurrection : si je la reçois avec amour des mains du Père, elle me recrée, me pacifie et m'unifie. 5. La décision selon Dieu est réaliste : elle tient compte des limites et des conditionnements, dans l'acceptation de ce que je suis et la patience des médiations. Elle refuse, comme Jésus au désert, de "tenter Dieu" en le contraignant à me rattraper si je saute dans le vide (Mt 4, 5-7). 6. Se décider selon Dieu implique un patient renoncement, jamais achevé, à l'obsession de notre image, à notre besoin d'être bien vu et de vivre du regard des autres. "Est-ce bien ce que Dieu veut de moi ?", telle est la bonne question avant de se décider, et non "Qu'est-ce qu'on va penser de moi ?" 7. Décider selon Dieu implique la lucidité devant les pièges de l'Ennemi qui cherche à nous détourner de Dieu "sous couleur de bien". Telle la "piété inopportune" dérangeant Ignace au moment d'étudier. Cette tentation qui est le propre des personnes généreuses prend souvent deux formes : un investissement démesuré dans les pratiques et rassemblements de piété, une multiplication désordonnée et infinie des activités. Cette tentation paraît bien liée à l'obsession de notre image. 8. L'une des manières les plus fréquentes dont nous échappons à ce que Dieu nous demande, c'est de nous charger de mille choses qu'il ne nous demande pas... Jonas fuyant Ninive ! Accueillir la décision de Dieu implique en nous une conversion pour renoncer à "mettre les pieds dans les chaussures des autres" ou à "prendre le volant" de leurs mains. "Est-ce bien à moi de faire cela, n'est-ce pas plutôt à un autre ?" sera souvent une question pertinente équivalant à "Est-ce bien cela que Dieu attend de moi ?" 9. Décider selon Dieu, surtout en période de trouble ou d'obscurité, exige le recours à un guide ou à un témoin (cf. le réflexe d'Ignace avant d'accepter la charge de supérieur général). C'est seulement en parlant que nous pouvons sortir de la confusion, trancher entre la vérité et l'illusion ou, plus ordinairement, entre le bon et le meilleur. Beaucoup trouvent grand profit à faire vérifier la décision à prendre (ou déjà prise) par les membres de la communauté à laquelle ils appartiennent. 10 La relecture de journée (ou examen de conscience) faite à la manière de Marie reliant et relisant ce qui lui arrive, les moments de pause pour revoir nos choix, peuvent nous aider beaucoup à bien discerner ce que Dieu attend de nous. 11. Les Exercices spirituels sont une pédagogie du désir et de son incarnation dans la décision. En effet, l' élection ou "décision vitale reçue de Dieu" est au centre des Exercices : il s'agit de me disposer à découvrir la volonté de Dieu, à me rendre apte à l'accueillir en coupant les attaches désordonnées, en laissant la grâce de Dieu agir en moi. Processus de dépossession et de dessaisissement de soi-même pour s'accueillir soi-même des mains de Dieu d'une manière nouvelle. N'oublions pas que c'est par les Exercices spirituels que Favre et Xavier ont fait le premier pas de leur conversion et avancé ensuite sur le chemin de la sainteté. 12. Nos petites décisions nous construisent au jour le jour. En décidant de faire ceci plutôt que cela, en renonçant à ceci ou à cela, nous nous choisissons nous-mêmes : nous décidons ce que nous voulons être, et le Christ est au cœur de cette décision (cf. Varillon). La confiance en Dieu suscite la confiance en nous-mêmes (cf. maxime ignatienne de Hevenesi).
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Pour en savoir plus : > Télécharger le tract de présentation en .doc > Téléchager le Bon de commande en .pdf > 5 critères pour mûrir une décision, un article dans le Pèlerin.info de mars 2007 > La "Poule-de-Dieu" par Jacques Fédry > Le site de la Revue Vie Chrétienne > La communauté Vie chrétienne |
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