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Une retraite
Qui sont ces demandeurs d'asile ? Ils viennent surtout du Congo Kinshasa et d'Angola, couples, mères de famille seules avec leurs enfants, célibataires. La raison de leur fuite est souvent l'insécurité des régions qu'ils habitent. Munis d'une solide formation chrétienne, ces hommes et femmes ont aussi le goût, à Saint-Etienne, de se retrouver dans des chorales qui participent à l'animation de nos paroisses. Une retraite pour eux est bienvenue comme aide dans un cheminement spirituel marqué par le contexte de l'exil. Mais il ne s'agit pas de se retrouver isolés entre Africains. Cette année deux couples issus de l'ACO ont participé à cette démarche.
Une journée commence par la présentation d'un texte biblique qui servira de base pour la prière du jour. Ce furent la rencontre de Mambré : l'accueil de l'autre, l'accueil de Dieu – Puis la rencontre de Jésus avec la Cananéenne : fraternité entre tous les hommes, la prière de demande – La conversion de Paul : nous sommes faits Fils de Dieu, quels que soient nos itinéraires et nos épreuves. Après un temps de prière personnelle, une rencontre à 11 h. par petits groupes permet un partage et une expression commune. Le début d'après-midi est consacré au repos ou à la balade dans les environs. A quinze heures, une rencontre en grand groupe permet de préparer la célébration du soir à l'aide d'expressions variées : dessins, mime pour les plus jeunes, chants. Un nouveau temps personnel précède la célébration de 18 h. Le récit de la Samaritaine nous conduit à une célébration autour du Notre Père. La conversion de saint Paul permet de célébrer le pardon. L'Eucharistie finale fut introduite par un partage du pain et du riz, symbole d'un mixage des cultures ! Les enfants sont pris en charge ; ils ont leur itinéraire propre et participent à leur manière aux célébrations. Au-delà des temps de prière personnelle et d'un possible accompagnement individuel, le temps de la rencontre est important. L'échange avec les Français d'origine permet une réelle rencontre interculturelle ; nous évoquons ce qui nous différencie et peut nous enrichir : par exemple le rapport au temps, le sens de la rencontre. Nous avons consacré une veillée à la présentation de nos pays, de nos régions. La découverte de la vie congolaise ou angolaise ne fut pas moins passionnante que le récit de la vie d'un village rural des Monts du Lyonnais ou de l'Auvergne !
Cette retraite est une étape dans un itinéraire qui se prolonge au cours de l'année. Notre paroisse propose des rencontres mensuelles à tous les demandeurs d'asile, auxquelles sont conviés aussi les paroissiens locaux. Un samedi par mois, une rencontre en fin de matinée permet un partage d'Evangile en groupes mixés étrangers / français. Des nouvelles échangées et un repas partagé permettent de lutter contre l'isolement, le découragement … en somme contre une « dépression » morale ou spirituelle, d'où le nom donné à ce groupe « Anticyclone » !… En fin de compte, même en ce temps d'attente de papiers, plusieurs participants deviennent acteurs dans la communauté locale. J'ai cité le rôle des chorales d'adultes et d'enfants ; mais aussi, tel jeune adulte devient animateur pastoral embauché par la paroisse ! Michel Barthe-Dejean
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Jésuites : serviteurs
de la mission du Christ - © Compagnie de Jésus |