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actualités > 2006 > Une retraite pour demandeurs d'asile
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Une retraite
pour
demandeurs d'asile



Depuis plusieurs années, des religieuses des groupes VOVRI (Vie Ouvrière, Vie Religieuse Ignatienne), des jésuites et des animateurs de paroisses proposaient une retraite d'été pour les habitants de nos cités, un peu à la manière des retraites « Magdala » de Mouvaux. D'organisation nationale, cette retraite a maintenant une organisation régionale : à Saint-Etienne cette proposition a été adressée de façon privilégiée aux demandeurs d'asile, nombreux sur la paroisse de Montreynaud. En ce mois d'août 2006, nous nous sommes retrouvés 20 adultes et quelques enfants à la maison Saint Joseph de Vanosc (Ardèche).

Qui sont ces demandeurs d'asile ? Ils viennent surtout du Congo Kinshasa et d'Angola, couples, mères de famille seules avec leurs enfants, célibataires. La raison de leur fuite est souvent l'insécurité des régions qu'ils habitent. Munis d'une solide formation chrétienne, ces hommes et femmes ont aussi le goût, à Saint-Etienne, de se retrouver dans des chorales qui participent à l'animation de nos paroisses. Une retraite pour eux est bienvenue comme aide dans un cheminement spirituel marqué par le contexte de l'exil. Mais il ne s'agit pas de se retrouver isolés entre Africains. Cette année deux couples issus de l'ACO ont participé à cette démarche.


Parmi les animateurs, un prêtre de la paroisse, responsable d'une association « la Passerelle» chargée du logement des réfugiés, une laïque responsable d'aumônerie, un demandeur d'asile embauché comme animateur en pastorale sur la paroisse, une sœur de Saint-Joseph, un jésuite.

 

Une journée commence par la présentation d'un texte biblique qui servira de base pour la prière du jour. Ce furent la rencontre de Mambré : l'accueil de l'autre, l'accueil de Dieu – Puis la rencontre de Jésus avec la Cananéenne  : fraternité entre tous les hommes, la prière de demande – La conversion de Paul : nous sommes faits Fils de Dieu, quels que soient nos itinéraires et nos épreuves. Après un temps de prière personnelle, une rencontre à 11 h. par petits groupes permet un partage et une expression commune.

Le début d'après-midi est consacré au repos ou à la balade dans les environs. A quinze heures, une rencontre en grand groupe permet de préparer la célébration du soir à l'aide d'expressions variées : dessins, mime pour les plus jeunes, chants. Un nouveau temps personnel précède la célébration de 18 h. Le récit de la Samaritaine nous conduit à une célébration autour du Notre Père. La conversion de saint Paul permet de célébrer le pardon. L'Eucharistie finale fut introduite par un partage du pain et du riz, symbole d'un mixage des cultures ! Les enfants sont pris en charge ; ils ont leur itinéraire propre et participent à leur manière aux célébrations.

Au-delà des temps de prière personnelle et d'un possible accompagnement individuel, le temps de la rencontre est important. L'échange avec les Français d'origine permet une réelle rencontre interculturelle ; nous évoquons ce qui nous différencie et peut nous enrichir : par exemple le rapport au temps, le sens de la rencontre. Nous avons consacré une veillée à la présentation de nos pays, de nos régions. La découverte de la vie congolaise ou angolaise ne fut pas moins passionnante que le récit de la vie d'un village rural des Monts du Lyonnais ou de l'Auvergne !

L'enjeu de cette proposition de retraite est d'inclure dans sa préparation les participants eux-mêmes. Ainsi, la place des chants, et de certains chants en langue maternelle, la prière d'intercession avec les soucis bien concrets qui habitent les demandeurs d'asile, l'expression commune de la prière, tout cela peut être davantage pris en compte et tisse un programme qui correspond mieux aux attentes des personnes. Tel participant de la retraite de l'année dernière est devenu animateur de la retraite cette année .

Cette retraite est une étape dans un itinéraire qui se prolonge au cours de l'année. Notre paroisse propose des rencontres mensuelles à tous les demandeurs d'asile, auxquelles sont conviés aussi les paroissiens locaux. Un samedi par mois, une rencontre en fin de matinée permet un partage d'Evangile en groupes mixés étrangers / français. Des nouvelles échangées et un repas partagé permettent de lutter contre l'isolement, le découragement … en somme contre une « dépression » morale ou spirituelle, d'où le nom donné à ce groupe « Anticyclone » !… En fin de compte, même en ce temps d'attente de papiers, plusieurs participants deviennent acteurs dans la communauté locale. J'ai cité le rôle des chorales d'adultes et d'enfants ; mais aussi, tel jeune adulte devient animateur pastoral embauché par la paroisse !

Michel Barthe-Dejean

 

 

 

Pour en savoir plus :

> Montreynaud brûle-t-il ?

> L'abbé Pierre de Montreynaud

> La communauté jésuite de Saint-Etienne

> La paroisse de Montreynaud