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Journal
Le Père de la Mousse le raconte avec simplicité, verve et surtout un grand esprit d'observation. Il est l'un des premiers à faire des séjours prolongés parmi les Indiens de l'Amazonie de la région, qu'il décrit avec précision avec un esprit qui, sans être celui d'un ethnologue, est néanmoins celui d'un homme curieux de bien connaître ceux qu''il est appelé à rencontrer et à évangéliser. Le P. de la Mousse voyage beaucoup et visite même d'autres terres dont les îles du Cap-Vert. Sans doute cette capacité de vivre avec les Indiens et ce mouvement incessant expliquent en partie sa courte vie. Ce récit intéressera surtout les passionnés d'histoire. Marc Rastoin s.j.
D'autres de ces récits des éditions Chandeigne sont particulièrement captivants. En raison de l'importance des missions jésuites partout dans le monde, plusieurs de ces livres nous font rencontrer ces missions extrêmes.
LES PORTUGAIS AU TIBET CE LIVRE rassemble six récits des premiers Européens à pénétrer au Tibet. Il s'agit de pères jésuites portugais qui, persuadés de retrouver les « chrétiens perdus » du mythique Cathay, avaient entrepris d'atteindre le Toit du Monde. Antonio de Andrade et ses compagnons parvinrent au prix d'efforts inouïs à atteindre les royaumes du Tibet central et occidental. Malgré un accueil favorable des souverains locaux, un dialogue difficile s'engage avec les lamas, en langue persane, par le truchement de marchands musulmans hostiles... Les malentendus se multiplient et la mission est finalement un échec. Ces textes, de grande qualité littéraire, sont aussi des récits de voyage fascinants, par la description détaillée des royaumes de l'Inde du Nord, et surtout des montagnes de l'Himalaya que ces religieux franchirent en sandales, soumis au mal des montagnes et aveuglés par la lumière des neiges et celle de leur foi... Textes présentés, traduits & annotés par Hugues Didier. Le même auteur dans Fantômes d'islam et de Chine : Le voyage de Bento de Gois s.j. (1603-1607 ), 2003, nous introduit aussi à l'étonnante histoire d'un frère jésuite qui parlait persan et qui, déguisé en marchand musulman, s'engagea sur la route de la soie pour essayer d'ouvrir une route terrestre vers Pékin qui soit plus courte que la route maritime. sans jamais parvenir à Pékin, il vit au coeur de l'Asie centrale en étant chef de caravane.
C'est aussi cette collection qui nous a donné le petit chef d'oeuvre d'un père portugais qui après des décennies de vie au Japon, écrivit un manuel destiné à faire comprendre les différences entre européens et japonais sur tous les sujets, de la religion bien sûr à l'usage des mouchoirs en passant par les relations sociales et l'équitation:
LES PORTUGAIS sont les premiers Européens à atteindre le Japon (en 1543) où ils établissent des liens commerciaux. François Xavier y implante en 1549 une mission jésuite. En 1597, commencent les premières persécutions. Le « siècle chrétien» s'achève en 1641 : le pays ferme son territoire à toute présence étrangère jusqu'en 1868. Le père Luis Frois fait en 1585 une description comparative des moeurs japonaises et européennes. Série d'instantanés ethnologiques qui décrivent avec humour tous les aspects de la vie quotidienne, c'est aussi un exceptionnel exercice littéraire d'une grande modernité sur les hommes, les femmes, les enfants, la religion, la manière de boire et de manger, les armes, les chevaux, les maladies, les maisons, les navires, le théâtre et la musique, et enfin « diverses choses extraordinaires que l'on ne peut réduire aux chapitres précédents ». Préface de José Manuel Garcia, traduction de Xavier de Castro, notes & commentaires de Robert Schrimpf. - © 1993, broché, 2e éd. révisée 1994, 30 cartes & illustrations, 192 p., 20 € Les éditions Chandeigne, spécialisées dans la littérature portugaise.
LA MISSION JÉSUITE DU BRÉSIL
Édition & notes de Jean-Claude Laborie en collaboration avec Anne Lima. © 1998, broché, 12 illustrations, 352 p., 24,50 €
EN 1625, le jésuite Adriano de Las Cortes quitte Manille pour une mission diplomatique à Macao à bord d'un navire chargé d'hommes et d'argent. Pris par les vents, il se fracasse sur les côtes à l'est de Canton : une belle aubaine pour les Chinois qui capturent les rescapés du naufrage et les dépouillent avant d'en occire quelques-uns. Commence alors une longue série d'épreuves : les pérégrinations à travers les mauvais chemins, les comparutions devant les tribunaux, la résidence surveillée dans des villages, jusqu'à ce que l'affaire se résolve à Canton. Libéré, Las Cortes rédige sa Relation dans laquelle il narre ces péripéties et surtout les réalités de la vie quotidienne : du vêtement aux objets rituels des temples, en passant par les châtiments corporels, rien n'échappe à son regard. Sa description n'est pas dénuée d'un certain relativisme culturel qui en fait toute la richesse. De plus, l'auteur a pris le parti d'illustrer son propos en faisant exécuter, à son retour à Manille, une cinquantaine de dessins à l'encre, d'une grande valeur ethnologique. Introduction, traduction & notes de Pascale Girard & Juliette Monbeig. LA MISSION D'IBIAPABA
Préface d'Eduardo Lourenço, traduction et postface de Joao Viegas. © 1998, broché, 240 p., 21,50 €
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Jésuites : serviteurs
de la mission du Christ - © Compagnie de Jésus |