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actualités > 2006 > les indiens de la Sinnamary - P. Jean de la Mousse
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LES INDIENS
de la SINNAMARY

Journal
du père Jean de la Mousse
Jésuite en Guyanne (1684-1691)
Editions Chandeigne 2006
288 pages, 25 €
Pour l'acheter

Les éditions Chandeigne publient depuis plusieurs années de remarquables livres qui nous rendent accessibles des textes anciens où des Européens racontent leurs aventures dans des contrées étranges et lointaines. Le dernier publié nous fait découvrir le carnet d'un père jésuite longtemps missionnaire en Guyane française à la fin du 17ème siècle. Que font les missionnaires auprès de la population des esclaves et des Indiens dans cette toute jeune colonie de Guyane?

Le Père de la Mousse le raconte avec simplicité, verve et surtout un grand esprit d'observation. Il est l'un des premiers à faire des séjours prolongés parmi les Indiens de l'Amazonie de la région, qu'il décrit avec précision avec un esprit qui, sans être celui d'un ethnologue, est néanmoins celui d'un homme curieux de bien connaître ceux qu''il est appelé à rencontrer et à évangéliser. Le P. de la Mousse voyage beaucoup et visite même d'autres terres dont les îles du Cap-Vert. Sans doute cette capacité de vivre avec les Indiens et ce mouvement incessant expliquent en partie sa courte vie. Ce récit intéressera surtout les passionnés d'histoire.

Marc Rastoin s.j.

Présentation par l'éditeur

Le père jésuite Jean de la Mousse arrive à Cayenne en 1684 comme missionnaire, quelques décennies après l'installation définitive des Français en Guyane. Pendant une dizaine d'années, il parcourt les villages sur la côte pour entreprendre l'évangélisation des « Sauvages », dont il apprend la langue. Chargé de la conversion des esclaves africains de l'île de Cayenne, il est le témoin de la naissance d'une colonie qui prend forme sous ses yeux. Avec lui s'ouvre véritablement en Guyane l'entreprise missionnaire jésuite auprès des Noirs et surtout auprès des Indigènes, qui se développera quelques années après sa mort avec la création des missions de Kourou et de Sinnamary. Son Journal, qui relate également le voyage qu'il effectue aux Antilles et aux îles du Cap-Vert, est aussi un regard inédit sur l'histoire de la traite des esclaves, objet d'une concurrence entre les puissances coloniales européennes.

Bien différent des textes calibrés et convenus des Lettres édifiantes et curieuses qui accueilleront au XVIIIe siècle les écrits d'autres pères de Guyane, le récit de Jean de la Mousse, dont nous proposons ici la première édition, est un témoignage qui fait droit à l'émotion et à une soif de connaître véritablement moderne, dessinant l'image d'un humaniste qui excuse plus qu'il ne condamne, et qui s'efforce de comprendre plus qu'il ne juge.

 

D'autres de ces récits des éditions Chandeigne sont particulièrement captivants. En raison de l'importance des missions jésuites partout dans le monde, plusieurs de ces livres nous font rencontrer ces missions extrêmes.

Comment quelques jésuites quittèrent le cour du Grand Mogol à Delhi pour entrer au Tibet et établir la première mission catholique sur le toit du monde est le thème du livre de H. Didier :

LES PORTUGAIS AU TIBET
Les premières relations jésuites (1624-1635)
en 1996

CE LIVRE rassemble six récits des premiers Européens à pénétrer au Tibet. Il s'agit de pères jésuites portugais qui, persuadés de retrouver les « chrétiens perdus » du mythique Cathay, avaient entrepris d'atteindre le Toit du Monde. Antonio de Andrade et ses compagnons parvinrent au prix d'efforts inouïs à atteindre les royaumes du Tibet central et occidental. Malgré un accueil favorable des souverains locaux, un dialogue difficile s'engage avec les lamas, en langue persane, par le truchement de marchands musulmans hostiles... Les malentendus se multiplient et la mission est finalement un échec.

Ces textes, de grande qualité littéraire, sont aussi des récits de voyage fascinants, par la description détaillée des royaumes de l'Inde du Nord, et surtout des montagnes de l'Himalaya que ces religieux franchirent en sandales, soumis au mal des montagnes et aveuglés par la lumière des neiges et celle de leur foi...

Textes présentés, traduits & annotés par Hugues Didier.
© 1996, broché, 2e éd. révisée 2002, 45 cartes & illustrations, 384 p., 29 €

Le même auteur dans  Fantômes d'islam et de Chine : Le voyage de Bento de Gois s.j. (1603-1607 ), 2003, nous introduit aussi à l'étonnante histoire d'un frère jésuite qui parlait persan et qui, déguisé en marchand musulman, s'engagea sur la route de la soie pour essayer d'ouvrir une route terrestre vers Pékin qui soit plus courte que la route maritime. sans jamais parvenir à Pékin, il vit au coeur de l'Asie centrale en étant chef de caravane.

 

C'est aussi cette collection qui nous a donné le petit chef d'oeuvre d'un père portugais qui après des décennies de vie au Japon, écrivit un manuel destiné à faire comprendre les différences entre européens et japonais sur tous les sujets, de la religion bien sûr à l'usage des mouchoirs en passant par les relations sociales et l'équitation:


TRAITÉ DE LUIS FROIS (1585)
sur les contradictions de moeurs entre
Européens & Japonais
, 1993


Un grand classique sur le Japon. Tous ces livres sont munis de magnifiques introductions et notes scientifiques qui permettent de mieux comprendre les termes étranges employés par ces auteurs anciens et qui font le point sur l'état actuel des recherches sur ces sujets.

LES PORTUGAIS sont les premiers Européens à atteindre le Japon (en 1543) où ils établissent des liens commerciaux. François Xavier y implante en 1549 une mission jésuite. En 1597, commencent les premières persécutions. Le « siècle chrétien» s'achève en 1641 : le pays ferme son territoire à toute présence étrangère jusqu'en 1868. Le père Luis Frois fait en 1585 une description comparative des moeurs japonaises et européennes. Série d'instantanés ethnologiques qui décrivent avec humour tous les aspects de la vie quotidienne, c'est aussi un exceptionnel exercice littéraire d'une grande modernité sur les hommes, les femmes, les enfants, la religion, la manière de boire et de manger, les armes, les chevaux, les maladies, les maisons, les navires, le théâtre et la musique, et enfin « diverses choses extraordinaires que l'on ne peut réduire aux chapitres précédents ».

Préface de José Manuel Garcia, traduction de Xavier de Castro, notes & commentaires de Robert Schrimpf. - © 1993, broché, 2e éd. révisée 1994, 30 cartes & illustrations, 192 p., 20 €

Les éditions Chandeigne, spécialisées dans la littérature portugaise.
Cet ouvrage s'insère dans la belle collection “Magellane”, consacrée aux récits de grands voyageurs du XIVe au XVIIIe s.


Sont aussi parus dans cette collection ces autres livres en rapport avec les missions jésuites :

LA MISSION JÉSUITE DU BRÉSIL
Lettres & autres documents (1549-1570)

LE 29 MARS 1549, la première mission jésuite du Nouveau Monde arrive à Bahia. À la fin de cette même année, une première lettre du Brésil parvient à Lisbonne. Le flux ne s'arrêtera pas pendant deux siècles. Le ton enthousiaste des premiers mots laisse espérer un avenir radieux et semble ouvrir un espace infini à la chrétienté, si malmenée sur le vieux continent. Les premiers missionnaires déchantèrent très vite, mais leurs lettres s'acharnèrent à entretenir le rêve. Sous l'apparence de rapports d'activité ou de lettres édifiantes, elles nous offrent la représentation d'un monde de peur et de joie, d'exaltation et de cruauté. De fait, à mille lieues de la fadeur apologétique, ou de la froideur administrative, les lettres jésuites témoignent d'une rencontre profonde et originale avec l'inconnu. Cette traduction est la première qui mette à la disposition du lecteur français les documents parmi les plus intéressants pour la compréhension du XVIe siècle brésilien et celle de l'histoire de la conquête de l'Amérique.

Édition & notes de Jean-Claude Laborie en collaboration avec Anne Lima. © 1998, broché, 12 illustrations, 352 p., 24,50 €

LE VOYAGE EN CHINE
du père Adriano de LAS CORTES s. j. (1625)

EN 1625, le jésuite Adriano de Las Cortes quitte Manille pour une mission diplomatique à Macao à bord d'un navire chargé d'hommes et d'argent. Pris par les vents, il se fracasse sur les côtes à l'est de Canton : une belle aubaine pour les Chinois qui capturent les rescapés du naufrage et les dépouillent avant d'en occire quelques-uns. Commence alors une longue série d'épreuves : les pérégrinations à travers les mauvais chemins, les comparutions devant les tribunaux, la résidence surveillée dans des villages, jusqu'à ce que l'affaire se résolve à Canton.

Libéré, Las Cortes rédige sa Relation dans laquelle il narre ces péripéties et surtout les réalités de la vie quotidienne : du vêtement aux objets rituels des temples, en passant par les châtiments corporels, rien n'échappe à son regard. Sa description n'est pas dénuée d'un certain relativisme culturel qui en fait toute la richesse. De plus, l'auteur a pris le parti d'illustrer son propos en faisant exécuter, à son retour à Manille, une cinquantaine de dessins à l'encre, d'une grande valeur ethnologique.

Introduction, traduction & notes de Pascale Girard & Juliette Monbeig.
© 2001, broché, 50 illustrations originales, 528 p., 32 €

LA MISSION D'IBIAPABA
Le père Antonio VIEIRA et le droit des Indiens (1657)

Maître incontesté des lettres portugaises, le père Antonio Vieira (1608-1697) a de quoi fasciner. Tour à tour prédicateur, diplomate, missionnaire jésuite, prophète, il semble avoir cultivé, avant tout, le paradoxe. L'oeuvre de Vieira est un véritable négatif de ce XVIIe siècle que nous nommons classique : une oeuvre dont le style épris de clarté, de rigueur, de rationalité est sans arrêt débordé par un esprit foncièrement baroque, fantasque, capricieux. La relation de la mission d'Ibiapaba est une passionnante narration dans le style des Lettres édifiantes et curieuses. Son objet principal est de rapporter ce qui est vu, vécu et accompli « pour la plus grande gloire de Dieu». Elle nous informe sur les indigènes du Brésil, leurs coutumes, leur habitat. Mais elle nous renseigne également sur le regard porté par l'Européen (et en particulier par le religieux) sur ces Indiens. Car, à l'instar de Las Casas, Vieira prétend voir avant tout l'homme dans le sauvage. Mais cet homme, est-il celui qu'il a sous les yeux, ou celui dont il rêve?

Préface d'Eduardo Lourenço, traduction et postface de Joao Viegas. © 1998, broché, 240 p., 21,50 €


 

Pour en savoir plus :

> Les Éditions Chandeigne et la Librairie portugaise

> Acheter ce livre

> Article du Monde : Nouveaux royaumes

> Sur les procédés de la sainte inquisition par le P. Vieira

> Parole et Utopie, un film de Manoel de Oliveira