![]() |
![]() |
||
|
|
Le combat Dans la tradition, le combat spirituel
est un passage obligé dans l'aventure de la vie du baptisé.
En effet, l'appel à suivre le Christ
en vérité et liberté conduit nécessairement
au discernement des esprits et au combat spirituel. Pour nous enfin qui poursuivons notre marche et notre combat, des témoins qui ont fait la traversée nous interrogent et sont également des intercesseurs : Antoine de son désert intérieur, Ignace en pleine Renaissance, Silouane de la sainte Montagne et Madeleine Delbrêl de la ville d'Ivry. Ces figures se détachent dans des contextes et des situations historiques précis. Il peut nous être donné, avec eux, de relire notre propre histoire, en nous émerveillant de ce que.d'autres, comme des frères aînés, ont pu dire ou écrire de leur expérience. Léo SCHERER, s.j. a participé à l'animation de l'équipe du Châtelard près de Lyon durant de nombreuses années, puis au Centre de la Baume-les-Aix. Il a publié dans la collection Vie Chrétienne, « Si personne ne me guide », « Expérience de Dieu et chemins de prière », « Inscrire Dieu dans nos choix ». Extrait : Introduction Les premiers mots de l'aventure humaine s'énoncent par une injonction : « Choisis donc la vie », « Il est bon que tu vives »... Ces paroles fortes permettent d'affronter notre mise au monde. Certes d'autres pas nous attendent : « Se soustraire à la fascination de la puissance, habiter ce monde sans le dominer, renouer une relation fraternelle, retrouver la gratuité, l'inouï pour recevoir sa vie d'un Autre » sera la grâce d'une unification et le combat au quotidien de toute une vie. Notre existence ressemble en effet à une aventure où un formidable désir de vivre tente toujours de se dire et redire, aux prises avec mille formes d'adversité. André Louf (1), dans une interview, rappelle que « la grande affaire de la vie spirituelle, c'est l'unification intérieure. Cette unité nous est progressivement donnée par Dieu... Nous avons pour cela à ne pas nous laisser envahir par tout ce qui n'est pas essentiel. Nous avons quantité de désirs superficiels, qui nous encombrent, nous écartèlent : quête de reconnaissance, ambition, désir de gagner de l'argent, fringale démesurée de consommation et de loisirs... Ces désirs sont des désirs blessés qui doivent être guéris de l'intérieur afin qu'émerge peu à peu en nous, un seul et unique vrai désir, celui de Dieu ». Nous avons à laisser naître l'homme intérieur en nous, à aider l'homme intérieur à faire surface, à sortir du tombeau. Pour créer une oeuvre, explique Grégoire de Nysse, le sculpteur n'ajoute rien à la matière dont il dispose, il lui retire ce qui est en trop pour faire voir ce qui était déjà, faire jaillir le fondement en brisant l'apparence de la forme. Ainsi en va-t-il dans la vie spirituelle : Dieu nous invite à nous simplifier pour qu'apparaisse ce qui était déjà en nous, son propre souffle créateur, sa propre lumière, sa propre vie sans cesse en travail d'enfantement et de résurrection. L'art comme la prière est conversion du regard vers l'hôte intérieur. (1) Dom LOUF, cistercien, auteur de « Au gré de sa grâce » « La grâce peut davantage ». |
|
Jésuites : serviteurs
de la mission du Christ - © Compagnie de Jésus |