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Michel Sales, jésuite, est maître assistant aux Facultés jésuites de Paris (Centre Sèvres) et professeur à la Faculté Notre-Dame du diocèse de Paris. Il est codirecteur de la publication des oeuvres complètes du cardinal de Lubac.
La variété de ces Mélanges offerts à Michel Sales, jésuite, suffit à montrer l'extrême richesse de son ministère. On le voit tour à tour donnant un cours, commentant un grand auteur, guidant pas à pas l'éveil de l'intelligence de ses étudiants à la philosophie et à la théologie. Professeur, disciple et tuteur, c'est ainsi qu'il propose un chemin vers la Vérité, cheminement toujours modeste, généreux et attentif. Son apport personnel s'inscrit dans les oeuvres magistrales des pères Gaston Fessard et Henri de Lubac qui ont été pour lui des maîtres et des amis. Devenu aveugle, il continua ses travaux intellectuels en étant attentif à l'actualité de leur pensée pour la vie de l'Église et des hommes d'aujourd'hui. Michel Sales est un veilleur de la dignité de toute intelligence humaine et un serviteur de la foi. Travailleur fidèle et humble, sa pensée personnelle fut toujours au service de ses frères et de l'Église. Ce livre d'hommage témoigne de la fécondité d'une vie vouée au travail intellectuel.
Table des matières des Mélanges : Préface du Cardinal Jean-Marie Lustiger ........ 5 I LE PROFESSEUR À propos du Corps de l'Église Une vue théologale de la vérité « Comment comprendrais-je si je n'ai pas de guide ? » L'éveilleur II GASTON FESSARD ET HENRI DE LUBAC Le Christ et le discernement de la fonction anthropologique du sacrifice dans Pax Nostra L'ouvrage Sur les chemins de Dieu du père Henri de Lubac
Comment enseigner? Connaissance de Dieu et foi au Christ III LES RACINES D'UN ENSEIGNEMENT ECCLÉSIAL Les origines hégéliennes de l'athéisme contemporain: Le délire bachique Note sur le mal et la finitude « Sapientis est ordinare ». Saint Thomas d'Aquin, La connaissance naturelle de Dieu Le moi, au miroir des Écritures, dans les Confessions de S. Augustin Postfaces Mgr André Vingt- Trois ....... 205 Connaissance de Dieu et foi au Christ selon saint Paul Bibliographie de Michel Sales .......... 245
Compagnon de Jésus Il me paraît naturel que la Faculté Notre-Dame participe à l'édition de ce volume de Mélanges en réunissant des contributions des étudiants du père Michel Sales qui sont souvent devenus des disciples, avant que certains d'entre eux ne soient ses collègues. Plus de dix-sept années d'une collaboration aussi discrète que stimulante ont fait du père Sales un des piliers de la période fondatrice de la Faculté Notre-Dame, qui n'était alors que le Studium du Séminaire de Paris. Menant de front ses travaux au Centre Sèvres et rue Massillon, le père Sales a été une référence capitale pour toute une génération de prêtres de Paris et d'étudiants du Centre Sèvres. La variété des contributions à ces Mélanges suffit à montrer l'extrême richesse de son ministère parmi nous. On le voit, tour à tour, donnant un cours, commentant un grand auteur, guidant pas à pas l'éveil de l'intelligence de ses étudiants à la philosophie et à la théologie. Conférencier, disciple et tuteur, c'est ainsi qu'il propose un chemin vers la Vérité qui est toujours un chemin modeste, généreux et attentif. Modestie de celui qui accepte de consacrer son travail à la connaissance, à la publication et à l'interprétation de grands maîtres dont il se considère comme le disciple. En scrutant les écrits de ces grands auteurs, en apprenant aux autres à les scruter, il ouvre l'esprit à l'humilité d'une pensée qui ne se vante jamais de posséder la vérité par elle-même, non en raison d'un libéralisme épistémologique ou d'une forme subtile et cachée d'agnosticisme, mais par conviction que, pour nous, la vérité est toujours un don reçu. Générosité de celui qui met simplement sa vaste culture et l'acquis de ses travaux à la disposition de ses frères comme un bien dont il ne serait que l'usufruitier pour le service de tous. Chacun connaît la richesse de son enseignement et pourtant jamais personne ne le surprend à manifester quelque pédanterie universitaire. Il exerce un magistère réel sans cesser d'être fraternel. Attention de celui qui accepte de se faire guide pour aider une autre génération à entrer personnellement dans la richesse de la tradition chrétienne et de la sagesse de l'humanité. Pour des candidats théologiens qui sont souvent riches d'une culture très spécialisée et pauvres d'une grande ouverture culturelle, la « reconversion » de leurs outils intellectuels demande beaucoup de temps et de patience. C'est un chemin aride où ils ont besoin de la ferme présence, attentive et exigeante, d'un ancien. Les témoignages rassemblés ici manifestent combien les étudiants ont été saisis par la qualité de cette présence d'un frère aîné, à leurs yeux si savant et si proche. Mais la pédagogie n'est pas une simple posture. Elle se nourrit d'un contenu qu'elle doit servir. La diversité des thèmes abordés donne un simple écho des champs explorés par les auteurs dans leur rencontre du père Sales et dans leur travail avec lui. Le prolongement des réflexions des grands maîtres du XXe siècle que furent notamment Gaston Fessard et Henri de Lubac, marque évidemment l'apport personnel de M. Sales. Il n'est pas inconvenant de relever ici une impression profonde provoquée par ses ouvres comme par son enseignement. Pour lui, il s'agit d'abord de répondre aux grandes questions existentielles de nos contemporains en exprimant, toujours à nouveaux frais, l'intelligibilité de la foi chrétienne et la confrontation de la foi avec la raison humaine. Il s'agit, en même temps, d'être en pleine communion avec la grande tradition catholique dont l'Église est à la fois le bénéficiaire et le promoteur. La fréquentation attentive du père Sales comme la lecture de ses écrits nous introduisent dans une intelligence particulière de la communion ecclésiale. L'adhésion profonde au sen tire cum Ecclesia n'est jamais vécue comme une obéissance formelle qui forcerait la révérence sans que l'intelligence fût conquise. Au contraire, c'est l'immersion généreuse dans la mission magistérielle de l'Église hiérarchique qui est comme une motivation supplémentaire à la hardiesse de la recherche et au libre exercice de l'esprit humain. Pleinement ouvert à la parole reçue de la tradition et des maîtres en théologie, il trouve sa pleine mesure sans avoir besoin de les combattre pour prouver sa légitimité. Sa confiance dans la main qui le conduitl'ouvre à la liberté plénière. Sans doute ne voudra-t-il reconnaître dans cette esquisse de portrait que le fruit de la fréquentation de ses maîtres très chers ou, mieux encore, la fécondité de l'appartenance à la Compagnie de Jésus. Celle-ci est une institution connue de tous, admirée souvent, crainte parfois, malmenée à l'occasion. Mais avant d'être une institution, la « compagnie de Jésus » est un art de vivre dans la communion avec le seul Maître et Seigneur. Si la Compagnie s'est tant investie dans le travail pédagogique, n'est-ce pas pour aider chaque homme à à progresser dans la connaissance du Christ et dans le désir de devenir un de ses authentiques compagnons ? La vie et l'oeuvre du père Michel Sales se comprennent par cette ambition : contribuer à faire connaître le Christ à tous les hommes en aidant ses frères à devenir de vrais compagnons de Jésus. François-Xavier DUMORTIER sj Ce livre d'hommage à Michel Sales témoigne de la fécondité d'une vie vouée au travail intellectuel. Entré dans la Compagnie de Jésus en 1963, Michel Sales s'est très rapidement trouvé devoir assumer des tâches d'enseignement et des responsabilités de formateur, d'abord au Centre Sèvres puis, dès sa création, au Studium de l'École cathédrale de Paris. Il l'a fait sans compter ni son temps, ni ses forces avec cette générosité de l'intelligence qui est un véritable don de soi-même. Philosophe de formation, Michel Sales sait le rôle de la raison dans une recherche de la vérité qui ne s'accommode ni de la rhétorique incantatoire, ni du tourbillon des opinions, ni des affirmations péremptoires : le labeur de la pensée se vit dans la justesse d'une démarche sans complaisance et le travail du philosophe conduit aux sources vives de la foi où la raison peut se nourrir. Qui l'a connu et le connaît dans son travail d'enseignant, dans son accompagnement de tuteur, dans la gratuité du dialogue ou dans l'ardeur de la discussion sait quelle exigeante rigueur l'habite, non seulement dans la lecture des grands auteurs mais aussi dans le souci de se tenir au plus près de ce qu'il est possible de dire. Les pères Gaston Fessard et Henri de Lubac sont ici pour lui des maîtres et des amis, des veilleurs de ce qu'est l'humain et des serviteurs de la foi, des intellectuels qui ont marqué la vie de l'Église et des hommes qui vivaient avec lui le même désir d'être « compagnons de Jésus ». Michel Sales a mené un travail considérable au service de la pensée de ces deux grandes figures de notre temps - travail qui a stimulé et guidé sa propre réflexion. Ainsi, confie-t-il dans l'avant-propos à L'être humain et la connaissance naturelle qu'il a de Dieu (note 1) : « le travail intellectuel n'a jamais cessé d'alimenter, en cours de route, ma vie spirituelle. Mais si je l'ai mené à bien, c'est aussi avec le secret espoir qu'il pourrait permettre à d'autres de partager le pain de cette recherche inquiète qui met au cour du croyant une joie que nul déjà ne peut lui ravir » (p. 14-15). L'intellectuel n'est pas dissociable de l'homme des Exercices spirituels à travers lesquels s'engendre la vie spirituelle et apostolique de tout disciple d'Ignace. Comme intellectuel, Michel Sales sait que les choses de l'esprit requièrent une vigilance qui ne faiblit pas pour discerner ce qui importe au milieu de ce qui n'importe pas. Les combats d'idées ne sont pas les moindres des combats humains : il y faut toute l'ardeur de l'âme, tout le courage de l'intelligence, et toute la patience de l'espérance. C'est l'aventure spirituelle, à laquelle on se livre ou dont on est fait témoin par la confiance d'autrui, qui donne à repérer et à comprendre que la suite du Christ ne s'opère pas sans lutte : à bien des gués de chaque histoire personnelle se reproduit le combat singulier de Jacob avec l'ange ; à bien des heures d'une vie, il faut se libérer de ce qui oriente l'intelligence et le cour dans un sens déterminé pour se rendre disponible à l'appel de l'Esprit ; en bien des circonstances, on se découvre pris et engagé jusqu'à l'intime de son être - chair et esprit - dans le mystère pascal de son Seigneur. Ce lieu des batailles les plus fortes est aussi le lieu de la plus grande grâce - celle de connaître et reconnaître le Christ en vérité pour l'aimer et le suivre en liberté. À la suite des pères Gaston Fessard et Henri de Lubac, Michel Sales ne vit pas sa tâche intellectuelle à l'écart ou en retrait de ce qui fait la réalité du monde et les événements de notre temps. Peut-on contempler le mystère du Salut autrement et ailleurs qu'au cour de l'histoire qui est la nôtre ? Peuton se rapporter à ce que sont les sociétés et les cultures d'aujourd'hui sans chercher à discerner quelle est « la situation spirituelle de notre temps » ? Peut-on observer la récalcitrance de l'homme à l'amour désarmé de Dieu sans s'interroger sur les raisons de cet obscur asservissement qui aveugle l'homme et le détruit en son humanité ? Michel Sales ne fait pas partie de ceux qui se résignent, par lassitude ou par manque de confiance, à ce qui serait un cours inéluctable des choses : il sait que le chrétien doit rendre raison de l'espérance qui est en lui (cf. 1P 3, 15) et il sait que l'Église est « comme le ferment, et pour ainsi dire, l'âme de la société humaine appelée à être renouvelée dans le Christ et transformée en famille de Dieu » (Concile Vatican II, Gaudium et Spes , § 40,2). Ainsi beaucoup peuvent dire combien l'écoute intense et attentive de Michel Sales les a amenés à faire la vérité en eux pour ouvrer à ce qu'elle advienne, et les a conduits à cette source de toute espérance qu'est le Christ cherché et suivi, aimé et servi. note 1. Michel SALES, L'être humain et la connaissance naturelle qu'il a de Dieu dans la pensée du père Henri de Lubac, Essais de l'École Cathédrale, Paris, 2003.
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Jésuites : serviteurs
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