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Laissez-vous La spiritualité est dans l'air du temps: elle renvoie au meilleur des traditions religieuses et tout autant à certaines dérives du souci de soi contemporain. Attentif à la sensibilité spirituelle de notre époque et ouvert à la richesse des religions, Michel Rondet scrute l'apport original de la Révélation chrétienne pour qui se risque dans l'aventure intérieure.
Michel Rondet, jésuite, a été en charge de la formation des jeunes jésuites, a travaillé à la formation théologique et spirituelle des laïcs au Centre de la Baume à Aix-en-Provence, a enseigné la spiritualité et collabore à la revue Christus. A publié notamment. Ecouter les mots de Dieu, Bayard, 2001 (Prix Siloë) ; Petitguide de la Prière, DDN, 2000; Le célibat évangélique dans un monde mixte, DDB, 1979. Extrait : Mystique et vie chrétienne L'Église n'a jamais fondé sa foi sur des révélations particulières, elle est même plutôt méfiante à leur égard. Elle les confronte au message évangélique et vérifie leur conformité à sa tradition profonde. Elle accepte, mais avec prudence, que telle ou telle révélation puisse compléter son enseignement ou avaliser une dévotion, par exemple les visions de sainte Marguerite-Marie sur le Sacré-Coeur. Elle sera par contre très réservée vis-à-vis de ce qui s'écarte de sa tradition ou présente des aspects trop particuliers. Toute grâce reçue est en effet colorée par la personne à qui elle s'adresse : son tempérament, sa sensibilité, sa vocation personnelle, etc. L'Esprit qui l'inspire lui parle son langage, celui de son temps, et elle le traduit elle-même comme elle peut. Ce qui pour elle marque une étape de sa renaissance dans l'Esprit, n'est pas nécessairement valable pour tous sous cette forme. Aussi ce témoignage prendra-t-il valeur pour la communauté lorsqu'il aura été confirmé par l'Église et il l'est alors comme dévotion autorisée, pas comme article de foi. Quand on parle d'expérience mystique, on se réfère souvent à des états exceptionnels : extase, lévitation, stigmates, qu'on rencontre en effet dans la vie de certains mystiques, pas chez tous - et pas seulement chez eux, mais aussi dans certaines pathologies. Les mystiques eux-mêmes, quand ils font allusion à des phénomènes de ce genre, sont très discrets. Sans les nier, ils les attribuent à la faiblesse de leur organisme qui n'a pas supporté l'intensité de l'expérience intérieure qu'ils vivaient et sont heureux quand ils cessent. L'Église a dû, au cours de son histoire, démasquer un certain nombre de supercheries tendant à faire passer pour grâces exceptionnelles ce qui n'était que tentative, plus ou moins consciente, d'attirer l'attention sur soi. Le critère dernier de discernement a toujours été la sainteté de vie de ceux qui présentaient de tels phénomènes. Il reste donc des cas dont on ne peut mettre en doute l'authenticité. Un historien de la spiritualité, Michel de Certeau, propose une ligne, sinon d'explication, du moins de compréhension : il arrive que les mystiques se trouvent dans une situation où ils ne peuvent pas transmettre leur message, soit parce que leur langage est trop infirme, soit parce que le monde culturel où ils vivent ne veut pas ou ne peut pas les comprendre. Alors le corps parlerait et forcerait en quelque sorte l'attention au message. On se rappellera que c'est au moment où François d'Assise est seul, abandonné de tous, qu'il reçoit la grâce des stigmates. p. 117-118 |
Les autres livres de Michel Rondet : > "Petit
guide de la prière" Pour en savoir plus : > Michel Rondet : la vieillesse, une chance ? > Interview par le journal la Croix > Dieu a-t-il une volonté particulière sur chacun de nous ? La réponse de Michel Rondet > Se décider sous la motion divine > Comment mieux servir l'appel à la vie religieuse > Un don de l'Esprit à l'histoire > Requête de vie communautaire chez les jeunes > La pédagogie ignatienne du discernement > Trente questions sur l'au-delà posées à Michel Rondet
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Jésuites : serviteurs
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