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Depuis janvier 2004, l'institut Ricci de Taipei publie le mensuel « Renlai » (« La voix humaine »). Cette revue de débat culturel en langue chinoise est éditée en partenariat avec la revue « Etudes » de Paris. Son rédacteur en chef, le Père Benoît Vermander, répond à nos questions, sur la revue et son lectorat ainsi que sur la situation en Chine. - Pouvez-vous nous rappeler ce qu'est la revue RENLAI, et les objectifs fixés au moment de son lancement ? La revue est un mensuel de débat culturel en langue chinoise, lancée par des jésuites et ouverte à un large public, une revue qui véhicule des valeurs et une culture chrétiennes mais qui est non confessionnelle. Une inspiration a été Etudes, « revue de culture contemporaine ». Mais nous avons adopté un format plus grand, des articles de tailles diverses, et faisons un large usage des illustrations. Par certains côtés, des publications américaines comme Atlantic Monthly ou la revue jésuite australienne Eureka Street ont beaucoup inspiré le concept de Renlai. Dès le départ, l'idée c'est de participer au débat social et culturel en monde chinois, en étant à l'écoute tout en apportant une parole spécifique.
La revue est basée à Taiwan, et nous avons là un bon millier d'abonnés. Ce n'est pas mal pour une revue qui a à peine plus d'un an et partait de rien. Quelques centaines d'autres abonnés sont des Chinois d'outre-mer. Quelques autres centaines d'exemplaires sont vendus en librairie, par des associations ou des paroisses. Quelques centaines d'exemplaires sont aussi envoyés gratuitement à des intellectuels de Chine continentale, où nous ne pouvons diffuser directement. Certaines associations ou mairies font des achats en gros de tel ou tel numéro, en fonction du thème.
Qu'est-ce qui facilite ou au contraire freine la diffusion de la revue A Taiwan, même si les débuts ont été durs, la revue est sur la pente ascendante. Les abonnements arrivent, et nous avons un partenariat avec quatre radios différentes, avec lesquelles nous réalisons des émissions hebdomadaires. Mais nous n en sommes pas encore au seuil de rentabilité bien sûr...
Enfin, nous sommes en discussion sérieuse pour sortir une version internet payante, mais, comme partout, il faut mettre au point un modèle économique. Avec le recul, je m'aperçois que la plus grosse limite est d'être partis sous-capitalisés, avec bien trop peu d'argent, ce qui a sérieusement limité le recrutement du staff et l'effort de promotion. Il est indispensable d'être présent sur le marché de la communication, mais l'Eglise n'y met pas le capital qu'il faudrait, et il est bien plus difficile de solliciter les générosités là-dessus que sur un projet proprement caritatif.
Oui, nous avons un gros retour, et les gens nous félicitent de lutter contre la dérive médiatique de la simplification et du sensationnalisme. Ils sont surpris de voir que ce genre de revue peut encore exister... En même temps, à Taiwan, les lecteurs souhaitent que nous fassions plus simple, plus proche des préoccupations individuelles. Les lecteurs de Chine à qui nous envoyons la revue, peut-être parce que ce sont souvent des intellectuels connus, souhaitent au contraire plus d'articles de fond, de l'international, de la réflexion philosophique européenne... Nous avons envoyé un questionnaire à nos lecteurs « gratuits » en Chine continentale, et pratiquement tous ont répondu, cela m'a même beaucoup surpris. - Voyez-vous des changements dans votre ligne éditoriale pour les mois à venir ? Tout en maintenant le choix de « grands sujets » (nourritures génétiquement modifiées, soins palliatifs, éthique des affaires, terrorisme...) nous pensons nous rapprocher davantage de l'actualité, notamment trouver des éditorialistes incisifs. Nous voulons aussi renforcer notre rubrique « carte spirituelle » en offrant des textes qui aident chacun à trouver et creuser une intériorité. Mais avec déjà cent pages par mois et une dizaine de rubriques nous pensons avoir trouvé plus ou moins notre équilibre éditorial. MONDE CHINOIS ET CHINE CONTINENTALE
Pas d'incidence politique, mais une incidence culturelle une diversification des modes de pensée et des choix individuels. Cela dit, la pensée critique reste peu développée, les normes sont bien intégrées, et l'exaltation nationale assure pour l'instant un ciment pour ces classes moyennes. - Comment se poursuivent les plans de développement visant les campagnes? L'écart ville-campagne s'est creusé. Les mesures correctives restent insuffisantes. On s'essaie pourtant à abolir les impôts dont souffrent les paysans et on parle de donner plus de crédits à l'éducation rurale ; le plus dur reste àfaire. Difficile de renverser la vapeur tout en accordant autant à la Défense, aux Jeux Olympiques, etc...
En fait, la croissance numérique du christianisme est sans doute bien plus forte encore que nous ne le pensions, et elle ne semble pas se ralentir encore. Un message passe, de bien des façons le numéro de mars de « Marie Claire » version chinoise offre une interview d'une jeune religieuse, laquelle rêve de prendre soin des pauvres comme Mère Teresa, une interview qui peut toucher bien des coeurs... Oui, l'intérêt est réel. Ce qui manque le plus, c'est a formation d'un discours chrétien pertinent pour la Chine d'aujourd'hui, et c'est l'une des choses à laquelle les Jésuites peuvent et doivent s'employer en priorité.
Le P. Vermander est aussi peintre
Quelques collaborateurs parmi d'autres:
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Pour en savoir plus : > "Renlai" Une nouvelle revue jésuite en chinois > Présentation de Benoît Vermander (Chine) > Bibliographie de Benoît Vermander > Sens de la présence jésuite en Chine > Deux jésuites chez les lolos noirs ... > Quatre Instituts Ricci en dialogue avec le monde chinois > Nouvelles de l'Apostolat Social de la Compagnie de Jésus > En Chine avec PierreTeilhard de Chardin avec l'Association des amis de Teilhard de Chardin |
Jésuites : serviteurs
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