Les jésuites
et le monde
des images
L'année 2005 correspond
au tricentenaire de la mort
du jésuite lyonnais Claude-François Menestrier
(1631-1705).
Une exposition présente
la personnalité et l'oeuvre
d'un auteur fécond, à la fois, philosophe des images,
bibliothécaire, historien, prédicateur, metteur en scène
et "honnête homme".
Exposition à Lyon
( voir
site)
et un colloque à Grenoble
(voir programme)
pour fêter un jésuite incroyable !
27 au 29 octobre 2005
Né
à Lyon le 9 mars 1631, Claude-François Ménestrier
fit ses études au collège de la Trinité de cette
ville, puis à Avignon et Chambéry. Entré dans la
Société de Jésus, il fut professeur aux collèges
de Chambéry, Vienne, Grenoble et Lyon, voyagea en Allemagne et
en Italie dans les années 1660-1670 et rejoignit ensuite le
siège parisien où il mourut le 21 janvier 1705.
Héritier de la tradition encyclopédique
de la Renaissance, il entreprit une oeuvre
immense de recensement, classification et codification des images symboliques,
faisant de lui le dernier théoricien de cette pratique cognitive
au moment où la pensée occidentale s’engageait dans
des voies nouvelles. Il fut en même temps un
très fécond metteur en scène au service de l’Eglise
comme des pouvoirs politiques de France et de Savoie,
des fêtes de collèges aux canonisations, des entrés
princières aux inauguration de statues, des ballets aux carrousels,
des célébrations de mariages et de naissances aux pompes
funèbres, un inépuisable inventeur d’images, de
médailles et d’autres « logos ».
On lui doit environ 150 ouvrages, souvent enrichis de planches gravées,
traités théoriques et recueils d’emblèmes,
livrets explicatifs des spectacles, architectures éphémères
ou programmes iconographiques qu’il inventa.
Si
les spécialistes de l’emblème, de l’histoire
de Lyon ou de l’édition connaissent bien le père
Ménestrier, il n’existe pas de travaux généraux
prenant en compte les différentes facettes de son oeuvre, son
insertion dans la pédagogie des jésuites, et plus largement
dans les pratiques culturelles, sociales et politiques de la seconde
moitié du 17° siècle. Le tricentenaire de sa mort
en offre l’opportunité. Il était légitime
que l’initiative vint de Grenoble,
où Ménestrier enseigna, organisa pour Anne d’Autriche
les premières pompes funèbres baroques en France,
les fêtes pour la commémoration de François de Sales,
l’entrée des princes en 1701, et donna le programme décoratif
de la chapelle des visitandines de Sainte Marie d’en haut, ainsi
que de Lyon où il naquit, étudia et enseigna, organisa
tant de spectacles, parades et entrées, inspira les décors
du collège de la Trinité et de l’Hôtel de
Ville, réalisés par Pierre-Paul Sevin et Thomas Blanchet,
fit imprimer une grande partie de ses ouvrages, actuellement conservés
à la bibliothèque municipale de la Part- Dieu, héritière
de celles des jésuites de la Trinité.
Le Centre de Recherche en Histoire et
histoire de l’art. Italie-Pays Alpins (CRHIPA) de l’Université
Pierre Mendès France Grenoble II et la bibliothèque municipale
de Lyon se sont donc associés pour un colloque international
à Grenoble et Lyon (27-29 octobre 2005) et une exposition des
ouvrages de Ménestrier à Lyon (septembre-décembre
2005).