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La naissance d'une formationA La Baume , ce goût du travail théologique est ancien. Dès 1973, sous l'impulsion de Michel Rondet, des formations structurées en cycle de un ou deux ans ont conduit des laïcs à s'engager et à prendre la parole dans l'Église. Fondée en 1983, la revue Garrigues est née du désir de plusieurs d'entre eux d'exprimer leur foi dans le contexte régional. Grâce à la détermination de Jean-Pierre Lémonon, Doyen de la Faculté de Théologie de Lyon, et de Michel Rondet, il fut envisagé de créer un DEUG de théologie sous la responsabilité universitaire de la Faculté. Il n'y avait alors dans la région aucune formation théologique de type universitaire. Le projet a pris forme en 1988 avec une rentrée exceptionnelle de 117 étudiants. De cette première promotion, 26 diplômés ont reçu leur diplôme en 1993. L'objectif initial était d'offrir un parcours théologique (exégèse, philosophie, théologie) suffisamment cohérent et approfondi pour constituer une unité de formation indépendante. Ce même objectif demeure aujourd'hui. La formation aujourd'hui
Étudiants et auditeurs libresOn compte, cette année, 169 inscriptions, dont 60 étudiants (moyenne d'âge : 49 ans). L'Écriture Sainte constituant pour beaucoup une entrée en théologie savoureuse et féconde, un parcours de validation des seuls cours bibliques a été mis en place. Il comprend 12 étudiants. Après avoir suivi un ou deux ans de cours bibliques et surmonté la crainte des validations, certains se décident à faire le parcours complet donnant accès au diplôme.
Les études théologiques sont de plus en plus liées à une quête spirituelle multiforme. Plusieurs approchent le christianisme comme une réalité culturelle. D'autres disent chercher Dieu sans avoir la foi, ou sans savoir comment exprimer ce qu'ils ressentent. Ils interrogent avec avidité la tradition chrétienne sans avoir de compte à régler avec elle, sans éprouver comme d'autres, de plus en plus rares, de scission entre théologie et spiritualité. Quelques défis pédagogiques
Ces défis sont relevés par les professeurs mais aussi par l'équipe animatrice du DEUG (Geneviève Pinault, Béatrice Van Huffel, Jean-Marie Glé, Bruno Saintôt) qui consacre beaucoup de temps au tutorat afin de s'ajuster aux diverses cultures professionnelles et personnalités intellectuelles. Sur les traces d'Alain Feuvrier et d'Olivier de Dinechin, les travaux dirigés ont été développés : lectures et commentaires de textes ; analyse d'un sujet ; structuration d'un plan ; bibliographie et citations ; rédaction d'un paragraphe ; préparation à l'oral. Pour varier la pédagogie et faire bénéficier d'autres personnes de la dynamique du DEUG, un colloque est parfois intégré à un cours, tel le colloque Justice, réconciliation, pardon dans le cours de philosophie et théologie morales. Désireuse également de contribuer à la qualité de cette formation, La Baume organise des pauses-café et consent même une réduction sur le prix des repas pour favoriser ces temps conviviaux où la théologie se fait conversation et, parfois, dégustation ! Souvent, les étudiants bénéficient des propositions des deux autres départements Culture et Spiritualité qui contribuent à donner au DEUG une figure théologique ancrée dans la culture et la quête spirituelle contemporaines. Quelle valorisation de la formation ?
Mais plusieurs étudiants avouent leur déception de n'avoir pas été accueillis dans des lieux d'Église susceptibles de valoriser leurs compétences. Méfiances, craintes, désir de maîtrise ? peut-être. Mais plus souvent sans doute, difficulté à inventer et à appeler. Si la plupart des étudiants continuent à lire, à suivre des séminaires ou conférences, quelques uns poursuivent la formation universitaire à l' Institut de Sciences et Théologie des Religions de Marseille ou à la Faculté de Lyon. L'avenir d'une telle formation dépend sans doute de notre capacité à conjoindre les exigences d'une formation universitaire, des horaires adaptés aux nouveaux rythmes de vie, un accompagnement intellectuel soucieux des individualités, une dynamique de convivialité, la recherche de nouvelles formes de valorisation des compétences acquises, une articulation renouvelée entre théologie, spiritualité et liturgie. Nous suivons avec patience et ténacité le travail de fourmi de nos prédécesseurs. A leur suite, nous éprouvons la même joie de nous associer au témoignage d'une Église accueillante au monde et exigeante pour la pensée. La stridulation des garrigues peut encore chanter notre reconnaissance. En remerciement à l'équipe du DEUG : Bruno SAINTÔT sj
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Jésuites : serviteurs
de la mission du Christ - © Compagnie de Jésus |