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Ces faits ont été rappelés à la soixantaine de personnes qui ont entendu le dimanche de Rameaux, François YVERNEAU, Frère Jésuite de la communauté de Cergy, et Félis MOREIRA, directeur du Maillon à Cergy. Ils ont raconté ce qu'ils avaient découvert lors du Forum Social Mondial de Porto Alegre.
Ils faisaient partie de la délégation du Secours catholique et ils ont décrit comment ils ont été accueillis par une Caritas (Secours catholique) brésilienne très engagée dans les luttes des pauvres : soutien à ceux qui survivent en triant les ordures, soutien aux anciens esclaves noirs qui vivent toujours dans des réserves (Quilombos), " cri des exclus ", " sans terre ", " indigènes ", etc. Le FSM de Porto Alegre a donné l'occasion au Secours catholique France d'organiser des débats comme celui sur le trafic des êtres humains : enfants esclaves, prostitution. Sait-on que le profit tiré de la prostitution est supérieur à celui de la drogue. De 5 à 7 milliards de dollars de profit par an ? Le Secours catholique ce n'est pas que l'assistance, c'est aussi être avec et la parole du Brésilien Paulo Freire a été cité : " Personne ne se libère seul, personne ne libère autrui, on se libère ensemble. " Les débats à Cergy ont permis de rappeler les grands objectifs mondiaux issus des FSM dont celui du Millénaire et l'Action mondiale contre la pauvreté et l'opération française " 2005 : plus d'excuses ". Les participants ont décrit des actions toutes simples organisées par Agir Ici, Amnesty International, le CCFD.
Pour moi, le FSM est surtout une grande tribune pour les pauvres des pays du sud. Je préfère cette expression à celle de pays en voie de développement qui signifierait que certains sont en route vers le développement et que d'autres sont arrivés. L'humanité ne se mesure pas qu'en « dollars ». J'ai été impressionné par ces groupes de paysans sans terre, « d'indigènes », de dalits, de quilombolos (anciens esclaves noirs brésiliens vivant dans des réserves) qui manifestaient leur volonté de changement. On y entendait le « cri des exclus » (c'est d'ailleurs le nom d'une association latino-américaine). Comme l'a bien dit Sandrine, une personne « en grande difficulté » qui faisait partie de la délégation du Secours catholique : « Quand les gens combattent ensemble, il y a une énergie qui se dégage. » Une chose est d'écouter parler à la radio ou de lire dans les journaux des nouvelles d'Haïti, autre chose de partager l'émotion d'une jeune Haïtienne exprimant la peur dans son quartier : police inexistante, école incendiée, des filles de 8 et 12 ans violées, les jeunes ont peur les uns des autres, désespérance avec la mobilisation pour le départ d'Aristides. Est-on loin de nos banlieues quand une jeune de favela exprime, peut-être pour la première fois publiquement, que l'on est marginalisé quand on recherche un travail et qu'on donne l'adresse de la favela ? Les jeunes avaient leur campement en bordure des lieux du forum. 35 000 jeunes militants ce n'est pas rien. Pas de cassure entre jeunes et adultes. J'ai participé à un forum de jeunes. S'y sont exprimés des jeunes de favelas, des Haïtiens, des Africains. Malgré les difficultés, problèmes de santé, d'éducation, se dégageait un grand dynamisme et le débat était entrecoupé de chansons rap en brésilien et de danses. Un forum plein de jeunes, 35000 ?
A apprendre des autres, à découvrir des similitudes, à s'articuler avec d'autres. On y découvre la place des grandes organisations mondiales comme Caritas, mais aussi la multitude des petites associations locales. J'ai ainsi dialogué avec une femme d'Haïti. Les petits paysans s'organisent entre eux, s'entraident dans des zones rurales où tout manque. On est poussé à collaborer avec d'autres, à ne pas demeurer « entre Français ». Ainsi notre débat « ensemble s'associer pour un développement social plus juste » qui a associé le Secours catholique à ATD Quart Monde, au Collectif pour un Québec sans pauvreté et a fait témoigner des partenaires de l'Inde, du Pérou. On peut, on doit revendiquer la mise en place d'une taxe sur les transactions financières ou d'autres propositions. Mais pas sans un grand mouvement populaire et sans la participation active des gens du terrain, de toute cette militance. Un forum animé par le Secours catholique
La présentation de la Caritas Brésil a été très intéressante. Elle a permis de découvrir une Caritas très vivante, très active, très engagée dans les luttes des plus pauvres : « sans terre », « quilombolos ». Ils produisent des petits carnets qui aident les groupes à s'organiser. L'Eglise du Brésil organise des campagnes de carême avec des thèmes sociaux relayés avec des affiches, des brochures. En 2004, l'eau, source de vie. En 2005, solidarité et paix. Chico Whitaker et son épouse, un des fondateurs du FSM
L'intervention de Lula avait lieu dans un grand gymnase en dehors des lieux du forum . J'ai découvert des mouvements populaires forts, organisés. Rien à voir avec nos maigres meetings électoraux et de petites phrases politiques jetées au journal de 20 heures. Deux années à la tête de l'Etat, peu a encore été réalisé d'où une certaine désillusion. Mais quand on parle avec des gens du peuple, des femmes de ménage, on constate qu'il est soutenu. Il a créé la Bourse familiale, une sorte de RMI qui touche 3.2 millions de familles et lancé l'opération « faim zéro ». Le but du meeting c'était de lancer la « campagne mondiale de lutte contre la pauvreté » avec l'opération et le bandeau blanc. Beaucoup reste à faire : A propos du combat contre la pauvreté et des objectifs du Millenium le « Courrier du Peuple », journal local, rappelait lors FSM qu'il y a 13 poches de misère au Brésil avec des IDH, indices de développement humain, très bas, de même niveau que certains pays africains comme l'Ouganda et que dans ces régions vivent 26 millions de personnes. Il y aurait au Brésil 1.9 million d'enfants entre 5 et 17 ans qui travailleraient au Brésil (Ils étaient 4.1 millions en 1992). Il y aurait un déficit de logements de 14 millions. La région de Porto Alegre aurait actuellement 108 communautés « quilombos » qui abriteraient environ 5000 familles. Avec les terres des Indiens, ils occupaient autrefois 25 % du territoire brésilien.
Une autre Afrique est possible En Afrique la lutte contre le Sida engloutit les maigres budgets pour la santé et les services médicaux s'écroulent. Là où il y a des ressources naturelles, les populations sont les plus pauvres. Citons l'exploitation d'un minerai peu connu mais utilisé dans les téléphones mobiles, le « coltan » (tantale) dans les régions des grands lacs, dans une zone où il y a eu plus de morts qu'au Rwanda voisin. La dimension sociale de la mondialisation Signalons la fusion prochaine des deux internationales syndicales :
Au Népal, on vend une femme pour 300 dollars. Aux USA, la Caritas aide les femmes à rejoindre leur famille. Des enfants viennent d'Amérique Latine et d'Europe de l'Est.
En 2006, il devrait y avoir des FSM régionaux. On sait déjà qu'il y en aura un au Venezuela et pour l'Europe on parle de la Grèce. François Yverneau > Cliquez ici pour télécharger un Compte-rendu en .doc plus détaillé
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Jésuites : serviteurs
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