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L'identité chrétienne en question
Extraits de l'introduction Dans une société où les repères culturels sont changeants, l'identité chrétienne devient une préoccupation centrale pour les chrétiens, pour leurs communautés et leurs institutions. Mais de quoi parlons-nous lorsque nous nous interrogeons sur cette réalité ? Cette question de l'identité pourrait être abordée de bien des manières. Il serait possible d'en parler comme ce qui distingue collectivement les chrétiens d'autres personnes ou d'autres croyants. On irait ainsi à la recherche des différences entre les chrétiens et les autres, en énumérant les particularités au plan des croyances, des valeurs morales, des comportements. Ce n'est pas la voie que je choisirai. Pour des raisons pratiques d'abord, car elle me paraît en grande partie stérile et inopérante. Nous serions obligés d'opérer des comparaisons sans fin, sans être sûrs que ce que nous comparons n'est pas simplement une image projetée de nous-mêmes ou des autres. Pensez aux dérives où cela peut mener si nous commençons, par exemple, à opposer une identité chrétienne et une identité musulmane. Mais surtout, cette voie est à écarter (même si on ne peut s'empêcher de comparer) pour des raisons théoriques : l'identité chrétienne, si elle se rapporte à la figure du Christ, est fondamentalement une manière de parler de l'identité humaine. Ce qui spécifie les chrétiens, croyons-nous, c'est aussi ce àquoi tout homme est appelé dans son humanité. Tel est le paradoxe que porte le christianisme sa spécificité la plus propre est habitée par le souci de l'universel. Le Christ dans sa singularité, c'est l'homme par excellence: « Voici l'homme !» dit Pilate dans l'évangile de Jean. L'identité chrétienne est ouverte àtout homme. Pour cet exposé, je prendrai donc le chemin qui consiste, au lieu de comparer un chrétien à un non-chrétien, à regarder comment s'engendre une existence chrétienne, à la fois au plan individuel et collectif. Comment le chrétien et la communauté qui a pour nom l'Église se comprennent-ils eux-mêmes ? La notion d'identité narrative nous servira de point d'appui. Mais avant d'aborder l'identité narrative des chrétiens et de voir en quoi l'histoire de Jésus est fondatrice de cette identité, je voudrais évoquer quelques difficultés et quelques chances pour celle-ci aujourd'hui. Extrait de la conclusion On pourrait résumer cette démarche en disant : « Puisqu'il t'a été donné depuis toujours par l'amour du Père des cieux qui te précède, donne à ton tour. » La poétique biblique anime d'un sens spirituel la motivation éthique et fait prévaloir la coopération sociale sur l'intérêt personnel, même bien compris[14]. La perspective chrétienne alimente de l'intérieur ce désintéressement, cet « excès » sans lequel toute vie sociale est vouée à se défaire. Elle soutient et donne une figure à la reconnaissance inconditionnelle de l'autre comme personne libre qui est au coeur de toute vie éthique authentique. En ce sens, l'identité chrétienne est une identité profondément humaine qui découvre sa profondeur insoupçonnée, cachée depuis la création du monde. Se reconnaître fils, et appelés à être des hommes « pour les autres », est une expérience que peuvent faire des non-croyants mais que l'identité chrétienne rapporte au mystère de notre vie dans le Christ. > Pour vous abonner, |
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Jésuites : serviteurs
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