Retour à la page d'accueil
actualités > 2004 > Les retraites dans la vie et autres activités
spiritualité
C'est quoi ?
Ignace de Loyola
François-Xavier
Exercices Spirituels
compagnons
Communautés
Rencontres
Portraits
Nos 5 préférences
devenir sj
Récits
Jeunes jésuites
Vocation
Noviciat
Les derniers nés
missions
Culture
Jeunesse
Sciences
Vie spirituelle
Foi et justice
Hors frontière
Eglises
histoire
Chronologie
Par thèmes
Jésuites du XXe
Saints
sites internet
Jésuites
Chrétiens
Surprises
Site du mois
forums

Nous écrire

 

Les retraites dans la vie
et autres activités

Photos tirées du Symposium des Exercices Spirituels
Toulouse mai 2003

On connaissait déjà la croisée des chemins, le croisement des départs et des retours de vacances. Il faut en ajouter un autre qui touche la pratique des retraites dans la vie et la vie des centres spirituels. Au moment où ceux-ci se posent des questions sur la participation aux retraites proposées (5 et 8 jours) et doivent faire face à une forte diminution d'un public traditionnel (les religieuses), d'autres formes de retraite se font jour ailleurs, dans le cadre paroissial, avec un autre public : essentiellement des laïcs de tous âges.

Tout en recouvrant des formes et des manières de faire différentes, on peut les regrouper sous un titre générique commun : "retraites dans la vie", à ne pas confondre avec les "Exercices dans la vie" que le P. Cusson a lancés et dont le P. Giuliani et quelques autres se sont faits une spécialité. De quoi s'agit-il alors ?

Quelques remarques pour les situer avant d'en voir le déroulé, les fruits et les questions qu'elles posent.

Ces retraites, sauf erreur de ma part, ont commencé il y a une dizaine d'années et se généralisent de plus en plus sous des appellations diverses (retraites dans la vie, retraite à la maison, chemin de prière, apprendre à prier avec la Parole de Dieu, etc.) et dont la durée peut varier d'une à huit semaines.

L'originalité de ces retraites est bien indiquée par le titre astucieux trouvé par un prêtre diocésain : retraite à la maison. Le public de ces retraites ne se déplacent pas vers un monastère ou un centre spirituel, mais la proposition de retraite vient à lui, sur son lieu de vie.

La manière de faire et la durée sont très diverses.
- Une personne de CVX propose une semaine de prière avec un temps de prière et un temps d'accompagnement chaque jour.
- Une religieuse auxiliatrice propose huit semaines, avec un temps de prière quotidien, une rencontre commune tous les 15 jours.
- Un prêtre diocésain de Chartres propose 15 jours.
- A Nancy, à Evreux, l'année prochaine à St-Denis et dans bien d'autres lieux, on s'est fixé sur 5 semaines avec un temps de prière quotidien et une rencontre commune hebdomadaire.
- D'autres commencent et/ou finissent par un temps ensemble plus long, d'une demi-journée ou d'une journée.

En général, il est demandé 20 minutes ou une ½ heure de prière par jour, quelquefois une heure, avec un texte proposé et la participation à une rencontre hebdomadaire se déroulant en cinq étapes :
- un bref temps de prière ensemble,
- un partage sur la manière dont a été vécue la semaine et ce que chacun en garde,
- un temps de prière guidée,
- des conseils pour la prière et des propositions de textes avec des indications pour la prière.
L'ensemble ne devant pas dépasser une heure et demie.

Il n'est pas déraisonnable de penser que chaque année, en France, entre 20 et 30 retraites de ce type sont proposées.
Si l'on multiplie le nombre de participants par 50 voire 80, je vous laisse utiliser vos calculettes pour connaître le nombre de participants ainsi initiés ou confortés dans la prière avec un texte de l'Écriture.
Sans compter les retraites proposées par CVX pour ses membres, quelquefois ouvertes à d'autres ou proposées en collaboration avec d'autres,
plus les propositions de Saint-Ignace, celles de la rue Sala, des Côteaux-Païs, des différents Cénacles, etc. Un vrai travail de fond est en train de se mettre en place discrètement : "L'Évangile au cour des masses" !

La question que tous les ignatiens posent immédiatement est celle de l'accompagnement. Question cruciale à laquelle il est répondu de manière fort différente. On peut regrouper les manières de faire en trois types :
- pas d'accompagnement du tout ou très peu ;
- un accompagnement en commun (ce qui fait bondir certains) ;
- un accompagnement individuel hebdomadaire ou quasi.

En dix ans, pour avoir pratiqué la première et la troisième manière de faire, j'en arrive à deux conclusions : il est clair que l'accompagnement, même irrégulier, pour les retraitants, apporte un plus incontestable ; s'il n'y a pas d'accompagnateurs disponibles ce n'est pas une raison pour ne pas proposer ce type de retraite. La seule découverte que le Parole de Dieu me parle est suffisamment importante en soi. Nancy a trouvé une formule originale en distinguant les "écoutants" pendant la retraite des accompagnateurs qui ont été formés davantage, pour le reste de l'année.

Pour faire face à cette demande ou cette proposition d'accompagnement, plusieurs formations se sont mises en place, localement ou régionalement, hors des centres spirituels. Il ne s'agit pas de former des animateurs capables de donner ou d'accompagner des retraites dans un centre mais de former des chrétiens qui puissent écouter d'autres et les aider à grandir dans la foi.

Instruit par l'expérience faite à Evreux, Manrèse propose à partir de la rentrée 2004 une formation de ce type, échelonnée sur deux ans, à destination des diocèses de banlieue ou d'ailleurs, reposant sur quatre pieds :
- une formation théorique,
- l'expérience d'accompagner une retraite dans la vie en étant soi-même supervisé,
- vivre une retraite individuellement accompagnée,
- et un travail sur des textes et sur des c
as.

Tandis qu'à Evreux, et ailleurs aussi, va se mettre en place une formation d' "animateurs" spirituels. Il s'agit de soutenir et de former des laïcs qui, ayant fait l'expérience de ce type de prière, veulent bien la faire partager à d'autres, dans leur village ou leur quartier, mais demandent à être formés, soutenus et à pouvoir partager joies et difficultés. Participation modeste des ignatiens à la 2ème évangélisation souhaitée par Jean-Paul II et à la revitalisation de petites communautés chrétiennes à la base.

Fruits et questions.

Il est clair que, pour les paroisses et secteurs, ces temps forts favorisent l'existence d'une communauté priante et agissent souvent comme un stimulant, même si les fruits sont peu mesurables ou quantifiables.

Plus évidents et plus clairs sont les apports aux personnes.
La plupart, pour ne pas dire la totalité d'entre elles, n'auraient jamais pensé venir dans un centre spirituel dont elles ignorent jusqu'à l'existence. Elles n'ont pas à se déplacer, c'est la retraite qui vient à elles. Sans même parler des 8-10 € qu'on leur demande pour les 5 semaines et des 45-50 € qu'elles devraient payer par jour dans un centre. Mais le point n'est pas là. En fait il n'y a pas concurrence. Ces retraites n'enlèvent personne aux centres, c'est un tout autre public qui est atteint, qui n'est pas non plus celui des mouvements (MCC, CVX), c'est celui des paroisses, du tout venant.

Le plus grand avantage reste la découverte que la Bible n'est pas un livre scellé, que la Parole de Dieu (Nouveau et même Ancien Testament qu'ils prient avec crainte et réserve) leur parle, à eux, dans leur vie, dans leur tête, dans leur cour. Elle parle et les aide à structurer leur vie chrétienne. Cette découverte met en route des chrétiens de manière étonnante, elle change leur manière de vivre un engagement, elle change leur rapport à l'Église, etc...

Ce changement qui s'opère, ces personnes ne s'y attendaient pas.
On a même pu voir, une fois ou l'autre, des petits groupes de prière avec un texte biblique naîtrent spontanément dans un petit village ou un quartier, parce qu'ils avaient fait une expérience qu'ils voulaient prolonger.

Didier Rimaud nous a appris à chanter "Dieu est à l'ouvre en cet âge", il est donné à de plus en plus de personnes de constater la vérité de cette expression. L'Esprit a fait surgir un peu partout des initiatives qui visent à nourrir la relation personnelle à Dieu du peuple chrétien. La rencontre qui vient d'avoir lieu à Biviers, lors du week-end de Pentecôte, des équipes diocésaines de formation à la vie spirituelle, où 60 personnes de 25 diocèses se sont retrouvées est un signe de cette vitalité et de cette action de Dieu.

On pourrait être tenté de dire que 25 diocèses ce n'est pas beaucoup. Quand on sait qu'en France, il y a dix ans il n'y en avait aucune et qu'aujourd'hui une trentaine existent ou démarrent, se référant pour beaucoup à la spiritualité ignatienne tout en étant de vrais lieux d'Église où se retrouvent des prêtres, des laïcs, des diacres, des religieuses, de spiritualité différente, on se dit que l'on a avancé à pas de géant.
"Dieu est à l'ouvre en cet âge".

Un peu partout, en France, à la demande d'un évêque, à l'initiative d'un prêtre, d'une religieuse, ou d'un jésuite, de belles innovations voient le jour, des formules traditionnelles retrouvent une place dans la vie paroissiale. Tel ce chapelet contemplé lancé avec succès par une religieuse auxiliatrice. En avoir été les témoins tous ensemble fut une grande joie pour les participants à la rencontre de Biviers. Joie tempérée par la difficulté de travailler avec certains groupes chrétiens, certains prêtres, dans certains lieux. Joie tempérée aussi par une ecclésialité difficile à vivre au quotidien, quand il faut faire continuellement le grand écart entre la JOC, les groupes du renouveau, les légionnaires du Christ et la Fraternité St Pie X. Il faut que l'Esprit souffle fort pour arriver à faire Église avec des tensions aussi fortes. Après tout, ces tensions sont peut-être plus visibles ou plus fortes qu'il y a 50 ou 60 ans, mais les premiers siècles en ont connu de bien pires !

A Biviers, nous avons aussi essayé d'aller plus loin que le simple partage de nos pratiques, en réfléchissant, à partir d'elles, sur l'écho et les difficultés rencontrés dans les diocèses, et sur les enjeux qu'une telle "manière de procéder" pouvait avoir comme répercussions dans les diocèses et l'Église de France. Il n'est pas simple de faire un prévisionnel, mais il est clair qu'un tournant est en train de s'opérer et qu'il y a des besoins, des attentes. On n'avancera pas sans retrouver d'abord un dynamisme spirituel et nourrir ces attentes.

Restent deux ou trois questions majeures.

D'abord, celle de la formation, d'animateurs, d'écoutants, et d'accompagnateurs spirituels au service des chrétiens de base, question indissociable d'une autre : celle de la transmission. Il est urgent que jésuites et ignatiens se soucient davantage de former des prêtres, des diacres, des laïcs aptes à proposer ce type de démarche, que ce soit pour une soirée, un week-end ou une retraite dans la vie. Il est urgent de rendre les outils de la spiritualité ignatienne accessibles et disponibles dans l'Église.

Enfin, à Biviers, une religieuse a formulé une demande, un appel indirect, disant son souhait de pouvoir faire appel à Manrèse ou d'autres centres spirituels pour venir l'aider ponctuellement dans son diocèse. Invitation implicite pour les centres à garder une certaine disponibilité pour intervenir à l'extérieur.

Si les retraites dans la vie n'enlèvent pas de public aux centres, les centres peuvent jouer un rôle important pour ces animateurs, écoutants, accompagnateurs qui en voudraient plus, que ce soit dans le domaine de la formation ou pour leur propre vie de prière.

Michel Bureau, le 05 06 04

Retour en haut de la page

 
Pour en savoir plus :

> Exercices spirituels d'Ignace de Loyola

> Symposium des Exercices Spirituels - Toulouse mai 2003

> Maurice Giuliani - L'expérience des Exercices spirituels dans la vie

> Médiasèvres

> Les Exercices illustrés de Jérôme Nadal

> Principe et Fondement

> Les bulletins de la Bienfaisance

> Une expérience spirituelle

> Mission auprès des jeunes et Exercices Spirituels

> Faire une Retraite quelques jours selon les Exercices Spirituels

> Le centre Manrèse

> CVX : Communauté Vie Chrétienne