Frédéric Fornos fait le buzz avec les prières du pape

Chaque mois, le pape invite les catholiques du monde entier à se mobiliser autour d’une intention. La Croix rencontre ici le P. Frédéric Fornos sj, directeur du Réseau mondial de prière du pape.

Ainsi, en avril, « pour les jeunes, afin qu’ils sachent répondre généreusement à leur vocation ». « Le pape offre un regard particulier sur le monde, il nous dit quels sont les enjeux d’aujourd’hui pour l’humanité et la mission de l’Église », explique le P. Frédéric Fornos sj, directeur du Réseau mondial de prière du pape, qui vient de publier les intentions pour 2018, toutes choisies par le pape après une longue sélection parmi plus de 600 suggestions venues du monde entier…

Dépoussiérer l’Apostolat de la prière

Depuis trois ans, ce jésuite s’est attaché à dépoussiérer l’Apostolat de la prière, développant sa présence sur Internet, créant Click To Pray une application mobile en quatre langues (bientôt sept), et diffusant des vidéos où le pape François s’adresse à chacun en espagnol et qui font désormais un buzz mensuel sur Internet grâce à leur réalisation très léchée et leur mise en scène professionnelle…

« Nous avons voulu un langage universel car c’est un projet d’évangélisation qui veut toucher des hommes et des femmes éloignés de l’Église mais qui peuvent partager ses préoccupations pour l’humanité », résume cet homme au parcours typique de ces « périphéries » que le pape veut rejoindre.

Élevé près de Barcelone, il apprend à parler en espagnol, puis en catalan. Le français ne viendra qu’à 12 ans quand sa mère, divorcée, se remariera avec son beau-père d’origine indochinoise et viendra s’installer dans les Hautes-Pyrénées, où il prendra cet accent chantant qui roule les galets des gaves. « Un mélange d’espagnol, de catalan, de français, de laotien et de vietnamien », résume-t-il, confiant avoir « très tôt appris l’ouverture aux autres cultures, langues et perception du monde ».

Un parcours mélangé

Spirituellement aussi, son parcours est mélangé. Baptisé, il s’est vite éloigné d’une Église dont il avait « une vision ancienne », se tournant vers « l’ésotérisme, les sciences occultes, les thérapies orientales ». « Progressivement, j’ai perçu l’existence d’une intelligence cosmique, sentant qu’il y avait un sens à l’univers », raconte celui qui, dans les années 1980, rêve de « percer dans la BD » avant de rencontrer le pentecôtisme évangélique. « Cette entité cosmique prenait visage, raconte-t-il. Jésus, cet homme d’il y a deux mille ans, devenait proche, engagé dans notre histoire humaine. »

Après bien des péripéties, il découvre qu’il est appelé « à devenir célibataire pour le Royaume », ce qui « n’était possible que dans le catholicisme ». Les jésuites le feront attendre quatre ans, le temps de finir ses études et de partir comme volontaire en Amazonie bolivienne, où il deviendra le premier enseignant officiel de véchéjiriruwa, la langue des Indiens Moxos. « J’allais à pied ou en pirogue pour des baptêmes ou des célébrations de la parole », raconte-t-il. De retour en France, il aura à cœur, après son noviciat, de continuer cette « itinérance apostolique ».

Pourtant, après ses derniers vœux, celui qui ne rêve que de repartir sur les routes se voit confier la recréation de l’Apostolat de la prière, une des plus vieilles œuvres jésuites en France. « Tout ce que je ne voulais pas, se souvient-il. J’en avais une très mauvaise image : quelque chose de vieillot, poussiéreux. »

Le gage de confiance de François

Il obéit néanmoins, en bon jésuite. « Je me suis rendu compte que ces intentions de prière du pape, nées au XIXe de la dévotion au Sacré-Cœur, cachaient ce que j’avais toujours cherché dans la spiritualité jésuite : la contemplation de l’action de Dieu au cœur du monde. »

Rapidement, il forme autour de lui une équipe de bénévoles pour changer l’image « obsolète et sulpicienne » du vieil apostolat : « Il s’agissait de faire comprendre pourquoi le pape nous confiait ces intentions, leur donner chair. »

Il relooke le bulletin, se lance sur les réseaux sociaux. Avec succès puisque, responsable européen en 2011, il est appelé à Rome en 2014 pour « recréer » le réseau mondial tombé en désuétude et pour lequel François a un peu changé les règles du jeu : le directeur n’est plus délégué par le général des jésuites, mais nommé directement par le pape.

Un gage de confiance pour Frédéric Fornos, qui ne manque pas de projets pour rendre plus vivant ce réseau qui, en 2019, fêtera ses 175 ans. D’ici là, il voudrait notamment renforcer les liens avec les paroisses du monde entier, pour rendre ces intentions encore plus universelles.

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Son inspiration. La spiritualité du Cœur de Jésus

« Avec les intentions de prière, on est dans le plus visible de la mission : les défis du monde. Petit à petit, on est appelé à aller plus en profondeur, c’est-à-dire à se rendre disponible à la mission et à ce qui en est sa source, le Cœur de Jésus. Ce cœur-à-cœur avec Jésus n’est pas pour mon bien-être personnel : il s’agit d’être protagoniste du Cœur de Jésus, de participer à ses joies et souffrances pour le monde afin, finalement, de s’engager avec lui pour ce monde. Chaque mois, les intentions du pape ouvrent ainsi une fenêtre sur le monde pour nous faire sortir de nos habitudes, de nos conforts, pour nous déranger et nous ouvrir à la vie. Il s’agit de former des disciples missionnaires qui entrent dans sa mission de compassion pour le monde. »

> Source : La Croix.com / Nicolas Senèze (à Rome)

Une réponse à Frédéric Fornos fait le buzz avec les prières du pape

  1. Godelieve Istas dit :

    merci de ces explications bien encourageantes pour nos petites paroisses périphériques elles-aussi

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