Conversations avec le Père Général des Jésuites sur l’écologie

CWMVOCgWIAAdl7sDans la conversation de ce mois-ci avec le Père Général, le P. Patrick Mulemi parle avec le Père Général Adolfo Nicolás et avec le Père Patxi Álvarez de los Mozos, Secrétaire pour la Justice sociale et l’Écologie, de l’engagement apostolique jésuite dans le champ de l’écologie et de l’environnement.

Conversation avec le Père Général Adolfo Nicolás

Quelle a été votre réaction personnelle à
Laudato Sí ?

R. J’ai été très heureux que le Pape François l’ait écrite. J’ai vécu plus de 30 ans au Japon et j’ai vu tout ce que la nature et la création signifient pour les japonais. Que le Christianisme puisse dire quelque chose de significatif sur la nature et la création m’emplit de joie. En particulier, il est très important de mettre en évidence le lien entre la nature et ses problèmes et les pauvres, qui sont les premiers à subir les conséquences de notre négligence de la nature : nous le constatons dans le monde entier. Le bouddhisme a un très profond respect de la vie sous toutes ses formes. Il repose sur la conviction bouddhiste que tout est touché par la volonté divine (comme dirais le Shintoïsme traditionnel), ou par la nature de Bouddha (comme diraient les bouddhistes).

Il y avait aux Philippines un moine bouddhiste avec nous à l’Institut de Pastorale. Il étudiait en vue d’un doctorat en christianisme, parce que c’était ce qu’il enseignait dans une Université bouddhiste au Sri Lanka. Il a vécu aux Philippines pendant cinq ans, et personne ne l’a jamais vu tuer, ne serait-ce qu’un des moustiques qui pullulaient pourtant. On le voyait repousser doucement les moustiques de ses bras ou de son visage, mais jamais les tuer, comme nous le faisons habituellement. Cela nécessite un grand respect pour la vie et une grande cohérence avec ses convictions. Je me demande comment nous témoignerions dans des situations similaires. Laudato Sí nous invite à un comportement que, je l’espère, nous adopterons.

Comment la Compagnie peut-elle aider le Saint-Père dans son désir de porter notre attention sur la création ?

R. Tout d’abord, nous pouvons l’aider en portant le message dans tous les lieux où nous travaillons. Cela inclut les universités, où nous poursuivons des recherches qui influeront sur la société de diverses manières, nos écoles, nos paroisses et tous les autres centres et œuvres connexes dans lesquels nous sommes impliqués. Nous pouvons également l’aider en surveillant les relations avec la nature que les politiques pourraient favoriser et en participant à une campagne mondiale qui respecte la nature et permette à nos descendants d’en profiter. Il s’agit d’une question envers laquelle personne ne peut s’excuser, et dont nous sommes tous responsables. Chaque jésuite est profondément provoqué à découvrir la meilleure façon d’aider le monde, sachant que quoi que nous fassions pour la nature servira l’humanité, et en particulier les pauvres.

Connaissez-vous des initiatives jésuites particulières concernant l’écologie ?

R. Je sais qu’il s’agit d’une préoccupation de notre Secrétaire pour la Justice et l’Écologie. Je sais que de nouveaux réseaux se développent qui conduisent des groupes à travailler ensemble en Afrique, en Amérique latine, en Inde et ailleurs dans le monde. Je vous suggère donc de poser cette question au P. Patxi Álvarez, notre Secrétaire pour la Justice sociale et l’Écologie.

Conversation avec le Père Patxi Álvarez sj

Quand et comment a-t-on commencé à associer les questions d’écologie avec l’Apostolat social de la Compagnie ?

R. En règle générale, les jésuites commencèrent à s’impliquer dans les questions écologiques quand ils découvrirent combien la dégradation de l’environnement touchait les communautés rurales et pauvres avec lesquelles ils étaient impliqués. Dès le début, il y a eu un lien entre la défense des pauvres et la protection de l’environnement. Ces dernières années, nous avons essayé de renforcer le lien entre les trois préoccupations missionnaires suivantes : le souci de la création, le service des pauvres et le développement de modes de vie respectueux de l’environnement. Après la dernière Congrégation générale, le Père Général a décidé que le Secrétariat pour la Justice sociale s’occuperait également de nos préoccupations écologiques. C’est pourquoi il s’appelle maintenant Secrétariat pour la Justice sociale et pour l’Écologie.

Le Père Général dit que de nouveaux réseaux se développent dans l’univers jésuite, qui unissent jésuites et collaborateurs du monde entier dans une réponse apostolique commune. Pourriez-vous nous parler de certains de ces réseaux, et de la façon dont ils travaillent ?

R. Il existe de nombreux réseaux. J’en mentionnerai seulement quelques-uns dans le domaine de l’écologie. Ecojesuit est un site web qui se concentre sur les œuvres des jésuites dans ce domaine au niveau international. Aujourd’hui, c’est un point de référence fiable pour quiconque veut savoir ce que fait la Compagnie. Ecojesuit est promu par un réseau écologique qui se focalise actuellement sur la question de l’eau : Water for all (de l’Eau pour tous) est l’une de leurs activités à l’heure actuelle. Une autre initiative récente, Healing Earth (Guérir la terre), est un manuel en ligne pour les étudiants. Il propose des informations scientifiques, des réflexions éthiques et spirituelles et des propositions d’action. Environ 90 personnes ont contribué à ce manuel. Il y a aussi un réseau international, Justice in the Mining (Justice dans le secteur minier) : cette initiative jésuite défend les communautés pauvres, atteintes par les activités minières dans un certain nombre de pays.

Pouvez-vous nous citer d’autres initiatives jésuites sur l’écologie et l’environnement dans le monde aujourd’hui ?

R. Les écoles et les universités tentent d’inscrire cette préoccupation dans leurs programmes d’études et sur leurs campus. Construire des campus verts est l’une des idées qui gagne du terrain dans le secteur de l’éducation. Les étudiants sont de plus en plus sensibles aux préoccupations écologiques, et c’est très important, parce qu’ils sont les futurs dirigeants. Taru Mitra (les Amis des Arbres), est un mouvement de jeunesse en Inde, promu par les jésuites : ce mouvement met en évidence l’importance des arbres et des forêts. L’implication, la force de conviction et la créativité des jeunes dans ce mouvement sont étonnants. Le Pan-Amazonian project (Projet pan-amazonien) est une entreprise commune des jésuites d’Amérique latine travaillant avec les communautés indigènes en Amazonie : ce projet s’étend sur sept pays. Ils défendent les droits de ces communautés et protègent leur environnement. En Asie-Pacifique, la Compagnie fait la promotion de Flights for Forests (Vols pour les forêts), où les personnes impliquées dans le transport aérien consacrent un montant déterminé d’argent pour la plantation d’arbres. Le Cambodge est un des endroits où se déroule ce reboisement. Ce ne sont que quelques exemples d’initiatives écologiques : il y a beaucoup d’autres.

> En savoir plus : le site du Secrétariat pour la Justice sociale et l’Écologie

 

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