L’œuvre de Maurice Potron (1872-1942) jésuite, mathématicien et économiste

Maurice Potron est un mathématicien dont l’œuvre économique, totalement méconnue, a été découverte et éditée récemment par (G. Abraham-Frois et E. Lendjel, 2004).

Maurice Potron
(1872-1942)
jésuite, mathématicien, économiste

L’oeuvre de Maurice Potron

Dès 1912, Potron procède à l’étude des systèmes linéaires de production, conçoit des tableaux entrées-sorties en termes physiques, s’interroge sur la capacité du système économique à satisfaire le « droit à la vie » et le « droit au repos », comme sur l’existence de « justes prix » et de « justes salaires ».

Il établit des résultats d’existence et de dualité en faisant appel au théorème de Perron-Frobenius, et énonce aussi le théorème dit de Hawkins-Simon (1949). Tous ces résultats seront redécouverts indépendamment une génération plus tard. Ne croyant pas en l’existence d’un équilibre spontané, il appelle à une organisation corporatiste de la société pour résoudre la question du chômage et réaliser un ordre juste, selon les principes posés par l’Eglise.

« C’est l’abbé Potron, jésuite polytechnicien, spécialiste de la théorie des groupes finis et apôtre probable du catholicisme social qui, très peu de temps après la publication mathématique, comprendra le parti qu’on peut et explicitera peu à peu des relations-clés entre prix, taux de salaires et taux de profit. »

Collège de France : leçon inaugurale de la chaire « Théorie économique et organisation sociale » par Roger Guesnerie, professeur au Collège de France, le jeudi 9 novembre 2000
Maurice Potron est en effet un jésuite dont la conception économique s’inspire des notions scolastiques transmises par l’Eglise catholique (il n’a probablement jamais ouvert le moindre ouvrage de théorie économique). Celle-ci réforme et actualise sa position sur la question sociale à la fin du XIXème siècle (encyclique Rerum Novarum, 1891).

La famille de Maurice Potron est largement engagée dans l’apostolat. Sa mère Cécile sera notamment secrétaire de la Ligue Patriotique des Françaises (fondée par un jésuite), qui lutte contre les lois anti-cléricales et contre la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Quand à son père Auguste, commandeur de l’ordre de Saint Grégoire le Grand, il sera qualifié de « plus grand catholique du diocèse » à sa mort.

Maurice Marie Jean Potron, parfois nommé l’Abbé Potron dans certaines de ses publications, est un Père jésuite, polytechnicien et mathématicien, dont les publications économiques s’échelonnent de 1911 à 1936 et dont l’apport est considérable et pratiquement inconnu. D’où l’intérêt d’une édition de ses œuvres économiques qui utilisent largement ses compétences mathématiques, pour développer, de façon très originale, une approche qui s’inscrit dans le courant des réformateurs sociaux catholiques. L’auteur, de ce fait, a des positions très personnelles et très intéressantes dans le domaine de la valeur et de l’équilibre économique. C’est en outre un précurseur méconnu dans la représentation du système économique global, développant des analyses très originales sur la justice, l’échange, le droit à la vie, les fondements des prix… L’ouvrage reprend ici la totalité des écrits économiques de l’auteur. Une introduction générale permet une présentation à la fois de l’itinéraire personnel de l’auteur et de l’ensemble de ses travaux.

La Villa Saint-Régis à Mours

La Villa Saint-Régis à Mours

Présentation de l’auteur pour la publication du livre « Les oeuvres économiques de l’Abbé Potron »

La petite ville de Mours (95) se trouve près de Courcelles-Presles où la famille Potron possède un château (l’autre étant actuellement celui de Lutte Ouvrière). La tante de Maurice Potron a épousé un grand propriétaire terrien et maire de Mours. A la mort de son mari, elle fait construire selon ses voeux un orphelinat qui deviendra la Villa Saint-Régis, fondée en 1882. Après son décès en 1903, l’orphelinat revient au père de Maurice qui décide de le reconvertir en centre de retraites spirituelles sous la direction de jésuites jusuqu’en 1947 . En 1950, la Villa est vendue aux Pères Blancs (par le frère cadet de Maurice, également jésuite), qui sont les missionnaires d’Afrique.

Christian Bidard
Président de l’Association des Amis de la Villa Saint-Régis
(à l’occasion des journées du Patrimoine 2007)

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