Nouvelles de l’apostolat social jésuite mondial 09-2012

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septembre 2012
Récit : Vivre ma foi au milieu des marginaux
Je devais marcher 10 kilomètres aller retour pour me rendre à l’école secondaire. Lorsque j’avais 17 ans et que j’entreprenais ma dernière année scolaire, une sévère sécheresse sévissait dans ma région et la population était confrontée à la famine et peinait à trouver de l’eau potable; ma famille n’a pas été épargnée. Nous avions à peine un repas par jour et la seule vue du riz était comme contempler Dieu lui-même, et lorsque toute la famille mangeait à sa faim c’était pour nous comme faire l’expérience de la grâce divine.
Brèves : Madagascar : Les coordonnateurs de l’apostolat social africain se rencontrent et font des plans pour l’avenir
La rencontre annuelle des coordonnateurs de l’apostolat social de l’Assistance pour l’Afrique ainsi que les directeurs des centres sociaux a eu lieu du 12 au18 août à Antananarivo à Madagascar. Ils ont revu ensemble et partagé les dernières nouvelles concernant les réseaux qu’ils ont développés et ont élaboré des plans pour renforcer et cerner plus précisément la réponse des délégués africains pour l’année à venir. Ils ont également visité le Centre Arrupe et Ambiatibe, le lieu du martyre du Bienheureux Jacques Berthieu en 1896; lequel sera canonisé en octobre 2012. Les participants ont exprimé leur joie devant le progrès accompli en apostolat social depuis que le Père Rigobert Minani est devenu coordonnateur à temps plein de l’apostolat social pour la Conférence.
Récit : Vivre ma foi au milieu des marginaux
Je devais marcher 10 kilomètres aller retour pour me rendre à l’école secondaire. Lorsque j’avais 17 ans et que j’entreprenais ma dernière année scolaire, une sévère sécheresse sévissait dans ma région et la population était confrontée à la famine et peinait à trouver de l’eau potable; ma famille n’a pas été épargnée. Nous avions à peine un repas par jour et la seule vue du riz était comme contempler Dieu lui-même, et lorsque toute la famille mangeait à sa faim c’était pour nous comme faire l’expérience de la grâce divine.
La première fois, « le marché du week-end » s’est organisé et s’est rassemblé à 3 kilomètres de mon village. Nous possédions une vache, laquelle constituait une source de revenus pour notre famille. Ma mère a préparé un pot de babeurre à partir du lait de notre vache et l’a apporté au marché pour le vendre. Son produit s’est vendu en moins d’une demie heure été a été très apprécié des consommateurs. Avec l’argent de la vente, ma mère a acheté un peu de riz et des légumes et nous avons pu manger un repas complet; le premier depuis longtemps. Ce soir-là nous avons bien dormi.
Les semaines suivantes ma mère a préparé un babeurre encore plus savoureux et l’a apporté au marché. Ce soir-là nous attendions notre mère pour partager encore un bon repas. Nous avons attendu, attendu et à notre grand désappointement ma mère est rentrée avec tout le babeurre qu’elle avait préparé; elle n’avait même pas réussi à en vendre un seul verre. Lorsque nous lui avons demandé ce qui s’était passé, elle nous a répondu en pleurant : « la semaine dernière étant le premier jour de marché, les gens ne se sont pas préoccupés de m’identifier, mais maintenant ils m’ont identifié comme étant une « femme intouchable » et personne ne veut boire du babeurre vendu par une « femme intouchable ». Nous avons alors bu le babeurre rapporté par ma mère et sommes allés dormir. Je n’ai pas pu fermer l’œil de la nuit. Je suis devenu agité; j’avais le cœur rempli d’un trop plein d’émotions.
L’intouchabilité, qui est une forme et une expression cruelle du système de castes, m’a privé de nourriture, enfoncé davantage dans la pauvreté, humilié ma mère et nous a tous fait réaliser que la société indienne nous traite et nous considère comme des sous humains. L’expérience de cette réalité et les réflexions sur cet état de fait n’ont pas alimenté des désirs de vengeance mais plutôt nourri chez moi une vocation à la prêtrise au sein de la Compagnie de Jésus; être prêtre pour travailler parmi les victimes de la déshumanisation. Tout au long de ma formation, j’ai été en contact avec des situations similaires et avec des personnes qui ont su garder vivant la flamme de mon désir.
Après mon ordination à la prêtrise au sein de la Compagnie, j’ai commencé à vivre et à travailler avec les pauvres, les marginaux et les Dalits – conscientisant, protégeant et faisant la promotion des droits humains, mettant sur pied des réseaux et développant une solidarité avec les foules d’opprimés. La mise en place des mouvements populaires comme le Mouvement Dalit, le Mouvement des chrétiens dalits, le Mouvement ouvriers a constitué ma tâche et mon engagement principal. Je perçois le mouvement dans le contexte indien comme étant un symbole d’espérance et un signe du Royaume de Dieu. J’ai pris conscience et expérimenté le Mouvement social en faveur des pauvres comme un étant un chemin de grâce divine menant vers le salut et de libération.
Lors d’une des luttes en faveur du droit à la propriété foncière des Dalits, j’ai été arrêté, dénudé, torturé et emprisonné. (J’ai été emprisonné à quelques reprises à cause de ma solidarité avec les Dalits et les marginaux) » À cette occasion, l’un des officiers de police m’a dit : « vous avez l’air intelligent et talentueux, pourquoi perdez-vous votre vie et vos talents avec ces gens -les Intouchables, etc., vous pourriez commencer une école menant à un diplôme qui serait utile à tous et nous vous serions reconnaissant ». L’un des messages qu’on me communiquait c’était que l’intelligence et les talents devaient seulement être mis au service des privilégiés et des personnes influentes; et qu’on ne devraient jamais permettre que les Dalits et les pauvres s’approprient ce qu’il y a de mieux. Mon arrestation et mon emprisonnement ont été, pour moi, un moment de grâce; je me suis engagé encore plus avant pour la cause des pauvres, des marginaux et des Dalits. Mettre tout en œuvre au service des pauvres, des marginaux et des Dalits constitue un défi dans le contexte culturel indien, lequel est affligé par un système de castes. Je me rends compte de plus en plus que de créer des mouvements populaires constitue une réponse à ce défi.
En participant aux luttes du mouvement populaire, je me libère (me sanctifie). À cause de cet engagement, la lecture de la Parole de Dieu, les Exercices spirituels et la célébration de l’Eucharistie sont des sources de sens, d’énergie et de compréhension nouvelle de l’univers.
En m’engageant toujours plus profondément dans le mouvement populaire la prière de générosité me monte aux lèvres : « …à donner sans compter; à combattre sans souci des blessures; à travailler sans chercher le repos; à nous dépenser sans attendre de récompense ». Je sens et je prie pour que je me donne tout entier aux pauvres, car c’est à travers eux que se trouve ma libération et mon salut- « Bienheureux les pauvres, le Royaume des Cieux est à eux ».
L. Yesumarian, SJ
Brèves : Madagascar : Les coordonnateurs de l’apostolat social africain se rencontrent et font des plans pour l’avenir
La rencontre annuelle des coordonnateurs de l’apostolat social de l’Assistance pour l’Afrique ainsi que les directeurs des centres sociaux a eu lieu du 12 au18 août à Antananarivo à Madagascar. Ils ont revu ensemble et partagé les dernières nouvelles concernant les réseaux qu’ils ont développés et ont élaboré des plans pour renforcer et cerner plus précisément la réponse des délégués africains pour l’année à venir. Ils ont également visité le Centre Arrupe et Ambiatibe, le lieu du martyre du Bienheureux Jacques Berthieu en 1896; lequel sera canonisé en octobre 2012. Les participants ont exprimé leur joie devant le progrès accompli en apostolat social depuis que le Père Rigobert Minani est devenu coordonnateur à temps plein de l’apostolat social pour la Conférence.
États-Unis : L’institut jésuite pour la recherche sociale explore les implications des nouvelles lois sur l’identité des électeurs américains
L’institut jésuite pour la recherche sociale (JSRI), affilié à l’Université Loyola de la Nouvelle Orléans, a récemment publié un article intitulé « La véritable fraude dans ‘fraude des électeurs’ ». L’article examine les implications d’un certain nombre de nouvelles lois sur l’identification des électeurs aux États-Unis. Selon JSRI, certaines clauses de ces lois imposent des restrictions excessives sur le droit de vote dans son ensemble, entraînant ainsi des résultats désastreux pour les groupes minoritaires. Les nouvelles lois exigent souvent une photo d’identité. Le rapport souligne que « 25 % des afro-américains, 20 % des asiatiques, 19 % des latino-américains, 18 % des personnes âgées entre 18 et 24 ans, 18 % des personnes âgées ainsi que 15 % des personnes gagnant moins de $35 000 par année sont sans photo d’identité. » Ces statistiques sont particulièrement choquantes lorsque l’on considère que « seulement 8 % des personnes de race blanche ne possèdent pas de cartes d’identité avec photos. » Lisez davantage…
Londres : Le séminaire de GIAN sur la gouvernance des ressources naturelles et minières (GRNM)
Du 3 au 8 septembre, le Réseau international de plaidoyer ignacien (GIAN) a organisé un séminaire sur la gouvernance des ressources naturelles et minières (GRNM). GIAN a choisi de mettre l’emphase sur « la transparence, la responsabilité et la solidarité » pour mener son plaidoyer sur la question des ressources naturelles et minières – Transparence et responsabilité de la part des gouvernements locaux, des compagnies minières et des organisations internationales ainsi que mise en place d’alliances de solidarité entre les Jésuites, les ONG et les forums des différents réseaux pour plaider en faveur des droits des mineurs partout dans le monde. Seize délégués provenant de 6 Conférences avec en plus quelques partenaires londoniens ont pris part à ce séminaire et ébauché une prise de position, préparer un plan d’action clair et stratégique tant au niveau des conférences, inter-conférences que mondial, et ce pour les 3 ans à venir. Un sentiment profond d’ouverture, de communion, d’engagement ainsi que celui d’un désir et d’une espérance optimiste a été ressenti tout au long du séminaire. Lisez davantage…
Philippines : Consolider le réseau du ministère pour les travailleurs immigrés
Un groupe de 23 participants, tant Jésuites que collaborateurs, provenant de 10 pays -Indonésie, Corée, Philippines, Taïwan, Thaïlande, Malaisie, Singapour, Australie, Vietnam et Cambodge - travaillant avec les travailleurs immigrés et les réfugiés dans la Conférence Asie-Pacifique, se sont rassemblés à Manille les 30 juin et 1er juillet dernier, pour partager leurs perspectives et leurs idées pour une coopération entre les ministères pour les immigrants au sein de la Conférence. La rencontre de 2 jours sur : « Immigration, expérience religieuse et mission auprès des immigrés en Asie », a été organisée par Loyola School of Theology ainsi que le Centre d’immigration Scalabrini. Il s’agit de la deuxième fois que le réseau pour l’immigration se rencontre depuis que ce thème a été identifié comme étant une priorité commune pour l’ensemble de la Conférence en juillet 2012.
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Inde : Le séminaire national de SAPI sur l’écologie vu par les Dalits et les autochtones
Les Initiatives pour les peuples de l’Asie du sud (SAPI – un forum de réseautage, a organisé son premier séminaire national à Bagaicha, Ranchi, au Jharkhand, du 17 au 19 août dernier. Cet évènement a rassemblé 79 participants de 8 États sous le thème de : « L’écologie, perspective des marginaux- Dalits, Adivasis et autres groupes marginalisés. » Ils ont lancé un appel pour une responsabilité davantage proactive afin de protéger et sauver notre mère la Terre (Écologie). Ils ont reconnu combien le déplacement causé par le développement a créé une situation d’insécurité et de peur parmi les autochtones et les Dalits; combien, celui-ci a complètement ignoré les coutumes, la culture et la philosophie de la vie de ces groupes marginalisés! Avec l’aide de personnes ressources, ils ont préparé des plans d’actions concrètes tant au niveau local que national. Lisez davantage…
Asie-Pacifique : Formation sur le pouvoir des institutions ignatiennes à favoriser le développement
Le rassemblement annuel des coordonnateurs de l’apostolat social ainsi que des directeurs des centres sociaux a eu lieu à Chiang Mai en Thaïlande du 20 au 24 août. Comme par le passé, des scolastiques (étudiants jésuites) ont participé à l’évènement. La rencontre a aidé les participants à revoir le processus mis en place l’an dernier et a offert une formation sur le pouvoir des institutions ignatiennes à favoriser le développement. La formation offrait une opportunité de réfléchir sur les organisations ignatiennes, le leadership, les communications, le plaidoyer et autres questions essentielles auxquelles l’apostolat social est confronté lorsqu’il tente de mieux répondre aux besoins des pauvres. La rencontre a également été l’occasion de visiter certaines des œuvres sociales des Jésuites de la Région thaï.








