Après la Congrégation des Procureurs
Tous les procureurs jésuites, délégués des diverses provinces du monde sont arrivés à Nairobi le 28 juin pour la 70ème Congrégation des Procureurs de l’histoire mondiale de la Compagnie de Jésus.
Du 9 au 15 juillet 2012, s’est tenu à Nairobi, une assemblée d’importance : la Congrégation des Procureurs. 84 procureurs jésuites, un élu par Province, se sont réunis autour du Père Général, de ses assistants et ses conseillers.
Le but d’une Congrégation est double : décider si une Congrégation Générale doit être convoquée et examiner l’état et les affaires de la Compagnie en général, et en particulier les données plus universelles de l’apostolat. Cette réunion est organisée tous les quatre ans.
Tout a commencé par une retraite de huit jours d’exercices spirituels.
Qu’est-ce qu’une Congrégation des Procureurs?
voir aussi Comment les jésuites sont-ils gouvernés ? >
Quelques points d’intérêt liés à la Congrégation. 84 procureurs sont présents à Nairobi, dont 7 de l’Afrique, 14 d’Amérique Latine, 18 d’Asie du Sud, 7 de l’Asie Pacifique, 29 d’Europe, et 9 des Etats-Unis. 13 autres participeront à la Congrégation en vertu de leur fonction.




Lors de cette Congrégation, le Père Général a fait un discours sur l’état de la Compagnie universelle en termes de fidélité à notre Institut. Le « De statu » « est un instrument de discernement : comme pour l’examen, il s’agit d’arriver à voir, dans la ligne de ce qui fonde notre vocation et l’institut de la Compagnie, ce à quoi le Seigneur nous appelle à être et faire aujourd’hui pour sa plus grande gloire et le service de son peuple ». Le Père Général a tenu a souligner que ce rapport sur l’état de la Compagnie « est écrit non seulement à partir de [ses] propres expériences et de [sa] réflexion ces quatre dernières années comme Général mais aussi, et surtout, à partir des substantiels comptes rendus des Congrégations provinciales et des utiles et précieux rapports » rédigés par les procureurs.
Le discours examine, point par point, comment les différentes directives de la 35ème Congrégation Générale ont jusque-là été appliquées, particulièrement celles ayant trait 1) à une plus grande universalité ; 2) à la gouvernance, particulièrement en mettant sur pied une commission chargée de réfléchir sur les provinces et les structures provinciales ; 3) au gouvernement central de la Compagnie, particulièrement la réorganisation des secrétariats ; et 4) à la mission, en réponse à l’invitation du Saint Père à aller aux « frontières ».
Le Père Nicolas examine ensuite quelques domaines qu’il considère importants, nommément « notre vie dans l’Esprit ; notre dynamisme apostolique ; notre vie ensemble en communauté ; la promotion des vocations et la formation ; nos rapports avec l’Église ; et finalement un mot sur la créativité dans la Compagnie ».
Étant donné qu’il est pratiquement impossible d’analyser un discours si riche et si profond, dans ce communiqué seuls quelques points d’intérêt sont mentionnés. En ce qui concerne la vie dans l’Esprit, le Père Général indique que « la clé qui ouvre toute évaluation de la santé spirituelle de la Compagnie est la question : les jésuites continuent-ils à avoir la capacité de donner absolument tout au Seigneur, comme Ignace l’a fait ainsi que tant d’autres après lui jusqu’à aujourd’hui ? » Il énumère quatre domaines requérant une attention tout à fait particulière : la difficulté à trouver de bons directeurs spirituels ; le danger représenté par le fait que, ici et là, des valeurs séculières aient pénétré nos mentalités ; l’affaiblissement de la force de transformation et de croissance qui habite notre spiritualité ; et un rapport désordonné au travail et aux formes de travail.

Eu égard au dynamisme apostolique, le Père Général mentionne l’éducation en particulier et trois dimensions de notre service apostolique aujourd’hui : le service des pauvres, la collaboration avec autrui, et la croissance des réseaux apostoliques dans les provinces, dans les Conférences et entre les Conférences. Après avoir souligné les défis liés à ce domaine, le discours s’attarde sur la nécessité d’affiner notre discernement, la formation à l’exercice des responsabilités, et l’impérieuse nécessité de rendre possible et approfondir la collaboration entre jésuites, et entre jésuites et partenaires laïcs.
Parlant de la vie communautaire, il est fait mention du fait que « l’image générale de l’état de la vie communautaire est positive ». Qu’à cela ne tienne, le Père Général ne manque pas de mettre en exergue des points d’ombre perceptibles dans l’individualisme qui se manifeste, à titre d’exemple, par un manque de transparence financière et de dépendance, dans l’usage excessif des nouveaux gadgets électroniques, des outils de communication et des sites des réseaux sociaux ; de même que par des tensions causées par le conflit des générations, les différences ethniques, tribales ou raciales. A la lumière de ces tensions, il relève deux défis majeurs pour la vie communautaire aujourd’hui.
La partie du discours traitant de la promotion des vocations et la formation inventorie les secteurs où nous pouvons faire mieux dans ce domaine.
Le sentire cum ecclesia, en d’autres termes, notre relation à L’Église, est une « dimension de notre vie qu’Ignace voit comme essentielle pour la Compagnie ». Après un rappel de la Formule de l’Institut et du discours du Pape Benoît XVI aux membres de la 35ème Congrégation Générale, le Père Général conclut en affirmant que « nous sommes devant le défi d’approfondir notre responsabilité pastorale dans les différents contextes culturels et ecclésiaux où se déploient nos ministères ».
Le dernier domaine examiné par le Père Général est celui de la créativité dans la Compagnie. Il place cette question dans le contexte de la célébration du 200ème anniversaire de la restauration de la Compagnie qui aura lieu en 2014. Il fait référence à sa lettre du 12 Mars 2011 dans laquelle il annonçait la convocation de la Congrégation des Procureurs et invitait les jésuites à « analyser attentivement les signes de vie nouvelle et de créativité apostolique dans la Compagnie, tant dans les ministères traditionnels que dans les initiatives nouvelles ». Le discours analyse ensuite les réponses pas toujours encourageantes qui sont reçues sur cette question.
En guise de conclusion, le Père Général rend grâce au Seigneur « pour toutes les grâces qu’il a données à la Compagnie, pour tout le bien qu’il a fait à autrui en se servant de nous, ses instruments défectueux, et pour nous permettre de continuer à servir l’Église de son Fils Jésus Christ ».

Suite au « De Statu », plusieurs jours furent consacrés à des échanges, en groupe et individuellement entre les délégués et le Père Général.
A la fin de cette Congrégation, le Père Général a offert, dans son discours de clôture, « une simple réflexion » sur l’avenir et les défis qui s’offrent à la Compagnie à la lumière des débats antérieurs. Il a insisté par-dessus tout sur l’importance de la créativité comme réponse à ces défis. Cette créativité plonge ses racines dans la spiritualité ignatienne, surtout dans l’esprit du magis, la méditation du royaume des Exercices Spirituels, et dans la certitude que Dieu comme source d’inspiration est avec nous et nous aide à mener à son achèvement ce que nous voulons réaliser.









