Bientôt une cathédrale St Ignace au Tchad
Bâtir une cathédrale au cÅ“ur de l’Afrique, continent de la faim, de la sécheresse et de la guerre, n’est-ce pas choquant ? Objection légitime, non sans réponse selon l’évêque jésuite du lieu
Une Église du témoignage et du service
Dans cette région enclavée et pauvre, et par ailleurs musulmane à 95 %, notre Église s’est consacrée au développement socio-économique de la région : creusement de puits, constructions de diguettes et de barrages, d’écoles, de dispensaires, de magasins de stockage de céréales, etc. Mais ce travail avait été stoppé pendant les longues années de guerre civile. La paix (à peu près) revenue, ce travail social de l’Église a repris et s’est même amplifié du fait de la débandade de la société civile et de l’administration. Si bien que, jusqu’à présent, plus de 80 % de nos investissements l’ont été dans le domaine social. Tous les habitants de la région savent que nous sommes une Église qui agit pour le bien-être de tous, sans aucune discrimination ni religieuse ni ethnique.
Au cœur de ces actions, nous avons aussi besoin, pour des raisons à la fois matérielles et symboliques, de construire une église-cathédrale qui soit à la mesure d’une communauté chrétienne qui est aussi, dans ses sources intérieures, la présence visible de Dieu au milieu de son peuple.

L’aire de prière provisoire, pendant les travaux
Des raisons matérielles
L’église paroissiale actuelle de Mongo, qui fait fonction d’église-cathédrale depuis la création du diocèse, date de plus de soixante ans. Cette chapelle ne peut accueillir que 120 personnes alors que, chaque dimanche ordinaire, plus de 300 fidèles assistent aux offices, sans compter les rassemblements périodiques regroupant tous les fidèles du diocèse, jusqu’à 1 500 personnes. Pour l’ordination de l’évêque, par exemple, nous avons dû construire de toutes pièces un podium et un sanctuaire provisoires dans un terrain libre dans le Centre diocésain.

L’aire de prière provisoire, pendant les travaux
Des raisons symboliques
Les chrétiens, même peu nombreux, éprouvent le légitime désir de disposer d’une église-cathédrale. Pour eux-mêmes, d’abord : ils veulent ainsi pouvoir contempler leur identité chrétienne, inscrite dans l’espace de manière visible et digne. Ensuite, les chrétiens désirent une cathédrale qui puisse témoigner, au milieu du peuple de l’islam, que l’Église – qui sert socialement les musulmans sans aucune discrimination est aussi un peuple de priants. Si bien que, au moment où nous nous apprêtons à lancer la construction de cet édifice, non seulement nos collaborateurs et frères musulmans ne se sentent pas choqués par l’érection de cet édifice, mais encore en sont fiers et certains d’entre eux y contribuent même en argent et en nature.

La maquette
Le projet Saint-Ignace de Mongo
Construite à Mongo, au siège du Vicariat, l’église-cathédrale sera d’une forme octogonale, permettant l’accueil de 550 fidèles, et pourra par la suite être agrandie à 800 places. Les plans ont été réalisés bénévolement par un architecte allemand.

La maquette
La construction est prévue en pierres de taille et en briques de latérite compactées. Ces techniques de construction, écologiques et novatrices, excluent la brique cuite, grande consommatrice de bois. Le milieu sera ainsi protégé de la déforestation.

Carrière de D'adouar, les tailleurs de pierre à l’œuvre
Ce choix permettra par ailleurs l’apprentissage des techniques de taille et de construction en pierres, matériau local abondant et gratuit, avec l’aide de tailleurs de pierres du Piémont venant former bénévolement les maçons locaux (deux stages déjà réalisés). Les travaux ont débuté fin 2011 et s’étaleront sur une durée de deux ans. L’objectif est de pouvoir célébrer la messe de Noël 2013 dans ce nouveau lieu de prière et de rassemblement.
Évolution du chantier au 23 mars 2012

L’Évêque bénit la première pierre entouré des autorités locales (Préfet, Sous Préfet, Police Imam et Gouverneur)
Les travaux avancent et – étape symbolique s’il en est – dimanche 18 mars 2012, nous avons procédé à la bénédiction et à la pose de la première pierre, une fois achevées les démolitions préliminaires, la construction de la nouvelle aire de prière (pour la durée des travaux), l’implantation (délicate pour un grand octogone de 24 m de diamètre), les fouilles et les longrines. Depuis la bénédiction, le mur en pierres taillées s’élève peu à peu, dans l’attente de l’arrivée des tailleurs de pierres piémontais qui viennent nous donner un dernier coup de main pour l’amélioration de la technique de taille.
Mgr Henri Coudray, sj
Vicaire apostolique de Mongo

L’Imam (en turban blanc) s’est joint à la communauté chrétienne pour la cérémonie de la pose de la première pierre
Financement
Le devis global de Saint-Ignace de Mongo s’élève à 515 000 € (hors mobilier). Grâce aux différents organismes d’Église et dons privés, nous avons réussis à réunir près de 85 % du montant. Aujourd’hui, il reste à recueillir un solde de 80 000 € environ pour achever le financement. Si vous souhaitez faire un don qui donne lieu à un reçu fiscal : Chèque à libeller à l’ordre de OPM (OEuvres Pontificales Missionnaires) à adresser à « Amis de Mongo » / François Le Normand 2 rue Rembrandt, 75008 Paris
Pour en savoir plus :
Le site de Mongo






