Le secret de la ligne, le dessin des icônes

Un livre d’art
au secret de l’art byzantin
par P. Egon Sendler sj
342 p., 45 €, juin 2009,
Edition Istina
Il vous convie à un voyage esthétique et théologique en suivant la ligne de l’iconographe. Un ouvrage magnifiquement illustré, avec des icônes d’une étonnante beauté.
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Le Père Egon Sendler, jésuite
Le père Egon Sendler, membre de la Compagnie de Jésus, est né en Silésie, en 1932. En 1948, après 3 ans de captivité en Russie, études à Munich, Rome et Paris, il se spécialise en histoire de l’art byzantin. A partir de 1959 il enseigne de l’iconographie au Centre d’Études Russes “Saint Georges” à Meudon, près de Paris, ouvre un atelier d’icônes. sessions et stages à Meudon, Versailles, Evian, Syracuse, Jérusalem, Buenos Aires et à la Réunion. A la fermeture du centre de Meudon, il s’installe à Versailles pour y poursuivre ses activités. A son actif, le Père Sendler a déjà peint des fresques dans de nombreuses églises.
Un exemple : le buste du Christ


Malgré des variations sur les différentes icônes, on peut observer un schéma commun du buste. Les parties sont inscrites sur trois cercles qui sont alignés sur un axe vertical. En haut pour la tête, au milieu pour la poitrine et en bas pour les mains et le livre. La largeur correspond au diamètre de deux cercles. Le nimbe serait formé par un cercle de trois modules. Son inscription, en grec, porte le nom de Dieu révélé à Moïse: « Je suis celui qui est ».
Introduction
Dans l’expression artistique des différentes cultures de notre monde, l’art chrétien occupe une place importante. Plus que les autres cultures, il manifeste une multitude de formes et de styles qui n’est pas seulement le résultat d’une évolution de deux millénaires, ou de l’importance des pays européens, mais de la force créatrice de son âme chrétienne. Ce sont donc ces vérités qui s’expriment dans une multitude de formes artistiques.
Dans ce concert des styles l’art byzantin a joué un rôle pour toute l’Europe, il le joue encore, même si aujourd’hui il semble appartenir à l’histoire du passé. Et, cherchant les racines de cet art il faut constater que ce n’est pas l’influence de l’Orient sur la culture gréco-romaine qui a créé ce style. Mais, pour avancer déjà la conclusion de cette étude, c’est la théologie, la pensée des Pères, le travail des conciles, et aussi l’expérience des grands mystiques, qui ont contribué à la création de ce style.
Certes, il y avait d’autres influences, influences d’ordre historique, comme l’image de l’empereur, ou les influences des idées philosophiques, du Néoplatonisme par exemple. L’esthétique des formes orientales dans le domaine de la décoration a également joué un rôle. Et ces éléments se sont unis pour créer un style propre où domine le spirituel, incarné dans l’humanité du Verbe.
Quand on analyse les formes de l’art byzantin on est surpris de découvrir quel rôle y joue la ligne. Et plus encore: la ligne se manifeste sous des formes très différentes. Elle transforme le trait du dessin en ligne de force dans les compositions, pour devenir invisible, unissant les personnes et leur pensée. Donc, ligne n ést pas seulement trait, ni fonction, mais un aspect de la réalité stylisée, transfigurée.
Il se peut, qu’il y ait aussi d’autres possibilités de faire deviner le transcendantal dans les Å“uvres d’art. Ces formes sont présentes partout où l’artiste veut aller au-delà des formes naturelles. Les travaux de l’impressionnisme dans l’univers des couleurs, ou le cheminement de l’art abstrait montrent la recherche de la transcendance d’une époque.
Mais quelle transcendance ? Est-ce que l’abstraction ouvre l’accès à un monde transfiguré ? N’est-elle pas plutôt une diminution des formes du monde existant, même si une Å“uvre abstraite fait apparaître des structures plus spirituelles ? Donc, l’abstraction ne peut pas atteindre l’absolu car toute transcendance n’est pas possible hors du religieux.
Dans l’art chrétien, et spécialement dans l’art byzantin les deux dimensions sont présentes, le monde naturel et le monde spirituel. Pour exprimer leur union il se sert de la ligne, des structures du monde existant, en exprimant aussi sa nature spirituelle. Ainsi la ligne n’a pas seulement la tâche de faire apparaître les formes du monde réel, mais participe à cette nature spirituelle et manifeste ainsi sa véritable nature transcendantale.
Cette brève démonstration fait comprendre que le but de cette publication n’est pas de présenter une collection de quelques dessins qui aident à peindre une icône. Elle nous fait d’abord comprendre que l’art byzantin est caractérisé par les structures linéaires, et qu’il perd sa nature s’il les abandonne. C’était justement le cas, quand l’art byzantin a cédé aux formes du baroque, ou à celles du dix-neuvième siècle, où la peinture imite les choses matérielles jusqu’à créer une fausse réalité. Même si l’on reconnaît que ces formes avaient aussi une fonction en leur temps, il faut quand même constater qu’elles ont remplacé le spirituel par le sentimental.
Ainsi ces réflexions peuvent aider à comprendre le sens des formes, à donner une interprétation juste des sujets représentés et ainsi à découvrir la signification théologique de l’icône, une tâche importante aujourd’hui où les opinions subjectives ne sont pas rares.
Enfin, le regard du connaisseur va découvrir des imperfections dans l’exécution des dessins, comme aussi dans les commentaires. Peut-être ne va-t-il pas toujours être d’accord avec certains détails d’interprétation. Rien n’est parfait dans notre monde ! Je fais appel à la bonté du lecteur. Car ce qui est important, c’est de faire comprendre la richesse qui se cache dans le phénomène de la ligne, et qui est l’âme de l’art byzantin.
P. Egon Sendler, sj
Un extrait du livre : La courbe

la courbe
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Pour en savoir plus :
Site internet de l’atelier d’icônes du Père Sendler
Des nouvelles de l’atelier St Georges
L’icône, image de l’invisible (Une conférence à Nice)
Site de l’éditeur du livre




