Qu’est-ce que la liberté proposée par Dieu ?

Appelés à la liberté par Roland MeynetPour comprendre de quoi est faite la liberté proposée par Dieu

Roland Meynet, jésuite, analyse trois ensembles de textes bibliques: le récit du passage de la mer Rouge et le « Chant de la mer » (Ex 14 et 15) ; les deux versions du Décalogue (Ex 20 et Dt 5) ; les psaumes 113 à 118.
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   Appelés à la liberté,
coll. Rhétorique sémitique V, Lethielleux, Paris 2008, 237 p.

Le passage de la mer Rouge signe l’acte de naissance du peuple d’Israël. Les descendants de Jacob qui s’étaient multipliés en Égypte ne seraient pas devenus un peuple s’ils n’avaient pas été conduits à sortir de la nation qui, certes, les nourrissait, mais qui les avait aussi réduits en esclavage. Une telle séparation était nécessaire pour qu’ils accèdent à l’autonomie et à la liberté. Cette expérience fondatrice peut devenir aussi la nôtre aujourd’hui.

  VOICI MAINTENANT UN RÉSUMÉ DU CONTENU DU LIVRE
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1 Une expérience fondatrice  2 Nouvelle relation avec Dieu 3 Devenir libre
1a Au début, l’esclavage   2a De la servitude au service   3a Servitude du quotidien
1b Préparation de la libération  2b Chant de la mer 3b  Entrer en alliance avec Dieu
1c Passage de la mer                2c Espérer ce qu’on ne voit pas  3c Décalogue bis
aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa3d  Louer en toute liberté

Le P. Roland Meynet présente ici des textes de la Bible qui nous conduisent au cœur de la liberté : Exode, Deutéronome, Psaumes, ou le don de la liberté, la loi de liberté et les hymnes à la liberté.

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Le passage par l’esclavage.

« En Egypte, Jacob-Israël et ses douze fils avaient été accueillis à bras ouverts par le Pharaon dont Joseph, autrefois vendu par ses frères, était devenu le second. C’est ainsi que s’achève le livre de la Genèse. Le suivant commence par rapporter que « Joseph mourut, ainsi que tous ses frères et toute cette génération » (Ex. 1,6), que les fils d’Israël s’étaient multipliés et que « se leva un nouveau roi sur l’Egypte, lequel n’avait pas connu Joseph » (Ex. 1,8). Préoccupé par l’accroissement du peuple des Hébreux, Pharaon tente par tous les moyens de l’endiguer. N’ayant pas réussi à limiter les naissances en faisant mourir leurs bébés mâles, il finit par soumettre les fils d’Israël à un dur esclavage » (p. 23).

En lisant ce texte nous avons l’impression de lire une histoire des temps modernes, de notre temps !

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La préparation de la libération.

« Moïse, sauvé des eaux et élevé par la fille de Pharaon, s’était enfui au pays de Madiane ; il avait pris la défense d’un de ses frères de race et tué l’Egyptien qui le maltraitait, et la chose était arrivée aux oreilles de Pharaon qui avait décidé de le faire mourir. Après plusieurs années, le Seigneur, Dieu d’Abraham, Dieu de d’Isaac et Dieu de Jacob, lui apparaît au buisson ardent et, après lui avoir révélé son nom de « Yhwh », le renvoie en Egypte avec pour mission de libérer son peuple et de le faire sortir du pays d’Egypte. ».

Pendant tout ce temps, le peuple « gémit », « crie », « appelle-à-l’aide », « soupire », car il n’est pas encore « capable de parole ». Le signe qu’il est libéré, c’est qu’il accèdera à la « parole », après le « Passage de la mer » (Ex. 14) et le « Chant de la mer » (Ex. 15). (p. 23-24).

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Le « Passage de la mer » (Ex. 14).

Roland Meynet fait une analyse approfondie du « passage de la mer » (Ex. 14, 1-31).

« Ex. 14 forme une unité dont les limites sont reconnues par la plupart des chercheurs. La fin du chapitre précédent rapporte comment les fils d’Israël partent librement vers le désert, guidés par la colonne de nuée. Le chapitre 14 commence par un revirement soudain : le Seigneur en effet donne un contre-ordre à Moïse qui fait rebrousser chemin au peuple, ce qui déclenchera la poursuite des armées égyptiennes et débouchera finalement sur le salut des fils d’Israël et l’anéantissement de leurs ennemis. Comme s’il avait fallu que la libération du peuple soit accompagnée de l’abaissement de ceux qui l’avaient réduit en esclavage et qui s’étaient refusé jusqu’au bout de laisser partir ceux qui les servaient. Comme si la naissance du peuple d’Israël à la liberté ne pouvait pas ne pas affronter et traverser la mort » (p. 27).

Et l’auteur présente avec des tableaux très précis la composition littéraire de ce chapitre pour en confirmer l’unité.

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De la servitude au service…

Les mots « crainte » et « servir » changent de sens…

« C’est toujours la crainte, mais ce n’est plus la même ; c’est exactement le contraire. Ce n’est plus la crainte de l’ennemi et de la mort, c’est la crainte de Dieu, « la certitude tremblante de l’amour » (P. Beauchamp, L’Un et l’Autre Testament, I, p. 272). Le texte fournit l’autre nom de cette « crainte tremblante » ; c’est la foi.

« Le « service » qu’évoquent les Egyptiens est celui de l’esclavage (…). Israël est appelé à servir, mais d’une tout autre façon. Comme pour la crainte, son service doit changer d’objet et même de nature… Le passage de la mer le conduira de la servitude au service, de l’esclavage forcé de l’Egypte au service libre de son Seigneur… Moïse est dit « serviteur » du Seigneur, mais son service est à la fois celui de Dieu et celui de son peuple : c’est la collaboration que sa foi a offerte à l’œuvre de salut et de libération accomplie par Dieu. » (p. 48-50).

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D’où « le chant de la mer », (Ex. 15).

Roland Meynet rappelle les « nombreuses études de type poétique, métrique et strophique » déjà faites sur ce texte et il présente la sienne en donnant sa propre interprétation.

Nous sommes en présence du roi (et de la foi) qui sauve. « Sur la rive de la mer, Moïse et les fils d’Israël entonnèrent un long cantique pour célébrer le Dieu de leur salut. Ils reconnaissent dans la joie que tout vient de lui : lui seul les racheta de leur esclavage, lui seul détruisit leurs poursuivants. Dans le sanctuaire dont ils confessent qu’il leur sera, comme la terre, donné par Dieu, il pourront continuer à louer le nom de celui qui seul fit disparaître les rebelles, qui seul conduisit ses fidèles parmi tant de dangers, qui seul continuera à les guider jusqu’au bout de la route. Leur cantique n’est pas seulement un chant de louange et d’action de grâces pour les bienfaits passés de Dieu, il est en même temps un acte de foi en son amour et en sa fidélité qui ne cesseront de les conduire. « Le Seigneur règne pour toujours et à jamais ! ». (p. 83).

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Ou le chant de la foi.

« La certitude d’avoir été sauvé par Dieu, alors qu’on ne l’avait pas vu, mais seulement la main de Moïse, s’appelle la foi. Quand, après la question adressée à ce même Seigneur, la même certitude regarde non plus le passé, mais contemple l’avenir, celle-ci a pour nom l’espérance. « Car notre salut est objet d’espérance ; et, voir ce qu’on espère, ce n’est plus espérer : ce qu’on voit comment pourrait-on l’espérer encore ? Mais, espérer ce que nous ne voyons pas, c’est l’attendre avec constance » (Rm 8, 24-25) ». (p. 85).

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Foi et loi en Ex. 20, 2-17.

Après avoir présenté Ex. 20,2-17 selon sa méthode, Roland Meynet expose ce qu’il en retient pour son thème du don de la liberté. « Sujet libre, tel est l’homme créé par Dieu : le sabbat lui est donné pour qu’il reconnaisse et pratique cette liberté, lui-même tout d’abord en se libérant de la servitude du travail quotidien ; et dans le même temps son fils et sa fille, ses serviteurs et ses servantes. Il ne doit donc pas traiter son fils et sa fille comme des esclaves, bien au contraire il doit traiter ses serviteurs comme des fils. Sanctifier le jour du sabbat, c’est considérer que la liberté du fils est sainte, sacrée, que personne ne saurait y toucher. La liberté du fils concerne tous les hommes : le fils que je suis, comme sont fils mes enfants, mes serviteurs et employés, jusqu’aux étrangers qui représentent tout homme. La liberté des père et mère, c’est de reconnaître et de faire que leur fils et leur fille soient libres, qu’ils soient comme eux héritiers ; c’est de transmettre, avec la terre qu’ils ont reçue, le récit du don qui leur en a été fait quand Dieu les a fait sortir du pays d’Egypte, de la maison des esclaves… (p. 111).

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Mieux qu’une loi, une « alliance »…

« Les Dix Paroles ne sont pas avant tout une Loi ; elles ne sont pas une liste de commandements, imposés par (quelqu’un) qui ferait peser sur l‘homme sa dette à jamais. Le don de la vie et de la liberté n’est pas un chantage de la part de Dieu, selon lequel l’homme serait l’obligé de la divinité. Les commandements sont une seule parole qui signifie engagement, promesse, confiance. Qui « donne sa parole » s’engage, et dans le même temps se fie à l’autre, courant donc le risque d’être trahi. Comme en amour, comme dans la conclusion d’un contrat matrimonial, dans lequel les deux contractants sont égaux. Les Dix Paroles représentent le pacte que Dieu propose à son peuple, pacte qui sera conclu par le rite de l’alliance (Ex. 24). Le don de la liberté suppose de la part de Dieu l’acceptation de la possibilité d’être rejeté, d’être « haï », au lieu d’être « aimé » (Ex. 24,5-6). Le châtiment envisagé à l’encontre de celui qui trahirait la confiance de Dieu n’est pas la vengeance de celui qui se considère blessé par l’infidélité, mais le remède de Celui qui veut sauver la vie, « visite » de Celui qui entend proposer avec le pardon, de restaurer la relation amoureuse.» (p. 113).

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Les dix paroles en Dt 5, 6-21.

« Trois livres plus tard, la Bible reprend le Décalogue une deuxième fois. Selon le récit biblique, quarante ans ont passé et la génération de ceux qui avaient reçu le Décalogue de l’Exode ont disparu. Avant de mourir en vue de la Terre promise, Moïse répète les Dix Paroles à leurs fils qui se préparent à entrer dans le pays que le Seigneur avait promis de leur donner. Le premier Décalogue est donc, du point de vue narratif, après la sortie du pays d’Egypte et la traversée de la mer Rouge, le second avant le franchissement du Jourdain qui fait entrer le peuple dans le pays promis. »

Ici Roland Meynet analyse ce chapitre selon sa méthode de rhétorique sémitique et donne les conclusions suivantes : « La différence majeure entre les deux versions du Décalogue est la motivation qui est fournie pour le commandement du sabbat : la libération de l’esclavage au pays d’Egypte dans le second (Dt 5,15), l’imitation de Dieu qui s’est reposé le septième jour de la création dans le premier (Ex 20,11) ».

« En faisant sortir son peuple du pays d’Egypte, Dieu lui conquiert le liberté ; en se retirant le septième jour il prouve sa propre liberté.

Mais ce n’est pas tout. En effet, on peut comprendre aussi qu’en cessant le travail le septième jour, Dieu laisse de l’espace pour l’homme qu’il vient d’appeler à l’existence et d’inviter à la ressemblance divine. Ainsi le sabbat n’est pas seulement une manifestation de la liberté divine, il est aussi respect de l’autonomie et de la liberté humaine…

En ce sens le commandement du sabbat est, pour l’un comme pour l’autre Décalogue, une invitation que Dieu adresse aux hommes de faire ses propres œuvres, de devenir ses fils. » (p. 124-125).

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Louange à la liberté.

Les psaumes 113 à 118 et le psaume136 sont une louange à la liberté, à la sortie de l’esclavage d’Egypte.

Roland Meynet analyse chacun des psaumes en suivant sa méthode de rhétorique sémitique et il conclut que le Ps. 117 rappelle la liberté parfaite. « Bien qu’il soit le plus court de tout le psautier, le Ps 117 représente la perfection de la liberté. Il faut en effet que le peuple, autrefois esclave et soumis, soit souverainement libre de toute rancœur pour inviter « toutes les nations », y comprises celles dont il a été libéré, à louer le Seigneur son Dieu. Le comble, c’est que ces peuples, dont l’Egypte et Babylone, sont appelés à glorifier le Dieu qui les a privés de leurs esclaves. Ce faisant, il les libérait eux aussi de l’esclavage, celui qu’ils exerçaient sur les autres. Vainqueurs et vaincus se retrouvent ainsi ensemble libérés. » (p. 140).

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