Guide Spirituel – Jean-Joseph Surin sj

 Guide spirituel   Père Jean-Joseph Surin SJVivre la foi de l’intérieur

Pour vivre la foi de l’intérieur nous nous adressons à celui qui a été considéré comme un des plus illustres, étranges et puissants mystiques, non seulement de la Compagnie de Jésus, mais de l’Église catholique au XVIIe siècle, le Père Jean-Joseph Surin.

Acheter ce livre  Jean-Joseph SURIN, s.j. Guide Spirituel, coll. Christus n° 12, Textes, Texte établi et présenté par Michel de Certeau, s.j., Desclée de Brouwer, Paris, 1963, 330 p.

Au cours de son  » Guide spirituel  » le Père Surin encourage le lecteur à lire ou consulter les écrits des auteurs mystiques anciens et modernes. C’est dans cet esprit que nous poursuivrons notre recherche dans cette rubrique « question universelle, question inéluctable ».

VOICI MAINTENANT UN RÉSUMÉ DU CONTENU DU LIVRE
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1  -  De la vie intérieure
1a  Vie de foi et « perfection » (humaine et/ou spirituelle)…
1b  Motif pour faire le premier pas de la perfection…
1c  Du véritable service de Dieu…
1d  Vie intérieure et vie quotidienne…
1e  Du vrai intérieur…

2  -  De la relation à Dieu
2a  De la présence de Dieu…
2b  De la vraie ferveur…
2c  De l’oraison…
2d  L’oraison des personnes « avancées »…
2e  L’oraison des personnes en « progrès »…
2f   L’oraison des « débutants »…
2g  De la « droite intention »…

3  -  Des états dits « mystiques »
3a  Des états dits : « mystiques »… – Avertissement
3b  De l’ « oraison de quiétude et silence »…
3c  « De l’oraison de transport et colloque familier avec Dieu »…
3d  « Du troisième degré d’oraison qui est l’oraison d’union »…
3e  « De l’extase »…
3f   « Du ravissement »…
3g  « Du purgatoire de l’âme »…
3h   « De l’enfer de l’âme »…
3i   « Du dernier état de la vie spirituelle que quelques saints ont appelé mariage spirituel »…

1  –  De la vie intérieure

Pour vivre la foi de l’intérieur nous nous adressons à celui qui a été considéré comme « le plus grand des mystiques de la Compagnie en France », ou comme « un des plus illustres, étranges et puissants mystiques, non seulement de la Compagnie de Jésus, mais de l’Eglise catholique au XVIIème siècle » (P. de Grandmaison) (Introduction, p.10).

1a  Vie de foi et « perfection » (humaine et/ou spirituelle)…

« La perfection prise en toute son étendue est le meilleur état que l’homme puisse avoir en cette vie, enseigné par Jésus-Christ et acquis par ses mérites. Cet état dit la satisfaction du cœur humain, accompagnée de la plus grande sainteté et pureté de vie que l’on puisse avoir, et se peut nommer la béatitude de la vie présente et pour autant que le cœur humain a trois principaux instincts qui le portent à chercher ce qui fait le plus à son parfait contentement. Le premier est à la grandeur (estime de soi), le second est à se délecter (plaisir), et le troisième à posséder des choses excellentes (biens). D’où arrive qu’il est toujours porté à se relever excellemment aux plaisirs et aux richesses. S’il se rencontre qu’il puisse avoir tout cela avec la justice et la charité, on peut dire que c’est le plus heureux état qui se puisse imaginer. Or la perfection en toute son étendue dit cela et enveloppe toutes ces choses…. Cependant, attention aux fausses idées sur la perfection… !» (p. 65-74).

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1b   Motif pour faire le premier pas de la perfection

« Qu’entendez-vous par le premier pas de la perfection ?… Nous pouvons dire maintenant que c’est la déterminée volonté de ne rien refuser à Dieu de ce qu’on connaît être de sa volonté et de son service. Cette détermination a trois qualités. Premièrement, elle est universelle… Secondement, elle est sincère… En troisième lieu, elle est résolue et constante, se préparant aux difficultés pour les surmonter généreusement…

« Quel motif voudriez-vous employer envers un homme pour lui persuader de faire ce premier pas ?

Il y en a trois principaux qui sont ; le premier, pour atteindre le nécessaire (1) ; le deuxième, pour s’enrichir hautement (2) ; et le troisième, par générosité d’amour (3) » (p. 75-78).

(1)   « C’est assez que je fasse cela ou cela ; je me contente d’une telle vertu qui suffit précisément à être sauvé »

(2)   « … les hommes amassent le plus de biens qu’ils peuvent… »

« Quand ce ne serait que la seule générosité de l’amour, il semble que l’homme ne lui devrait rien refuser »

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1c  Du véritable service de Dieu…

« En quoi consiste le véritable service de Dieu ?

A faire sa volonté. Cela veut dire qu’il ne suffit pas de faire des choses bonnes, mais qu’il faut faire celles qui sont de la volonté de Dieu…

Quelles sont donc ces choses qui sont de sa volonté ?

Il y en a trois principales. La première, c’est de cultiver son intérieur, car c’est le premier devoir de l’âme que de se tenir pure et nette devant Dieu et procurer son avancement…

La seconde chose qui fait à ce même service, c’est de s’acquitter de ce que l’obéissance nous ordonne, ou ce qui nous est prescrit par notre office ou devoir naturel. Par exemple, pour un père de famille, le vrai service de Dieu est qu’il ordonne sa maison comme il faut : voilà ce que Dieu attend de lui…

La troisième chose qu’on peut dire être véritablement du service de Dieu, c’est ce que notre Seigneur appelait « l’œuvre de Dieu », qui est de sauver les hommes leur faisant connaître Dieu… » (p. 98-100).

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1d  Vie intérieure et vie quotidienne…

Pour concilier vie intérieure et occupations de la vie quotidienne, « ces trois choses semblent nécessaires. La première est de prendre tous les jours quelque temps à soi pour vaquer à l’oraison, se persuadant que, quoiqu’il ait plusieurs affaires, la principale est le soin de son âme et qu’ainsi il doit, le matin ou le soir, licencier toutes choses pour se retirer un peu à Dieu, lire, prier et considérer comment il se comporte.

La seconde chose est de voir quelque personne spirituelle, soit son directeur (de conscience), ou quelque autre, pour communiquer de son intérieur pour le moins une fois le mois et prendre là des avis et des lumières pour se conserver.

La troisième chose, c’est de prendre une fois l’an un temps de retraite pour prendre ses mesures, faire ses bons propos… » (p. 115).

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1e   Du vrai intérieur…

« Qu’entendez-vous par le vrai intérieur ?

C’est quand l’homme emploie son attention, affection et opération au-dedans de soi-même pour se rendre plus parfait et plus agréable à Dieu. Il faut, pour entendre cela, savoir que l’homme par son état naturel, soudain qu’il a la connaissance et la raison, se trouve environné des choses extérieures auxquelles il s’applique et tâche d’y trouver son repos et son contentement, ce qu’il fait jusqu’à ce qu’étant instruit des choses de la foi, il commence à entrer en soi-même, à penser aux choses surnaturelles (il ne s’agit pas d’une introspection nuisible) et à cultiver et disposer son âme pour plaire à Dieu… » (p.129).

Note : L’âme est l’être spirituel de l’homme, ce qui le fait être comme homme, être spirituel et immortel, siège de la connaissance, de la volonté et de l’amour, créé à l’image de Dieu.

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2  -  De la relation à Dieu

2a  De la présence de Dieu…

« Qu’entendez-vous par le présence de Dieu ?

Nous entendons l’exercice de l’âme par lequel elle se rend Dieu présent, pour tirer de la force à bien faire en toutes les occasions qui se présentent.

En quoi consiste cet exercice de la présence de Dieu ?

Il y a comme trois degrés.

1° Le premier est de se ressouvenir de Dieu autant qu’il se peut par l’usage de la foi qui nous apprend qu’il est partout, qu’il nous voit et considère comme juge de nos actions…

2° Le deuxième est non seulement de se ressouvenir de Dieu, mais encore tâcher de penser qu’il est en nous et qu’il a sa demeure dans l’intérieur de l’homme beaucoup plus qu’en toute autre chose…Se rappeler saint Paul : « Vous êtes le temple de Dieu » (1 Cor. 3, 17)… (note)

3° Le troisième, c’est quand, non seulement l’âme se représente Dieu par la foi ou qu’elle le sent en soi-même, mais quand elle le voit et sent en toutes les créatures qui lui sont présentes et dont elle a l’usage ; mais ceci est un don de Dieu pour l’ordinaire, combien qu’on puisse avoir par étude et application quelque sentiment d’une telle chose… » (p. 135-139).

Note : « Le sentiment de la présence de Dieu en soi-même a comme trois degrés. Le premier est que l’âme goûte en son fond l’Etre de Dieu, en général et confusément, sans aucune connaissance distincte… Le second est que cette même âme sent en soi la présence de Jésus-Christ lequel lui est uni et par sa grâce et par la Sainte Eucharistie, si bien qu’elle expérimente Jésus-Christ demeurant et opérant en soi-même, comme celui qui sentirait près de soi quelque personne qui lui tiendrait compagnie… Le troisième degré est plus relevé et moins ordinaire, qui est de sentir les trois divines Personnes résidentes dans l’âme et conversant avec elles… » (p.137).

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2b  De la vraie ferveur…

« Qu’est-ce que la vraie ferveur ?

C’est de ne cesser jamais de bien faire… ou continuité et persévérance » Le P. Surin décrit deux sortes de personnes : celles qui font de temps en temps de bonne actions et reviennent à leurs propres satisfactions dans les intervalles, et celles qui n’interrompent jamais les bonnes actions.

Les premières sont comparées à une « enfilure » de petites perles espacées sur un fil, les secondes à une grosse perle qui vaut beaucoup plus que l’addition de toutes les petites perles. Il emploie aussi une autre comparaison : « une poutre de quarante pieds de long vaudra, parce qu’elle est utile à un grand bâtiment, beaucoup plus que quarante petits morceaux de bois de un pied chacun, étant séparés et divisés… »

« La raison pourquoi si peu de personnes avancent en esprit, c’est que l’on met trop d’intervalles, on fait le bien par occasion, puis on retombe en soi-même. Les fervents sont ceux qui sont continuellement attentifs à Dieu et passent d’un bien dans l’autre. Ils font plus de progrès en un mois que les autres en plusieurs années. Pour cela, notre Seigneur disait qu’il fallait toujours prier et ne relâcher jamais » (p. 162-163).

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2c  De l’oraison…

« Donnez-nous quelque bonne méthode pour l’oraison ?      

On ne peut donner de méthode pour l’oraison qu’en fonction des états des âmes (personnes) qui s’y adonnent. Or ces âmes (personnes) sont de deux sortes. Les unes sont lâches et peu déterminées au bien parfait ; les autres, fort déterminées et remplies de bonne volonté. Derechef, celles-ci sont de deux sortes : les unes, outre la détermination au bien, ont fait un grand progrès en la vie spirituelle et sont en quelque façon parvenues au sommet ; les autres sont moins avancées et, quoiqu’elles soient résolues à ne rien refuser à Dieu, ont néanmoins encore des imperfections à corriger et des vertus à acquérir. Par conséquent, leurs méthodes d’oraison sont diverses et ainsi, à chacune de ces trois sortes de personnes, il faut différente procédure en l’oraison » (p.167).

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2d  L’oraison des personnes « avancées »…

« Telle sorte de personnes n’ont pas grand besoin de particulière méthode, et il est fort difficile de leur en donner parce que leur état étant de recevoir de Dieu et d’être mues de son Esprit, comme on ne peut point donner de règle à cet Esprit, on ne peut point aussi donner de méthode à leur oraison. Leur propre est de se laisser conduire à la grâce, et leur oraison consiste ordinairement en l’embrassement de Dieu avec qui elles communiquent en toute liberté, suivant qu’il les inspire… » (p. 167-168).

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2e   L’oraison des personnes en « progrès »…

« Celles-ci sont de l’une des deux façons, car ou bien elles sont en leur oraison comme les premières dont nous avons parlé, c’est-à-dire mues entièrement et poussées par le Saint Esprit, quoique non d’une manière si relevée, Dieu n’ayant que commencé sa voie, ou bien elles sont laissées en partie à leur propre action, si bien qu’elles doivent en leur oraison dépendre du mouvement de la grâce et néanmoins agir par elles-mêmes suivant la même grâce… Celles qui doivent joindre leur action avec celle de Dieu, elles peuvent être aidées de quelque méthode. Or voici celle qui leur est convenable. Ayant donc pris le sujet de leur oraison, quel qu’il soit, elles doivent ordonner toute leur attention et diligence à penser, méditer et ruminer sur les principales choses qui sont nécessaires à leur avancement et, dans la vue de Dieu, dans son attrait et dans le recueillement, se rendre telles choses présentes, y allant de tout leur poids et passant même les années entières, si besoin est, à goûter, pénétrer et s’imprimer semblables choses de leur amendement et perfection, de telle manière que tout se rapporte là… » (p. 168-169).

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2f   L’oraison des « débutants »…

« La méthode que l’on peut donner aux « débutants », c’est de dresser leur oraison en sorte qu’ils puissent parvenir à cette bonne volonté, car autrement quel avancement peuvent-ils faire ? Il est vrai que le nombre de telles personnes est fort grand et que leur grand mal est que la plupart croient avoir cette bonne volonté…

« Il faut donc qu’ils s’examinent sur quelques articles qui peuvent faire voir à un chacun s’il est vraiment homme de bonne volonté. D’abord se sonder soi-même et voir si cet homme qui croit marcher fort bien est résolu à l’exécution de ce que notre Seigneur dit : « Si vous n’êtes faits comme petits enfants, vous n’entrerez pas au royaume du ciel » (Mt. 18, 3), (c’est-à-dire se laisser guider comme un petit enfant)… Ensuite, s’il ne veut pas se résoudre à ce qui est nécessaire pour profiter en esprit, il ne doit pas quitter l’oraison, car autrement il tomberait à pis. Mais il est impossible de lui donner une méthode, sinon de demander à Dieu sans cesse qu’il lui donne cette entière volonté, et s’évertuer, par toute sortes de considérations, de la prendre, parce que souvent Dieu a les mains pleines, attendant que les âmes veuillent tout à fait être à lui. Les livres leur fourniront assez de méthodes… » (p. 170-172).

Note : Pour plus d’information voir : www.ndweb.org  page : Au jour le jour trouver Dieu en tout. La prière d’alliance.

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2g  De la « droite intention »…

Note. L’intention est non seulement la conscience de ce que je vis, mais aussi et surtout, du pouvoir que je possède de lui donner un sens.

« Qu’est-ce que la droite intention ?

C’est une volonté d’aller à Dieu en chaque chose, sans détours.

« … La rectitude donc consiste non seulement à offrir son action à Dieu mais à empêcher que nulle autre intention ne s’y trouve, et celui-là a véritablement l’intention bien dressée qui a travaillé à purifier toutes ses vues, n’admettant jamais rien que le regard de Dieu, ce qui est une très grande perfection. C’est pourquoi une des choses des plus difficiles à trouver en ce monde, c’est un homme qui ait l’intention bien droite, et cela ne se peut acquérir qu’après une grande étude et travail qui porte l’homme à examiner les mouvements de son cœur et considérer les motifs qui le poussent, chassant toujours ce qu’il a de pervers, jusqu’à ce qu’il trouve qu’il cherche Dieu en toutes choses.

1)     « …Avoir toujours devant les yeux le bien et motif de vertu, n’entreprenant aucune action qui ne soit bonne…(savoir faire halte avant toute action)…

2)     « … Ne se contenter pas d’avoir son cœur porté à bien, mais encore d’envisager Dieu et faire ce que l’on fait en la vue de Dieu…

3)     « … Faire ce qu’on fait pour l’amour de Dieu, n’ayant pour but et ne respirant en ce qu’on fait que l’intérêt de Dieu auquel on est attaché d’affection, tâchant de voir partout sa gloire, son service et surtout son contentement…

La simplicité en l’intention est de chercher Dieu en toutes choses. On le cherche par ces trois manières que nous avons dites, mais la plus parfaite est celle d’un amour qui ne veut que son contentement ». (p.233-235).

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3  -  Des états dits : « mystiques »…

3a  Avertissement

Dans la dernière partie du « Guide Spirituel » le P. Surin consacre huit chapitres pour décrire sommairement des états qu’il appelle : « mystiques ». C’est ainsi qu’il traite « de l’oraison de quiétude et silence », « de l’oraison de transport et colloque familier avec Dieu », « du troisième degré d’oraison qui est l’oraison d’union », « de l’extase », « du ravissement », « du purgatoire de l’âme », « de l’enfer de l’âme », « du dernier état de la vie spirituelle que quelques saints ont appelé mariage spirituel ».

Ces états peuvent n’être jamais ressentis de son vivant ou être reçus à la suite de nombreuses années de pratiques spirituelles comme le P. Surin les a décrites à propos de l’oraison ou être donnés gracieusement par Dieu à n’importe quel moment de la vie.

Le P. Pierre-Jean LABARRIERE et le P. Henri LAUX ont montré comment la connaissance « mystique » était compatible avec le fonctionnement de la raison, le P. Jean-Joseph SURIN a décrit sommairement les états le plus souvent évoqués par les auteurs mystiques et qu’il a probablement connus lui-même à divers degrés.

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3b  De l’ « oraison de quiétude et silence »…

« C’est un repos que l’âme prend en la pensée de Dieu sans opérer beaucoup par son propre effort. Nous l’appelons le premier degré de la contemplation parce qu’il n’y a rien de cela, mis dans l’ordre de l’oraison, qui passe la grâce commune…

On lui donne quatre noms différents : le premier est l’oraison de présence de Dieu ; le second, de recueillement ; le troisième de quiétude, et le quatrième, de silence.

L’oraison de la présence de Dieu n’est pas une simple représentation que le chrétien peut faire en soi-même d’avoir Dieu présent ; c’est un don très relevé par lequel l’âme sent manifestement en soi la présence divine ou celle de notre Seigneur Jésus-Christ, ce qui l’élève beaucoup au-dessus de ses forces naturelles. L’oraison de recueillement est quand l’âme, ensuite et au moyen de cette présence, se trouve ramassée en son intérieur et séparée de toutes choses créées pour être attentive à Dieu. Celle de quiétude est quand cela est accompagné d’un goût très suave qui lui fait savourer la douceur divine, comme celui qu’aurait un enfant à sucer le lait de sa mère ; cette comparaison est de saint Thérèse (d’Avila). Le silence est quand l’âme, par cette opération, est contrainte de cesser en la sienne propre et d’écouter Dieu, demeurant accoisée sans s’émouvoir en rien… » (p. 283-284).

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3c  « De l’oraison de transport et colloque familier avec Dieu »…

« C’est lorsque l’âme, après avoir reçu les grâces que Dieu communique au premier degré d’oraison, est élevée à traiter avec lui avec ardeur et action. En ce degré, l’âme ne perd ni le recueillement ni la présence divine, mais interrompt son silence pour agir et parler…

De cet état parle sainte Thérèse (d’Avila) et le recommande fort comme chose fort pieuse, précieuse, et dit que cela se fait parfois avec impétuosité de larmes, et l’âme agit comme libre et du tout agitée de l’amour divin, se comportant ainsi ordinairement dans se oraisons… » (p. 286-287).

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3d  « Du troisième degré d’oraison qui est l’oraison d’union »…

« C’est celle en laquelle l’âme a toutes ses facultés en tel état qu’elle peut de toute sa force recevoir et embrasser Dieu qui lui est rendu présent. En ce degré, l’âme semble participer à tout le bien qui est écrit ci-dessus, mais il faut dire que c’est avec entière paix et repos, dans la cessation de toute son action et opération non seulement propre, mais encore de toute activité en laquelle la grâce a accoutumé de la mettre. Ici les puissances qui ne sont pas capables de Dieu sont arrêtées, en sorte qu’elles ne peuvent empêcher que les autres qui en sont capables ne s’unissent à lui parfaitement et n’en soient entièrement jouissantes. Il s’accomplit ce que dit saint Augustin en ses Confessions : « Quand, de tout moi-même j’aurai adhéré à toi ». Sainte Thérèse (d’Avila), parlant de cette oraison, l’exalte beaucoup. Et nous pouvons dire que, quand elle est rendue ordinaire à l’homme, elle fait le troisième degré de contemplation, duquel nous prétendons ici parler… » (p.287-289).

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3e   « De l’extase »…

« C’est une défaillance du cœur assailli de l’amour, qui fait cesser les opérations des sens afin que l’âme vaque aux impressions de ce même amour. Cela se fait lorsque l’âme reçoit quelque effet puissant du divin amour duquel le cœur demeure faible, et ne peut fournir aux fonctions des sens qui demeurent troublés pendant que l’âme vaque à ce qui est communiqué de la part de Dieu. Cette opération aussi bien que la suivante qui est le ravissement, dont nous parlerons par après, ne font point un degré différent de contemplation, mais se rapportent à l’oraison d’union, encore bien que, parfois, pendant l’extase, l’imagination demeure troublée … Ce qui est ici de plus notable, c’est que l’âme est troublée en ses sentiments… » (p.290-291).

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3f   « Du ravissement »…

« C’est un attrait qui vient du sommet de l’âme, emmenant après soi les facultés inférieures pour les rendre attentives à quelque bien haut et relevé. Nous voulons dire que la plus haute partie de l’esprit, voulant vaquer à quelque objet sublime qui l’attire, interdit (déconcerte) et fait venir à soi toutes les puissances qui lui sont soumises, afin de se donner du tout au bien qui lui est présenté… » (p. 292).

Le P. Surin s’explique un peu plus longuement sur le « ravissement ». Il dit : « On peut dire qu’il y a trois sortes de ravissements : celui qui vient de la nature, celui qui est causé par le diable, et enfin celui qui est opéré de Dieu.

Le ravissement naturel, c’est celui qui arrive lorsque l’âme, attentive à quelque objet puissant, se laisse aller toute à cela avec telle force qu’il ne lui reste rien pour aucun autre objet. Saint Augustin dit qu’il a connu quelque personne qui facilement tombait en cet état par une véhémente application…

Le ravissement diabolique, c’est lorsque le démon, se saisissant de l’âme, la contraint de vaquer à ce qu’il veut d’une manière surpassant les forces naturelles…

Le ravissement divin : Lorsque Dieu désire par sa bonté se communiquer à l’âme en cette manière, il l’attire à soi en haut et fait cesser les opérations des puissances inférieures afin qu’elle reçoive ce qu’il lui plaît de donner… soit, le silence divin qui est une expérience sublime d’accoissement (repos) qui passe ses sens et qui lui fait savourer, au-dessus de toutes ses puissances, l’état de repos éternel que Dieu a en lui-même…, soit, la sagesse divine qui, ensuite de cela, lui est communiquée, qui rend cette âme surnaturellement sage et désabusée de toutes les vanités de cette vie… (si bien que)… en quelque état qu’elle se trouve, elle est toujours ramenée à Dieu…, soit, l’amour divin, lequel elle reçoit alors, qui est une attache de son cœur au bien souverain qu’elle a goûté et savouré dans ce silence et auquel elle veut toujours revenir… Mais (pour préparer l’âme à cette union), Dieu a coutume de la faire passer par les grandes peines dont nous allons parler maintenant… » (p.292-296).

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3g   « Du purgatoire de l’âme »…

« C’est un état de peine auquel Dieu la met pour la préparer à l’union divine. Ailleurs nous avons remarqué ce que sainte Thérèse (d’Avila) dit sur ce sujet qui est que, comme les âmes qui sortent de leur corps avant que d’être disposées à la gloire, passent par le purgatoire, aussi en cette vie, avant que d’arriver à la parfaite union avec Dieu, communément les âmes ont besoin de passer par des peines extraordinaires afin d’être par là purifiées et rendues capables de jouir de Dieu. Cette jouissance est appelée par quelques-uns le « mariage spirituel », par d’autres « union fruitive ». Plusieurs auteurs mystiques en ont parlé, surtout saint Bernard en ses Sermons sur les Cantiques. C’est un état constant auquel les hommes, ayant travaillé et souffert beaucoup, sont introduits et, sous le voile de la foi, mis dans les faubourgs de la gloire, jouissent véritablement de Dieu et participent à un bien qui ne se peut comprendre. Sainte Thérèse (d’Avila) le décrit fort bien en la sixième Demeure (Château de l’âme) et Thomas de Jésus dans la dernière partie de son livre De oratione divina… Ces peines peuvent être, ou un état de condamnation et réprobation ou une censure terrible de toute sa vie ou des tourments très grands et très difficiles à supporter… » (p. 207).

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3h   « De l’enfer de l’âme »…

« C’est cette même peine dont nous avons parlé ci-dessus quand elle est parvenue à l’excès et à son extrémité. Nous l’appelons enfer parce que, selon le style de tous les mystiques, cette sorte de travail est appelée peine infernale. Sainte Thérèse (d’Avila) la nomme ainsi, disant qu’elle ne sait à qui mieux la comparer qu’à celle des damnés. Plusieurs auteurs graves en ont écrit : Blosius presque en tous ses ouvrages ; le bienheureux Jean de la Croix a fait un livre exprès (L ‘Obscure nuit de l’âme) ; Thomas de jésus, dans son livre De contemplatione ; Jean de Jésus Maria, dans son livre De arte amandi Deum… Plusieurs saints ont passé par cette épreuve : sainte Thérèse (d’Avila) le dit de soi-même en sa Vie ; la bienheureuse Angèle de Foligno l’écrit aussi de soi-même. On le trouve encore en la Vie de la bienheureuse Madeleine de Pazzi et du bienheureux Henri Suso… » (p. 303-304). Les pages suivantes de 305 à 312 décrivent en détail toutes ces peines…

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3i   « Du dernier état de la vie spirituelle que quelques saints ont appelé mariage spirituel »…

 

« C’est un état auquel l’âme vit en amour avec Dieu comme son épouse. Ceci arrive ordinairement après plusieurs pratiques de vertu et travaux soufferts, et en particulier ensuite de ce terrible purgatoire dont nous avons parlé : il est ordinairement comme le chemin à cet admirable état qui consiste en une familiarité, conversation et amitié avec Dieu, et en l’accomplissement de cette parole de Jésus-Christ : « Je me manifesterai à lui » (Jn 14, 21). De cet état a parlé sainte Thérèse (d’Avila) fort amplement en sa dernière Demeure (Château de l’âme, VII) ; le bienheureux Jean de la Croix, en un livre entier qu’il a fait sur cela (La vive flamme d’amour) ; Thomas de Jésus en sa dernière partie, où il donne les autorités des saints Pères qui ont marqué cet état (Divinae orationis…)… » (p.312). De la page 313 à la page 319 le P. Surin donne quelques explications sur cet état.

A ceux qui veulent en savoir plus…

Au cours de son « Guide spirituel » le P. Surin encourage le lecteur à lire ou consulter les écrits des auteurs mystiques anciens et modernes. C’est dans cet esprit que nous poursuivrons notre recherche dans ce domaine.

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