Le Grand Dictionnaire Ricci

Couverture du Grand Ricci

Banque de données encyclopédique de 13 500 mots chinois, le Grand Ricci est le plus grand dictionnaire chinois-français jamais réalisé.

6 volumes de 1216 pages et 1 volume d’annexes 21cm x 27 cm
2002, éditions Desclée de Brouwer


Extraits du dossier de presse

La Chine a toujours joué un rôle important au cœur de la mission de la Compagnie de Jésus et depuis St François-Xavier et Matteo Ricci, il ne s’est pas passé de siècle où cet attachement spécifique n’ait pris une forme particulière, parfois au prix de risques considérables, matériels et spirituels.

Plus que d’une œuvre académique, il s’agit bien du prolongement du travail d’inculturation et d’approfondissement du dialogue avec la civilisation chinoise, qui concerne tous ceux qui ont compris que pour entreprendre en Chine, il faut avant tout s’enraciner dans une compréhension profonde et aussi parfaite que possible des termes de l’échange. Le travail qui s’achève aujourd’hui sous nos yeux est un pont vers la Chine, l’aboutissement de tous les efforts et de toutes les contributions qui l’ont précédé, du fait de la richesse inégalée qui permettra aussi à terme la consultation et la remise à jour « en ligue » une fois passée l’étape de l’édition d’un CD Rom

 

Matteo Ricci (1552 - 1610)

Le Grand Dictionnaire de la Langue Chinoise est une œuvre dont l’histoire mériterait d’être détaillée. Dans l’histoire récente, il est le fruit du labeur accompli par des jésuites et des chercheurs associés. En fait, il tire ses origines les plus lointaines dans le premier dictionnaire de Nicolas Trigault, s.j. l’historiographe de la mission de Ricci, achevé en 1626, de celui de Séraphin Couvreur (avec une entrée en latin) de 1884, du Wieger en 1899, du dictionnaire du Père Debesse en 1904, et enfin en 1936, du « Vocabulaire de sciences mathématiques, physiques et naturelles » du Père Terranzano, tous ouvrages indispensables aux sinologues de différentes époques.

Mais la préfiguration du Ricci fut, pendant la guerre sino-japonaise, la conception par un Jésuite hongrois, Eugene Zsamar, d’un projet en apparence démesuré la mise en œuvre d’une base de données lexicographiques à caractère encyclopédique entre le chinois et cinq langues, le français, l’anglais, le hongrois, le latin et l’espagnol.

Cinq équipes, transférées à partir de 1952 à Taichung, dans le centre de l’île de Taïwan, ont donc travaillé systématiquement. Une vingtaine de jésuites tout d’abord, rassemblés autour de grandes tables tournantes équipées de pupitres à huit faces et deux étages montés sur des roulements à billes, pupitres sur lesquels étaient montés les ouvrages de référence, ont rassemblé près de deux millions de coupures de dictionnaires collées sur fiches cartonnées et classées selon la romanisation « Wade-Giles ».

En février 1956, un article du Père Yves Raguin, devenu dans l’intervalle directeur des travaux, et qui allait marquer de sa personnalité forte, chaleureuse et originale l’ère purement taiwanaise du « Ricci » décrivait dans la revue Etudes l’état du chantier, mais ne cachait pas la difficulté de prévoir une date précise quant à la conclusion de l’ouvrage. Devant l’ampleur grandissante du projet naquit dans les années soixante l’idée d’un « lancement à trois étages » tout d’abord un « petit » dictionnaire de 5 000 à 6 000 caractères et environ 50 000 expressions fut publié en 1976. Puis, un « dictionnaire intermédiaire », le Dictionnaire des Caractères Chinois, fut publié fin 1999, un an après le décès d’Yves Raguin, et enfin le Grand Dictionnaire, que nous voyons aujourd’hui.

Père Claude Larre sj

Dans l’esprit d’Yves Raguin, le ralentissement du projet permettrait de satisfaire le souci de perfection, manifesté par l’introduction dans le projet de l’informatique et la classification des « Branches du Savoir » grâce à Yves Camus, s.j. et par le travail sur l’étymologie, dû au Père Lefeuvre, et de bénéficier pleinement de l’apport des spécialistes sinologues associés au travail, en particulier à Paris, à l’Institut Ricci de Paris, que le Père Claude Larre, tout récemment disparu, avait créé en 1971.

Cet apport, grâce à l’Institut Ricci de Paris, explique plus que tout autre raison, le fait que le projet de Grand Dictionnaire n’ait finalement abouti que pour sa partie francophone. Le Dictionnaire est devenu progressivement un projet fédérateur de la sinologie française. L’intervention à Taipei et à Paris de personnalités extérieures, comme le Conseiller Culturel de France Michel Deverge, de mécènes privés et publics ont finalement été décisives.

Matteo Ricci

Le pont est aujourd’hui achevé. Il nous conduit sur l’autre rive mais l’autre rive, ce n’est pas nécessairement le mot de l’autre langue qui va transcrire le mot chinois, ce n’est pas l’expression qui nous donnera l’équivalent français du chinois. Ce dictionnaire ne tend pas à « instrumentaliser » la communication, mais bien à nous transporter dans l’esprit de la langue chinoise en en serrant la « lettre ». On reste dans l’abstraction tant que l’on sépare une culture de la vie d’une langue.

Pour en savoir plus :
Le site Grand Ricci

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