Alexis Jenni, prix Goncourt
Alexis Jenni, professeur de SVT au lycée jésuite Saint-Marc à Lyon remporte le prix Goncourt avec son premier roman “L’Art français de la guerre” publié chez Gallimard.
Dernière minute : rencontre avec les collègues d’Alexi Jenni sur le JDD >>>
Baptiste Liger (de L’Express), l’avait rencontré en juin 2011.
Extrait
Alexis Jenni, vous êtes l’auteur de L’Art français de la guerre, mais on ne sait pas grand chose sur vous. Seriez-vous un retraité de l’armée?
Non, pas du tout. Je comprends votre question, car il n’y a aucune indication en quatrième de couverture. Après avoir passé mon enfance à la campagne, j’ai fait de longues études de sciences, jusqu’à l’agrégation. Désormais, j’enseigne les sciences naturelles – ou S.V.T. – dans un lycée jésuite lyonnais. J’aime cette ville, et je suis profondément enraciné là -bas. La Saône passe sous mes fenêtres…
Quel a été votre cursus militaire?
Il a été très bref, puisque… j’ai été exempté de service militaire, et même classé P4! Pour toute une série de raisons abracadabrantes, avec l’aide d’un capitaine qui se piquait de psychologie, un médecin plus ou moins alcoolique et un psy incompétent qui me renvoyaient de l’un à l’autre. A chaque fois, ils me demandaient: “Ça ne va pas?”. Et ne je répondais: “Non”. Bon, allez, hop!, dehors… Je n’ai pourtant rien fait de spécial. Je garde toutefois de cette expérience un très bon souvenir: avoir pu faire du tir au pistolet-mitrailleur, dans des tas de sable. C’était très rigolo.
D’où vous est alors venue l’idée de L’Art français de la guerre?
J’ai écrit d’autres choses avant, pas abouties et d’ailleurs refusées par tous les éditeurs. Pendant une période, j’ai eu un petit moment de découragement et je pensais être un écrivain raté, comme tant d’autres. Mais, après tout, pourquoi pas? Ca n’a rien de déshonorant: on peut écrire pour son plaisir, le dimanche, comme d’autres vont à la pêche. Alors, j’ai décidé de me remettre au travail, comme si c’était ma dernière chance – j’ai aujourd’hui 48 ans. Enfant, j’ai beaucoup joué aux petits soldats et j’ai fait de nombreux cahiers de dessins de batailles – comme tous les gamins. Le projet initial était de retrouver cet esprit. J’ai eu aussi envie d’écrire un roman d’aventures, avec pour image première des gens qui courent dans les bois. Après, je sentais qu’il me fallait quelque chose de français. Et les choses ont évolué, au fur et à mesure. Petit à petit, j’ai enquêté et le projet a pris une ampleur que je n’imaginais pas au départ. Après cinq ans de travail, je suis arrivé à un manuscrit que j’ai envoyé par la poste chez P.O.L. – qui n’en a pas voulu, avec une lettre-type traditionnelle – et chez Gallimard. Un mois plus tard, j’ai appris que, là -bas, ils en voulaient, et que Richard Millet allait m’éditer.
Pourquoi vous êtes-vous intéressé à l’histoire d’un ancien d’Indochine?
Souvent, quand on parle aujourd’hui de personnes comme Victorien Salignon, c’est mal vu. Ca n’est pas bien. Mais qu’est-ce que ça signifie, d’arriver en 1946 en Indochine? Qu’est-ce que ces types ont vécu? Quoi qu’on pense des Bienveillantes, on peut reprocher à Jonathan Littell l’incohérence du personnage de Max Aüe – je ne l’ai pas dit à Millet [N.B.: qui avait aussi édité ce roman]. Alors, j’ai tenté de donner à mon héros une certaine logique.
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Autres videos
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Une video de présentation de son projet chez Mollat
Une autre video AFP de présentation par l’auteur
Une video interview sur France Culture (22 août 2011)
Revue de presse
Lire une critique du livre sur le site de l’express :
Jenni, une vision singulière des guerres françaisesPrésentation de l’auteur et du livre sur le site des Éditions Gallimard >
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