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Pour mieux connaître Saint Alberto HURTADO
18 août Commun des pasteurs (p. 260). OFFICE DES LECTURES DEUXIEME LECTURE Tranquillité en Dieu seulement Vous me demandez comment s'équilibre ma vie, Je me le suis demandé, moi aussi. Je suis chaque jour plus dévoré par le travail : lettres, téléphone, articles à écrire, visites ; pris dans le terrible engrenage des affaires, des congrès, des semaines d'études, de conférences promises par faiblesse, pour ne pas dire non ou pour ne pas manquer une occasion de faire le bien ; dépenses à régler, décisions à prendre face à des événements imprévus. Définir ce qui est premier dans un apostolat si urgent et difficile, tant que n'est pas encore définitive la victoire du matérialisme. Je suis bien souvent comme un rocher battu de tous côtés par les vagues. On ne peut s'en échapper que par en-haut. Pendant une heure, pendant un jour, je laisse les vagues battre le rocher ; je ne porte pas mon regard vers l'horizon, mais seulement vers le haut, vers Dieu. Bienheureuse vie active, toute consacrée à mon Dieu, toute donnée aux hommes, vie dont l'excès même me conduit à me trouver et à me diriger vers Dieu ! Il est la seule issue possible. Au milieu de mes préoccupations, il est mon unique refuge. II y a aussi des heures noires. Mille directions sollicitent continuellement mon attention, et le moment vient où l'on n'en peut plus ; le corps n'obéit plus à la volonté. Bien souvent il a obéi, mais ne le peut plus maintenant. La tête est vide et douloureuse, les idées n'arrivent plus, l'imagination ne travaille plus, la mémoire est comme vidée de souvenirs. Qui n'a pas connu de telles heures ? Il n'y a plus qu'à se résigner pendant quelques jours, quelques mois, peut-être quelques années à s'arrêter. II ne servirait à rien de s'entêter ; il faut capituler. Alors, comme dans tous les moments difficiles, je me réfugie en Dieu, je livre tout mon être et tout mon vouloir à sa providence de Père, bien que je n'aie plus de forces, même de lui parler, Ah ! comme j'ai compris sa bonté même en de tels moments ! En Dieu, je me sens plein d'une espérance quasi infinie. Mes préoccupations s'évanouissent. Je les lui abandonne. Je m'abandonne tout entier entre ses mains. Je suis à Lui et Lui prend soin de tout et de moi-même. Mon âme, enfin, redevient tranquille et sereine. Les inquiétudes d'hier, les mille préoccupations pour que « ton règne vienne jusqu'à nous », et jusqu'au grand tourment d'il y a quelques instants face à la crainte de voir ses ennemis triompher... tout cela fait place à la tranquillité en Dieu, ineffablement vivant au plus profond de mon âme. Dieu, rocher inébranlable contre lequel viennent se briser en vain toutes les vagues. Dieu, parfaite splendeur qu'aucune tache ne peut souiller. Dieu, celui qui triomphe définitivement en moi. Je l'atteins pleinement au terme de mon amour. Toute mon âme est en lui ; puis, doucement et sûrement, comme si les combats de la vie, les incertitudes et les insécurités m'avaient totalement quitté, je suis baigné dans sa lumière. Il me pénètre de toute sa force. II m'aime. (Ecrits spirituels inédits du bienheureux Alberto Hurtado : « Siempre en contacto con Dios » ). |
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