![]() |
![]() |
||
|
|
Le mois Arrupe "Il nous a aimés le premier" Avant d'être ordonné prêtre, chaque jésuite vit avec d'autres jésuites de la même génération venant de plusieurs Provinces, un temps de formation qui s'appelle le mois Arrupe. Voici le récit de celui qui s'est déroulé en France l'été 2009 Nous étions neuf au Mois Arrupe, du 6 juillet au 6 août 2009, comme on le voit sur la photo ci-dessous ; avec Philippe Robert et Jacques Gebel pour nous accompagner. Le petit village de Quézac, en Lozère, nous a accueillis pendant les trois premières semaines, dédiées surtout à l'approfondissement des questions concernant le sacerdoce. C'est dans le monastère des Trappistines de Cabanoule que nous avons terminé le mois avec la retraite et une relecture globale de l'expérience.
En haut : Philippe Robert (formateur), Antoine Paumard (France), Grégoire Catta (France), Gabriel Khairallah (Liban), Emmanuele Iula (Italie), Suyt Trinh (Vietnam) Le premier constat fait au tout début du mois porte sur les différents itinéraires relationnels et de formation de chaque participant. Ces différences d'histoire personnelle, sensibilité et expériences au sein même de la Compagnie de Jésus n'ont jamais été un obstacle au désir commun de suivre le Seigneur selon la manière de la Compagnie. C'est pourquoi notre diversité n'a pas empêché un climat fraternel et profond de s'instaurer rapidement. La communication entre nous a profité de plusieurs modes d'expression, allant du récit de vie à des montages en power point, très exploités pendant les présentations des visages de l'Eglise de nos pays d'origine. De même, les sujets de réflexion ont été proposés de différentes manières : lecture d'articles suggérés par les accompagnateurs, petites recherches personnelles et témoignages donnés par des invités. Ceux-ci nous ont permis des approfondissements très intéressants. Ils nous ont fait aborder d'une façon ouverte et pratique les discours sur la manière jésuite d'être prêtre, sur la collaboration avec les laïcs et sur la théologie du sacerdoce telle qu'elle apparaît dans les textes de Vatican II. Ces témoignages nous ont permis d'entendre la voix d'une expérience mûrie sur différents terrains apostoliques aussi bien que dans différents choix de vie au sein de l'Église. Très différenciées aussi les attentes et les questions dont chacun de nous était porteur. Dans nos réflexions en commun sur le sacerdoce, certaines thématiques ont révélé des différences dans les manières de comprendre et les exigences de chacun. Ces thématiques nous ont engagés à plusieurs niveaux. Nos échanges sur la manière jésuite de vivre le sacerdoce, par exemple, a soulevé un certain nombre de questions posées sur un registre plutôt théologique. L'image paulinienne du sacerdoce, qui souligne un déplacement géographique et culturel, est-elle encore bonne dans une situation de changement des frontières apostoliques ?
La discussion a changé de tonalité lorsque nous avons abordé le thème de l'affectivité. Le dialogue entre nous a pris alors la forme d'un partage des expériences et réflexions passées, avec un regard particulier sur les expériences vécues pendant le temps de la régence. La conversation sur la solitude a été d'un grand intérêt et d'une grande utilité. Elle s'est notamment appuyée sur des observations tirées de l'Évangile. Par la suite le thème de notre relation à l'Église a suscité un débat appuyé sur des réflexions non seulement personnelles ou théologiques, mais également politiques. Ce qui a mis en lumière notre capacité à lire la réalité en fonction d'un projet apostolique adéquat aux exigences de la Compagnie et de l'Église au sens large du mot. Notre approche pendant cette réflexion a constamment essayé de joindre les aspects théorico-spirituels du sacerdoce, c'est-à-dire ce qui provient de la lecture des Constitutions et de la Formule de l'Institut, avec les pratiques apostoliques mises en œuvre par les jésuites. Sur ce dernier point, notre attention s'est portée sur toutes les époques, depuis Ignace et les premiers compagnons jusqu'à nos jours. La prise en compte de la vie concrète de la Compagnie et de documents officiels nous à permis de chercher une position d'équilibre entre notre tradition apostolique et les situations vécues dans nos Provinces. D'un côté ce que notre réalité nous demande ; de l'autre, la sensibilité spirituelle qu'Ignace et la première génération de jésuites nous ont transmise. Ce qui est sûr, c'est que cette position ne nous a pas permis d'arriver à une réponse univoque sur la manière de vivre le sacerdoce presbytéral aujourd'hui. Nous avons plutôt remarqué l'importance de cultiver un authentique esprit de discernement apostolique, surtout pour les apostolats où l'aspect sacramentel du sacerdoce semble « non-nécessaire ».
Cependant, au-delà de toute question théologique concernant notre manière de vivre le sacerdoce, cette reprise que nous avons faite des textes anciens de la Compagnie nous a beaucoup aidés pour l'exercice de relecture de notre « pèlerinage dans la Compagnie ». Nous avons ainsi constaté comment l'appel à suivre le Seigneur s'inscrit dans la tradition de la Compagnie et dans celle plus grande de l'Église universelle. Je crois que la vraie merveille de cette expérience n'a pu être découverte que dans la partie conclusive du parcours : les Exercices Spirituels. Ce temps nous a montré, avec plus de vérité, que quand notre chemin rencontre non seulement celui de l'Église et de la Compagnie de Jésus, mais aussi celui du Seigneur lui-même, notre apostolat devient vraiment sacerdotal, c'est-à-dire expression d'un corps de ministres de l'Évangile au service du Christ et de son Église. Emanuele IULA [ Italie ]
|
> Les étapes de la formation d'un jésuite > Prêtre jésuite : quelles particularités ? > Voir la chaîne jésuite sur YouTube > Les signes d'une vocation à la vie religieuse Voir aussi :
Et encore : > La formation
d'un jésuite |
Jésuites : serviteurs
de la mission du Christ - © Compagnie de Jésus |